obstiné, ée

OBSTINÉ, ÉE

(ob-sti-né, née) part. passé d'obstiner
Attaché avec ténacité à quelque idée, opinion, sentiment, etc.
Oui, seigneur, dans son mal Rome est trop obstinée [CORN., Cinna, II, 1]
Ce sexe en sa vengeance est le plus obstiné [ROTR., Bélis. I, 2]
Et je tremble toujours qu'un obstiné coupable Lui-même contre moi ne soit inexorable [TH. CORN., Cte d'Essex, III, 4]
Mais le moyen de sauver des gens [les Juifs] si obstinés à se perdre ? [BOSSUET, Hist. II, 8]
Des ligueurs obstinés confonds les vains projets [VOLT., Henr. X]
Substantivement. Un obstiné, une obstinée.
Et la mort d'Adrian, l'un de ces obstinés [ROTR., St Genest, I, 7]
On le vit persuader des obstinés, adoucir des barbares [FLÉCH., Panég. I, 309]
Il se dit aussi des choses.
Ton Dieu sait ta faiblesse, et n'exige de toi Que la sincérité d'une solide foi, Qu'une vie obstinée à la haine du crime [CORN., Imit. IV, 8]
La sévérité des pharisiens était une sévérité présomptueuse et obstinée dans ses jugements [BOURDAL., 3e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. II, p. 342]
Depuis plus d'une année, J'éludais tous les jours sa poursuite obstinée [une invitation à dîner] [BOILEAU, Sat. III]
Avec quels yeux cruels sa rigueur obstinée Vous laissait à ses pieds peu s'en faut prosternée ! [RAC., Phèdre, III, 1]
Rien n'excuse à présent votre cœur obstiné [VOLT., Orphel. V. 4]
Il se dit d'un mal qu'on ne peut faire cesser. Goutte obstinée.
C'est un rhume obstiné, sans doute [MOL., Tart. IV, 5]

SYNONYME

  • OBSTINÉ, OPINIÂTRE. Obstiné est, étymologiquement, celui qui se fixe, s'attache avec ténacité. Opiniâtre vient d'opinion, avec la finale péjorative âtre. Ces deux mots, à moins de quelque modificatif, marquent un excès. Mais, comme obstiné est en même temps le participe du verbe obstiner, il marque plus particulièrement un acte, tandis que opiniâtre marque plutôt un état habituel : obstiné dans cette résolution ; opiniâtre dans ses résolutions.