offenser

(Mot repris de offensassent)

offenser

v.t.
1. Blesser qqn dans sa dignité, son honneur : Ce refus les a offensés froisser, humilier
2. Manquer à une règle ; ne pas respecter un principe : Sa tenue offense la pudeur déroger à, enfreindre ; se conformer à, obéir à
Soit dit sans vous offenser,
sans vouloir vous vexer, sans intention désobligeante à votre égard.

s'offenser

v.pr. (de)
Se sentir blessé moralement : Elle s'est offensée de ces critiques ou d'être critiquée ou qu'on l'ait critiquée s'offusquer, se vexer

offenser


Participe passé: offensé
Gérondif: offensant

Indicatif présent
j'offense
tu offenses
il/elle offense
nous offensons
vous offensez
ils/elles offensent
Passé simple
j'offensai
tu offensas
il/elle offensa
nous offensâmes
vous offensâtes
ils/elles offensèrent
Imparfait
j'offensais
tu offensais
il/elle offensait
nous offensions
vous offensiez
ils/elles offensaient
Futur
j'offenserai
tu offenseras
il/elle offensera
nous offenserons
vous offenserez
ils/elles offenseront
Conditionnel présent
j'offenserais
tu offenserais
il/elle offenserait
nous offenserions
vous offenseriez
ils/elles offenseraient
Subjonctif imparfait
j'offensasse
tu offensasses
il/elle offensât
nous offensassions
vous offensassiez
ils/elles offensassent
Subjonctif présent
j'offense
tu offenses
il/elle offense
nous offensions
vous offensiez
ils/elles offensent
Impératif
offense (tu)
offensons (nous)
offensez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais offensé
tu avais offensé
il/elle avait offensé
nous avions offensé
vous aviez offensé
ils/elles avaient offensé
Futur antérieur
j'aurai offensé
tu auras offensé
il/elle aura offensé
nous aurons offensé
vous aurez offensé
ils/elles auront offensé
Passé composé
j'ai offensé
tu as offensé
il/elle a offensé
nous avons offensé
vous avez offensé
ils/elles ont offensé
Conditionnel passé
j'aurais offensé
tu aurais offensé
il/elle aurait offensé
nous aurions offensé
vous auriez offensé
ils/elles auraient offensé
Passé antérieur
j'eus offensé
tu eus offensé
il/elle eut offensé
nous eûmes offensé
vous eûtes offensé
ils/elles eurent offensé
Subjonctif passé
j'aie offensé
tu aies offensé
il/elle ait offensé
nous ayons offensé
vous ayez offensé
ils/elles aient offensé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse offensé
tu eusses offensé
il/elle eût offensé
nous eussions offensé
vous eussiez offensé
ils/elles eussent offensé

OFFENSER

(o-fan-sé) v. a.
Faire une offense.
Comme si vous servir était vous offenser [MALH., V, 11]
Tu ne peux de ce peuple empêcher le malheur, Sans offenser ensemble et Rome et ton honneur [MAIRET, Mort d'Asdr. I, 4]
Des deux côtés j'offense et ma gloire et les dieux [CORN., Cinna, III, 2]
Qui pardonne aisément invite à l'offenser [ID., ib. IV, 3]
Comme nous nous affectionnons de plus en plus aux personnes à qui nous faisons du bien, nous haïssons violemment ceux que nous avons beaucoup offensés [LA BRUY., IV]
Il [l'éléphant] n'attaque jamais que ceux qui l'ont offensé [BUFF., Quadrup. t. IV, p. 194]
Absolument.
Si, dès que l'on offense, on ne pardonne point [TRISTAN, Marianne, IV, 1]
Un malheur continuel [au jeu] pique et offense ; on est honteux d'être houspillé par la fortune [SÉV., 9 mars 1672]
Parler et offenser, pour de certaines gens, est précisément la même chose [LA BRUY., V]
Offenser Dieu, pécher. Ne faites pas cela, c'est offenser Dieu. Absolument.
S'ils n'offensaient que rarement [PASC., Prov. X]
Fig. Choquer, blesser.
Notre air étranger n'offense plus personne [MONTESQ., Lett. pers. 48]
Il se dit aussi des choses auxquelles on fait une sorte de tort. Il est facile d'offenser sa vanité.
Un roi peut oublier, sans offenser sa gloire, D'un sujet criminel la faute la plus noire [DU RYER, Scévole, III, 2]
Le petit homme est poli, et craignait d'offenser mes chastes oreilles [SÉV., 289]
Il eût fallu éviter de lui écrire [au maréchal d'Estrées, pour ne pas lui donner le monseigneur] ; car de cette manière on n'offense pas sa gloire ou celle de son ami [ID., 26 mai 1681]
Avouez que vous avez cruellement offensé l'amitié qui était entre nous, et je suis désarmée [ID., à Bussy, 26 juill. 1668]
Il y a des puissances sur la terre dont le nom même s'attire un si grand respect, que c'est en offenser la majesté que de présumer qu'on puisse penser contre elles de certaines choses [BOSSUET, Signatures des docteurs.]
Qui est-ce qui veut se priver de tant de choses superflues qui offensent la tempérance ou la modestie chrétienne ? [FLÉCH., Panég. II, p. 225]
Tant de raisonnements offensent ma colère [RAC., Andr. IV, 3]
De Joad l'inflexible rudesse De leur superbe oreille [des princes] offensait la mollesse [ID., Ath. III, 3]
Dois-je croire qu'assise au trône des Césars, Une si belle reine offensât ses regards [de Rome] ? [RAC., Bérén. II, 1]
Pécher contre.
Je suis une sotte ; j'ai offensé la géographie : vous ne passez pas par Moulins, la Loire n'y va point [SÉV., 23 oct. 1676]
Dieu de mes pères, qu'ai-je fait pour mériter une pareille récompense ? toute ma vie, j'ai offensé vos lois, et vous me comblez de félicité [CHATEAUBR., Mart. XII]
Faire une blessure à une personne (sens qui vieillit).
S'étant saisis de la puissance souveraine.... ils en usent comme les enfants se servent de leurs couteaux, qui s'en blessent le plus souvent, et en offensent leurs mères et leurs nourrices [BALZ., 2e disc. sur la cour.]
Faire une lésion à quelque organe. La balle a offensé le poumon.
La blessure de M. de Marsillac est un coup de mousquet dans l'épaule et dans la mâchoire, qui n'offense pas l'os [SÉV., 17 juin 1672]
Terme de manége. Blesser la bouche d'un cheval. Par analogie.
La petite poitrine [de Mme de Coulanges] est fort offensée de cette fièvre [SÉV., 18 sept. 1676]
Je me suis fort bien portée et comportée par les chemins ; la contrainte offense un peu mes genoux ; mais en marchant elle se passe [ID., 24 mars 1676]
Comme la lumière offense les yeux des animaux qui ont accoutumé de ne sortir de leurs retraites que pendant la nuit [FÉN., Tél. XVIII]
Le froid n'offense point son corps sans vêtement [ST-LAMB., Saisons, IV]
S'offenser, v. réfl. Se faire à soi-même une offense.
Je m'offenserais moi-même, si je pouvais un moment me défier de vous [J. J. ROUSS., Hél. IV, 5]
Se fâcher, se piquer. S'offenser d'un rien.
Ne vous offensez pas, princesse, de nous voir De vos yeux à vous-même expliquer le pouvoir [CORN., Rodog. III, 4]
Hé ! mon Dieu ! tout cela n'a rien dont il s'offense [MOL., Fem. sav. IV, 3]
Vous qui, vous offensant de mes justes terreurs, Avez dans tout le camp répandu vos fureurs [RAC., Iphig. IV, 6]
Il se dit aussi des choses.
Notre amour s'en offense [CORN., Rodog. III, 4]
S'offenser contre quelqu'un, se fâcher, s'irriter contre lui. M. de Vaugelas remarque qu'il faut dire s'offenser contre quelqu'un, au lieu de s'offenser de quelqu'un, Acad. Obs. sur Vaugel. p. 409, dans POUGENS.

PROVERBE

    Il n'y a que la vérité qui offense, c'est-à-dire il n'y a point d'injure plus sensible que quand nous nous sentons coupables des fautes qu'on nous reproche.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Aussi bien il y a des peuples qui offencent contre leur seigneur [COMM., V, 18]
  • XVIe s.
    Elle [l'herbe pantagruelion] est de difficile concoction, offense l'estomach, engendre maulvais sang.... [RAB., Pant. III, 47]
    Des elephans passans sur les tables en plain bancquet sans offenser les beuveurs beuvans [ID., ib. v, 30]
    Des qu'adversité nous offence, Dieu nous est apuy et defense [MAROT, IV, 290]
    De peur de se blesser, Ou bien de s'offencer, Qu'il marche petit pas [ID., II, 164]
    Les ouvriers, en fouillant à l'entour de ce cormier, par mesgarde en offenserent les racines tellement que l'arbre en secha de tout poinct [AMYOT, Rom. 32]
    La plus part des hommes s'offense plus pour de mauvaises paroles que pour de mauvais effects [ID., Timol. 43]
    C'est un dangereux glaive [le savoir], et qui empesche et offense son maistre, s'il est en main faible [MONT., I, 148]
    Le lion me presentant sa patte offensée [ID., II, 193]
    Je ne veux point maintenant curieusement examiner ni balancer le droit et le tort de ceux qui remuent les armes, à fin de n'offenser personne [LANOUE, 343]

ÉTYMOLOGIE

  • Offense. L'ancienne langue disait ofendre, qui s'est perpétué jusque dans le XVIe siècle, mais qui ne l'a pas dépassé.

offenser

OFFENSER. v. tr. Outrager quelqu'un par une offense. Il l'a mortellement offensé, gravement offensé. Il l'a offensé dans son honneur, dans sa personne. Je n'ai pas cru, je n'ai pas voulu vous offenser. Je n'ai pas dit cela pour vous offenser, Par extension, Offenser la mémoire de quelqu'un. Substantivement, C'est moi qui suis l'offensé.

Prov., Il n'y a que la vérité qui offense, Les reproches les plus sensibles sont ceux que l'on mérite et dont on sent soi-même la justesse.

Offenser Dieu, Se rendre coupable d'un manquement à Dieu, pécher.

OFFENSER signifie aussi Blesser. Le nerf, le muscle a été offensé. La trop grande lumière offense la vue, les yeux. Un son trop aigre offense l'oreille.

Il s'emploie figurément et signifie Blesser, choquer. De telles paroles offensent les oreilles. Les louanges excessives offensent la modestie. Offenser la bienséance. On dit plutôt, suivant le sens, BLESSER, CHOQUER.

S'OFFENSER signifie Se piquer, se fâcher. Il s'offense de ce que je ne le vais pas voir. Un petit esprit s'offense de tout. Ne vous offensez pas si je vous contredis. Il s'offense d'un rien.

offenser

Offenser aucun, Commereri aliquid erga alterum, Offendere aliquem, Laedere.

Offenser aucunement quelqu'un, Suboffendere.

Si je vous ay offensé ou abusé, Si in me aliquid offendistis.

Synonymes et Contraires

offenser


offenser (s')

verbe pronominal offenser (s')
Traductions

offenser

beleidigen, kränken, verletzenoffend, insult, affront, abuse, aggrieve, hurt, wrong, slightbeledigen, grieven, krenken, verongelijken, kwetsen, strijdig zijn (met)הטיח דברים, העליב (הפעיל), עלב (פ'), פגע (פ'), עָלַב, הֶעֱלִיבbeledigofendrefornærmeofendiofender, ultrajarmóðgainsultare, offendere, vulnerarefornærmeobrażaćinjuriar, ofender, ultrajarförnärma, förölämpaacıtmakπροσβάλλω (ɔfɑ̃se)
verbe transitif
faire de la peine à qqn, le vexer

offenser

[ɔfɑ̃se] vt
[+ personne] → to offend
[+ principes, Dieu] → to offend against [ɔfɑ̃se] vpr/vi → to take offence (Grande-Bretagne) at, to take offense (USA) at