office

office

n.m. [ du lat. officium, service ]
1. Charge remplie par qqn ; rôle joué par qqch : Pendant sa maladie, l'office de gérant était vacant
métier, place, poste : Ces gants ont parfaitement rempli leur office
2. Établissement public ou privé se consacrant à une activité déterminée : Un office de tourisme
3. (Avec une majuscule) Dans la langue juridique, service public doté de l'autonomie financière : Office public des H.L.M.
4. Ensemble des prières et des cérémonies réparties dans la journée (on dit aussi office divin) : Aller à l'office.
5. Pièce attenante à la cuisine, où l'on dispose tout ce qui dépend du service de la table.
Remarque: Dans ce sens, office était autrefois féminin.
D'office,
par voie d'autorité, sans demande préalable : Un avocat commis d'office.
Faire office de,
jouer le rôle de : Dans cette entreprise, il fait office de coursier.
Office ministériel,
fonction conférée à vie par nomination de l'autorité publique (charge de notaire, avoué, huissier).

offices

n.m. pl.
Bons offices,
service occasionnel rendu par qqn :Le diplomate a proposé ses bons offices
sa médiation

OFFICE1

(o-fi-s') s. m.
Devoir de la vie.
Le ciel plus propice M'envoie un compagnon en ce pieux office [CORN., Pomp. V, 1]
Il [le roi] m'envoie Faire office vers vous de douleur et de joie [ID., Hor. IV, 2]
Si votre main puissante Voulait favoriser jusqu'au bout deux mortels, Ensemble nous mourrions en servant vos autels ; Clothon ferait d'un coup ce double sacrifice ; D'autres mains nous rendraient un vain et triste office [LA FONT., Phil. et Bauc.]
On vit tomber de leur propre poids ces mains fatales à l'erreur [scellant la révocation de l'édit de Nantes] qui ne devaient plus servir à aucun office humain [FLÉCH., le Tellier.]
N'est-ce pas la foi qui conduisit madame la Dauphine dans tous les offices de la vie chrétienne ? [ID., Dauphine.]
Vous le savez, pieuse confidente de ses aumônes secrètes [Mme de Miramion], qui lui rendez aujourd'hui les offices publics d'une sainte amitié.... [ID., Lamoignon.]
La probité dans les offices de la vie civile [FLÉCH., I, 273]
S. m. pl. Les Offices, livre de Cicéron, traitant des devoirs.
Ajoutons que nous n'avons aucun traité de morale qui approche de ses Offices [de Cicéron] ; et ce n'est pas faute de liberté que nos auteurs modernes ont été si au-dessous de lui en ce genre [VOLT., Triumvirat, notes.]
On n'a pas besoin de savoir les Offices de Cicéron pour être honnête homme [J. J. ROUSS., Ém. V]
Fonction, rôle, destination.
C'est l'office d'un roi d'en purger sa contrée [des vices] [GARNIER, Bradam. I, 2]
Il y a fait l'office de juge [CORN., Hor. Examen.]
À quel étrange office, amour, me réduis-tu ? De faire accueil au vice et chasser la vertu ? [ROTR., Vencesl. I, 2]
Les trois que Dieu destine à ce pieux office [BOILEAU, Lutr. I]
Lui-même [Dieu] il nous traça son temple et son autel, Aux seuls enfants d'Aaron commit ses sacrifices, Aux lévites marqua leur place et leurs offices [RAC., Ath. II, 4]
Les femmes allument du feu et se distribuent dans les différents offices dont elles étaient chargées [FÉN., t. XXI, p. 468]
D'un office d'ami simplement je m'acquitte [REGNARD, Fol. amour. III, 2]
Vous pouvez m'employer, monsieur, à tout office [ID., Ménechmes, II, 2]
Son office [de la pénitence] est de rétablir dans l'état naturel ce que le péché avait renversé [MASS., Panégyr. Magd.]
Les esclaves [chez les Germains] n'avaient point d'offices dans la maison ; ils rendaient à leur maître une certaine quantité de blé [MONTESQ., Esp. XV, 10]
Faire son office, produire l'effet naturel.
Le sang fait son office et le roi s'attendrit [ROTROU, Vencesl. V, 3]
Scapin : La tendresse paternelle fera son office. - Argante : Elle ne fera rien [MOL., Fourber. I, 6]
Faire office de, l'office de, tenir lieu, remplacer.
L'âne à messer lion fit office de cor [LA FONT., Fabl. II, 19]
Nous l'avons vu, frappé de ces murmures importuns qui interrompent les oraisons des fidèles et troublent dans la maison de Dieu le vénérable silence des saints mystères, se lever avec indignation, et, faisant l'office des anciens diacres de l'Église, ordonner qu'on fléchît les genoux [FLÉCH., Duc de Mont.]
Tant d'autres malheureux dont j'ai causé les maux Font déjà dans mon cœur l'office des bourreaux [RAC., Théb. V, 6]
Les juges [de la vehme] prononçaient sans jamais confronter les témoins et l'accusé, souvent sans les interroger ; le plus jeune des juges faisait l'office de bourreau [VOLT., Ann. Emp. Charlemagne, 788]
Faire l'office de, suffire pour mettre à effet.
Tirons au sort, c'est la justice, Deux pailles en feront l'office [LA FONT., Joc.]
Hélas ! il ne me faudrait guère prier pour me faire pleurer présentement [pour le départ de Mme de Grignan] : un tour de mail sur le soir en ferait l'office [SÉV., 21 oct. 1671]
Bureau. Il existe à Paris plusieurs offices de publicité, de correspondance, etc.
Les correspondances internationales tombées en rebut doivent être rendues, sans frais, à l'office expéditeur [, Commiss. internat. des postes, Paris 1863, p. 140]
Terme de diplomatie. Avis, message, pièce.
Tous les offices que j'avais passés sur ce sujet.... cette légation n'avait point d'autre cause que de passer des offices en faveur des Vaudois [M. DE BORDEAUX, envoyé auprès de la reine d'Angleterre, dans GUIZOT, Hist. de la rép. d'Anglet. t. II, p. 591 et 592]
Assistance, service.
Ce malheur me rend un favorable office [CORN., le Ment. I, 2]
À moi bien plus qu'à lui vous rendiez cet office : Vous sauviez Antigone en sauvant Polynice [ROTR., Antig. I, 4]
Vous me rendrez un merveilleux office [LA FONT., Mandr.]
Mme de Vins nous servira dans cette maison [de Pompone] ; sans cela, je vous avoue que je serais inconsolable de vous priver des petits offices que je vous pourrais rendre [SÉV., 26 juill. 1675]
Il me semble que, si j'étais avec vous, je lui rendrais [à sa petite-fille Pauline] de grands offices, rien qu'en redressant un peu votre imagination [ID., 22 févr. 1689]
Un fils consacré à Dieu.... s'acquitte courageusement de son devoir [avertir son père de l'approche de la mort].... il trouve ce qu'il espérait, un chrétien préparé à tout, qui attendait ce dernier office de sa piété [BOSSUET, le Tellier.]
Le ministre.... en faisant connaître les hommes capables de remplir les grandes places, et en leur rendant à propos des offices qu'ils ne savaient pas [ID., ib.]
Les a-t-il jamais amusés [ses amis] par des caresses, quand ils ont attendu de lui des offices effectifs ? [FLÉCH., Duc de Mont.]
Un fils osa rendre ce triste office à son père [l'avertir de sa mort prochaine] [ID., le Tellier.]
Mes mains ne purent lui refuser ce cruel office [FÉN., Tél. X]
Faire office, s'est dit pour rendre de bons offices, s'employer pour.
Le plus qu'il [un prince] pouvait, c'était de recommander ses serviteurs à son favori, et de faire office pour ceux qu'il aimait [BALZ., De la cour, 7e disc.]
Bon office, service, assistance.
Je vous devrai beaucoup pour un si bon office [CORN., Hor. IV, 2]
Je me suis donc rendu moi-même un bon office [ID., le Ment. V, 4]
Je vous prie de me rendre vos bons offices, c'est ainsi qu'il faut s'exprimer en pareil cas, non-seulement avec ceux qui sont au-dessus de nous, mais même avec nos égaux [CAILLÈRES, Bon et mauvais usage, p. 68, dans POUGENS]
Tout oser pour rendre de bons offices [HAMILT., Gramm. 5]
Il vous offre ses bons offices auprès du roi de France [ID., ib. 7]
Vos bons offices pour lui sont un bienfait pour moi ; souffrez que je partage la reconnaissance [VOLT., Lett. en vers et en prose, 58]
En un sens opposé. Mauvais office, action, parole destinée à desservir quelqu'un, à lui nuire.
S'il me rend près de vous tant de mauvais offices [ROTR., Vencesl. I, 1]
Il n'y a point de mauvais offices qu'elle n'ait tâché de rendre à l'un et à l'autre [SÉV., 14]
Je ne vous ai point rendu de mauvais offices auprès du roi [MAINTENON, Lett. à M. de Villette, 9 avril 1682]
Pour prévenir les mauvais offices qu'il avait à craindre [FÉN., Tél. XII]
Anciennement. Certains emplois, certaines charges avec juridiction. Création d'offices. Suppression d'offices. L'office de chancelier, de connétable. Un office de judicature. Un office de finance.
Je sais combien d'argent vous coûte votre office, Et comment aujourd'hui s'exerce la justice [BOURSAULT, Mots à la mode, sc. 1]
Le mot de charge ne doit point exclure celui d'office, quoiqu'ils signifient la même chose ; on dit un office de la maison du roi, un office de judicature, un office de finance [CAILLÈRES, Bon et mauvais usage, p. 65, dans POUGENS]
Se priver de quelques terres était peu de chose ; renoncer aux grands offices, c'était perdre la puissance même [MONTESQ., Espr. XXXI, 7]
Un office qu'il [le souverain] vend est proprement un emprunt dont il paye l'intérêt sous le nom de gages [CONDILL., Comm. gouv. II, 11]
Les titres de duc, de comte, étaient d'abord des offices à vie [VOLT., Mœurs, 98]
Des roturiers qui avaient acheté chèrement des offices [ID., Russie, II, 7]
Ils n'ont, dit-il [Commines], souci de rien, parlant des Français de son temps, sinon d'offices et états... les choses ont peu changé ; seulement cette convoitise des offices et états, curée autrefois réservée à nobles limiers, est devenue plus âpre encore, depuis que tous y peuvent prétendre [P. L. COUR., Lettre II]
Charge de la maison du roi et des princes. Les offices de la chambre, de la garde-robe. En titre d'office, et, plus ordinairement, à titre d'office, avec la qualité que donne un office.
L'un en titre d'office exerçait un brelan [RÉGNIER, Sat. X]
Au temps de Charlemagne, il y avait des confesseurs dans les armées ; Charles en avait un pour lui en titre d'office [VOLT., Mœurs, 21]
Les Juifs eurent, au lieu de médecins, des exorcistes en titre d'office, qui chassaient les esprits malins avec la racine.... [ID., Dial. XXIV, 3]
Fig.
La maréchale d'Humières se retira dans une maison borgne au dehors des Carmélites du faubourg St-Jacques, et s'y fit dévote à titre d'office [SAINT-SIMON, 13, 14]
N'avoir ni office ni bénéfice, n'avoir aucun revenu certain. Terme de droit canon. Bénéfice sans juridiction. Office claustral. Procureur d'office ou fiscal, se disait, dans les juridictions seigneuriales, de celui qui faisait les fonctions du ministère public.
En parlant d'un avoué, on dit office. Cet avoué vendra bien son office, car il a une excellente clientèle.
Au palais et dans le langage général, d'office, sans en être requis et par le seul devoir de la charge. Le juge a informé d'office.
On s'attend qu'ils [les prédicateurs] reprendront les mauvaises mœurs ; on dit qu'ils le font d'office, et l'esprit humain indocile y fait moins de réflexion [BOSSUET, Panégyr. Ste Cather. 3]
Un dominicain qui l'assistait [Calas] d'office sur l'échafaud, dit qu'il voudrait mourir aussi saintement qu'il est mort [VOLT., Lett. d'Argental, 27 mars 1762]
Nommé d'office, nommé par le juge, par le tribunal. Avocat nommé d'office pour défendre un accusé qui n'avait point de défenseur.
Les trois experts seront nommés d'office, à moins que les parties ne se soient accordées pour les nommer tous les trois conjointement [, Code Nap. art. 1680]
Fig. Faire quelque chose d'office, faire quelque chose sans en être requis.
C'est un homme né pour des allées et venues, pour écouter des propositions et les rapporter, pour en faire d'office et en être désavoué [LA BRUY., II]
Le saint office, la congrégation de l'inquisition établie à Rome ; le tribunal de l'inquisition. Familier du saint office.
Il [Giudice] était de la congrégation du saint office [SAINT-SIMON, 473, 40]
Le pape Paul III, après avoir convoqué le concile de Trente, en 1545, nomma neuf savants personnages pour travailler à la réforme de la discipline ecclésiastique ; ce fut ce qui donna lieu à l'établissement de la congrégation du saint office ou de l'inquisition [DUMARS., Lib. égl. gall. part. II, max. 17]
Quand ils en seront là, ils ne chercheront pas le système du monde dans des passages de l'Écriture mal entendus ; et, pour savoir à quoi s'en tenir sur ce sujet, ils préféreront l'observatoire au saint office [D'ALEMB., Ab. de la crit. Œuv. t. IV, p. 258, dans POUGENS]
10° Service divin qui se célèbre en public avec les cérémonies qui doivent y être observées. Assister à l'office, aux offices. Entendre, dire l'office.
L'office de la nuit, du matin, du soir Quelle fureur, dit-il, quel aveugle caprice, Quand le dîner est prêt, vous appelle à l'office ? [BOILEAU, Lutr. I]
Se dit aussi de la manière de dire l'office qui change chaque jour. On fait l'office du dimanche, l'office d'un tel saint. Aujourd'hui l'office est double, semi-double, ou simple.
On récite de longs offices, et ces offices tout divins sont composés et remplis des plus beaux sentiments de foi [BOURDAL., 5e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. II, p. 478]
Je dis l'office de la Vierge : quoique ce soit avec de grandes distractions, c'est toujours un temps destiné à Dieu et passé avec lui [MAINTENON, Lett. à l'abbé Gobelin, 11 déc. 1674]
Cet office qu'il a composé pour l'adorable sacrement de nos autels [MASS., Panég. St Thomas.]
Il s'est dit aussi en un sens analogue pour les protestants.
Le dessein était [chez les protestants anglais du temps d'Élisabeth] de dresser un office pour la communion dont les expressions fussent si bien ménagées, qu'en évitant de condamner la présence corporelle, on réunît tous les Anglais dans une seule et même Église [BOSSUET, Variat. X]
Le petit office de la Vierge, ou les petites heures de Notre-Dame, l'office abrégé de la Vierge. Prière particulière qui se dit en l'honneur de chaque saint. Quand on canonise un saint, on lui assigne en même temps un office particulier. L'office de saint Louis. L'office des morts, certaines prières que l'Église a réglées en commémoration des morts. Prière que chaque ecclésiastique doit dire tous les jours, c'est-à-dire les heures du bréviaire (en ce sens, il se joint ordinairement avec l'adjectif possessif). Je n'ai pas dit tout mon office aujourd'hui, j'en suis à vêpres. Livre d'office, livre qui contient les prières chantées ou récitées au service divin.
11° Art de préparer ce que l'on met sur la table pour le service. Ce domestique sait bien l'office.
Elle entend la cuisine et l'office [J. J. ROUSS., Ém. V]
La classe de domestiques qui mange à l'office dans une maison. Un office nombreux.
12° Les Offices, gli Uffizii, grand et célèbre musée à Florence. On dit aussi la galerie des Offices.

REMARQUE

  • Au mot office, l'Académie écrit saint office sans trait d'union ; mais à saint, à congrégation, à inquisition, à qualificateur, elle écrit saint-office avec un trait d'union.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Ne vous affiert pas tex offices, [tel office ne nous appartient pas] [, la Rose, 7911]
    Il les doit penre [prendre] et emprisonner, de son office [BEAUMANOIR, I, 38]
    Li baillis, de s'office, pot bien debouter l'avocat, qu'il ne soit oïs en avocation devant lui [ID., V, 15]
  • XIVe s.
    Qui adonc veïst gent de court, Chascuns à son office acourt [MACHAUT, p. 85]
    Les supplians et plusieurs autres nobles ont usé de office de magesté et bouté les feux es maisons et es villes d'icelles communes et plat pays [DU CANGE, officium.]
    Je di que nul, pour raison de office publique ne autrement, ne peut estre obligié à pechier [ORESME, Eth. 163]
  • XVe s.
    Avant la consecration, le roi fit là devant l'autel tous les jeunes chevaliers nouveaux ; et en après fit-on l'office de la messe [FROISS., II, II, 74]
    Lequel Nicolas dist à icellui Henry, que, se il ne chastioit sa femme, il le mettroit à l'office, qui est à entendre, à la court de l'eglise [DU CANGE, officium.]
    Tel perdoit ses offices et estatz pour s'en estre fuy.... et furent donnés à autres qui avoient fui dix lieues plus loing [COMM., I, 4]
    Cappitaine de Callais et autres grosses offices [ID., III, 4]
    Et chevaucherent bien armez, et sembloit bien qu'ils eussent bon vouloir de faire leurs offices [ID., I, 6]
  • XVIe s.
    Il le renvoya en sauf conduyct, chargé de dons, chargé de graces, chargé de toutes offices d'amitié [RAB., Garg. I, 50]
    Plus il va en avant, et mains [moins] il s'ennuye de faire vostre office, et mains le veult laisser faire à nuluy [MARGUER., Lett. 125]
    Quand Cesar parle des offices de sa profession, de sa vaillance [MONT., I, 57]
    Et m'eust semblé l'office du serviteur estre de.... [ID., I, 59]
    J'en veois envers qui c'est temps perdu d'employer un long soing de bons offices [ID., II, 85]
    Il feroit tourner les affaires du costé des Carthaginois, lesquelz pour ceste office luy seroient amis [AMYOT, Timol. 2]
    Rendre l'office d'amitié qu'il devoit [ID., Pélop. et Marcel. 6]
    Selon la maniere qu'ilz avoient de proceder à l'election dudict office [ID., Arist. 1]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. offici ; espagn. oficio ; ital. uffizio ; du lat. officium, de ob, et facere, faire.

OFFICE2

(o-fi-s') s. f.
Lieu où l'on prépare tout ce qui se met au dessert sur la table, et où l'on garde la vaisselle, le linge, etc.
Scapin : L'office est-elle loin. - La Ramée : Je m'en vais t'y mener [HAUTEROCHE, Espr. follet, II, 6]
J'en suis fourni, Dieu sait [de poivre] ! et j'ai tout Pelletier Roulé dans mon office en cornets de papier [BOILEAU, Sat. III]
Je ne voulais point qu'on m'envoyât dîner à l'office, et je me souciais peu de la table des grands [J. J. ROUSS., Conf. X]
Au plur. Tous les lieux où l'on prépare, où l'on garde les diverses choses nécessaires pour le service de la table. Il y a dans ce palais de grandes offices, de belles offices.
Les offices des esclaves, des hôtes, des clients étaient presque toujours construites à part [CHATEAUBR., Italie, Tivoli.]

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Avoient esté par pluseurs foiz receuz à grant feste es chambres, sales, cuisines, despenses, boutilleries, et autres offices et lieux de noz dix seigneurs [, Confession de Vourdreson, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    On a donné ordre que personne n'entre à nos offices [MARG., Lett. 149]
    Cuisine accompagnée de tous ses offices ; assavoir charnier.... [O. DE SERRES, 20]

ÉTYMOLOGIE

  • Office 1, qui était aussi bien féminin que masculin (voy. l'historique).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    OFFICE. Ajoutez :
    13° Rendre office, s'est dit, au XVIIe siècle, pour présenter ses devoirs, ses hommages à quelque personnage.
    Je lui avais écrit [à M. de Bonnecorse], afin qu'il rendît office à l'ambassadeur de Constantinople, qui devait passer à Marseille ; il a fait cela de si bonne grâce, que ce m'est un nouvel engagement de le protéger en la personne de son fils [Mlle de Scudéry, p. 309, Rathéry et Boutron, Paris, 1873]

office

OFFICE. n. m. Il se disait autrefois des Devoirs que chacun de nous est tenu de remplir dans la vie privée et sociale. Le Traité des Offices de Cicéron. On dit encore aujourd'hui dans ce sens : C'est l'office d'un bon père, d'un bon fils, d'un bon ami, d'un bon citoyen.

Il signifie aussi Fonction, emploi dont on doit s'acquitter. Il n'a plus de secrétaire, mais sa fille en fait l'office. Mon estomac fait fort bien son office, ne fait plus son office.

Spécialement, en termes de Palais, Le juge a informé d'office, Il a informé sans en être requis et par le seul devoir de sa charge. Avocat, expert nommé d'office, Avocat, expert nommé par le juge. Personne ne s'étant présenté pour défendre l'accusé, un avocat fut nommé d'office par le tribunal.

Fig., Faire quelque chose d'office, Faire quelque chose de son propre mouvement, sans en être requis.

OFFICE se disait encore de Certains emplois, de certaines charges avec juridiction. L'office de connétable, de chancelier, de maréchal de France. Office de la maison du roi. Office de grand maître, de grand aumônier. Être pourvu, être revêtu d'un office. La vénalité des offices. Remplir un office. Dans la plupart des cas, on dit aujourd'hui de préférence CHARGE.

Office de notaire, d'avoué. On dit aujourd'hui Offices ministériels.

Le Saint-Office, La congrégation de l'Inquisition, établie à Rome, le tribunal de l'Inquisition. Il a été détenu deux ans dans les prisons du Saint-Office.

OFFICE signifie aussi Assistance qu'on prête à quelqu'un, service qu'on lui rend. Accordez- moi vos bons offices auprès d'un tel. De bons offices mutuels, réciproques. Je vous demande vos bons offices pour un de mes amis.

Il désigne en outre le Service de l'église, les prières publiques et les cérémonies qu'on y fait. L'office divin. Entendre l'office. Lire l'office. Assister à l'office.

Il désigne aussi la Manière particulière de dire l'office de chaque jour, en raison du mystère ou du saint dont l'Église fait commémoration. L'office du jour. Aujourd'hui, l'office est double, semi-double, simple. L'office de cette fête est fort long. L'office de la Vierge.

Le petit office, Office abrégé de la Vierge.

L'office des morts, Certaines prières que l'Église a réglées en commémoration des morts.

Livre d'office, Livre qui contient les prières chantées ou récitées au service divin.

OFFICE se dit encore de la Partie du bréviaire que tout ecclésiastique, dans les ordres sacrés, est obligé de dire chaque jour; et en ce sens il se joint ordinairement avec l'adjectif possessif. Dire son office.

Il désigne, en termes d'Administration, un Organisme autonome qui est rattaché à un ministère. L'Office national du commerce extérieur. L'Office national de la propriété industrielle.

Il se dit aussi de la Classe de domestiques qui mange à l'office dans une maison. Dans cette maison, l'office est très nombreux.

Il se disait, en outre, de la Fonction de préparer le service de la table. Il désigne aujourd'hui, par extension, le Lieu où se fait cette fonction et où les domestiques prennent leurs repas. Dans ce dernier sens Office est du féminin. Manger à l'office. Une grande office.

office

Office, n. penac. Tantost signifie cela mesme que Officium en Latin, dont il vient, et suyvant cela on dit, Il m'a fait tout bon office d'ami, Nihil non officij quod amicum deceat, mihi praestitit, Et correspondance d'offices, Officiorum vices, Gell. lib. c. 1. Et tantost une charge publique que les Jurisconsultes appellent Munus publicum, A cause duquel celuy qui en est pourveu s'appelle Officier, soit du Roy soit d'autre qui l'en ait pourveu. Aussi Pomponius en la l. pupillus. ff. de verbor. et rer. signif. Le definit par ledit mot Office, disant, Munus publicum est officium priuati hominis, ex quo commodum ad singulos vniuersosque ciues remque eorum imperio magistratus extra ordinem peruenit.

Office et charge qu'on fait Munus, Officium.

Faire son office, In munere suo versari.

Faire son office et devoir, Officium suum facere.

Faire son office et ce qui est enjoint de faire, Accurare pensum.

Pourveu que je face mon office, Dum clauum rectum teneam.

S'il y a guerre, je ne faudray point de faire mon office et devoir, Si erit bellum, meae partes non desiderabuntur.

C'est mon office et ma charge, Curatio mea est, Meae partes sunt.

C'est ton office et charge, Tuum est munus, Tuae sunt partes.

Il a estimé que c'estoit son office de ce faire, Officij duxit.

Faire l'office d'un autre et sa charge, Vicem alterius implere, Partes alterius agere.

Faire l'office de pere, Exercere nomen patris.

Servir et faire l'office de serf, Fungi ministerio officioque seruorum.

Office et dignité, Magistratus, Honor, Officium.

Le noble office du juge, Officium iudicis honorarium, Bud.

Un office vulgaire, et tel qu'il n'y a guere de gens s'ils le veulent avoir, qu'ils ne l'ayent, Leuissimus et diuulgatissimus magistratus.

Office seditieux, Tribunatus turbulentus.

Croire et bailler un office, Committerre magistratum alicui.

Donner office de magistrat, Mandare magistratum.

Estre mis à l'office d'un autre, Succedere vicarium muneri alterius.

Faire l'office de Consul, Obire munus Consulis, Munus consulare sustinere.

Faire bien l'office d'Empereur, Implere vices Imperatoris, Bud.

Faire l'office d'un juge, Iudicis officium promere, B.

Faire son office, Servir en son office, Faire son estat, Apparere Curiae, et apparituras facere, B.

Un Conseiller qui fait fort bien son estat, ou office, Curialis et Conscriptus, siue Consiliarius summo officio praeditus.

On ne peut impetrer l'office d'un homme vivant, sinon par resignation, ou forfaicture, Petere magistratum perpetuum in locum viuentis non licet, nisi vltro se abdicantis, vel noxae damnati commissoriae, B.

Priver quelqu'un de son office à tousjours, Abrogare alicui magistratum in perpetuum, B.

Privez de leurs offices, Circunscripti e collegio, B.

Se demettre de son office, Abdicare se magistratu.

Ceux qui tiennent plusieurs gros offices, et n'y servent de rien, Munerum permultorum personis, inanibus quidem illi, sed visendis ornati, B.

Les offices Royaux ne sont point revocables, sinon par mort, ou forfaicture, Magistratuum functio comes est vitae insontis, B.

Suspendre quelqu'un de son office jusques à deux ans, Abdicare aliquem magistratu in biennium.

Suspendu de son office trois ans, Magistratu in triennium summotus, B.

Estre suspendu quelque temps de son office, Ad aliquod tempus vetari quippiam agere pro potestate et magistratu suo, B.

Tenir office de judicature, Magistratum iudicialem capere, B.

Estre pourveu d'office vacant par forfaicture, Caduci iure magistratum inire, B.

Faire fait d'office, Pro potestate aliquid facere.

Faire en exerceant son office, Agere pro magistratu, B.

Oster l'office, Successorem dare.

Ceux qui ont la charge des offices à vendre, Institores munerum publicorum, officiorumque et sacerdotiorum.

Il ne peut tenir office, Non licet ei capere magistratum per leges, B. ex Cic.

¶ Empescher aucun qu'il ne parvienne à quelque office, Deiicere aliquem honore aliquo.

Abolir un office, Abrogare magistratum.

Se demettre de son office, Deponere officium.

Restraindre l'office d'un orateur, Finibus munus oratoris circundare.

Refuser office, Auersari honorem.

Laisser de poursuyvre offices et dignitez, Missos facere honores.

Priver aucun de son office, Aliquem a Rep. remouere, Abrogare alicui magistratum.

Privez de leur office, Magistratu abacti.

Faire chose sans aucun office ou estat, Priuatim aliquid agere.

Qui n'a nulle office, ne estat, Priuatus.

office


OFFICE, s. m. [On pourrait écrire comme on prononce, OFICE.] 1°. Devoir. "Il est de l'ofice d'un Magistrat, d'un Père, etc. "Les ofices de la vie civile. En ce sens, il est vieux: l'Acad. le met pourtant sans remarque. — Il me semble qu'on ne le dit plus qu'en parlant du livre des Ofices de Cicéron, ou de St. Ambroise; et dans cette locution adverbial d'ofice. "Faire quelque chôse d'ofice, de son propre mouvement et sans en être requis. "Ce Juge a informé d'ofice. Des Experts només d'ofice par le Juge; à la diférence de ceux, dont les parties conviènent. = 2°. Assistance, service. — En ce sens, il ne se dit pas tout seul: On ne le dit qu'au pluriel, avec bon ou mauvais., ou au singulier, avec la préposition de. "Acordez-moi vos bons ofices auprês d'un tel. "Il m'a rendu de mauvais ofices. "C'est un ofice d'ami que vous lui avez rendu. — L'Acad. le dit au singulier avec bon. "Je vous demande un bon ofice pour un tel. Il me semble qu'il est moins d'usage dans ce nombre. "Ô homme important, dit la Bruyère, et qui, à votre tour avez besoin de mes ofices. Je dirais là services: car lorsqu'on parle de soi, bons ofices a un air de supériorité. On demande à un aûtre ses bons ofices, et on lui promet ses services. Voyez SERVICE. = 3°. Prières publiques, et les cérémonies qu'on y fait. "Dire, entendre l'ofice: assister à l'ofice. — L'ofice de la Sainte Vierge; l'ofice des Morts. = Bréviaire, ou cette partie que doivent dire tous les jours ceux qui en sont tenus. "Dire son ofice. "Où en êtes-vous de votre ofice? "Comencer ou achever son ofice. = 4°. Charge. Ofice de Judicatûre, etc. = Ofice, charge, (synon.) Tout ofice est une charge, mais toute charge n'est pas un ofice, dit un Encyclopédiste. Il cite en preûve les charges dans le Parlement, qui sont de véritables ofices, et les charges Municipales, qui ne sont pas des ofices, parce qu'on ne les tient que pour un tems, sans aûtre titre que l'élection. — Mais d'aûtre part, les ofices des Notaires, des Procureurs, des Huissiers, ne sont pas des charges. Il y a donc des charges qui ne sont pas des ofices; des ofices qui ne sont pas des charges; et des ofices qui sont en même tems des charges. — L'ofice ne désigne que le titre de l'érection par l'autorité du Souverain, qui l'acorde à perpétuité: la charge ajoute à cette idée la juridiction ou l'administration.
   5°. OFICE, s. f. Lieu, dans une grande maison, où l'on prépare tout ce qu'on sert sur table pour le fruit, où l'on garde le linge, la vaisselle, etc. Dans les maisons bourgeoises, on dit dépense. Voyez ce mot. = Ofices, au pluriel, se dit de la cuisine comme de la dépense: c'est un nom collectif, qui comprend tous les lieux où l'on prépare et où l'on garde tout ce qui est nécessaire pour le service de la table. "De grandes, de belles ofices. "Des ofices bien éclairées. = 6°. Ofice, dans ce sens, se dit aussi de l'art de préparer ce qu'on sert sur table pour le fruit: et l'on apèle oficier le domestique qui possède et qui exerce cet art dans les maisons. "Il sait, il entend bien l' ofice; c'est un bon oficier.

Synonymes et Contraires

office

nom masculin office
1.  Littéraire. Fonction exercée.
2.  Rituel religieux.
Traductions

office

Amt, Anstellung, Dienst, Speisekammer, Gottesdienstoffice, service, function, job, pantry, post, attendance, capacity, facility, position, store, storehouse, storeroombetrekking, dienst, ambt, baan, magazijn, plaats, provisiekamer, provisiekast, voorraadkamer, werkkring, provisiekamer,משרד (ז), רשות (נ), רָשׁוּתamp, dienscàrrec, ocupació, oficifunkce, kancelář, pomoc, služba, spíž, úřadembede, spisekammer, tjenesteofico, provizejo, servoalmacén, cargo, depósito, empleo, función, oficio, serviciovirkafunzione, impiego, serviziocella, cellarium, officiumanretning, byrå, embete, funksjon, gudstjeneste, kontor, tjenestecargo, emprego, lugar, ofício, serviçoämbete, tjänstγραφείοОфис辦公室 (ɔfis)
nom masculin
1. bureau, agence office de tourisme
2. servir de une caisse qui fait office de table
3. sans l'avoir demandé accorder qqch d'office
4. cérémonie religieuse office funèbre

office

[ɔfis]
nm
(= charge, fonction) → office
faire office de [objet] → to serve as; [personne] → to act as
d'office → automatically
bons offices → good offices
(= agence) → bureau
office du tourisme → tourist office
(RELIGION)service
nm ou nf (= pièce) → pantry
Office National des Forêts nm (ADMINISTRATION)Forestry Commission (Grande-Bretagne), National Forest Service (USA)