officieux, euse

OFFICIEUX, EUSE

(o-fi-si-eû, eû-z') adj.
Prompt à rendre de bons offices.
La l'Étoile en eut soin comme si elle eût été sa mère, et Inézilla se montra fort officieuse [SCARR., Rom. com. I, 23]
Le mot d'office en ce sens [de service] a fait celui d'officieux, qui est fort bon ; c'est un homme officieux, pour dire un homme qui aime à faire plaisir [CAILLÈRES, Bon et mauvais usage, Convers. 1]
Ô les amis désintéressés, amis commodes et officieux, qui se croient payés de tous leurs bienfaits, quand on leur donne de nouveaux sujets d'exercer leur miséricorde ! [BOSSUET, Sermons, Anges gardiens, 1]
Il était vif, enjoué, officieux, d'une bonté et d'une facilité dont de faux amis ont abusé assez souvent [FONTEN., Hartsoeker.]
Officieux à. L'air est plein d'une innombrable multitude de peuples de figure humaine.... grands amateurs de sciences, subtils, officieux aux sages.... le Comte de Gabalis, 2e entret. S. m. et f. En un sens ironique. Un officieux, une officieuse, celui, celle qui s'empresse avec un zèle déplacé ou inconvenant. Faire l'officieux. Écartez tous ces officieux.
Un de ces importuns et sots officieux Qui ne sauraient souffrir qu'on soit seule en des lieux [MOL., les Fâch. I, 8]
Mme la marquise de Pontailly sait que la malle-poste arrive de très bonne heure, reprit l'officieux [CH. DE BERN., un Homme sérieux, § 1]
Qui tend à être utile, agréable, en parlant des choses.
Une mère qu'une sincère piété, une tendresse respectueuse pour son époux, une bonté officieuse et libérale pour ses sujets.... avaient rendue vénérable et à l'Espagne où elle régnait, et à la France d'où elle était sortie [FLÉCH., Marie-Thér.]
Cependant je rends grâce au zèle officieux Qui sur tous mes périls vous fait ouvrir les yeux [RAC., Athal. I, 1]
Mensonge officieux, mensonge qu'on fait simplement pour faire plaisir à quelqu'un.
Ce qu'on appelle mensonges officieux sont de vrais mensonges [J. J. ROUSS., Prom. 4]
Fig.
Ainsi la cruauté [chez le courtisan calomniateur] fait la douce, et paraît officieuse et bienfaisante [BALZ., De la cour, 5e disc.]
Ces grâces qui donnent par une officieuse cruauté le dernier coup à la discipline mourante [MASS., Or. fun. Villars.]
Et moi de nos bourreaux complice officieux [M. J. CHÉN., Charles IX, IV, 4]
Se dit, par opposition à officiel, de ce qui a le caractère de simple communication de la part du gouvernement. Des renseignements officieux, non officiels.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Maison de tout temps libre, de grand abord, et officieuse à chascun [MONT., IV, 92]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. officiosus, de officium, office 1.