oppressé, ée

OPPRESSÉ, ÉE

(o-prè-sé, sée) part. passé d'oppresser
Qui est gêné par une espèce de pression. Poitrine oppressée. Fig.
Ces sermons, tels que l'auteur les traçait sur le papier, n'étaient pour l'ordinaire que des matériaux dispersés, auxquels son âme entraînée, et, pour ainsi dire, oppressée par son sujet, se chargeait de donner la vie et l'ensemble [D'ALEMB., Éloges, Bossuet]
Qui est gêné par une souffrance comme par une pression.
Étant de sa plaie et d'amour oppressé [RÉGNIER, Dial.]
Quand on se trouve bien oppressée de méchante compagnie [SÉV., 6 oct. 1675]
Pour la voir aussitôt de douleur oppressée [BOILEAU, Sat. X]
Il entendra gémir une mère oppressée... [RAC., Iphig. III, 7]
Serré, gêné, contraint.
M. de Luxembourg est un peu oppressé près de Maestricht par l'armée de M. de Monterey et du prince d'Orange [SÉV., 29 déc. 1673]
Je vous assure en gros que le roi sera toujours triomphant partout : son bonheur fait retirer M. de Lorraine et le prince d'Orange ; il donne les coudées franches à M. de Turenne, qui était un peu oppressé [ID., à Guitaut, 28 juin 1675]
Je me promène seule, et, quoi que vous disiez, ma chère, je serais bien oppressée si je n'avais pas cette liberté [ID., 1er oct. 1684]
Opprimé (sens qui vieillit, mais qui serait encore de bon emploi dans le style élevé).
Il a vu des peuples entièrement oppressés [BOSSUET, 2e instr. pastor. 114]
Quelle plus sainte hostie, quel encens plus doux, quelle prière plus agréable, que de faire entrer devant soi la cause de la veuve, que d'essuyer les larmes du pauvre oppressé ? [ID., le Tellier.]
Substantivement.
Jésus de Nazareth, homme approuvé de Dieu, qui passait bienfaisant et guérissant tous les oppressés [BOSSUET, Sermons, Bonté, 1]
Dieu n'a donné tant d'autorité aux évêques qu'afin qu'ils puissent prêter leur voix aux infirmes et leur force aux oppressés [ID., Var. II, 22]
Cette compagnie [le sénat romain] était regardée comme l'asile des oppressés [ID., Hist. III, 6]