ou

ou

[ u] conj. coord. [ lat. aut ]
1. Parfois renforcé par bien, marque une alternative : Est-elle rousse ou brune ? En Belgique ou en Suisse. Vous pouvez venir seul ou à plusieurs. Voulez-vous y aller à pied ou bien en voiture ?
2. Introduit une équivalence, une formulation différente : La marjolaine, ou origan, a de multiples utilisations. « Dom Juan ou le Festin de pierre » [Molière].
Ou... ou,
précède les termes d'une alternative : Vous pouvez ou envoyer un mél, ou téléphoner
soit..., soit

OU

(ou) conj.
Il marque l'alternative. Oui ou non.
N'était-elle assez belle ou assez bien parée ? [RÉGNIER, Élég. IV]
Je n'ouïs jamais parler d'une telle ou impatience ou irrésolution [BALZAC, liv. VII, lett. 27]
Pour les mauvaises doctrines, je pensais déjà connaître assez ce qu'elles valaient pour n'être plus sujet à être trompé ni par les impostures d'un magicien, ni par les artifices ou la vanterie d'aucun de ceux qui font profession de savoir plus qu'ils ne savent [DESC., Méth. I, 13]
Je vivrai sans reproche, ou périrai sans honte [CORN., Hor. II, 5]
Je vous enseignerai par là Ce que c'est qu'une fausse ou véritable gloire [LA FONT., Fabl. IV, 3]
Et ne vais point chercher, pour m'estimer heureux, Si Mascarille ou non s'arrache les cheveux [MOL., le Dép. I, 1]
Voyez, est-ce, madame, ou ma faute, ou la vôtre ? Mon cœur court-il au change, ou si vous l'y poussez ? Est-ce moi qui vous quitte, ou vous qui me chassez ? [ID., Femm. sav. IV, 2]
Vous pouvez choisir, ou de me donner Marianne, ou de perdre votre cassette [ID., l'Av. V, 6]
Le secrétaire d'État, ou rebuté d'un traitement qui ne répondait pas à son attente, ou déçu par la douceur apparente du repos qu'il crut trouver dans la solitude, ou flatté de l'espérance d'être plus avantageusement rappelé.... [BOSSUET, le Tellier.]
Moi seul je leur résiste [aux Romains] : ou lassés, ou soumis, Ma funeste amitié pèse à tous mes amis [RAC., Mithr. III, 1]
Est-ce une alternative inévitable, ou d'abuser des choses saintes, ou de s'en éloigner ? [MASS., Carême, Inconst.]
Le ciel n'est ouvert ou qu'aux innocents ou qu'aux pénitents [ID., Carême, Élus.]
Ou jeune, ou vieille, ou grande, ou petite, ou dondon, Ou maigre, ou blonde, ou brune, enfin tout vous est bon [DANCOURT, Trahison punie, I, 7]
Bartholo : Je soutiens, moi, que c'est la conjonction copulative et, qui lie les membres corrélatifs de la phrase : je paierai la demoiselle, et je l'épouserai. - Figaro : Je soutiens, moi, que c'est la conjonction alternative ou, qui sépare lesdits membres : je paierai la donzelle, ou je l'épouserai [BEAUMARCH., Mar. de Fig. III, 15]
Ou, avec deux sujets et le verbe au pluriel (cas où la force conjonctive de ou l'emporte).
Avant l'affaire, Le roi, l'âne ou moi, nous mourrons [LA FONT., Fabl. VI, 19]
La crainte ou le déplaisir ne l'ont jamais empêchée [FLÉCH., Mme de Mont.]
Le bonheur ou la témérité ont pu faire des héros ; mais la vertu seule peut former de grands hommes [MASS., Petit carême, Triomphe.]
La peur ou le besoin font tous ses mouvements [de la souris] [BUFF., dans GIRAULT-DUVIVIER]
Avec le verbe au singulier (cas où l'idée de disjonction domine).
En quelque endroit écarté du monde que la corruption ou le hasard les jette [les parcelles de notre corps] [BOSSUET, Duch. d'Orléans.]
Sa perte ou son salut dépend de sa réponse [RAC., Bajaz. I, 3]
Seigneur, il vous est donc indifférent que nous périssions, et notre perte ou notre salut n'est plus une affaire qui vous intéresse [MASS., Pet. carême, Écueils.]
L'un ou l'autre cas est digne des siècles les plus barbares [VOLT., Lett. Mme de Florian, 20 mai 1762]
La vivacité ou la langueur des yeux fait un des principaux caractères de la physionomie [BUFF., dans GIRAULT-DUVIVIER]
L'adjectif se rapportant à deux ou plusieurs substantifs construits avec ou se met au pluriel. On demande un homme ou une femme âgés. Les Samoïèdes se nourrissent de chair ou de poisson crus.
Avec ou, précédé de lequel, on peut mettre devant les noms la préposition de, qui n'a pas son sens ou qui n'a pas de signification.
Lequel des deux fut le plus intrépide, de César ou d'Alexandre ? Dans les champs phrygiens les effets feront foi Qui la chérit le plus ou d'Ulysse ou de moi [RAC., Iphig. I, 2]
Voy. à la préposition DE la discussion de cette locution. La construction se passe très bien de la préposition de.
Je ne sais dans son funeste sort, Qui m'afflige le plus, ou sa vie, ou sa mort [CORN., Rodog. V, 5]
Qui est plus criminel, à votre avis, ou celui qui achète un argent dont il a besoin, ou bien celui qui vole un argent dont il n'a que faire ? [MOL., l'Av. II, 3]
Lamoignon, nous irons, libres d'inquiétude, ...Chercher quels sont les biens véritables ou faux, ....Quel chemin le plus droit à la gloire nous guide, Ou la vaste science, ou la vertu solide [BOILEAU, Épître VI]
Qui des deux est plus fou, le prodigue ou l'avare ? [REGNARD, Épître I, à M. le marquis de....]
Lequel vaut mieux, ou une ville superbe en marbre, en or et en argent, avec une campagne négligée et stérile ; ou une campagne cultivée et fertile, avec une ville médiocre et modeste dans ses mœurs [FÉN., Tél. XXII]
Ils ne savaient lequel ils devaient admirer davantage, ou un roi de Suède qui, à l'âge de vingt-deux ans, donnait la couronne de Pologne, ou le prince qui la refusait [VOLT., Charles XII, 2]
Ou, employé dans des cas où l'on met ni d'ordinaire.
Ce n'est pas que Chimène écoute leurs soupirs, Ou d'un regard propice anime leurs désirs [CORN., Cid, I, 1, scène changée.]
Monsieur, j'ai grande honte et demande pardon D'être sans vous connaître ou savoir votre nom [MOL., Tart. V, 4]
Ou, autrement, en d'autres termes. La logique ou la dialectique. Naples ou Parthénope.
Il se joint quelquefois à l'adverbe bien. Il payera, ou bien il ira en prison.
Non, ou vous me croirez, ou bien de ce malheur Ma mort m'épargnera la vue et la douleur [RAC., Brit. IV, 3]
Ou remplaçant un second soit.
J'avais mes desseins, soit que vous eussiez un fils ou une fille [SÉV., à Mme de Guitaut, 2 déc. 1671]

REMARQUE

  • 1. Les grammairiens disent sur l'accord avec ou : " Dans une proposition composée de deux sujets liés ensemble par la conjonction ou, et d'un seul verbe, ce verbe se met au singulier, s'il n'y a qu'un des sujets qui puisse avoir fait l'action ; exemple : C'est Cicéron ou Démosthène qui a dit cela. Le verbe est au singulier parce que l'attribut ne peut convenir qu'à l'un des deux sujets, à Cicéron ou à Démosthène. Si les deux sujets peuvent concourir à l'action, il faut employer encore le singulier, parce que la disjonctive ou indique séparément l'action de l'un ou de l'autre, et ne permet pas qu'on puisse concevoir l'action des deux sujets comme simultanée ; exemple : Ce sera son père ou sa mère qui obtiendra cela de lui. En effet ils n'obtiendront pas cela ensemble, ce sera l'un ou l'autre. Cependant, si les deux sujets sont supposés avoir opéré de la même manière, à part et dans des temps différents et indéterminés, le verbe prend alors le pluriel. Ainsi Massillon a dit : Le bonheur ou la témérité ont pu faire des héros, Petit car. Triomphe. " Ces décisions des grammairiens ne peuvent tenir contre la syntaxe et l'usage. La construction nécessaire : Lui ou moi ferons cela, où l'alternative est la plus nette et où, suivant leur décision, il faudrait : Lui ou moi je ferai cela, indique qu'en général c'est l'idée de conjonction qui domine ; de sorte que le pluriel est la construction la plus naturelle. Mais l'idée de disjonction peut aussi prévaloir dans l'esprit de celui qui parle ou écrit ; et alors on peut mettre le singulier : c'est donc le sentiment de l'écrivain et l'euphonie qui en décident. Vaugelas, à tort, voulait qu'on mît toujours le singulier.
  • 2. Après ou, il faut répéter l'article, le pronom ou la préposition, dont on s'est servi auparavant. Corneille a dit : Réduit à te déplaire ou souffrir un affront, Cid, III, 4. Il fallait répéter la préposition et dire : ou à souffrir.... Pourtant il serait trop rigoureux d'assujettir absolument la poésie à cette règle.
  • 3. Lorsque soit doit être redoublé, on met quelquefois ou au lieu du second soit : Soit que vous ayez fait cela, ou que vous ne l'ayez pas fait.
  • 4. Ou ne doit être employé que dans le sens affirmatif. Dans le sens négatif on se sert de ni. Voyez cependant des exemples de Molière et de Corneille dans lesquels ou est pour ni.

HISTORIQUE

  • Xe s.
    U ne fereiet [ou en ferait] [, Fragm. de Valenc. p. 468]
  • XIe s.
    U diz u vint [, Ch. de Rol. III]
  • XIIe s.
    Pris fust Marsile, ou il perdist la vie [, Ronc. p. 82]
    Et je sui si siens quites ligement, Que tout [elle] me puet ou engager ou vendre [, Couci, V]
  • XIIIe s.
    Vers le lion [il] s'en va, ou soit sens ou folie [, Berte, II]
  • XVIe s.
    De vray, ou la raison se mocque, ou elle ne doibt viser qu'à... [MONT., I, 69]
    Il attendoit du secours qui n'estoit encore prest, ou bien il avoit quelque autre projet [CARL., I, 5]
    Bleds et autres grains après la Saint-Jean, ou qu'ils [ou lorsqu'ils] sont noués, sont reputés meubles [LOYSEL, 214]
    Prés sont defensables depuis la mi-mars jusqu'à la Toussaint, ou que [à moins que] le foin soit du tout fanné et enlevé (car dès lors ils sont ouverts aux bestiaux) [ID., 245]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. vou ; wallon, au ; prov. esp. et ital. o ; du lat. aut, ou, qui est pour auti (forme osque), comme ut pour uti ; comparez le grec signifiant, ici.

ou

OU. Conjonction alternative. J'irai aujourd'hui ou demain. Le bien ou le mal. Oui ou non. L'un ou l'autre. Mort ou vif. Vaincre ou mourir. Soit qu'il s'en aille, ou qu'il demeure. Lui ou elle viendra avec moi. Vous ou moi, nous ferons telle chose. La douceur ou la violence en viendra à bout. Ou l'amour ou la haine en est la cause. La peur ou la misère ont fait commettre bien des fautes.

Il signifie aussi Autrement dit, en d'autres termes. L'éthique ou la morale. Son beau-frère ou le mari de sa soeur. Byzance ou Constantinople.

Il se joint souvent, dans les deux sens, avec l'adverbe Bien. Il paiera, ou bien il sera poursuivi.

OÜ. adv. qui désigne le Lieu où l'on est, où l'on va. La maison où je demeure. Le pays où il va.

Il s'emploie par analogie en parlant du Temps et signifie Dans lequel, auquel. Le temps où nous sommes. À l'heure où je vous parle.

Il s'emploie aussi figurément et signifie Dans lequel, à quoi. Le but où il tend. Les affaires où je suis intéressé.

Où que, En quelque lieu que, en quelque endroit que. Où que vous alliez, conformez- vous aux moeurs du pays. Où qu'il soit, puisse- t-il y être heureux!

Il est aussi interrogatif et signifie En quel lieu, en quel endroit? Où allez-vous? Où demeurez-vous? Où suis-je? Où serez-vous tantôt? Où a-t-il pris cela? Figurément, Où me réduisez-vous? Où tend ce discours? Où cela vous mènera-t-il? Où en sommes-nous?

Il se construit avec la préposition De et sert à marquer le Lieu d'où l'on vient et, figurément, l'Origine, la cause. Je vais vous dire d'où je viens. Voilà d'où cet usage tire son origine. Interrogativement, D'où venez-vous? D'où est-il parti? Savez-vous d'où il arrive? D'où a-t-il pris cela? D'où tirez-vous cette conséquence? D'où lui vient cet orgueil? D'où vient que vous faites cela?

Il se construit aussi avec la préposition Par et signifie Par quel endroit ou Par quel moyen. C'est le chemin par où l'on doit passer. On ne sait par où en venir à bout. Interrogativement, Par où avez-vous passé?

Où, est tantost adverbe local, et fait du Latin, Vbi, comme, Où est-il? c. en quel lieu, en quelle place ou endroit, Vbi est? En laquelle signification il a quelque fois force de relatif, au 3. liv. d'Amad. chap. 6. prindrent port où sejournoit le Roy Perion, c'est à dire, au lieu auquel sejournoit le Roy Perion, Ove Italien, et Dove, comme l'Espagnol de adonde, Et tantost est une interjection disjunctive, aut, vel, comme chantez, ou vous en allez, Cane aut facesse hinc, Et vient de êy diction Hebraïque qui signifie le mesme, l'Espagnol conforméement à l'Hebrieu dit aussi o, et quand l'Italien dit Overo, c'est ce que le François dit Ou bien, qui est un octroy de choix libre, Aut certe.

Où tu estois, Vbi terrarum eras.

Où sommes nous? Vbinam gentium sumus?

Où sont les autres? Cedo alios?

Où l'auroy-je ouy? Vbi ego audierim?

Où vas-tu? Quo ambulas tu? Quo abis?

Où t'en vas-tu d'ici? Quo hinc te agis?

Où t'en vas-tu? C. Où iroy-je sinon en la maison? Quo tu te agis? C. quonam, nisi domum?

Où tu voudras, Quouis.

J'ay esté par toute la ville, à la porte, au lac: où n'ay-je point esté? Perreptaui vsque omne oppidum, ad portam, ad lacum: quo non?

D'où, c'est De où, par apostrophe, de quel lieu, Vnde.

D'où vient elle? Vnde haec gentium?

Ou aussi, Aut vero, Aut etiam.

Ou il y est, ou non, Vel adest, vel non.

Ou par force, ou, etc. Vel vi, vel clam.

Ou pour mieux dire, quand, etc. Quae si prodierit, atque adeo quum prodierit.

Ou bien, Aut certe.

Vrais ou faulx, Vera, anne falsa.

Je te requier, ou s'il est raisonnable, je te prie, Postulo, siue aequum est te oro.

Qu'il boive, ou qu'il s'en aille, Aut bibat, aut abeat.

Quelle difference y a il, d'estre escorché de verges, ou d'estre tué d'un glaive? Quid refert vri virgis, ferroque necari?

Ou jours, ou mois, An diebus, an mensibus.

Fais tu cecy, ou non? Hoccine agis, an non?

Asçavoir si la louange se diminue, ou si, etc. Vtrum laus minuatur, an salus deseratur.

ou


OU, conjonction: (vel) Où, adv. (ubi.) Le 1er est sans accent; l'autre doit porter sur l'u l'acc. grave. C'est par là qu'on les distingue.
   OU, est une conjonction alternative: ou l'un ou l'aûtre. = 1°. On peut le répéter devant chacun des mots conjoints, ou bien ne le mettre que devant le second: ou vous, ou lui, ou moi. "Vous, ou lui, ou moi. = 2°. Ou bien est de même nature que ou: mais on ne s'en sert guère que dans le discours familier, ou lorsque ou employé tout seul, pourrait être pris pour l'adverbe de lieu . Hors delà, il faut éviter de s' en servir. = 3°. Aprês ou, il faut répéter l'article, le pronom ou la préposition dont on s'est servi auparavant. P. Corneille dit:
   Réduit à te déplaire, ou soufrir un afront...
   D'achever de César, ou troubler la victoire.
L'exactitude demande qu'on dise, ou à soufrir, ou de troubler. = 4°. Dans le soit redoublé, ou se met élégamment au lieu du second soit: soit que vous ayiez fait cela, ou que vous ne l'ayiez pas fait; au lieu de, soit que vous ne l'ayiez pas fait. = 5°. Ou n'est bon que dans le sens afirmatif; dans le négatif, il faut se servir de ni.
   Ce n'est pas que Chimène écoute leurs soupirs,
   Ou d'un regard propice anime leurs desirs.
Il falait dire, à mon avis, dit Scuderi: ni que d'un regard propice elle anime leurs desirs. La critique est juste, non-seulement pour ou à la place de ni; mais pour que, qu'il falait répéter, et pour elle, qu' il falait mettre au second membre. Voy. n°. 3°. = 6°. Suivant Vaugelas, quand ou ne se trouve que deux fois dans la phrâse, il faut mettre le verbe au singulier: ou la douceur ou la force le fera, et non pas le feront: mais quand il y est plus de deux fois, le verbe est mieux au pluriel, qu'au singulier: "ou la honte, ou l'ocasion ou l'exemple les détromperont, est mieux que les détrompera. = 7°. Il faut éviter soigneusement de joindre par la conjonction ou, deux membres de phrâse, dont l'un exige la négative, et l'aûtre ne l'exige pas. "Des pays qui ont été ou point, ou mal décrits. Voy. d'Ans. Il falait, qui n'ont point été décrits, ou qui l'ont été fort mal. "On y trouve peu ou point d'eau douce. Ibid. Dites: on n'y troûve point d'eau douce, ou du moins, on y en troûve fort peu.= * 8°. Plusieurs joignent ou et soit, dans le 2d membre; c'est un pléonasme. Au lieu de dire, par exemple: vous m'enverrez des sucres ou des cafés: ils disent, des sucres, ou soit des cafés; le soit est de trop. Vaugelas en avait fait autrefois la remarque pour, ou soit que: et Th. Corneille le trouvait aussi condamnable en vers qu'en prôse. = 9°. On dit quelquefois à pour ou; deux à trois, pour deux ou trois: ou vaut toujours mieux. — 10°. Deux ou trois millions, deux ou trois cens mille livres, a quelque chôse de ridicule, à caûse de la trop grande disproportion des deux membres conjoints par ou. "Cet homme a deux ou trois millions de bien. Il y a trop de distance de l'un à l'autre, pour qu'il puisse y avoir de l'incertitude. "Le Sultan Osman, à la tête de deux ou trois cens mille hommes, ataqua les Polonois et les Cosaques. D'Avrig. Il faut dire alors: à la tête de deux, ou, comme disent d'autre Historiens, de trois cens mille hommes, ataqua, etc.
   Où~, adv. de lieu. " est-il? va-t-il? etc. 1°. C'est le seul adv. de lieu qui aime à précéder le verbe. " alez-vous? Je ne sais il est alé. = Ordinairement donc, il suit le verbe qui le régit, et précède le verbe qui le modifie. "Pourquoi chercher sa colère, son amour éclate. En vers pourtant et dans le st. relevé, on peut changer cette construction.
   son amour éclate y chercher sa colère.
       L. Racine.
Avec la construction ordinaire, y serait superflu. = 2°. se combine avec les prépositions de et par: d'où il est venu; par où il a pâssé: mais il ne s'associe pas si bien avec la prép. vers. "Il se rendit à un tel lieu, vers où l'armée s' avança. Il faut dire: vers lequel. Vaugelas, Corneille, Ménage contre Chapelain, qui prétendait que, non-seulement ce n'est pas un barbarisme, mais que c'était même une élégance. = 3°. s'emploie quelquefois élégamment au lieu de, dans lequel, laquelle, lesquels: "Le mauvais état vous m'avez laissé, pour dans lequel vous m'avez laissé. Alors il est employé relativement, et il marque tems, lieu, situation, état, disposition, dessein; et il sert tant pour les deux genres, que pour les deux nombres. "La peine je suis; les embarras je me troûve: c. à. d. dans laquelle, etc. Dans lesquels, etc. = 4°. On s'en sert aussi au lieu du datif auquel, à laquelle, pronom que les Poètes n'oseraient employer. Mais peut-on s'en servir dans toutes les ocasions, où, en prôse on employerait auquel? Peut-on dire, comme Racine dans Bérénice;
   Faites qu'en ce moment je lui puisse anoncer
   Un bonheur peut-être il n'ôse plus penser.
D'Olivet pense que non. Il lui semble qu'un bonheur où je pense, ne se dit point. Pourquoi ne se dit-il point? vous le demanderez à l'usage. D'OLIV. — Le même Poète si correct, si exact, a dit dans Esther:
   Je romps le joug funeste les Juifs sont soumis.
Pour, auquel les Juifs sont soumis. En prôse ce serait une faûte: on peut ne pas la regarder comme telle en vers. = St. Évremont a dit aussi: "Son inocence négligea les formes où sont assujettis les innocens ordinaires. — Il s'en sert âilleurs pour, auprès de qui: "Il (Mécénas) espérait de sa délicatesse avec un Empereur délicat, ce qu'il ne pouvait atendre du peuple romain, il eut fallu se pousser par ses propres moyens. Il falait, dans le 1er exemple, auxquelles, et dans le 2d, auprès de qui. = Rollin lui done aussi ce dernier sens, et l'aplique de même aux persones: "Ils allèrent trouver Seleucus où ils se joignirent à Lysandra. Hist. Anc. l'Auteur avait dit plus haut que Lysandra se sauva à la cour de Seleucus. = 5°. Quelquefois pour auquel, à laquelle ferait une équivoque: c'est alors une nouvelle raison d'employer celui-ci de préférence à celui-là. Ex. Un des Traducteurs de l'Imitation a dit: "Prenez une ferme résolution de porter cette croix J. C. votre Divin Maître a bien voulu mourir pour l'amour de vous. Dans cette phrâse, aprês porter fait une équivoque. Il semble qu'on veuille dire qu'il faut porter la croix dans l'endroit, J. C. a bien voulu, etc. Dans ce câs, dites, sur laquelle, etc. = 6°. D'où est plus usité à la place de dont, duquel, de laquelle. "Henri IV. regardoit la bonne éducation de la jeunesse, comme une chôse d'où dépend la félicité des royaumes et des peuples. — Il y a des ocasions, où ce seroit une faûte d'employer d' pour dont, et d'aûtres où l'on feroit mal de se servir de dont, au lieu de d'où. Ex. Quand maison signifie logis, on doit dire, la maison, d'où il est sorti: quand il signifie race, on dira, la maison, dont il est sorti. — Suivant ce principe, il ma paroit, dit M. de Wailli qu'il y a une faûte dans cette phrâse d'un Historien moderne: "Les alliés de Rome, indignés et honteux tout-à-la fois de reconoître pour maitresse une ville, dont la liberté paroissoit bannie pour toujours, etc. Au lieu de dont j'aurais mis d'où. WAILLI. Le mot Ville désigne en éfet le lieu; et d'où est plus propre que dont, pour marquer le lieu. = 7°. * Quelques-uns mettent et y dans la même phrâse, et les font raporter au même objet. C'est un pléonasme; une répétition vicieûse. "À~ Lacédémone il y avoit un Temple dédié à Morpho, Vénus et le Déesse y étoit voilée. Voy. Litt. de la Grèce. — signifiant dans lequel, aussi bien qu'y, l'un des deux est inutile.
   qu'il porte les yeux, il y porte la mort.
       Brebeuf.
L'inversion de la construction rend ce pléonasme excusable dans ce vers. C'est le même tour que celui du vers de Racine le Fils. Voy. n°. 1°. = 8°. On ne doit pas trop éloigner du nom, auquel il se raporte. "Elle (Ste Nymphe) étoit née à Palerme en Sicile, d'où elle fut obligée de se retirer sur la côte de Toscane, durant la persécution avec Maximilien, Évêque de Palerme, l'on croit qu'elle mourut en paix. P. Griffet, Ann. Chrét. — Suivant l'intention de l'Auteur, se raporte à la côte de Toscane, dont il est trop éloigné. Suivant la construction, on croirait qu'il se raporte à Palerme, qui précède immédiatement. Il falait dire: "Elle étoit née à Palerme, d'où elle fut obligée, pendant la persécution, de se retirer, avec l'Évêque Maximilien, sur la côte de Toscane, l'on croit qu'elle mourut en paix. = 9°. s'emploie aussi absolument, mais seulement par interrogation, ou avec des verbes et des façons de parler, qui désignent conaissance ou ignorance; et alors il signifie, en quel lieu. " va-t'il? "Il ne sait il va. On dit, dans le même sens absolument ou relativement d'où et par où, qui signifient de quel lieu ou de quoi; par quel lieu, ou, par quel moyen. "D'où est-il venu, par où a-t'il pâssé? D'où ou par où a-t'il su? etc. = 10°. Dans les interrogations, on répète quelquefois , sans répéter le verbe: "Où sont, diront-ils, les promesses de J. C.? la fermeté de son Église? la pureté tant vantée du christianisme? Boss. — Mais dans ce tour oratoire, il faut exprimer, au moins une fois, le verbe. La Fontaine le suprime entièrement:
   Au quel cas, l'honeur d'une telle aventûre?
Il sous-entend est: où est l'honeur? Mais cela ne vaut rien, même dans une Fâble. = * 11°. Là où, pour, au lieu que, est une manière de parler entièrement vicieûse. VAUG. CORN. = * Où que, pour, quelque par que, n'est pas non plus une expression agréable, dit Ménage, et je la tiens provinciale. Vaugelas et Th. Corneille la désaprouvaient aussi. Cependant beaucoup de Poètes s'en étaient servis.
   Où que tes banières âillent.
       Malherbe.
  Où que tu sois, quoiqu'on y fasse,
  Tu mets en jeu les Bisaïeux.
      Maynard.
   Où qu'il porte les yeux, il y porte la mort.
       Brébeuf.
  L'Homme n'a point ici de cité permanente:
  Où qu'il soit, quoiqu'il tente
  Il est un malheureux passant.
       P. Corneille, Imitat. de J. C.
Cette locution est entièrement hors d'usage.
   D'où vient que, se prend ordinairement dans la même signification que pourquoi, et que les aûtres conjonctions interrogatives; et, dans le discours familier, on le peut fort bien employer à leur place; mais toujours avec cette diférence que d'où vient que ne s'emploie jamais avec un verbe, que ce verbe ne soit précédé du pronom personel, qui en est le nominatif; au lieu que, avec pourquoi et les aûtres conjonctions interrogatives, ce pronom nominatif ne se met jamais qu'aprês le verbe: "Pourquoi se mêle-t'il? "D'où vient qu'il se mêle? — * Quelques-uns disent, d'où vient se mêle-t'il? mais ils parlent mal.

Traductions

ou

oder, entwederor, either, either...orof, ofwelאו (מ חיבור)ofأو, أَوْonebo, aneboellero, utaiयाvagyそれとも, またはautlub, alboousauauήellerилиoppure, oili또는ellerหรือveyahoặc或者или (u)
conjonction
marque le choix du thé ou du café

ou

[u] conj → or
ou ... ou (= soit) → either ... or
ou bien (= sinon) → or, or else
On pourrait aller au cinéma ou bien rentrer directement → We could go to the cinema or else go straight home.