ouiller

(Mot repris de ouillait)

ouiller


Participe passé: ouillé
Gérondif: ouillant

Indicatif présent
j'ouille
tu ouilles
il/elle ouille
nous ouillons
vous ouillez
ils/elles ouillent
Passé simple
j'ouillai
tu ouillas
il/elle ouilla
nous ouillâmes
vous ouillâtes
ils/elles ouillèrent
Imparfait
j'ouillais
tu ouillais
il/elle ouillait
nous ouillions
vous ouilliez
ils/elles ouillaient
Futur
j'ouillerai
tu ouilleras
il/elle ouillera
nous ouillerons
vous ouillerez
ils/elles ouilleront
Conditionnel présent
j'ouillerais
tu ouillerais
il/elle ouillerait
nous ouillerions
vous ouilleriez
ils/elles ouilleraient
Subjonctif imparfait
j'ouillasse
tu ouillasses
il/elle ouillât
nous ouillassions
vous ouillassiez
ils/elles ouillassent
Subjonctif présent
j'ouille
tu ouilles
il/elle ouille
nous ouillions
vous ouilliez
ils/elles ouillent
Impératif
ouille (tu)
ouillons (nous)
ouillez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais ouillé
tu avais ouillé
il/elle avait ouillé
nous avions ouillé
vous aviez ouillé
ils/elles avaient ouillé
Futur antérieur
j'aurai ouillé
tu auras ouillé
il/elle aura ouillé
nous aurons ouillé
vous aurez ouillé
ils/elles auront ouillé
Passé composé
j'ai ouillé
tu as ouillé
il/elle a ouillé
nous avons ouillé
vous avez ouillé
ils/elles ont ouillé
Conditionnel passé
j'aurais ouillé
tu aurais ouillé
il/elle aurait ouillé
nous aurions ouillé
vous auriez ouillé
ils/elles auraient ouillé
Passé antérieur
j'eus ouillé
tu eus ouillé
il/elle eut ouillé
nous eûmes ouillé
vous eûtes ouillé
ils/elles eurent ouillé
Subjonctif passé
j'aie ouillé
tu aies ouillé
il/elle ait ouillé
nous ayons ouillé
vous ayez ouillé
ils/elles aient ouillé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse ouillé
tu eusses ouillé
il/elle eût ouillé
nous eussions ouillé
vous eussiez ouillé
ils/elles eussent ouillé

OUILLER

(ou-llé, ll mouillées) v. a.
Ajouter du vin de même origine à celui qui a diminué dans les tonneaux par l'évaporation et l'extravasement de l'écume lors de la fermentation. Un bon vigneron doit ouiller chaque matin ses tonneaux jusqu'à ce qu'il n'en sorte plus d'écume.
Il y a des pays où l'on ouille tous les jours pendant le premier mois [GENLIS, Maison rust. t. III, p. 291, dans POUGENS]

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Quant les deux tonneaux sont devalez de la nef dedens les charretes et illec aemplis et aeulliés par le marchaant, que il ne les sont depuis tenus à emplir ne euiller en meson ne en celier [DU CANGE, implagium.]
  • XVe s.
    Le fermier fut condempné à rendre et restituer la pipe de vin, et, se pleine n'estoit, à la voiller et emplir [ID., ib.]
    Et en pourrez tant user et si longuement vous y aouiller, que trop en avoir pris vous fera souffreteux [A. CHARTIER, Quadriloge invectif.]
    Quand les autres sont oillez sans desserte des biens que tu cuides avoir desservis [ID., l'Esperance ou consolation.]
  • XVIe s.
    De mois en mois on recouvrira les tonneaux, pour autant de fois les auillier ou remplir de bon vin. - Auillier les vins avec de l'eau est meilleur qu'avec du vin, tant pour le goust que pour la garde [O. DE SERRES, 217]
    Le vaisseau où sejournera ceste malvoisie sera bien bousché, et tous jours plein : ce qu'on fera, en le auillant souvent avec de l'hydromel [ID., 829]
    Le roi m'a tantost fait de grandes complaintes du peu d'amour et fidellité qu'il trouvoit entre les siens quoique ouillez de bienfaits [D'AUB., Hist. 3, 187]

ÉTYMOLOGIE

  • Œil, comme le dit du Cange : ouiller c'est remplir jusqu'à l'œil, jusqu'au bondon. Cette étymologie écarte le latin olla, cruche, qui convient mal aux diverses formes de ce verbe.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • OUILLER. - ÉTYM. Ajoutez : M. le docteur Olivet, de Genève, conteste que œil, indiqué par Du Cange, que le Dictionnaire a suivi, soit l'origine d'ouiller. Il dit que, dans le midi de la France et le nord de l'Italie, ouiller c'est verser sur le vin un peu d'huile pour le priver d'air, comme chez nous on remplit le tonneau avec du vin ou de l'eau pour le même objet ; que, dans le pays romand, ouille signifie huile, ouiller, huiler, et ouillère, huilerie ; et que ouiller dérive du latin oleum, huile. L'objection à cette argumentation, c'est que, dans nos contrées du moins et dans les anciens textes, ouiller a pour but non de préserver le vin du contact de l'air, mais de tenir le tonneau plein ; voy. entre autres à l'historique ce passage du XVe siècle : Le fermier fut condamné à rendre et restituer la pipe de vin, et, se pleine n'estoit, à la voiller et emplir.

ouiller

OUILLER. v. tr. T. d'Arts. Remplacer par du vin de même provenance celui qui a diminué dans un tonneau par suite de l'évaporation, de manière qu'il n'y reste pas de vide.
Traductions