ourdi, ie

OURDI, IE

(our-di, die) part. passé d'ourdir
Dont les fils de chaîne sont préparés.
Voilà sa toile ourdie, Voilà des moucherons de pris [LA FONT., Fabl. III, 8]
Poétiquement.
Nous jouirons d'un âge ourdi d'or et de soie, Où les plus malheureux Ne verseront jamais que des larmes de joie [RACAN, Chans. de bergers.]

PROVERBE

    À toile ourdie Dieu envoie le fil, c'est-à-dire la Providence fournit les moyens d'achever l'ouvrage qu'on a commencé.
Fig. Préparé comme par un tisserand dressant les fils d'un tissu.
La ruse la mieux ourdie Peut nuire à son inventeur : Et souvent la perfidie Retourne sur son auteur [LA FONT., Fabl. IV, 11]
Ce fut plutôt une lâche trahison mal ourdie qu'une conspiration [VOLT., Louis XIV, 29]
Il se dit de la trame des ouvrages d'esprit.
L'artificieuse et fine contexture des tragédies de Racine, les seules peut-être qui aient été bien ourdies d'un bout à l'autre depuis Eschyle jusqu'au grand siècle de Louis XIV [VOLT., Dict. phil. Anc. et mod.]