outrance

outrance

n.f.
1. Caractère de ce qui est outré : L'outrance d'une polémique démesure, exagération ; modération, pondération
2. Action ou parole qui passe les bornes : Des outrances verbales excès, extravagance
À outrance,
jusqu'à l'excès : Elle est consciencieuse à outrance ; par tous les moyens possibles : La guerre à outrance totale

outrance

(utʀɑ̃s)
nom féminin
ce qui est dans l'exagération, l'excès L'outrance de ses propos est gênante.
de façon excessive Il est scrupuleux à outrance.

OUTRANCE

(ou-tran-s') s. f.
Il n'est usité que dans ces locutions adverbiales : à outrance, à toute outrance, jusqu'à l'excès.
Une comédie qui décriât les hypocrites, et mît en vue, comme il faut, toutes les grimaces étudiées de ces gens de bien à outrance, toutes les friponneries couvertes de ces faux-monnoyeurs en dévotion [MOL., Tart. 1er placet au roi.]
N'a-t-il pas ces adulateurs à outrance, ces flatteurs insipides qui n'assaisonnent d'aucun sel les louanges qu'ils donnent ? [ID., l'Impromptu, 3]
[Charles Ier] Poursuivi à toute outrance par l'implacable malignité de la fortune [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Jennings était fière à toute outrance [HAMILT., Gramm. 10]
M. Hartsoëker devint cartésien à outrance, mais il s'en corrigea dans la suite [FONTEN., Hartsoëker.]
Combat à outrance, combat qui ne devait se terminer que par la mort ou la défaite d'un des deux combattants.
Il m'a dit.... Qu'il se devait contre Votre Excellence, Battre tantôt, et battre à toute outrance [LA FONT., Papef.]
On a vu que le duc Jean de Bourbonnais fit déclarer qu'il irait en Angleterre avec seize chevaliers combattre à outrance pour éviter l'oisiveté et pour mériter la grâce de la très belle dont il est le serviteur [VOLT., Mœurs, 121]
Fig.
Le parlement se bat à outrance avec les jésuites [D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 8 sept. 1761]
À outrance, à toute outrance, aussi loin qu'une chose peut aller.
S'il faut pousser à toute outrance ce passage de saint Paul [BOSSUET, Var. 14]

REMARQUE

  • Il serait à désirer que ce mot, qui est d'une grande force, ne fut plus borné à une locution adverbiale, et rentrât dans l'emploi de tout substantif. Pourquoi ne dirait-on pas l'outrance de son orgueil, de ses prétentions, comme a fait Ronsard ?

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Il virent bien que il ne porroient à lor vaissiax repairier, ançois les covenoit combattre jusqu'à outrance de mort [MERLIN, f° 51, verso.]
  • XVe s.
    Nuls chevaliers de France ne la [ville de Compostelle] vouloient prendre à leur peril, pour la tenir ni garder honorablement jusques à outrance, car elle n'est pas trop forte [FROISS., II, III, 34]
    On se plaint de vous à outrance [CH. D'ORL., Chans. 33]
  • XVIe s.
    L'impudente esperance De ton sot appareil [révolte des huguenots] Perira par l'outrance D'un grand roy sans pareil [RONS., 403]
    Ains entendoit leur faire guerre mortelle à toute oultrance [AMYOT, Crassus, 35]

ÉTYMOLOGIE

  • Outrant ; bourg. ôtrance ; provenç. ultranza ; ital. oltranza.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • OUTRANCE. - REM. Ajoutez : Voici un emploi d'outrance hors de la locution à outrance.
    Les défauts par saillie et comme qui dirait les outrances de Corneille [SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. I, p. 241, 3e éd.]
    Ces essais de rendre la liberté à un mot confiné méritent d'être encouragés.

outrance

OUTRANCE. n. f. Excès, degré qui est au- delà des bornes habituelles. L'outrance de ses propos, de ses opinions. Il est usité surtout dans ces locutions adverbiales : À outrance, à toute outrance, Jusqu'à l'excès. Disputer à outrance. Persécuter, poursuivre à outrance.

Combat à outrance, Duel qui ne devait se terminer que lorsque l'un des deux adversaires était mis par sa blessure hors de combat ou demandait grâce. Par extension, il signifie Combat acharné. Ces deux troupes ont livré un combat à outrance.

outrance


OUTRANCE (à), adv. [Ou-tran-ce: 2e lon. 3e e muet.] Jusqu'à l'excês. "Ils convinrent entre eux de lui déclarer la guerre et de le poursuivre à outrance. Velly, Hist. de France. "Brave à outrance. "Plaider, chicaner, disputer, poursuivre, persécuter à outrance. "Il est Newtonien à outrance. = Il s'emploie quelquefois avec le mot toute: "Soutenir une opinion à toute outrance. = Combat à outrance se disait d'un duel qui ne devait se terminer que par la mort d'un des combatans. "Les deux concurrens, ainsi armés, (du ceste) se livroient à toute outrance, un combat qui ne devoit pas durer long-tems. Linguet.

Synonymes et Contraires

outrance

nom féminin outrance
Traductions

outrance

הבאי (ז)

outrance

excess

outrance

nadměrné

outrance

overdreven

outrance

liiallinen

outrance

과도한

outrance

överdriven

outrance

[utʀɑ̃s] nfexcessiveness no pl, excess
à outrance → excessively, to excess