pâle

pâle

adj. [ lat. pallidus ]
1. Se dit d'un teint peu coloré, d'une blancheur terne : Un visage très pâle
2. Qui a le teint pâle : Le malade est un peu pâle
3. Se dit d'une lumière sans éclat : Le pâle soleil d'hiver
4. Se dit d'une couleur dont la tonalité est atténuée : Des jaunes pâles
5. Fig. Qui manque d'éclat, de relief, d'originalité : Une pâle copie d'un tableau de maître
Se faire porter pâle,
Arg. mil. se faire porter malade.

PÂLE

(pâ-l') adj.
Qui a perdu sa couleur vive et animée, en parlant du visage et de la peau.
Un très insupportable bruit à ceux qui naviguent de nuit, Le rendait pâle comme un linge [SCARRON, Virg. V]
Lemaire, parfumeur, qui était un des conjurés, courut chez moi, pâle comme un mort, et tremblant comme la feuille [RETZ, Mém. liv. IV, t. III, p. 354, dans POUGENS]
La princesse d'Harcourt, pâle [elle n'avait pas de rouge] comme le commandeur de la comédie [dans Don Juan, de Molière] [SÉV., 12 janv. 1674]
Soit qu'il fasse au conseil courir les sénateurs, D'un tyran soupçonneux pâles adulateurs [BOILEAU, Art p. II]
.... Cet air sombre et sévère, Et ce visage enfin plus pâle qu'un rentier à l'aspect d'un arrêt qui retranche un quartier [ID., Sat. III]
Quel surcroît de vengeance et de douceur nouvelle De le montrer bientôt pâle et mort devant elle ! [RAC., Bajaz. IV, 5]
Minos juge aux enfers tous les pâles humains [ID., Phèdre, IV, 1]
Je l'ai trouvé couvert d'une affreuse poussière, Revêtu de lambeaux, tout pâle ; mais son œil Conservait sous la cendre encor le même orgueil [ID., Esther, II, 1]
Pluton était sur son trône d'ébène ; son visage était pâle et sévère [FÉN., Tél. XVIII]
Au pied du trône [de Pluton] était la Mort, pâle et dévorante [ID., ib.]
Sitôt qu'il me vit, il vint se jeter à mes pieds ; il était plus pâle que la mort [LESAGE, Guzm. d'Alf. IV, 3]
Et le feu des éclairs et l'abîme des flots Montraient partout la mort aux pâles matelots [VOLT., Henr. I]
Il tient l'urne terrible en ses fatales mains, Et juge sans retour tous les pâles humains [DELILLE, Én. IV]
Plus pâle que la pâle automne, Tu t'inclines vers le tombeau [MILLEVOYE, la Chute des feuilles.]
Les pâles ombres, les âmes des morts. Pâles couleurs, chlorose, affection dans laquelle la peau est décolorée. Fig.
Je vous conjure, ma chère Pauline, de ne pas tant tourner votre esprit du côté des choses frivoles, que vous n'en conserviez pour les solides ; autrement votre goût aurait les pâles couleurs [SÉV., 16 nov. 1689]
Qui est peu coloré.
En même temps je vis paraître un cheval pâle ; et celui qui était monté dessus s'appelait la Mort [SACI, Bible, Apocalypse, VI, 8]
Roses pâles, les roses ordinaires, par opposition à celles de Provins, qui sont d'un rouge foncé.
En parlant des corps lumineux, qui ne répand qu'une lumière terne et blafarde. Le soleil est bien pâle aujourd'hui.
Quelle pâle lumière Dissipe ces horreurs, et frappe ma paupière ? [CORN., Médée, IV, 5]
Ce n'étaient plus de pâles étincelles d'un feu mourant [MARMONTEL, Mém. III]
Par extension, faible de couleur. Un bleu pâle. Un jaune pâle. Fig.
Ma vie est sans couleur, et mes pâles journées M'offrent de longs ennuis l'enchaînement certain, Lugubres comme un soir qui n'eut pas de matin [M. J. CHÉN., la Promenade.]
La foi.... Jette un rayon d'espoir sur mon pâle avenir [LAMART., Méd. I, 18]
Fig. En termes de littérature, qui est sans couleur, sans brillant. Un style pâle.

SYNONYME

  • PÂLE, BLÊME. Ces deux termes sont très voisins. La première nuance est que blême n'est synonyme de pâle que quant à la teinte de la peau. La seconde, c'est que blême indique quelque chose de plus marqué que pâle : un homme blême de crainte est plus décoloré qu'un homme pâle de crainte. Quand la Fontaine a dit les Parques blêmes, il a marqué plus expressément la pâleur de ces déesses infernales.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Teint [il] fut et pers, descoloret et pale [, Ch. de Rol. CXLVI]
  • XIIIe s.
    Li chevaliers la [dame] regarda au vis [visage], Si la vit moult palle et descolorée [QUESNES, Romancero, p. 107]
    Delez le trou de cele grange Vi une vision moult male, Par qoi vos me veez si pale [, Ren. 1430]
    En plusors sens seras destrois, Une heure chaus, une autre frois, Vermaus [vermeil] une hore, une autre pales [, la Rose, 2289]
  • XVIe s.
    Mais bien, dit-il, craindroyje plus tost ces pasles et maigres [AMYOT, Anton. 15]
    Non pas que j'aie espoir qu'une pudique honte Vos pasles fronts de chiens honteusement surmonte ; La honte se perdit, vostre cœur fut taché De la pasle impudence, en aimant le peché [D'AUB., Tragiques, Princes.]

ÉTYMOLOGIE

  • Ital. pallido ; du lat. pallidus ; comparez le sanscrit palita, gris, le grec, gris.

pale

PALE. (L'A se prononce bref.) n. f. Sorte de petite vanne qui sert à ouvrir et à fermer le bief d'un moulin, la chaussée d'un étang, selon qu'on veut lâcher les eaux ou les retenir. Lever, baisser la pale du moulin.

PALE se dit aussi de la Partie d'une rame, d'un aviron, qui est plate et qui entre dans l'eau.

Il se dit, en termes d'Aviation, de Chacune des deux ailes de l'hélice.

pale

PALE. (On écrit quelquefois Palle.) n. f. T. de Liturgie. Carton carré garni ordinairement de toile blanche et servant à couvrir le calice quand on dit la messe.

pâle

PÂLE. adj. des deux genres. Qui est d'un blanc terne, qui est décoloré, en parlant du Visage. Avoir le teint pâle, le visage pâle, les lèvres pâles. Être pâle de colère, de fureur. Pâle comme un linge.

Poétiquement, Les pâles ombres, Les âmes des morts.

PÂLE se dit aussi d'une Lumière faible, terne, blafarde. Le soleil est bien pâle aujourd'hui. Les pâles rayons de la lune. Cette bougie, cette lampe ne jette qu'une lumière pâle. La lueur pâle des éclairs.

Il se dit aussi des Couleurs qui sont peu chargées, qui ne sont pas vives. Un bleu pâle. Du jaune pâle. De l'or pâle. La couleur de ces rideaux est devenue bien pâle.

Pâles couleurs. Voyez CHLOROSE.

PÂLE se dit quelquefois, figurément, des Ouvrages de l'esprit quand ils manquent d'éclat, de couleur. Un style pâle. Une pâle imitation. On dit dans le même sens Un pâle imitateur.

pale

Pale, f. penac. Oiseau fort semblable au Heron blanc, n'estoit son bec qui à l'extremité est rond et large. Il en est de deux especes: l'une plus grande nommée Poche: et l'autre plus petite, nommée Pale, ou Cueillier, à cause de la forme de son bec.

pale


PALE, s. f. [l'a est bref. = On ne voit pas pourquoi les Dictionaires et l'Acad. elle-même, qui écrivent malle, salle, etc. avec 2 ll, écrivent pale avec une seule.] 1°. Carton carré, garni ordinairement de toile blanche, qui sert à couvrir le calice pendant la Messe. = 2°. Pièce de bois qui sert à une écluse. = 3°. Le bout plat d' une rame, d'un aviron.

pâle


PâLE, adj. [L'â est long.] 1°. En parlant des persones, blême, qui est de couleur tirant sur le blanc. "Il, ou elle est bien pâle. "Pâle comme un mort, ou comme la mort. "Teint, visage pâle. = Il régit quelquefois la prép. de: pâle de colère, de frayeur. = 2°. En parlant des couleurs: qui manque de vivacité. "Bleu, jaûne pâle.

Synonymes et Contraires

pâle

adjectif pâle
2.  Se dit d'une lumière faible.
3.  Se dit d'une couleur atténuée.
Traductions

pâle

blaß, bleich, fahlpale, wan, sallow, pallid, chalky, sickly, drab, faded, washy, faintbleek, flets, pips, vaal, kleurloos, middelmatigחיוור (ת), לבן (ת), חִוֵּר, לָבָןpàllidbledýblegpalapálidokalpeapallido, scialbo, smunto, terreo青白い, 薄いblekbladypálido, descoradoбледныйglåmig, blekωχρός, χλωμόςشَاحِبٌblijed연한ซีดเผือดsoluktái nhợt苍白的蒼白 (pɑl)
adjectif
blanc, terne avoir le teint pâle

pâle

[pɑl] adj
[personne, teint] → pale
pâle de colère → white with rage
[couleur] → pale
bleu pâle → pale blue
(fig) une pâle imitation → a pale imitation