pâteux, euse

PÂTEUX, EUSE

(pâ-teû, teû-z') adj.
Qui a les caractères, la consistance de la pâte.
Les savons que forme l'union des graisses et des huiles avec la potasse restent mous, ou plus ou moins pâteux [THENARD, Traité de chim. t. III, p. 216, dans POUGENS]
Fig. Terme de peinture. Se dit quelquefois d'une touche abondante en couleurs, des chairs peintes largement et moelleusement. Touche pâteuse, chairs pâteuses, pinceau pâteux, sont des expressions qui se prennent toujours en bonne part.
Il se dit des choses qui font, dans la bouche, l'effet désagréable qu'y ferait la pâte. Ces poires sont pâteuses. Pain pâteux, pain qui n'est pas assez cuit, ou qui n'a pas assez levé. On dit la bouche pâteuse quand la langue est couverte d'un enduit muqueux qui en émousse la sensibilité. Cela rend la bouche pâteuse.
Il se dit des liquides dont la liquidité n'est pas parfaite, et où se trouvent des filaments, des matières non fondues, etc. Liqueur pâteuse. Vin pâteux. On dit de même : Ce vin, cette liqueur a un œil pâteux. Par extension. Ce diamant a un œil pâteux, il n'est pas parfaitement clair.
Se dit d'une terre grasse, molle, à demi détrempée. Chemin pâteux.
L'homme y aurait de bonne heure coupé les bois, desséché les marais, consolidé un sol pâteux en le remuant et l'exposant aux rayons du soleil.... [RAYNAL, Hist. phil. XVII, 3]
Fig. Pâteux se dit d'un style qui manque de fermeté, de netteté, de légèreté.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Un gant bel et blanc, et de cuir de cerf mol et pasteux [, Modus, f° LXXVIII]
  • XVIe s.
    Vulcan le forgeron fit de pasteuse argile, La paitrissant en l'eau, cette femme fragile [AM. JAMYN, Poésies, p. 223, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Pâte.