pénitence

(Mot repris de pénitences)

pénitence

n.f. [ lat. paenitentia, de paenitere, se repentir ]
1. Regret d'avoir offensé Dieu, accompagné de l'intention de ne plus recommencer ; contrition, repentir : Elle a fait pénitence.
2. Peine imposée au pénitent par le confesseur : Accomplir sa pénitence.
3. Peine infligée à qqn pour le punir : Pour ta pénitence, tu ne regarderas pas le film ce soir châtiment

pénitence

(penitɑ̃s)
nom féminin
1. religion fait de regretter ses péchés faire pénitence
2. fait de punir qqn Pour ta pénitence, tu seras privé de sortie.

PÉNITENCE

(pé-ni-tan-s') s. f.
Retour du pécheur à Dieu, avec une ferme résolution de ne plus pécher à l'avenir.
Dieu absout aussitôt qu'il voit la pénitence dans le cœur ; l'Église, quand elle la voit dans les œuvres [PASC., Pens. XXIV, 62, éd. HAVET.]
La pénitence n'est autre chose qu'une sainte indignation contre soi-même [BOSSUET, 4e sermon, Carême, Pénitence, 2]
Ô pénitence impénitente ! ô pénitence toute criminelle et toute infectée de l'amour du monde ! [ID., Sermons, Impénit. fin. Variantes, B, dans GANDAR, Choix de sermons.]
Tremblez, âmes réconciliées, qui renoncez si souvent à la grâce de la pénitence.... [ID., Anne de Gonz.]
Serons-nous fort contents d'une pénitence commencée à l'agonie... ? [ID., ib.]
Nos fausses pénitences qui ne sont suivies d'aucun changement dans nos mœurs [ID., Mar.-Thér.]
Il est impossible qu'une telle âme soit renouvelée par la pénitence [ID., Anne de Gonz.]
Les grâces de la pénitence sont les dispositions saintes par où Dieu nous sollicite de renoncer au péché [BOURDAL., Serm. 18e dim. après la Pentec. Domin. t. IV, p. 120]
La pénitence, disent les conciles, est comme le supplément et comme le recouvrement de la grâce de l'innocence [BOURDAL., Concept. de la Vierge, Myst. t. II, p. 50]
Je sais que la pénitence de ceux qui se laissent surprendre à la mort doit être suspecte [FLÉCH., Mme de Mont.]
La pénitence sans laquelle l'homme pécheur ne doit rien prétendre au salut [MASS., Profess. relig. Serm. 1]
Ordre de la pénitence de la Madeleine, congrégation de femmes repentantes.
Le sacrement de la pénitence, ou, simplement, la pénitence, l'un des sept sacrements de l'Église, institué par Jésus-christ lorsqu'il donna à ses apôtres le pouvoir de lier et de délier, et celui de remettre les péchés, et par lequel le prêtre remet les péchés à ceux qui les confessent.
Le sacrement de la pénitence est un échange mystérieux qui se fait, par la bonté de Dieu, de la peine éternelle en une temporelle [BOSSUET, Sermons, Satisfaction, 1]
Elle demande d'elle-même les sacrements de l'Église, la pénitence avec componction, l'eucharistie avec crainte.... [ID., Duch. d'Orl.]
Le prêtre, quoique lieutenant de Dieu et dispensateur de la pénitence, ne peut répondre avec certitude, ni de sa validité, ni de sa nullité [BOURDAL., Serm. 18e dim. après la Pentec. Dominic. t. IV, p. 100]
Le tribunal de la pénitence, le prêtre qui confesse ; le lieu où il confesse.
Tout ce que le prêtre impose, en expiation des péchés.
Les pénitences extérieures disposent à l'intérieur, comme les humiliations à l'humilité [PASC., Pens. XXV, 137, éd. HAVET.]
À mesure que l'iniquité s'est accrue, la pénitence s'est mitigée [BOURDAL., Jug. dern. 2e avent, p. 339]
Vous contrefaites la pénitence, mais vous ne la faites pas [ID., Pénit. Avent, p. 486]
L'Évangile à l'esprit n'offre de tous côtés Que pénitence à faire et tourments mérités [BOILEAU, Art p. III]
La seule approche des jours de pénitence vous jette dans l'ennui et dans la tristesse [MASS., Avent, Mort du péch.]
Il est bon que les pénitences soient jointes avec l'idée de travail, non avec l'idée d'oisiveté [MONTESQ., Espr. XXIV, 12]
Pénitence publique, sorte d'expiation que l'Église imposait autrefois aux grands criminels, retenus dans l'état d'excommunication.
Louis [le Débonnaire], le visage contre terre, demande lui-même la pénitence publique, qu'il ne méritait que trop en s'y soumettant [VOLT., Mœurs, 23]
Il fallait subir une pénitence publique pour obtenir la rémission des crimes commis après avoir été baptisé [CONDIL., Histoire anc. XV, 9]
Lettres de pénitence, se disait des lettres que recevaient de leurs évêques les pénitents auxquels des pèlerinages étaient imposés. Libelle de pénitence, libelle renfermant divers articles de pénitence que des individus coupables d'hérésie ou de prévarication s'engageaient à observer
Il se dit des jeûnes, des prières, des macérations, en un mot de toutes les austérités qu'on s'impose en expiation de ses péchés.
Faites pénitence, parce que le royaume des cieux est proche [SACI, Bible, Évang. St Math. IV, V. 17]
Un beau château, un bel air, de belles terrasses, une trop bonne chère : cette vie est trop douce, et les jours s'écoulent trop tôt, et l'on ne fait point de pénitence [SÉV., 20 juill. 1694]
Les peines qui sont attachées à la tendresse que j'ai pour vous, étant offertes à Dieu, font la pénitence d'un attachement qui ne devrait être que pour lui [ID., 29 mars 1680]
Il [David] fit pénitence avec son peuple [BOSSUET, Hist. I, 6]
Ses remords [de Mme de la Vallière], encore plus que les dégoûts causés par une rivale, la conduisirent aux Carmélites, où elle vécut trente-six ans dans la plus dure pénitence [DUCLOS, Œuv. t. V, p. 178]
Fig. Faire pénitence de sa mauvaise conduite, en être puni par quelque malheur.
Charles, de mes péchés j'ai bien fait pénitence [RÉGNIER, Sat. VIII]
Les Allemands, qui passèrent ensuite et qui sont les meilleures gens du monde, firent une rude pénitence de nos étourderies [MONTESQ., Rom. 23]
Fig. et familièrement. Faire pénitence, faire mauvaise chère. Vous venez dîner avec nous sans nous avertir, vous ferez pénitence.
Les psaumes de la pénitence, voy. PSAUME.
Punition, châtiment d'une faute. Voilà une rude pénitence pour une faute bien légère. Mettre un enfant en pénitence. Des pénitences d'enfant.
Adèle ne viendra point avec nous chez Nicolle ; elle est en pénitence aujourd'hui [GENLIS, Ad. et Théod. t. I, p. 293, dans POUGENS]
Il se dit, à certains jeux de société, des punitions infligées à ceux qui ont manqué aux règles. Votre pénitence sera de dire une chanson.
Pour pénitence, en pénitence, pour votre pénitence, loc. adv. En punition, pour peine ; se dit surtout par plaisanterie.
Voyons, lui dit le confesseur : C'est le plaisir qui fait l'offense ; Que donnait-on ? - Le Déserteur. - Vous le lirez pour pénitence, [PIRON, Épigr. contre Sédaine]
Mortifiez vos goûts et vos plaisirs ; Et, si parfois vous avez des désirs, Demandez Gluck pour votre pénitence, [, Épigr. contre Gluck, sans nom d'auteur, dans l'Acanthologie ou Dictionnaire épigrammatique de Fayolle]

REMARQUE

  • Voltaire a dit : Devers Pâques on doit pardonner aux chrétiens qui font pénitence ; je la fais.... Lett. Cideville, 13 mars 1741. Suivant la règle, pénitence, sans article, ne devrait pas être représenté par la ; mais la phrase étant claire peut passer.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Par penitence [il] les comande à ferir [frapper] [, Ch. de Rol. LXXXVII]
  • XIIe s.
    Tant [je] fais pour lui [elle] greveuse penitance.... [, Couci, X]
  • XIIIe s.
    Pour faire penitance chascuns outremer va [, Berte, CVIII]
    Et si est ague [la crosse] par desous, pour çou que li prelas doit donner penitenche poignante as pecheours [, Chr. de Rains, p. 105]
    Et si soffrit la peneance ; Ice affiert [convient] à telle enfance [, Fabliaux mss. dans LACURNE]
    Après te doins [donne] en penitence, Que nuit et jor sans repentence En bien amer soit ton penser [, la Rose, 2243]
  • XVIe s.
    Une satiété si lourde, qu'elle equipolle à penitence [repentir] [MONT., I, 70]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. pegnitance ; provenç. penitencia, penedensa, pentenza ; esp. penitencia ; ital. penitenzia ; du lat. poenitentiam, dérivé de poenitens. L'ancien français avait deux formes : penitence, calqué sur le latin, et peneance qui avait subi l'empreinte française. Peneance s'était contracté aussi en penance.

pénitence

PÉNITENCE. n. f. Repentir suivi d'expiation, regret d'avoir offensé Dieu. La pénitence est une vertu chrétienne. Une pénitence tardive. Les fruits de la pénitence.

Sacrement de pénitence ou Sacrement de la pénitence, Celui des sept sacrements de l'Église par lequel le prêtre remet les péchés à ceux qui s'en confessent à lui et qui en ont le repentir.

Le tribunal de la pénitence se dit du Prêtre qui confesse et du Lieu où il confesse. Aller porter ses péchés au tribunal de la pénitence.

PÉNITENCE se dit aussi de Tout ce que le prêtre ordonne en satisfaction des péchés qu'on lui a confessés. Son confesseur lui a donné pour pénitence un Pater et un Avé à réciter. Accomplir sa pénitence, satisfaire à sa pénitence, faire sa pénitence. Les pénitences publiques ne sont plus en usage dans l'Église.

Il se dit également des Austérités qu'on s'impose volontairement pour l'expiation de ses péchés. Faire pénitence de ses péchés. Vivre dans la pénitence, dans une pénitence continuelle, dans les exercices de la pénitence. Il faut faire pénitence, si l'on veut être sauvé. Le carême est un temps de pénitence.

Les Psaumes de la pénitence. Voyez PSAUME.

Fig., Faire pénitence de ses excès, de ses torts, de sa mauvaise conduite, En être puni par quelque maladie, par quelque infirmité, par quelque malheur. Il fait pénitence du passé. Il s'est abandonné à la débauche dans sa jeunesse, il en fait maintenant pénitence. Il s'est perdu par son indiscrétion, et il a maintenant tout le loisir d'en faire pénitence.

Fig. et fam., Faire pénitence, Faire mauvaise chère. Si vous voulez demeurer à dîner avec nous, vous ferez pénitence.

PÉNITENCE se dit encore d'une Punition imposée pour quelque faute. Voilà une rude pénitence pour une faute bien légère. Faire subir une pénitence. Mettre un enfant en pénitence.

Il désigne, à certains Jeux de société, la Peine qu'on impose à ceux qui ont manqué aux règles, aux conventions, ou qui n'ont pas deviné quelque chose, qui ont mal répondu.

POUR PÉNITENCE, POUR VOTRE PÉNITENCE, EN PÉNITENCE DE CELA, loc. adverbiales. En punition, pour peine. Pour pénitence, pour votre pénitence, en pénitence de votre retard, vous ferez un mauvais dîner.

penitence

La Penitence, Piamentum. B.

Demander penitence à son confesseur, Poenam sibi deposcere. B.

Enjoindre penitence, Irrogare mulctam ieiunij, aut precationum obsecrationumve, aut peregrinationis. B.

Faire penitence, Piacularem poenam luere, vel Erumnas piaculares obire ob scelera admissa, Dare de se vltro supplicium Deo. Budaeus.

Jeune enjoinct par penitence, Piaculare ieiunium, Piacularis inedia. Budaeus.

Voeu de penitence, Lustrale votum. B.

pénitence


PÉNITENCE, s. f. PÉNITENT, ENTE, adj. et subst. PÉNITENCERIE, s. f. PÉNITENCIER, s. m. PÉNITENCIAUX, adj. m. plur. PÉNITENCIEL, s. m. [Pénitance, tan, tante, tancerie, tan-cié, ciô, cièl: 1re é fer. 2e lon. 3e e muet au 1er, au 3e et au 4e, é fer. au 5e, è moyen au dernier.] Pénitence, est le repentir, le regret d'avoir ofensé Dieu, et la peine qu'on nous impôse ou que nous nous imposons nous-mêmes en expiation de nos péchés: "La pénitence est une vertu chrétiène: le repentir est un sentiment moral. La vertu de pénitence a toujours été indispensable; le sacrement de pénitence ne l'est que depuis l'institution de Notre-Seigneur. "Il faut recevoir avec respect la pénitence, qui est ordonée par le Prêtre. "Faire pénitence de ses péchés. Il faut faire pénitence, si l'on veut être sauvé. = On dit, proverbialement, faire pénitence, faire mauvaise chère. "Voulez-vous faire pénitence avec nous, dîner avec nous à l'aventure du pot. = Faire pénitence de... en faire pénitence: porter la peine de ses débauches, de sa mauvaise conduite par les infirmités ou les disgraces qu' elles nous ont atirées. On dit aussi, en plaisantant, pour pénitence, ou en pénitence de cela vous ferez telle chôse. = Mettre en pénitence, imposer une peine. Il se dit proprement des Religieux et des Religieûses; et figurément, (st. famil.) de toute sorte de persones. "Il venoit souvent dîner avec nous: il nous a manqué, et nous l'avons mis en pénitence: nous ne le prions plus.
   PÉNITENT, adj. Qui a regret d'avoir ofensé Dieu, et qui s'en punit. Qui est dans les pratiques de la pénitence. "Homme pénitent, femme pénitente. = Subst. Celui, celle qui confesse ses péchés au Prêtre. Interroger, absoûdre un pénitent. Ce Prêtre a beaucoup de pénitens et de pénitentes. = Membre d'une Confrérie, où les Confrères sont revétus de sacs. "Pénitens blancs, bleus, noirs, gris, etc.
   PèNITENCIER, Prêtre comis par l'Évêque pour absoûdre des câs réservés. Pénitencerie, charge, ofice, dignité de Pénitencier. = À~ Rome il y a une grande Pénitencerie; espèce de Tribunal ou de Bureau, où l'on done, au nom du Pape, des dispenses pour les câs ocultes.
   PÉNITENCIAUX ne se dit qu' en parlant des Pseaumes de la pénitence, vulgairement apelés les Sept Pseaumes. On devrait dire, selon la Gramaire, les Pseaumes pénitentiels; mais l'usage a autorisé pénitenciaux, disent Vaugelas et Th. Corneille. J'avoue que je ne vois pas ce que fait la Gramaire en cette ocasion, excepté qu'on n' entende par là les opinions des Gramairiens. = On écrit, ou pénitentiaux, par respect pour l'étymologie latine, ou pénitenciaux par respect pour la Française. L' Acad. met le 1er, nous nous sommes décidés pour le 2d. Je ne vois pas pourquoi on écrirait pénitencier avec un c, et pénitentiaux, pénitentiel avec un t? Ils dérivent tous trois de pénitence.
   PÉNITENCIEL, rituel de la pénitence. Livre qui contient la natûre et la durée des pénitences, qui devaient être imposées dans le tems où la pénitence publique était en vigueur.

Synonymes et Contraires

pénitence

nom féminin pénitence
Peine infligée.
Traductions

pénitence

Buße

pénitence

penance, penitence

pénitence

סיגוף (ז), תשובה (נ), סִגּוּף

pénitence

pentofaro

pénitence

penitencia

pénitence

penitenza

pénitence

anger

pénitence

pokání

pénitence

penance

pénitence

Botgöring

pénitence

[penitɑ̃s] nf
(= repentir) → penitence
(= peine) → penance
faire pénitence → to do a penance
(= punition, châtiment) → punishment
mettre un enfant en pénitence → to make a child stand in the corner