pagnote

PAGNOTE

(pa-gno-t') adj.
Qui est sans courage, sans énergie (il est des deux genres).
Archers, disparaissez, fuyez, troupes pagnotes [LEGRAND, le Mauvais mén. SC. 21]
Substantivement.
Darès, voyant telles menottes [les cestes], Se mit du nombre des pagnotes [SCARR., Virg. III]
Tant le bourgeois étonné, De crainte d'être échiné, Et de mourir en pagnote, Saute du lit dans la crotte [, Lucain travesti, I]
Mont pagnote, tout lieu élevé d'où l'on peut, sans péril, regarder un combat.
J'ai oublié de vous dire que, pendant que j'étais sur le mont pagnote à regarder l'attaque, le R. P. de la Chaise était dans la tranchée et même fort près de l'attaque, pour la voir plus distinctement [RAC., Lett. à Boileau, 18]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    En 1542, dans le Piemont, les Espagnols appeloient les soldats franço is pagnottes, Le vrai but où doivent tendre tous les gens de guerre [, p. 13, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Ital. pagnotta, sorte de pain, de pane, pain : " Les Italiens, dit Ménage, appellent gentiluomini di pagnotta ces gentilshommes que les seigneurs louent pour leur escorte aux jours de cérémonie, à cause qu'on leur donnait des pains ce jour-là. " Le nom de la pagnotta passa à ces hommes d'escorte, qui, tenus en peu d'estime, déterminèrent le sens péjoratif du mot. Pagnotta, à çause du pain, signifiait, dès le XIVe siècle, une maison de pauvres. Génevois, pagnot, nigaud, dadais.

pagnote

PAGNOTE. s. m. Poltron, lâche. C'est un vrai pagnote, un franc pagnote. Il a vieilli.

Prov. et fig., Mont pagnote, Tout lieu élevé d'où l'on peut, sans aucun péril, regarder un combat. Pendant l'action, il se tint sur le mont pagnote. Il a vieilli.

pagnote


PAGNOTE, s. m. PAGNOTERIE, s. f. [Mouillez le g: 3e e muet, 4e lon.] Pagnote, poltron, lâche. Pagnoterie, action de pagnote. = Dans les Provinces méridionales, plusieurs font pagnote fém. même en parlant des hommes: ils disent: c'est une pagnote. Il faut dire, un pagnote. On ne le dit point des femmes. = Le Mont pagnote est en termes de guerre, un lieu élevé, d'où l'on peut considérer un combat, sans être exposé au péril. — Suivant Trév. on l'apèle aussi le poste des invulnérables. Celui-ci est peu usité.