pailler

(Mot repris de paillâmes)

1. pailler

n.m. [ du lat. palearium, grenier à paille ]
1. Local où l'on entrepose la paille.
2. Meule de paille.

2. pailler

v.t.
1. Garnir de paille : Pailler un tabouret empailler, rempailler
2. Couvrir de paille pour protéger : Pailler des fraisiers.

pailler


Participe passé: paillé
Gérondif: paillant

Indicatif présent
je paille
tu pailles
il/elle paille
nous paillons
vous paillez
ils/elles paillent
Passé simple
je paillai
tu paillas
il/elle pailla
nous paillâmes
vous paillâtes
ils/elles paillèrent
Imparfait
je paillais
tu paillais
il/elle paillait
nous paillions
vous pailliez
ils/elles paillaient
Futur
je paillerai
tu pailleras
il/elle paillera
nous paillerons
vous paillerez
ils/elles pailleront
Conditionnel présent
je paillerais
tu paillerais
il/elle paillerait
nous paillerions
vous pailleriez
ils/elles pailleraient
Subjonctif imparfait
je paillasse
tu paillasses
il/elle paillât
nous paillassions
vous paillassiez
ils/elles paillassent
Subjonctif présent
je paille
tu pailles
il/elle paille
nous paillions
vous pailliez
ils/elles paillent
Impératif
paille (tu)
paillons (nous)
paillez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais paillé
tu avais paillé
il/elle avait paillé
nous avions paillé
vous aviez paillé
ils/elles avaient paillé
Futur antérieur
j'aurai paillé
tu auras paillé
il/elle aura paillé
nous aurons paillé
vous aurez paillé
ils/elles auront paillé
Passé composé
j'ai paillé
tu as paillé
il/elle a paillé
nous avons paillé
vous avez paillé
ils/elles ont paillé
Conditionnel passé
j'aurais paillé
tu aurais paillé
il/elle aurait paillé
nous aurions paillé
vous auriez paillé
ils/elles auraient paillé
Passé antérieur
j'eus paillé
tu eus paillé
il/elle eut paillé
nous eûmes paillé
vous eûtes paillé
ils/elles eurent paillé
Subjonctif passé
j'aie paillé
tu aies paillé
il/elle ait paillé
nous ayons paillé
vous ayez paillé
ils/elles aient paillé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse paillé
tu eusses paillé
il/elle eût paillé
nous eussions paillé
vous eussiez paillé
ils/elles eussent paillé

PAILLER1

(pa-llé, ll mouillées, et non pa-yé ; l'r ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des pa-llé-z étendus) s. m.
La basse-cour d'une métairie, où il y a de la paille, du foin, etc.
En mon pailler rien ne m'était resté, Depuis deux jours la bête a tout mangé [LA FONT., Faucon]
La peur de se ruiner est [pour Ch. de Sévigné] un prétexte au goût breton ; il ne l'a eu que depuis qu'il a contemplé Tonquedec sur son pailler de province [SÉV., 13 mars 1680]
Fig. Il est bien fort sur son pailler, c'est-à-dire dans le lieu qu'il habite, près de ceux qui peuvent le soutenir.
Je crois qu'il est difficile de contester sur son pailler un homme qui a tous les jours des expériences [il s'agit d'un médecin des eaux] [SÉV., 27 sept. 1687]
Je voudrais que les gens qui sont si fiers et si rogues sur leurs paillers [les juges de Calas, de Sirven, du chevalier Labarre], voyageassent un peu dans l'Europe, qu'ils entendissent ce que l'on dit d'eux, qu'ils vissent au moins les lettres que les princes éclairés écrivent sur leur conduite [VOLT., Lett. Chardon, 5 avr. 1767]
Chaque art a ses avantages : lorsque la peinture attaquera la poésie sur son pailler, il faudra qu'elle cède ; mais elle sera sûrement la plus forte, si la poésie s'avise de l'attaquer sur le sien [DIDER., Salon de 1767, t. IX, p.126, ID. 1821]
On dit dans le même sens : c'est un coq sur son pailler.
Léger hangar sous lequel on conserve, dans le Midi, la paille entassée.
La meule même formée avec des gerbes de paille.
Adj. Pailler, paillère, qu'on nourrit sur le pailler. Chapon pailler. Poularde paillère.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et les poucins et les gelines, Qui erent lez un tas d'espines En un paillier où il gratoient [, Ren. 4991]
  • XIVe s.
    Les malars [canards mâles] de riviere ont les piés rouges, et ceulx de paillier les ont jaunes [, Ménagier, II, 4]
    Nous connoissons que tous les houstes reseanz et demorenz en la terre St Nicolas à Courbeville peuvent et pourront maitre et ouster leurs pailliers et fumiers pourir en touz nos chemins [DU CANGE, paillerium.]
  • XVe s.
    Lesquels compaignons sont coustumiers de prendre les feurres es gerbiers ou pailliers qu'ilz treuvent près du rivaige du Rosne [ID., ib.]
  • XVIe s.
    Ceux qui ne sont accommodés de greniers à fourrage, à l'imitation des gerbiers, entassent leurs pailles en paillers, ronds, bar-longs.... [O. DE SERRES, 133]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. palhier, paillier ; catal. paller ; portug. palheiro ; ital. pagliaio ; du lat. palearium, de palea, paille.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. PAILLER. Ajoutez :
    Au pl. Les paillers, dans le parler normand, nom donné aux pailles exclusivement réservées pour l'engrais des terres arables dépendant de la propriété sur laquelle elles sont recueillies.
    Le fermier n'a pas la libre disposition des paillers ; il ne peut ni les vendre, ni en faire du glui ; à la fin de son bail, il est tenu de les laisser à celui qui le remplace, lequel est lui-même obligé de les utiliser comme engrais [H. MOISY, Noms de famille normands, p. 338]

PAILLER2

(pâ-llé, ll mouillées) v. a.
Terme rural. Répandre de la paille courte ou de la litière sur un terrain semé ou planté.
.... Que la terre soit bien cultivée et paillée, qu'elle soit bien sarclée, et le pastel bien purgé des herbes étrangères [, Instruct. génér. p. la teinture, 18 mars 1671, art. 264]
Pailler des arbres, des figuiers, les envelopper de paille pour les protéger contre la gelée.
Garnir de paille. Pailler une chaise. Absolument. Cette ouvrière paille très bien.

ÉTYMOLOGIE

  • Paille.

pailler

PAILLER. v. tr. Recouvrir de paille. Pailler des arbustes, un massif.

Il signifie aussi Garnir de paille des chaises.

pailler

PAILLER. n. m. La cour d'une ferme où il y a des pailles, des grains. Chapon de pailler. Poularde de pailler. On dit adjectivement Chapon pailler, poularde paillère. Il a vieilli.

Fig. et fam., C'est un coq sur son pailler, Il est hardi, parce qu'il se sent chez lui, dans son domaine.

pâiller


PâILLER, s. m. [Pâ-glié; 1re lon. 2 é fer. mouillez les ll.] La cour d'une ferme, où il y a des pâilles. = On dit, proverbialement, d'un homme, qui est dans un lieu, où il est le plus fort, qu'il est sur son pâiller; que c'est un coq sur son pâiller.