parler

(Mot repris de parles)

1. parler

v.i. [ lat. parabolare, de parabola, parabole ]
1. Articuler des paroles : Elle a commencé à parler vers 18 mois. Depuis son accident, il ne peut plus parler.
2. Manifester, exprimer sa pensée par la parole : Ils parlent pendant des heures au téléphone bavarder, deviser, discourir s'exprimer
3. Manifester, exprimer sa pensée autrement que par la parole, le langage articulé : Les sourds-muets parlent par signes ils signent ; communiquer
4. Révéler ce qui devait être tenu caché : Le coupable a fini par parler avouer
5. Ne pas nécessiter d'explications détaillées ; être éloquent, révélateur : Ces images parlent d'elles-mêmes.
... parlant,
(Précédé d'un adv.) de tel point de vue : Médicalement parlant, ce sujet est intéressant.
Parler d'or,
s'exprimer avec justesse, pertinence, sagesse.
Parler en l'air,
à la légère, sans réfléchir.
Tu parles !, vous parlez !,
Fam. marque l'approbation : Si j'accepte ? Tu parles ! ; marque le doute, l'incrédulité (souvent iron.) : Eux altruistes ? Vous parlez ! vous plaisantez !
v.t. ind.
1. (à, avec) Communiquer avec qqn par la parole : Je souhaiterais parler au maire m'entretenir avec lui ; s'adresser à causer, discuter
2. (de) S'entretenir de qqch ; faire part de ses pensées, de son avis sur un sujet : Il est temps de parler de vos projets aborder, traiter
3. (de) Avoir tel sujet, traiter tel thème, en parlant d'un écrit, d'un film, etc. : La pièce parle de la guerre d'Algérie raconter, relater
4. (de) Évoquer qqch, qqn, en parlant de qqch : Cette maison me parle de mon enfance.
5. (de) (Suivi de l'inf.) Annoncer son intention de faire qqch : Ils ont parlé de se marier.
Ne pas ou ne plus parler à qqn,
être fâché avec lui : Je ne parle plus à ce traître.
Parler au cœur, aux yeux, à l'imagination,
toucher, émouvoir, porter à la rêverie : Cette musique parle au cœur.
Parler de la pluie et du beau temps,
de choses insignifiantes.
Trouver à qui parler,
avoir affaire à un interlocuteur ou à un adversaire capable de résister, de l'emporter : Avec cet opposant, l'actuel maire a trouvé à qui parler.
v.t.
Faire usage d'une langue ; pouvoir s'exprimer dans une langue : Les Québécois parlent le français. Elle parle couramment le japonais.
Parler politique, affaires, etc.,
s'entretenir de ces sujets.

se parler

v.pr.
1. Communiquer l'un avec l'autre par le langage articulé : Les deux frères se parlent tous les jours par téléphone dialoguer
2. Être utilisé, en parlant d'une langue, d'un dialecte : Le picard ne se parle presque plus.
Se parler à soi-même,
monologuer ; soliloquer.

2. parler

n.m.
1. Manière dont qqn s'exprime, prononce les sons du langage : Un parler lent, harmonieux, saccadé débit, diction, élocution
2. Moyen de communication linguistique (langue, dialecte, patois) particulier à une région : Étudier les parlers régionaux.

parler


Participe passé: parlé
Gérondif: parlant

Indicatif présent
je parle
tu parles
il/elle parle
nous parlons
vous parlez
ils/elles parlent
Passé simple
je parlai
tu parlas
il/elle parla
nous parlâmes
vous parlâtes
ils/elles parlèrent
Imparfait
je parlais
tu parlais
il/elle parlait
nous parlions
vous parliez
ils/elles parlaient
Futur
je parlerai
tu parleras
il/elle parlera
nous parlerons
vous parlerez
ils/elles parleront
Conditionnel présent
je parlerais
tu parlerais
il/elle parlerait
nous parlerions
vous parleriez
ils/elles parleraient
Subjonctif imparfait
je parlasse
tu parlasses
il/elle parlât
nous parlassions
vous parlassiez
ils/elles parlassent
Subjonctif présent
je parle
tu parles
il/elle parle
nous parlions
vous parliez
ils/elles parlent
Impératif
parle (tu)
parlons (nous)
parlez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais parlé
tu avais parlé
il/elle avait parlé
nous avions parlé
vous aviez parlé
ils/elles avaient parlé
Futur antérieur
j'aurai parlé
tu auras parlé
il/elle aura parlé
nous aurons parlé
vous aurez parlé
ils/elles auront parlé
Passé composé
j'ai parlé
tu as parlé
il/elle a parlé
nous avons parlé
vous avez parlé
ils/elles ont parlé
Conditionnel passé
j'aurais parlé
tu aurais parlé
il/elle aurait parlé
nous aurions parlé
vous auriez parlé
ils/elles auraient parlé
Passé antérieur
j'eus parlé
tu eus parlé
il/elle eut parlé
nous eûmes parlé
vous eûtes parlé
ils/elles eurent parlé
Subjonctif passé
j'aie parlé
tu aies parlé
il/elle ait parlé
nous ayons parlé
vous ayez parlé
ils/elles aient parlé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse parlé
tu eusses parlé
il/elle eût parlé
nous eussions parlé
vous eussiez parlé
ils/elles eussent parlé

PARLER1

(par-lé) v. n.

Résumé

Articuler des mots, prononcer des paroles.
Il se dit des oiseaux imitant la voix humaine.
S'exprimer.
Discourir, s'énoncer par le discours, causer.
Parler que, au sens de dire.
Parler à, adresser la parole à.
Parler de, prononcer des paroles relatives à.
Se parler, se dit de personnes qui ont des entretiens ensemble, ou d'une personne qui s'adresse la parole à elle-même.
Plaider.
10° Parler bien, parler mal, dire du bien, du mal.
11° Parler pour, parler contre, parler de manière à servir, à nuire.
12° Expliquer ses sentiments, ses opinions, sa volonté.
13° Faire connaître quelque chose qui devrait être tu.
14° Recommander, appuyer.
15° Faire des propositions, et, particulièrement, des propositions d'argent.
16° Parler se dit des bruits qui courent dans le monde.
17° Fig. Manifester ses sentiments par un autre moyen que la parole.
18° Il se dit des choses inanimées qui ont ou qui semblent avoir un langage.
19° Expliquer sa pensée par écrit.
20° Il se dit de ce qui est exprimé dans un écrit.
21° Résonner, en parlant d'instruments.
22° Aboyer, en vénerie.
23° Au jeu, dire ce que l'on veut faire.
24° Faire parler.
25° V. a. Dire, prononcer.
26° S'exprimer en un langage.
27° S'entretenir de.
28° Au passif et impersonnellement.
29° V. réfl. Se parler, être parlé.
30° Généralement parlant. Humainement parlant.
31° Sans parler de.
Articuler des mots, prononcer des paroles. Ce malade est à l'extrémité, il ne parle plus. Parler du nez.
Il veut parler, l'écorce a sa langue pressée [LA FONT., Philém. et Baucis.]
Les jardins parlent peu si ce n'est dans mon livre [ID., Fabl. VIII, 10]
Qu'importe comme ils parlent, pourvu qu'ils me disent ce que je veux savoir ? [MOL., Pourc. II, 12]
Il [la Fontaine] fait parler les animaux, les arbres, les pierres, tout ce qui ne parle point [LA BRUY., XII]
Du langage c'est abuser Que de parler pour ne rien dire [LA MOTTE, Fabl. III, 8]
Les femmes ordinairement parlent mieux que les hommes ; si l'on en croit Cicéron, cela vient de ce qu'étant moins répandues, elles conservent plus fidèlement l'accent d'une bonne éducation, et risquent moins de le corrompre par un accent étranger [D'OLIVET, Prosodie franç. art. 5]
On remarque que ceux [enfants] qui commencent à parler fort tard, ne parlent jamais aussi aisément que les autres ; ceux qui parlent de bonne heure sont en état d'apprendre à lire avant trois ans [BUFF., Hist. nat. Œuv. t. IV, p. 220]
Le plus grand effort d'esprit est peut-être celui que nous faisons en apprenant à parler [D'ALEMB., Élém. de philos. ch. 13]
Son regard ne voit qu'à peine, Et sa voix [d'un enfant] ne parle pas [V. HUGO, Odes, I, 9]
Parler du haut de la tête, parler d'un ton de voix très aigu. On a dit parler du crâne et à la petite octave, dans le même sens.
Elle ne parle pas du crâne et à la petite octave [GRIMM, Correspond. t. I, p. 182]
Parler haut, parler bas, parler à haute voix, à voix basse.
Parle bas ; tu viens m'ébranler tout le cerveau, et tu ne songes pas qu'il ne faut point parler si haut à des malades [MOL., Mal. imag. II, 2]
Fig. Parler haut, parler sans ménagement, avec insolence. Il parle bien haut, mais on le fera baisser de ton. Parler ferme, parler avec fermeté, roideur.
Vous me parlez bien ferme, et cette suffisance.... [MOL., Mis. I, 2]
Parler à l'oreille de quelqu'un, mettre sa bouche près de l'oreille de quelqu'un et lui parler bas. Fig.
La doctrine ancienne, qui, selon l'oracle de l'Évangile, doit être prêchée jusque sur les toits, pouvait à peine parler à l'oreille [BOSSUET, Reine d'Angl.]
Fig. et familièrement. Parler la bouche ouverte, s'exprimer franchement.
Je vous y parlerai la bouche ouverte [Mme DU DEFFANT, Lett. à Hor. Walpole, t. III, p. 307, dans POUGENS]
Dame, je parle, moi, comme saint Paul, la bouche ouverte [COMTE DE CAYLUS (GROSLEY), les Écosseuses, Œuv. t. x, p. 569, dans POUGENS.]
Familièrement. Parlez donc, sorte d'interpellation qu'on emploie pour demander compte de quelque chose à quelqu'un. Parlez donc, n'avez-vous pas vu le livre que je cherche ? Fig. Il sait ce que parler veut dire, c'est-à-dire il entend à demi-mot, il comprend les intentions, les explications, les menaces, etc. il ne se fait pas dire deux fois la même chose.
Il se dit des oiseaux qui imitent la voix humaine. Ce perroquet parle très bien.
Le vulgaire croit qu'on enseigne aux bêtes à parler : il ne sait pas que parler c'est lier les idées à des signes arbitraires qui les représentent [BONNET, Contempl. nat. XII, 33]
Parler comme un perroquet, parler sans savoir ce qu'on dit, et aussi parler d'après autrui.
S'exprimer.
Il condamne toutes nos expressions élevées, et prétend que nous parlions toujours terre à terre ! [MOL., Impromptu, 3]
Vous me trouvez bon visage et vous désirez de m'en féliciter ; dites je vous trouve bon visage : mais, répondez-vous, cela est bien uni et bien clair, et d'ailleurs qui ne pourrait pas en dire autant ? qu'importe, Acis, est-ce un si grand mal d'être entendu quand on parle, et de parler comme tout le monde ? [LA BRUY., v.]
Pour ainsi parler, locution usitée pour adoucir une expression trop forte, trop figurée.
Par les soins d'un si grand roi [Louis XIV], la France entière n'est plus, pour ainsi parler, qu'une seule forteresse qui montre de tous côtés un front redoutable [BOSSUET, Mar.-Thér.]
Pour parler avec, expression employée quand on cite quelque écrivain considérable, quelque autorité. Pour parler avec Montaigne.
Discourir, s'énoncer par le discours, causer. Parler en public. Parler sur des matières difficiles.
Quand une personne qui parle beaucoup se rencontre tête à tête avec une autre qui ne parle guère, et qui ne lui répond pas, elle en parle davantage [SCARR., Rom. com. II, 10]
Il est bon de parler, et meilleur de se taire ; Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés [LA FONT., Fabl. VIII, 10]
D'un langage nouveau J'ai fait parler le loup, et répondre l'agneau [ID., ib. II, 1]
Il brûle de parler, bien plus que nous d'entendre [MOL., Mélic. I, 3]
Il y en a qui parlent bien et qui n'écrivent pas bien ; c'est que le lieu, l'assistance les échauffent, et tirent de leur esprit plus qu'ils n'y trouvent sans cette chaleur [PASCAL, Pensées, VII, 6, édit. HAVET.]
La noblesse de ses expressions [de Louis XIV] vient de celle de ses sentiments.... pendant qu'il parle avec tant de force, une douceur surprenante lui ouvre les cœurs [BOSSUET, Mar.-Thér.]
Il y a des gens qui parlent un moment avant que d'avoir pensé [LA BRUY., v.]
Avec les gens qui par finesse écoutent tout et parlent peu, parlez encore moins ; ou, si vous parlez beaucoup, dites peu de chose [ID., VIII]
Il pense et il parle tout à la fois ; mais la chose dont il parle est rarement celle à laquelle il pense ; aussi ne parle-t-il guère conséquemment et avec suite [ID., XI]
Elle a trouvé moyen de parler longtemps sans rien dire, et elle vous a engagé à lui expliquer tout ce qu'elle désire savoir [FÉN., Tél. IV]
Il avait de plus une grande facilité naturelle de parler, à laquelle il joignait le rare mérite de n'en abuser jamais [FONTEN., Dodart.]
Généralement, les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens qui savent beaucoup parlent peu [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Parler beaucoup et bien, disait-il, est d'un bel esprit ; peu et bien, d'un sage ; beaucoup et mal, d'un fat ; peu et mal, d'un sot [D'ALEMB., Éloges, Terrasson.]
Penser devient un art, et cet art est l'art de parler [CONDIL., Gramm. Disc. prél. Œuv. t. v, p. XL.]
Il n'y a que pour lui à parler, se dit d'une personne qui, dans une conversation, garde constamment la parole.
Nous allâmes chez la reine ; j'étais avec Mme de Chaulnes ; il n'y eut que pour moi à parler [SÉV., 27 janv. 1674]
Vous qui parlez, se dit à quelqu'un pour lui faire quelque avertissement, quelque reproche.
Non, ce n'est pas moi qui ne réponds point aux articles des lettres, c'est vous, vous qui parlez [VOLT., Lett. d'Argent. 16 févr. 1761]
Mais vous qui parlez, il s'en faut bien que vous soyez disculpée auprès de moi pour ce chapitre [J. J. ROUSS., Corresp. t. I, p. 74, dans POUGENS]
Par menace. Je lui apprendrai à parler, je saurai le forcer de parler avec plus de retenue. Parler en public, tenir un discours devant une assistance nombreuse.
Voilà la seule fois de ma vie que j'aie parlé en public et devant un souverain, et la seule fois aussi peut-être que j'aie parlé hardiment et bien [J. J. ROUSS., Confess. IV]
Parler comme un livre, voy. LIVRE 1, n° 4. Parler pour parler, parler sans avoir rien à dire. Parler légèrement, parler sans être suffisamment informé, et aussi sans mesurer suffisamment ses paroles. Parler au hasard, parler sans réflexion, parler de ce qu'on ne sait pas bien. Parler avec passion, dire des choses que la passion suggère. Parler en maître, parler en qualité de maître ou comme ferait un maître.
C'est à vous d'en sortir, vous qui parlez en maître ; La maison m'appartient, je le ferai connaître [MOL., Tart. IV, 7]
Élie aux éléments parlant en souverain [RAC., Ath. I, 1]
Ils [ces murs].... ne s'attendaient pas, lorsqu'ils nous virent naître, Qu'un jour Domitius me dût parler en maître [ID., Brit. III, 8]
Parler d'or, voy. OR 2. Parler d'abondance, parler sans être préparé, ou du moins sans réciter de mémoire. Parler d'abondance de cœur, parler avec épanchement, avec une pleine confiance. Parler le cœur dans la main, parler à cœur ouvert, parler sincèrement, avec une entière franchise. Parler sur-le-champ, s'est dit autrefois pour improviser.
Vous n'allez entendre chanter que de la prose cadencée ou des manières de vers libres, tels que la passion et la nécessité peuvent faire trouver à deux personnes qui disent les choses d'eux-mêmes et parlent sur-le-champ [MOL., Mal. im. II, 6]
Parler bien, parler avec élégance et pureté.
C'est une grande misère que de n'avoir pas assez d'esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire [LA BRUY., V]
Parler mal, parler sans élégance, ni correction. On dit dans le même sens : ne savoir pas parler. Parler juste, raisonner et s'exprimer avec justesse. Parler en l'air, parler sans attacher d'importance à ce que l'on dit, ou sans bons renseignements.
Jésus-Christ ne parle pas en l'air, à Dieu ne plaise : il adresse manifestement sa parole à ceux qui enseignent et qui administrent les sacrements [BOSSUET, 2e instr. past. 37]
Parler à bâtons rompus, parler sans ordre et sans suite. Parler à tort et à travers, parler sans discernement.
C'est un homme.... qui parle à tort et à travers de toutes choses [MOL., Bourg. gent. I, 1]
Parler que, au sens de dire, avec un verbe suivant subordonné.
Vous avez ouï parler que ce monsieur Oronte a une fille ? [MOL., Pourc. II, 4]
Il [le prince d'Orange] fut surpris, comme s'il n'avait pas ouï parler qu'il y eût une armée en Flandre [SÉV., 25 août 1677]
Vous me parlez dans votre lettre, ma bonne, qu'il faudra songer aux moyens de vous envoyer votre fille [ID., 29 juill. 1671]
Parler de, avec le verbe à l'infinitif, dire, annoncer vaguement que.... Il parle de se marier.
Oui, oui, j'ai su que ce traître d'amant Parle de m'obtenir par un enlèvement [MOL., Éc. des mar. II, 11]
Parler à, adresser la parole à.
Il est ce que tu dis, s'il embrasse leur foi ; Mais il est mon époux, et tu parles à moi [CORN., Poly. III, 2]
Je dis que voilà un homme qui veut parler à vous [MOL., Mal. imag. II, 2]
Qui sait parler aux rois, c'est peut-être où se termine toute la prudence et toute la souplesse du courtisan [LA BRUY., VIII]
Enseignez premièrement aux enfants à parler aux hommes ; ils sauront bien parler aux femmes quand il faudra [J. J. ROUSS., Ém. I]
Apprenez à ne point oublier à qui vous parlez, et qui vous êtes [GENLIS, Théât. d'éduc. le Vrai sage, II, 5]
Il vaudrait autant parler à un sourd, se dit de quelqu'un que l'on désespère de persuader.
Ne pas louer son siècle est parler à des sourds [LA FONT., Épître à Huet.]
Fig. Parler à un mur, aux rochers, parler à des gens que rien ne touche. Parler à cheval à quelqu'un, lui parler avec emportement, avec empire. Je n'ai trouvé personne à qui parler dans cette maison, tout le monde était sorti, je n'y ai rencontré personne.
Ah ! ah ! voici une drôle de maison ; on ne trouve personne à qui parler [DANCOURT, les Agioteurs, III, 9]
Je n'ai pu trouver à qui parler dans cette société, dans ce salon, je n'y ai rencontré personne de connaissance. Fig. Trouver à qui parler, rencontrer une personne qui nous comprenne, qui nous convienne.
Quand on pense aussi agréablement que vous, il est doux d'avoir quelqu'un à qui parler, qui vous entende [BUSSY-RABUTIN, Lett. t. III, p. 92, dans POUGENS]
Ironiquement. Trouver à qui parler, trouver des gens qui vous tiennent tête.
Parbleu ! il trouva à qui parler [MOL., Pourc. I, 6]
Moi qui vous parle, se dit pour appeler l'attention.
C'est tout ce que je puis faire, moi qui vous parle [SÉV., 16 avr. 1670]
Fig. Parler à son bonnet, se parler à soi-même, parler sans adresser la parole à personne.
Harpagon : Je veux que tu me dises à qui tu parles quand tu dis cela. - La Flèche : Je parle.... je parle à mon bonnet [MOL., l'Avare, I, 3]
Fig. J'ai bien parlé à sa barrette, je l'ai réprimandé vertement.
Et moi, je pourrais bien parler à ta barrette [MOL., l'Avare, I, 3]
Fig. Parler des grosses dents à quelqu'un, le réprimander, lui parler avec menace. Parler à, avec un nom de chose pour régime, parler de manière à exercer une action sur cette chose.
Tâchons de parler à la fois aux yeux, aux oreilles et à l'âme ; on critiquera, mais ce sera en pleurant [VOLT., Lett. d'Argental, 4 avr. 1764]
Parlons à l'intérêt, semons, prodiguons l'or [LAFOSSE, Marius à Mint. I, 3]
La sainteté de l'Évangile parle à mon cœur [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Parler au cœur, à l'imagination, aux passions, parler de manière à intéresser le cœur, à plaire à l'imagination, à exciter les passions.
C'est peu de charmer l'œil, il faut parler au cœur [DELILLE, Jard. I]
Fig. Dieu parle au cœur des pécheurs, c'est-à-dire il leur envoie de saintes inspirations, il leur donne de bons mouvements. Fig. Cet adagio parle au cœur. Ce tableau ne parle qu'aux yeux.
Parler de, prononcer des paroles relatives à.
Que parlez-vous, seigneur, de tête et de tyran ? [CORN., Sertor. IV, 3]
Est-ce que vous croyez que je veux parler de vous ? [MOL., l'Avare, I, 3]
On parle fort du mariage de Bavière [SÉV., 382]
Il serait superflu de parler au long de la glorieuse naissance de cette princesse [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Boileau.... Qui mit à tout blâmer son étude et sa gloire, A pourtant de ce roi parlé comme l'histoire [BOILEAU, Ép. I]
Que parlez-vous de Rome et de son alliance ? Pourquoi tout ce discours et cette défiance ? [RAC., Mithr. I, 3]
Ils parlent de guerre à un homme de robe, et de politique à un financier [LA BRUY., IX.]
Un homme vain trouve son compte à dire du bien ou du mal de soi ; un homme modeste ne parle point de soi [ID., XI]
Ce concile, ce jugement et surtout le président du concile indignèrent toute la France ; et au bout de deux jours on n'en parla plus [VOLT., Louis XIV, 37]
Elle répondit avec douceur et avec cette brièveté qui est de si bon goût, lorsqu'on est forcé de parler de soi [GENLIS, Vœux téméraires, t. I, p. 136, dans POUGENS]
Parler de la pluie et du beau temps, s'entretenir de choses indifférentes. Il en parle bien à son aise, se dit quand quelqu'un, à l'abri des inconvénients de la chose dont on parle, conseille ou excite.
Vous en parlez fort à votre aise ; et le métier de plaisant n'est pas comme celui d'astrologue [MOL., Am. magn. I, 2]
Il en parle comme un aveugle des couleurs, c'est-à-dire il se mêle de parler de choses dont il n'a aucune connaissance. Il en parle en maître, c'est-à-dire il parle sur une matière qu'il possède à fond ; il en parle en écolier, il n'a qu'une connaissance superficielle de ce dont il parle. Familièrement. Ce que j'en dis n'est pas que j'en parle, c'est-à-dire ne faites pas attention à mes paroles, je parle en l'air.
Ce que j'en dis n'est pas que j'en parle [DANCOURT, Retour des officiers, sc. 1]
Cela ne vaut pas la peine d'en parler, se dit des choses peu importantes. Ironiquement, cela ne vaut pas la peine d'en parler, se dit aussi pour relever l'importance de la chose dont on parle. Il lui a volé cent mille francs, cela ne vaut pas la peine d'en parler, qu'on en parle, ce n'est pas la peine d'en parler.
Monsieur mon frère aîné, car, Dieu merci, vous l'êtes D'une vingtaine d'ans, à ne rien vous céler, Et cela ne vaut pas la peine d'en parler [MOL., Éc. des mar. I, 1]
Ne m'en parlez pas, ne me parlez pas de cette affaire, c'est-à-dire ne me mettez pas sur ce chapitre. Ne me parlez pas d'un tel, ne dites pas qu'on puisse compter sur lui.
Protégés, protecteurs, au dessert ne font qu'un : Mais ne me parlez pas d'un protecteur à jeun [C. DELAV., Éc. des vieill. I, 5]
Dans un sens affirmatif et laudatif.
Il y a plaisir, ne m'en parlez point, à travailler pour des personnes qui soient capables de sentir les délicatesses d'un art [MOL., B. gent. I, 1]
Parlez-moi de.... se dit pour vanter.
Parlez-moi de ces oncles et de ces pères-là, plutôt que de ceux qui dévorent leur patrimoine pour prévenir leurs héritiers [LESAGE, Estev. Gonz. ch. 30]
Peste ! comme l'utilité vous a bientôt rapproché les distances ! parlez-moi des gens passionnés ! [BEAUMARCH., Barb. de Sév. I, 4]
Se parler, se dit de personnes qui ont des entretiens ensemble.
Il est vrai qu'elle et moi nous nous sommes parlé des yeux [MOL., Sicil. 3]
Cependant voulez-vous qu'avec moins de contrainte L'un et l'autre une fois nous nous parlions sans feinte ? [RAC., Brit. I, 2]
Les a-t-on vus souvent se parler, se chercher ? [ID., Phèdre, IV, 6]
Se parler, s'adresser la parole à soi-même.
Je me parle à moi-même [MOL., Tart. II, 2]
Terme de palais. Plaider. Cet avocat parle pour un tel.
10° Parler bien, parler mal d'une personne, en dire du bien, du mal.
Souvenez-vous de ne parler jamais ni en bien ni en mal de votre femme ; c'est le plus sot des personnages [MAINTENON, Lett. à d'Aubigné, 28 fév. 1678]
Je répondis que j'avais grand soin de ne parler mal de personne ; que, pour Sa Majesté, j'aimerais mieux être mort [SAINT-SIMON, 255, 177]
Nos ancêtres chassaient des assemblées et des tournois ceux qui étaient accusés d'avoir mal parlé des femmes [SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 190, dans POUGENS]
11° Parler pour quelqu'un, intercéder pour lui auprès d'un autre.
Vous parlez mieux pour lui qu'il ne parle lui-même [RAC., Bajaz. III, 6]
Fig.
La nature ou l'amour parle pour chacun d'eux [CORN., Hor. III, 1]
Deux sceptres en ma main, Albe à Rome asservie, Parlent bien hautement en faveur de sa vie [ID., ib. v, 3]
Il ne sait pas l'amour qui vous parle pour lui [RAC., Bajaz. IV, 3]
Tous les avantages du corps parlaient pour lui [HAMILT., Gramm. 11]
Quel nouvel intérêt vous parle en sa faveur ? [VOLT., Mérope, III, 4]
Tout parle pour lui, c'est-à-dire toutes les circonstances sont en sa faveur.
Tout parle pour lui [SÉV., 589]
Son mérite, ses services parlent pour lui, parlent en sa faveur, son mérite, ses services le rendent recommandable, rendent ses prétentions légitimes. Parler contre, parler de manière à nuire.
Une parole échappe, et elle tombe de l'oreille du prince bien avant dans sa mémoire.... si ce n'est que contre nous-mêmes que nous ayons parlé.... il y a encore un prompt remède qui est de nous instruire par notre faute, et de souffrir la peine de notre légèreté ; mais si c'est contre quelque autre, quel abattement ! quel repentir ! [LA BRUY., VIII]
Il échappe à un troisième [ami] de parler contre mes intérêts [ID., ib.]
Fig.
Ce long amas d'aïeux que vous diffamez tous, Sont autant de témoins qui parlent contre vous [BOILEAU, Sat. v.]
Il n'a rien qui parle pour lui, rien ne parle en sa faveur ; tout parle contre lui, c'est-à-dire il n'est recommandable, ou simplement agréable, par aucun côté. En matière d'affaires et de procès, cette pièce parle contre lui, elle est contraire à ses prétentions.
12° Expliquer ses sentiments, ses opinions, ses volontés. Expliquez-vous mieux, ce n'est pas là parler. Le roi a parlé par la bouche de son ministre.
Quand vous lui parlerez, parlez au nom de tous [CORN., Cinna, III, 1]
Ou laissez-moi parler, sire, ou faites-moi taire ; Je ne sais point répondre autrement pour un roi [ID., Nicom. II, 3]
Ne paraissez point si savant, de grâce ; humanisez votre discours, et parlez pour être entendu [MOL., Critique, 7]
En est-on quitte pour dire toujours : on ne nous entend pas, sans jamais vouloir parler nettement ? [BOSSUET, Quiétisme, 4e écrit, I, 22]
Avant que tous les Grecs vous parlent par ma voix [RAC., Andr. I, 2]
...Enfin je puis parler en liberté ; Je puis dans tout son jour mettre la vérité [ID., Athal. II, 6]
Dieu parle, et d'un mortel vous craignez le courroux [ID., Esth. I, 3]
Parlez, quel est le sang que nous devons verser ? [VOLT., Œdipe, III, 4]
C'est assez si ma voix Parle encore au conseil et règle vos exploits [ID., Alz. I, 1]
N'avoir qu'à parler, se dit quand, pour qu'une chose se fasse, il n'est besoin que d'une parole.
Titus m'aime ; il peut tout ; il n'a plus qu'à parler, Il verra le sénat m'apporter ses hommages [RAC., Bér. I, 5]
Il sait aller et parler, se dit d'un homme habile qu'on envoie négocier quelque chose.
13° Faire connaître quelque chose qui devait être tu. Il faut que quelqu'un ait parlé.
Vous êtes fille, Eudoxe, et vous avez parlé [CORN., Héracl. II, 1]
Gardez bien de le dire ; On m'appellerait poule ; enfin n'en parlez pas [LA FONT., Fabl. VIII, 6]
14° Recommander, appuyer.
Il est difficile à la cour que de toutes les pièces qu'on emploie à l'édifice de sa fortune, il n'y en ait quelqu'une qui porte à faux : l'un de mes amis qui a promis de parler ne parle point ; l'autre parle mollement [LA BRUY., VIII]
15° Parler se dit quelquefois pour faire des propositions, et, particulièrement, des propositions d'argent.
Le compagnon ne put rien tirer d'elle Qu'il ne parlât [LA FONT., F. avare]
Perrin : Monsieu, ma mère est malade ; et vlà deux écus que je vous apportons pour nous bailler quelque remède. - Sganarelle : Ah ! je vous entends, vous ; voilà un garçon qui parle clairement, et qui s'explique comme il faut [MOL., Méd. m. lui, III, 2]
Voilà ce qui s'appelle parler, ou, simplement, voilà parler, ou encore, c'est parler cela, se dit lorsqu'une personne fait des propositions avantageuses, ou tranche un débat par des raisons claires.
Voilà mon dernier mot. - Voilà parler cela ! [GRESSET, le Méchant, I, 2]
16° Parler se dit des bruits qui courent dans le monde.
Prenez femme, abbaye, emploi, gouvernement : Les gens en parleront, n'en doutez nullement [LA FONT., Fabl. III, 1]
On parle, on en parle, se dit de bruits défavorables qui courent sur quelqu'un ou quelque chose.
Je veux croire qu'au fond il ne se passe rien, Mais enfin on en parle, et cela n'est pas bien [MOL., Tart. I, 1]
En un autre sens, on en parle, se dit d'hommes ou de choses dont la réputation dure.
De Troie en ce pays réveillons les misères, Et qu'on parle de nous ainsi que de nos pères ! [RAC., Andr. IV, 3]
Combien d'hommes admirables et qui avaient de très beaux génies sont morts sans qu'on en ait parlé ! [LA BRUY., II]
Charles IX, auteur de quelques vers, dont on n'aurait peut-être jamais parlé s'ils n'eussent été d'un souverain [D'ALEMB., Ess. sur la soc. des g. de lett. Œuv. t. III, p. 27, dans POUGENS]
On parlera de sa gloire Sous le chaume bien longtemps [BÉRANG., Souv. du peuple]
Il faut laisser parler le monde, ou, simplement, il faut laisser parler, c'est-à-dire il ne faut pas se mettre en peine de ce que le monde dit mal à propos. On en parle fort, c'est une chose qui fait le sujet de l'entretien public. On en parle diversement, se dit d'une action, d'un événement qui est raconté de différentes manières, ou d'une chose que les uns louent et que les autres blâment. C'est une femme, une fille dont on a parlé, c'est une femme, une fille dont la réputation n'est pas intacte. On en entendra parler, cela fera du bruit, de l'éclat dans le monde.
17° Fig. Manifester ses sentiments par un autre moyen que par celui de la parole. Les muets parlent par signes.
Vois-je pas vos bontés à mon aide paraître, Et parler dans vos yeux un signe qui me dit, Que c'est assez payer que de bien reconnaître ? [MALH., IV, 4]
Tu lui parles du cœur, tu la cherches des yeux [RAC., Andr. IV, 5]
Votre trouble à Mathan n'a-t-il point trop parlé ? [ID., Athal. III, 6]
Astarté est femme ; elle laisse parler ses regards avec d'autant plus d'imprudence qu'elle ne se croit pas encore coupable [VOLT., Zadig, 8]
Vous voyez quel effroi me trouble et me confond ; Il parle dans mes yeux, il est peint sur mon front [ID., Alz. I, 5]
Après avoir entendu, avec quelque peine, un langage qui parle plus aux oreilles qu'aux yeux, nous en sentirons mieux les avantages d'un langage qui parle plus aux yeux qu'aux oreilles [CONDIL., Lang. calc : II, 16]
18° Fig. Il se dit des choses inanimées qui ont ou qui semblent avoir une sorte de langage. La peinture parle aux yeux. Son visage parle.
Dans les murs, hors des murs, tout parle de sa gloire [CORN., Hor. v, 3]
Car tout parle dans l'univers ; Il n'est rien qui n'ait son langage [LA FONT., Fabl. XI, Épilogue.]
Toutes choses parlent de Dieu à ceux qui le connaissent [PASC., Lett. 1er avril 1648]
Vous me dites que je suis en peine de votre maigreur : je vous l'avoue ; c'est qu'elle parle et dit votre mauvaise santé [SÉV., 3. juill. 1677]
Vous dites quelquefois que votre estomac vous parle ; vous voyez que votre tête vous parle aussi : on ne peut pas vous dire plus nettement que vous la cassez, que vous la mettez en pièces.... [ID., 1er avr. 1689]
Le cœur d'une grande reine, autrefois élevée par une si longue suite de prospérités, et puis plongée tout à coup dans un abîme d'amertume, parlera assez haut [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Hélas ! jusqu'au silence même Tout me parle de ce que j'aime [QUIN., Amad. II, 2]
Venez, fuyez l'aspect de ce climat sauvage Qui ne parle à vos yeux que d'un triste esclavage [RAC., Mithr. I, 3]
Leurs postures suppliantes parlaient pour eux [FÉN., Tél. XI]
Ces deux grands yeux qui ne savent que voir, Auront d'abord une beauté nouvelle : Ils regardaient, Philis : ils parleront [ST-LAMB., Pièc. fug. Épître A....]
Les murailles parlent, c'est-à-dire il se trouve souvent des témoins des choses même les plus cachées. Il se dit de même des choses morales.
On n'aime point à voir ceux à qui l'on doit tant ; Tout ce qu'il a fait parle au moment qu'il m'approche ; Et sa seule présence est un secret reproche [CORN., Nic. II, 1]
De vos hauts faits pour vous laissez parler l'éclat [ID., Pulch. I, 5]
Laissons, laissons parler mon chagrin et le vôtre [MOL., Psyché, I, 1]
Et, quand la gloire parle, il n'écoute plus rien [RAC., Alex. I, 2]
L'honneur parle, il suffit ; ce sont là nos oracles [ID., Iphig. I, 2]
Est-ce donc votre cœur qui vient de nous parler ? [ID., ib. I, 3]
C'est la nature qui parle, qui se fait sentir [FÉN., Tél. XXIV]
Elle laisse parler son cœur, elle s'abandonne à toute sa tendresse [MASS., Carême, Prière, 1]
Quand l'amour veut parler, la raison doit se taire [REGNARD, le Joueur, I, 2]
Quand l'amour parle, il est le maître, et il parlera [MARIVAUX, Fauss. confid. I, 2]
Et tu n'y peux rester sans renier ton père, Ton honneur qui te parle et ton Dieu qui t'éclaire [VOLT., Zaïre, II, 3]
L'humanité vous parle ainsi que votre père [ID., Alz. I, 1]
La mort de l'un et de l'autre a fait taire l'amitié et la haine, et ne laisse plus parler que la justice [D'ALEMB., Élog. Crébillon.]
Un repentir tardif vous parle et vous éclaire [M. J. CHÉN., Charles IX, v, 3]
Cela parle de soi, cela parle tout seul, ou, la chose parle d'elle-même, c'est-à-dire cela se comprend sans qu'il soit besoin de l'expliquer.
Allez, indigne époux, le fait parle de soi [MOL., Amph. II, 2]
Cela parle tout seul : voici la suite [SÉV., 591]
Si les paroles nous manquent, si les expressions ne répondent pas à un sujet si vaste et si relevé, les choses parleront assez d'elles-mêmes [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Rosine : C'est par pure amitié tout ce que je fais. - Figaro : Cela parle de soi ; tudieu ! l'amour a bien une autre allure [BEAUMARCH., Barb. de Sév. II, 2]
La vérité parle par sa bouche, ce qu'il dit est rempli de vérité.
L'indulgente vertu parle par votre bouche [VOLT., Alz. I, 1]
19° Expliquer sa pensée par écrit. Les auteurs qui ont parlé de ce sujet.
De quoi vous parle-t-il dans sa lettre ? Comme parle l'apôtre [FLÉCH., Serm. I, 233]
Parler dans un contrat, parler au contrat, déclarer sa volonté dans un contrat, intervenir au contrat, s'obliger par le contrat.
20° Il se dit de ce qui est exprimé dans un écrit. La loi est formelle là-dessus et parle très clairement.
L'ordonnance avec soi porte sa fin expresse ; C'est à nous qu'elle parle, à nous qu'elle s'adresse [ROTR., Antig. III, 5]
Vous diriez, à entendre parler l'Écriture, que Jésus-Christ.... [BOURDAL., Myst. Circonc. t. I, p. 55]
21° On dit que les tuyaux d'un orgue parlent bien, pour exprimer que le son est juste, clair et net. On le dit aussi de quelques autres instruments.
Vous avez Dracon le joueur de flûte.... c'est une chose infinie que le nombre des instruments qu'il fait parler [LA BRUY., III]
Voilà une note qui ne parle pas, se dit d'une touche de piano qui est muette.
22° Terme de vénerie. Aboyer. Le limier ne parle pas. Parler aux chiens, allonger les mots, et, pour ainsi dire, les chanter, afin d'exciter les chiens à la chasse. Terme de jeux. Dire ce que l'on veut faire sur le coup qui se joue, ou, au piquet, dire ce qu'on veut compter. C'est à vous à parler.
24° Faire parler quelqu'un, tirer de lui ce qu'il sait.
Ils tâchaient de me faire parler [FÉN., Tél. III]
Fig.
Il [un auteur né copiste] doit éviter comme un écueil de vouloir imiter ceux.... que le cœur fait parler, à qui il inspire les termes et les figures [LA BRUY., I]
Par forme de menace. Ne me faites pas parler, craignez que je ne dise des choses qui ne seraient pas à votre avantage. Faire parler, mettre un langage dans la bouche de.
Ne faites point parler vos acteurs au hasard, Un vieillard en jeune homme, un jeune homme en vieillard [BOILEAU, Art p. III]
Cet autre, abject en son langage, Fait parler les bergers comme on parle au village [ID., ib. II]
Fig. Faire parler quelqu'un, lui prêter des paroles, des discours.
Pourquoi faut-il au moins que, pour me consoler, L'ingrat ne parle pas comme on le fait parler ? [RAC., Bajaz. I, 3]
Non, ce n'est pas lui qui parle ainsi ; c'est ainsi qu'on le fait parler [DIDEROT, Claude et Nér. II, 91]
On m'a fait parler, on m'a prêté des discours que je n'ai pas tenus. Fig. Faire parler, se dit des choses inanimées auxquelles on prête un langage.
Savoir faire parler et son front et ses yeux [ROTR., Vencesl. I, 1]
Elle aura devant lui fait parler ses douleurs [RAC., Bajaz. III, 3]
Je devrais faire ici parler la vérité [ID., Phèdre, IV, 2]
Quoique Thomas Corneille eût pris son frère pour modèle, on voit que, malgré lui, il ne pouvait s'empêcher de chercher à suivre Racine quand il s'agissait de faire parler les passions [VOLT., Comm. Corn. Rem. Ariane, IV, 3]
Faire parler à quelqu'un, procurer un entretien avec quelqu'un.
Je lui conseille comme la vieille femme, de prier Sa Majesté de la faire parler à M. Colbert [SÉV., 311]
Faire parler, être cause de bruits qui se répandent.
Assez de sots sans moi feront parler la ville [BOILEAU, Sat. VIII]
Faire parler de soi, se faire une réputation bonne ou mauvaise.
Et comme elle recommençait à faire parler d'elle.... [GUI PATIN, Nouv. lett. t. I, p. 331, dans POUGENS]
Et, de la maison de la Prudoterie, il y a plus de trois cents ans qu'on n'a pas remarqué qu'il y ait eu une femme, Dieu merci, qui ait fait parler d'elle [MOL., G. Dand. I, 4]
Cet homme n'a point fait parler de lui, il n'a rien fait qui lui ait donné de la réputation. Cette femme n'a jamais fait parler d'elle, elle a toujours eu une conduite régulière, elle n'a jamais donné prise à la médisance.
25° V. a. Dire, prononcer.
Je vous demande, ce que je parle avec vous, ce que je vous dis à cette heure, qu'est-ce que c'est ? [MOL., Bourg. gent. III, 3]
Si un animal.... parlait par esprit ce qu'il parle par instinct, pour la chasse et pour avertir ses camarades que la proie est trouvée ou perdue [PASC., Pens. XXV, 11, éd. HAVET.]
Prononcer comme on parle.
Je rirais d'un homme qui voudrait sérieusement parler mon ton de voix, ou me ressembler de visage [LA BRUY., I]
À l'égard des acteurs, j'oserais presque dire que la pièce [les Guèbres] n'en a pas besoin ; c'est une tragédie qu'il faut plutôt parler que déclamer [VOLT., Lett. d'Argental, 18 nov. 1768]
26° S'exprimer en une langue. Il parle français et italien. Il parle l'allemand. Il parle plusieurs langues.
Je me plais à répéter ces paroles [de dévotion, chez la princesse Anne].... et je voudrais ne parler plus que ce langage [BOSSUET, Anne de Gonz.]
L'évêque de Meaux a créé une langue que lui seul a parlée [CHATEAUBR., Génie, III, IV, 4]
Fig. Parler un langage, s'exprimer d'une certaine façon.
Je sais qu'un empereur doit parler ce langage [CORN., Tite et Bér. v. 1]
On l'entend, mes pères, ce langage de votre école ; et c'est une chose étonnante que vous ayez le front de le parler si haut [PASC., Prov. XII]
Chaque passion parle un différent langage [BOILEAU, Art p. III]
Il vous est utile qu'un homme sans intérêt et sans conséquence vous parle en secret un langage dur [FÉN., Tél. XI]
J'ai compris.... comment sa plume devait mieux que sa langue parler le langage des passions [J. J. ROUSS., 2e dial.]
Parler français, voy. FRANÇAIS, n° 3. Parler chrétien, parler clairement, sans ambiguïté.
Par ma foi.... il faut parler chrétien, si vous voulez que je vous entende [MOL., Préc. 7]
Fig. Parler grec, bas-breton, haut-allemand, s'exprimer d'une façon inintelligible. Parler gascon, parler normand, parler français avec un accent gascon, normand. Familièrement. Parler phébus, s'exprimer avec emphase, en termes ampoulés.
27° S'entretenir de. Parler géométrie, musique, peinture. Parler affaires.
Ore [tantôt] ils parlaient soldat, et ore citoyen [RÉGNIER, Sat. X]
Et sans parler curé, doyen, chantre ou Sorbonne.... [ID., ib. X]
Moi, j'irais me charger d'une spirituelle, Qui ne parlerait rien que cercle et que ruelle [MOL., Éc. des f. I, 1]
Parler affaires, c'est en faire son unique objet ; au lieu que parler d'affaires n'exclut pas tout autre objet dont on voudrait parler par occasion [CONDILL., Gramm. I, 13]
Je parlerai belles-lettres une autre fois ; je ne parle aujourd'hui que tristesse et tendresse [VOLT., Lett. d'Argental, 11 oct. 1771]
À parler sentiment son mérite consiste [DESMAHIS, l'Impertinent, sc. 2]
J'osais vous parler bataille, Et chanter nos fiers soldats [BÉRANG., Plus de pol.]
Parler chicane, s'exprimer en termes de procès, parler de procès. Parler raison, parler raisonnablement, sagement. Parler raison, signifie aussi quelquefois se mettre à la raison. Voilà parler raison.
Parler Voiture, parler comme Voiture [RICHELET, ]
Et voilà qu'on la chasse avec un grand fracas, à cause qu'elle manque à parler Vaugelas [MOL., Femm. sav. II. 7]
Avoir sans cesse à la bouche.
Il faut laisser Aronce parler proverbe [LA BRUY., v.]
28° Au passif et impersonnellement.
Vous voulez que j'en écrive dans la même liberté qu'il en fut parlé [BALZ., Entretien 18]
Dans les traités il n'est point parlé d'eux [CORN., Médée, I, 3]
Il en est fort parlé dans le monde, se dit d'une chose qui fait l'objet de l'entretien public. Il en sera parlé, cela fera du bruit, de l'éclat dans le monde. Il en sera parlé à jamais, la postérité en conservera le souvenir.
29° Se parler, v. réfl. Être parlé. La langue française se parle au Canada. Impersonnellement. Il se parle de, on parle de.
En vérité, est-ce là une question entre les chrétiens [de parler de Jésus-Christ, homme], et peut-on parmi eux chercher un état où il ne se parle pas de Jésus-Christ ? [BOSSUET, États d'oraison, II, 2]
Les histories seront abolies avec les empires, et il ne se parlera plus de tous ces faits éclatants dont elles sont pleines [ID., Louis de Bourbon.]
Il ne se parlait que de liberté dans ces assemblées [ID., Hist. III, 7]
30° Généralement parlant, loc. adv. à prendre la chose en général.
Toutes les choses, généralement parlant, qui sont comprises dans l'objet de la géométrie spéculative [DESC., Médit. VI, 9]
Humainement parlant, en parlant comme un homme.
Il semble, humainement parlant, que ce soit le climat qui a prescrit des bornes à la religion chrétienne [MONTESQ., Esp. XXIV, 26]
31° Sans parler de, indépendamment de.

PROVERBES

  • Il parle latin devant les cordeliers, il parle d'une chose à un homme qui la sait fort bien.
  • Quand les ânes parleront latin, se dit pour indiquer un temps fort éloigné.
  • Il est aisé de parler, mais il est malaisé de faire.
  • Trop gratter cuit, trop parler nuit.
  • De l'abondance du cœur la bouche parle, nous parlons surtout de ce qui nous touche le plus.
  • Qui parle du loup le tient par la queue, quand on parle du loup on en voit la queue, se dit quand quelqu'un arrive dans une compagnie où l'on parlait de lui.
  • Il y a un temps de parler et un temps de se taire.

REMARQUE

  • 1. Parler mal et mal parler sont deux expressions différentes : parler mal, c'est manquer aux principes de la grammaire ; mal parler, c'est dire des paroles offensantes, médire. Mais les écrivains n'ont pas observé scrupuleusement cette distinction. D'ailleurs il faut remarquer qu'aux temps simples mal se met toujours après le verbe : Cet homme parle mal, il s'exprime incorrectement ; il parle mal de vous, il en dit du mal.
  • 2. Trouver à qui parler, signifie que nous trouvons des gens qui nous répondent, qui nous rabattent le caquet. Trouver avec qui parler signifie que l'on trouve des gens avec qui l'on peut s'entretenir.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Blancandrins a tout premereins parlet [, Ch. de Rol. IX]
    Sa coustume est qu'il parolet à leisir [, ib. x]
    [Il] Ne laissera, ce dist, qu'il n'i parolt [, ib. XCI]
    Bien sait parler et dreite raison rendre [, ib. CCLXXV]
  • XIIe s.
    Quantje recort la simple courtoisie Et les douz mos dont seult à moi parler [dont elle a coutume de me parler] [, Couci, XXII]
    [Je] N'en oi [entends] nului parler qui moult de bien n'en die [, Sax. VII]
  • XIIIe s.
    Assés i ot parlé d'une chose et d'autre [VILLEH., LXI]
    Et maistres Fouques meïsmes i ala pour parler des crois [de la croisade] [ID., XXVIII]
    Emprès se croisa Henris d'Anjo... et pluseur preudomme dont li livres ne parole mie [ID., VI]
    Et s'uns sages d'amors parole à une damoisele fole [, la Rose, 7767]
    Aussi est-il grans mestiers c'on paraut sagement à fere se [sa] presentacion [BEAUMANOIR, LXIV, 4]
    Por ce, s'il oent dur [s'ils ont l'oreille dure], sont il toutes voies de bon entendement quant on parole haut [ID., LI, 11]
  • XIVe s.
    Aucun veut parler latin à l'aventure ou à l'exemple d'un autre, comme un oysel parle ne ne sceit ce qu'il dit [ORESME, Eth. 40]
    Il parle en similitude et en figure [ID., ib. 24]
    Ainsi nous ferons nous prisier et redouter, Et devant nostre pere porons plus hault parler [, Hugues Capet, v. 2324]
  • XVe s.
    Et quand la dame l'eut ouï parler une si haute parole [FROISS., I, I, 14]
    Ainsi cheminoient les Anglois, et ne trouvoient à qui parler [ID., II, 2, 71]
    Vous savez bien que j'estoye parlée de marier à tel ou à tel.... qui ne demendoyent seullement que mon corps [, Les 15 joies de mariage]
    Et nos gens furent là tous ordonnés pour donner la bataille, mais ne trouverent à qui parler [, Bouciq. II, 11]
    Mais je me suy si bien gardée, Dieu mercy, qu'onques resgardée Ne fu pour chose que feïsse ; Et s'eusse bien, se je voulsisse [et j'aurais bien, si j'avais voulu], Trouvé qui eust parlé à moy [E. DESCH., Poésies mss. f° 511]
    Et alors on parloit peu de guerre au pays de France, fors que chascun savoit bien qu'il n'y avoit ferme amour [FENIN, 1415]
    Et s'il s'en tient, le cueur au corps luy ront, Et s'il y va, les gens en parleront [AL. CHART., le Débat des deux fortunes.]
    C'est fait, il n'en fault plus parler, Mon cueur s'est de moy desparty, Pour tenir l'amoureux party ; Il m'a voulu abandonner [CH. D'ORL., Chans. 33]
    De ceulx qui sont soubz ma puissance, Parle qui parler en vouldra, Je n'en feray qu'à ma plaisance [ID., Ball. 92]
    Et à ceste cause fut raporté que le dit Oriole parloit mal et usoit de menasses [J. DE TROYES, Chron. 1478]
    Par trop parler et estre mu [muet], L'on est souvent pour fol tenu [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 367]
    Cil qui d'autruy voudra parler, regarde soy, il se taira [ID., ib. p. 274]
    Or fault ung peu parler comment le roy estoit allé en Bourbonnoys.... [COMM., I, 2]
    Il faudroit que nous en parlissions [ID., VIII, 9]
  • XVIe s.
    Il avoyt sept langues, et de toutes sept parloyt divers propos et languaiges divers [RAB., Pant. v, 31]
    On temps que les bestes parloyent (il n'y ha pas troys jours) [ID., II, 14]
    Que si quelque heretique veut disputer, qu'il viene en la faculté de theologie, et on parlera à lui des grosses dents [LANOUE, 101]
    Satan parle de son propre quand il parle mensonge [CALV., Inst. 113]
    C'estoit trop arrogamment parlé, de se preferer à tous les autres [ID., ib. 221]
    Que pouvoit-il sortir de leurs bouches pollues et pueriles, sinon choses folles et immondes, s'ils eussent parlé leurs paroles mesmes ? [ID., ib. 922]
    Il estoit devenu fort riche, et ne se parloit que de lui autour du pays [DESPER., Contes, LV]
    Il n'estoit possible de faire parler [parlementer] par argent ne par menaces ceux qui gardoient la place [MARG., Nouv. XVIII]
    Nous estions si peu, que nous ne pouvions supplir (sic) à tuer tout ; car de prisonniers, il ne s'en parloit point en ce temps-là [MONTLUC, Mém. v.]
    Fille qui escoute et chasteau qui parle sont de facile composition [YVER, p. 558]
    Livius parlant de l'armée romaine [MONT., I, 22]
    Ils ne parlent jamais rien qu'elaboré et premedité [ID., I, 40]
    Il faut parler françois [sans feinte] [ID., I, 67]
    Depuis la mort de Craterus, il n'y eut capitaine de qui se parlast tant entre les soudards macedoniens comme de Eumenes [AMYOT, Eum. 20]
    Il sçavoit for-huer et bien parler aux chiens, Faisoit bien la brisée, et.... [RONS., 210]
    Lettre de mon amour veritable interprete, Qui parle sans parler les passions du cœur [ID., 284]
    À peu parler bien besongner [COTGRAVE, ]
    Il ne parle pas au roy qui veut [ID., ]
    Qui ne parle n'erre [ID., ]
    Qui tient boutique doit parler à chascun [ID., ]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. pairôllai, palai ; picard, paroler, bavarder ; Berry, paler, paller ; norm. paroler, parler avec affectation ; wallon, pârlé, paûrlé ; prov. et esp. parlar ; port. palrar ; ital. parlare ; du bas-latin parabolare, paroler, et, avec chute de l'o, parler (voy. PAROLE).

PARLER2

(par-lé ; l'r ne se prononce et ne se lie jamais) s. m.
L'infinitif de parler pris substantivement.
Comme un homme insensé qui s'emporte au parler [RÉGNIER, Élég. II]
Partageons le parler au moins, ou je m'en vais [MOL., le Dép. II, 7]
Le parler peu a toujours été très recommandable [MARG., BUFFET, Observ. p. 97, 1668]
Le trop parler est l'une des grandes incommodités qui puissent troubler les douceurs de la société [ID., ib. p. 98]
Manière de parler.
Ainsi, dans les dangers qui nous suivent en croupe, Le doux parler ne nuit de rien [LA FONT., Fabl. III, 12]
L'affectation dans le geste, dans le parler et dans les manières est souvent une suite de l'oisiveté, ou de l'indifférence [LA BRUY., XI]
Elle a le maintien moins libre et le parler plus timide, depuis qu'elle n'entend plus le mot d'amant sans rougir [J. J. ROUSS., Ém. v.]
Le doux parler nous plaît ; et, toujours redouté, L'homme le plus bruyant est le moins écouté [DELILLE, Convers. III]
Avoir son franc parler, s'être mis sur le pied de dire ce qu'on pense.
Puisque les choses sont ainsi, je prétends moi aussi avoir mon franc parler, et, à l'exception des choses et des personnes auxquelles je dois respect, je dirai mon avis sur le reste [D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 27 fév. 1765]
Patois ou accent particulier de province. Le parler picard.
Les habitants de Langres ont de l'esprit, de l'éducation, de la gaieté, de la vivacité et le parler traînant [DIDEROT, Mém. t. III, p. 175, dans POUGENS]
Terme de palais. Parler sommaire, instruction faite sommairement devant un rapporteur.

PROVERBE

    Beau parler n'écorche la langue, ou jamais beau parler n'écorche la langue, c'est-à-dire Il ne coûte rien de parler honnêtement, civilement.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Ses ieux, son vis [visage], qui de joie sautele, Son aler, son venir, Son beau parler et son gent maintenir [, Couci, XVIII]
  • XIIIe s.
    Biaus parler ha partout mestier [besoin] ; L'on n'a pas amis par tencier [en grondant] [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 247]
    Fisicien [les médecins] me dient que la clarté m'empire [me rend plus malade], Et le parler aussi [, Berte, LXXXVIII]
    Icis venirs, icis alers, Icis veilliers, icis parlers, Font ces amans sous lor drapiaus Durement ameigrir lor piaus [, la Rose, 2558]
  • XIVe s.
    Si comme ceux qui en lour parler dient par inavertance aucune chose dont il ne se prenoient garde [ORESME, Eth. 62]
    Car bel parler souvent refraint un cœur felon [, Guesclin. 20903]
  • XVe s.
    Plaisant parler gouverné par sagesse [CH. D'ORL., Bal. 9]
    Il lui convint souffrir, fust à bon gré ou autrement, les parlers du monde [MONSTREL., I, ch. 24]

ÉTYMOLOGIE

  • Parler 1.

parler

PARLER. v. intr. Proférer, prononcer, articuler des mots. L'homme est la seule créature qui ait véritablement le don de parler. Un enfant qui commence à parler, qui ne sait pas encore parler. Vous parlez si bas que je ne vous entends pas. Il ne faut pas parler haut dans la chambre d'un malade. Parler du nez, de la gorge. Parler à l'oreille de quelqu'un. Parler avec peine. Avoir de la peine à parler. Il parle toujours entre ses dents.

Il se dit, en ce sens, de Certains oiseaux qui imitent le langage de l'homme, comme les perroquets, les sansonnets, les geais, les pies, etc. Apprendre à parler à un perroquet.

PARLER signifie aussi Exprimer sa pensée en articulant les mots d'une langue. Parler correctement. Parler inconsidérément. Je n'en parle que par ouï-dire. Il n'en parle que par envie. Je n'ai jamais entendu parler de cette affaire. Toute la ville en parle. Parler de tout en étourdi, comme un étourdi. Parler en public. Parler sur des matières difficiles. Parler en termes choisis, en termes précis. Parler avant d'avoir pensé. Parler pour ne rien dire. Parler autrement qu'on ne pense, autrement qu'on n'agit. Parler contre sa pensée. Parler contre sa conscience. Parler de confiance. Il a un besoin de parler, une démangeaison de parler.

Parler bien, Parler avec une élocution correcte, avec élégance et pureté, et, dans le sens contraire, Parler mal, ou Ne savoir pas parler.

Parler bien, parler mal, mal parler d'une personne, En dire du bien, en dire du mal. Il ne faut pas mal parler de son prochain. C'est une lâcheté de mal parler des absents.

Parler juste, Raisonner et s'exprimer avec justesse.

Fam., Parler d'or, Parler de la manière la plus convenable dans la circonstance, ou la plus satisfaisante pour celui à qui on parle.

Parler avec passion, Dire des choses que la passion suggère.

Prov., Parler de la pluie et du beau temps, Discourir, s'entretenir de choses indifférentes.

Fam., Parler à bâtons rompus. Voyez BÂTON.

Fam., Parler en l'air, Parler sans aucun dessein, sans attacher la moindre importance à ce qu'on dit. Je vous parle de cela en l'air et sans aucune intention. Il signifie aussi Parler sans fondement, sans être bien instruit. Il parle de cela en l'air et sans savoir de quoi il est question.

Parler au hasard, à la légère, Parler sans réflexion, parler de ce qu'on ne sait pas bien.

Parler légèrement, Parler sans être suffisamment informé. À parler légèrement de quelqu'un, on peut faire bien du mal.

Parler à tort et à travers, Parler sans discernement, sans ordre, de tous les sujets qui se présentent dans la conversation.

Fam., Parler pour parler, Parler sans avoir rien à dire.

Fig., Parler comme un perroquet, Parler sans savoir ce qu'on dit, ou Parler d'après autrui.

Fig., Parler comme un livre, Parler avec facilité, mais en termes trop recherchés et trop arrangés pour la conversation. Il peut aussi se prendre en bonne part et signifie alors S'exprimer heureusement sur certains sujets.

Fig. et fam., Il en parle comme un aveugle des couleurs se dit de Quelqu'un qui se mêle de parler de choses dont il n'a aucune connaissance.

Parler à coeur ouvert, Parler avec une entière franchise.

Parler d'abondance, Parler sans préparation, ou du moins sans réciter de mémoire.

Parler au coeur, à l'imagination, aux passions, Parler de manière à toucher le coeur, à plaire à l'imagination, à flatter, à exciter les passions.

Fig. et fam., Parler à un mur, Parler à des gens qui ne sont point touchés de ce qu'on leur dit, des représentations qu'on leur fait, des prières qu'on leur adresse.

Fig., Parler dans le désert, Parler inutilement à des gens qui ne veulent pas se laisser convaincre.

Fig. et fam., Parler à un sourd, Parler à un homme qui est résolu à ne rien accorder, à ne rien faire de ce qu'on lui demande.

Fig. et fam., Parler à son bonnet, Se parler à soi-même.

Fig. et fam., Parler à cheval à quelqu'un, Lui parler avec hauteur et dureté.

Fig., Parler haut, parler bien haut, Parler avec autorité, d'une façon impérieuse. Le ministre l'a fait venir et lui a parlé haut. Il signifie aussi Parler avec insolence. Ne parlez pas si haut. Je saurai bien l'empêcher de parler si haut.

Fam., Il en parle bien à son aise, se dit de Quelqu'un qui donne quelque conseil difficile à pratiquer et qu'il n'est pas obligé de suivre, ou qui parle avec indifférence des misères et des douleurs qu'il n'éprouve pas. Il parle bien à son aise du mépris des richesses, lui qui est fort riche.

Par menace, Je vous apprendrai à parler, Je saurai bien vous contraindre à parler avec plus de retenue, avec plus de respect.

Fam., Savoir ce que parler veut dire, Saisir l'allusion, comprendre à demi-mot.

Prov., Il y a un temps pour parler, Il faut parler à propos.

Prov., Trop parler nuit, trop gratter cuit, Quand on parle trop, on s'attire souvent des ennemis.

PARLER signifie aussi Adresser la parole, avoir un entretien, converser. Parler avec quelqu'un. Parler à quelqu'un. Moi qui vous parle. C'est à vous que je parle.

Je n'ai pu trouver à qui parler dans cette maison, dans cette société, Je n'y ai pas vu une personne de connaissance.

Fam., Trouver à qui parler, Trouver de l'opposition, de la résistance, trouver des gens qui vous tiennent tête.

PARLER signifie encore S'entretenir de. De quoi parlez-vous tous les deux? Nous parlons de vos affaires. Nous en parlerons tantôt ensemble. Je vous parlerai de quelque chose qui vous regarde. Parlez de moi au ministre. Je les ai laissés qui parlaient d'affaires.

On en parle fort, il en est fort parlé dans le monde, se dit d'une Chose qui fait le sujet de l'entretien du public.

On en parle diversement se dit d'une Action, d'un événement qui est raconté de différentes manières, ou d'une chose que les uns louent et que les autres blâment.

Fam., Il faut laisser parler le monde, il faut laisser parler les gens ou, simplement, Il faut laisser parler, Il ne faut pas se mettre en peine de ce que le monde dit mal à propos. On dit dans le même sens : Quoi que vous fassiez, les gens parleront.

Cela ne vaut pas la peine d'en parler se dit d'une Chose qui est peu importante, ou à laquelle on veut paraître attacher peu d'importance.

Ne m'en parlez pas, Ne me mettez pas sur ce chapitre, n'agitez pas cette question. Il se dit pour indiquer une déception, un mécontentement. Votre affaire est-elle en bonne voie? Ne m'en parlez pas : je la crois perdue sans remède.

Parlez-moi de cela! se dit en signe d'approbation ou de consentement. Voilà des offres raisonnables, parlez-moi de cela! On dit, dans un sens analogue, Parlez-moi de cet homme-là!

Faire parler de soi, Faire des choses qui viennent à la connaissance de tout le monde, dont tout le monde s'entretient : cela se dit également en bien et en mal. C'est un homme qui a beaucoup fait parler de lui autrefois.

Cet homme n'a point fait parler de lui, Il n'a rien fait qui lui ait donné de la réputation. On dit aussi Il est naturel qu'un débutant souhaite faire parler de lui.

En parlant d'une Femme, Faire parler de soi a toujours un sens défavorable. Cette femme n'a jamais fait parler d'elle, Elle a toujours eu une conduite régulière, elle n'a jamais donné prise à la médisance. C'est une femme dont on a parlé, C'est une femme dont la réputation n'est pas intacte.

Il en sera parlé, on en entendra parler, Cela doit faire du bruit, de l'éclat dans le monde.

Il en sera parlé à jamais, La postérité en conservera le souvenir.

PARLER, employé absolument, signifie encore Révéler, dévoiler quelque chose. Il faut que quelqu'un ait parlé, Il paraît probable que quelqu'un a divulgué ce secret.

Par forme de menace, Ne me faites point parler, ne me forcez pas à parler, Craignez que je ne dise des choses qui ne seraient pas à votre avantage.

PARLER signifie aussi, dans une acception plus étendue, Expliquer ses sentiments, sa pensée, déclarer son intention, sa volonté. C'est un homme qui ne veut pas parler nettement. On a fait ce qu'on a pu pour le faire parler, mais il n'y a pas eu moyen d'en venir à bout. Je saurai bien le faire parler. Expliquez-vous mieux, ce n'est pas là parler. Parler au nom de quelqu'un. Parler de son chef. Parler par interprète. Vous n'avez qu'à parler, vous serez servi. Il parle de s'en aller.

Fig., Faire parler quelqu'un, Ajouter aux paroles de quelqu'un, y donner un mauvais sens. Il signifie aussi Prêter à quelqu'un un discours qu'il n'a pas tenu. Je vous prie de ne pas me faire parler.

Fam., Voilà ce qui s'appelle parler, Voilà qui est parler, ou encore C'est parler, cela, se dit Lorsque quelqu'un fait des propositions plus avantageuses qu'on ne s'y attendait. On emploie aussi ces locutions pour louer quelqu'un qui a dit, sur une question longtemps agitée, des choses claires, lumineuses, péremptoires.

Parler en maître, Parler comme un homme dont le sentiment fait autorité. Il signifie aussi simplement Parler d'un ton d'autorité, soit qu'on en ait le droit, soit qu'on ne l'ait pas.

PARLER signifie également Intervenir, prendre la parole pour ou contre quelqu'un ou quelque chose. Parler pour quelqu'un, en faveur de quelqu'un, Intercéder pour lui auprès d'un autre.

Cet avocat, cet avoué parle pour un tel, Il plaide pour lui. On dit aussi Ce député a parlé contre le projet de loi.

PARLER signifie encore Prononcer un discours, prendre la parole en public. L'art de parler. Parler à son tour. Quand ce fut à lui de parler... Parler sans préparation, sans être préparé.

PARLER s'emploie figurément et signifie Manifester ses sentiments, ses pensées par un autre moyen que celui de la parole. Les muets parlent par signes. Il me parlait des yeux et du geste. Ils se parlent des yeux. Chaque mouvement de cet habile pantomime parlait aux yeux des spectateurs.

Dieu parle au coeur des pécheurs, Il leur envoie de saintes inspirations, il leur donne de bons mouvements.

Il se dit aussi, figurément, des Choses qui ont ou qui semblent avoir une sorte de langage. La peinture parle aux yeux. Les cieux et toute la nature parlent de la puissance du Créateur. Ses yeux parlent. Son visage parle. En votre absence, tout ici nous parlait de vous. La nature, le sang a parlé, quand il a revu son fils malheureux.

Les murailles parlent, Il se trouve souvent des témoins des choses même les plus cachées.

Cela parle tout seul, parle de soi, Cela se comprend sans qu'il soit besoin d'explication. On dit dans le même sens : La chose parle d'elle- même.

Son mérite, ses services parlent, parlent pour lui, parlent en sa faveur, Son mérite, ses services le rendent recommandable, rendent ses prétentions légitimes.

Tout parle pour lui, Le bon droit, l'équité et la raison sont de son côté. On dit, par opposition, Il n'a rien qui parle pour lui, rien ne parle en sa faveur, tout parle contre lui.

La vérité, la raison, l'équité parle par sa voix, par sa bouche, Ce qu'il dit est rempli de vérité, de raison, d'équité.

Faire parler la poudre, S'en remettre au sort des armes, se battre.

PARLER signifie encore Expliquer sa pensée par écrit. Aristote a très bien parlé de cette matière dans tel livre. Il ne me parle point de cela dans sa lettre.

Il se dit quelquefois des Écrits, dans un sens analogue au précédent. La loi est formelle là- dessus et parle très clairement. Le contrat ne parle point de cette clause. Sa lettre me parle de vous.

PARLER s'emploie aussi transitivement et signifie Se servir d'un langage. Parler une langue. Parler français, italien, allemand, etc. Parler latin. Parler la langue française, la langue italienne, etc. Il parle un bon français, un bon espagnol. Il parle bien sa langue. La langue française se parle, est parlée dans tous les pays du monde. Il parle plusieurs langues. Le langage que parlaient nos pères. Ce poète dramatique, ce romancier fait parler à chacun son langage.

Langue parlée se dit par opposition à Langue écrite.

Fig., Parler français, S'exprimer clairement, intelligiblement. On dit dans le même sens, mais populairement, Parler chrétien.

Fig. et fam., Parler français, Expliquer nettement son intention sur une affaire. Parlez- nous français. On a bien de la peine à vous faire parler français.

Fig., Parler français à quelqu'un, Lui signifier nettement ce qu'on a décidé ou ce qu'on attend de lui.

Fig. et fam., Parler hébreu, S'exprimer d'une manière inintelligible.

PARLER se dit encore transitivement par rapport à la manière de prononcer une langue. Parler gascon, parler normand, Parler français avec un accent gascon, avec un accent normand. Parler patois, argot.

PARLER s'emploie aussi transitivement pour signifier S'entretenir de quelque chose, en raisonner, en discourir, et dans ce cas on ne met jamais l'article devant le nom. Parler géométrie, musique, peinture, politique, etc. Parler affaires. Parler chicane, S'exprimer en termes de chicane, parler de procès.

Parler raison, Parler sagement, raisonnablement. Il faut de bonne heure parler raison aux enfants. Il signifie aussi quelquefois Se mettre à la raison. Voilà parler raison.

SANS PARLER DE, loc. prép. Indépendamment de. Sans parler de certains avantages accessoires, ce poste est très convenablement rémunéré.

GÉNÉRALEMENT PARLANT, loc. adv. À prendre la chose en général. Cela est vrai, généralement parlant. On dit aussi Absolument parlant, sérieusement parlant, humainement parlant, etc.

parler

PARLER. n. m. Manière d'articuler les mots, d'exprimer sa pensée. Il a un parler doux et gracieux. Il a un parler rude et choquant. Il a un parler incorrect. Il faudra corriger votre parler. Il a le parler bref, lent, lourd.

Fam., Avoir son franc parler, S'être mis sur le pied de dire tout ce qu'on pense.

PARLER se dit aussi des Façons de parler propres à telle classe d'individus, à telle région, à telle province. Le parler des écoliers. Le parler normand. Le parler gascon.

parler

Parler: Loqui, Fari, Fabulari, Crepare, Verba facere, Mittere vocem, Voces facere, Sermocinari. paralaléin, esse puto (ait Budaeus) quod lingua vernacula pro verbo loqui, Verba facere, dicit Parler, et paralalian, quod locutionem et sermonem, Parole.

Ne parler point, Vsurpatione vocis abstinere.

Parler le premier, Praeloqui.

Parler à demi, Praecise dicere.

Parler à son proufit, Intus canere, Discere suo commodo.

Parler au gré d'aucun et le flatter, Dicere ad voluntatem alicuius.

Bien parler, Dicere proprie.

Parler bien et avoir bon langage, Diserte loqui.

Il n'a pas trop mal parlé, Verba quidem haud indocte fecit.

Qui parle bien et à propos de toutes choses, Disertus, Facundus.

Tu parles bien et en ami, Bene atque amice dicis.

Parler comme un homme, Vocem humanam reddere.

Parler bien Latin, Commode Latine dicere, Latine scire.

C'est une chose fort à loüer et estimer que de bien parler Latin, Latine loqui est in magna laude ponendum.

Parler bas et entre ses dents, comme font ceux qui ont peur d'estre ouis et n'osent parler hault, Mussitare.

Parler fort bas. Voce suppressa dicere.

Parler sans cesse de choses vaines, Funditare verba.

Parler sans cesse et sans propos, Fundere verba. B. ex Cic.

Parler clerement et donner bien à entendre, Eloqui.

Qui parle choses vaines et fausses, ou menteries, Vaniloquus.

Parler et deviser ensemble, Confabulari, Sermonem cum aliquo conferre, Colloqui, Sermones serere.

Ils parloient ensemble et devisoient, In sermonibus homines habebant, quos, etc.

Parler entre ses dents, Mutire.

Parler d'enhaut et du siege judicial, Parler estant assis en siege de judicature, Dicere de loco superiore.

Tu parles gratieusement, Benigne dicis.

Parler de grande vehemence et colere, et se laisser quasi emporter à son affection, Vela indignationi dare.

Parler gros, Ampullari. B. ex Horat.

Parler à cheval, ou en maistre, De loco superiore loqui. B.

Parler d'authorité, E superiore loco verba facere. B.

Parler gros avec une fiereté et arrogance, Intonare.

Parler grossement, Circuncise agere.

Qui parle brutif, Homo linguae inexplanatae, Cui lingua haeret. B. ex Plin. cui opponitur lingua absoluta.

Parler privéement pareil à pareil, teste à teste, Ex aequo loco loqui. B.

Demander de parler à quelqu'un à part, Secretum poscere. B.

Ne vouloir point parler haut, Parcere voci.

Parler le langage d'Athenes, Attice loqui.

Parler legierement et à la volée, Loqui inconstanter, Effutire.

Parler comme l'oiseau en cage, Voces inanes fundere. B. ex Cic.

Parler par honneur, ou en tout honneur, Honoris causa appellare aliquem, vel nominare. B.

Qui parle divinement, Caelestis vir.

Parler doulcement à quelqu'un, Blande appellare aliquem, Dicta dulcia dare, Blandis verbis adire aliquem.

Parler modestement, Modeste orationem praebere.

La Cour n'ose parler, Elinguis est curia.

Parler parmi les propos d'aucun, Interloqui, Interfari.

Parler pour quelqu'un, Vocem pro aliquo mittere.

Parler pour le defendeur, A reo dicere.

Parler pour soy et se defendre, Pro sua parte loqui.

Faire venir parler pour soy, Excitare aliquem, id est, in medium producere. B.

Tu parles pour moy, Tu adhuc meam causam agis. B. ex Cic.

Parler sans cesse choses vaines, Funditare verba.

Qui ne fait que parler et caqueter, Locutor.

Quand une personne parle peu ou rien, ou tient secret ce qu'on luy a dit, Taciturnitas.

Parle peu, Loquitor paucula.

Qui ne parle point beaucoup, Taciturnus.

Tu parles raisonnablement, Ius dicis.

Parler tousjours sans respirer, Perpetuare verba.

Tousjours parler d'une chose, In ore aliquid habere.

Tu parles souvent de cecy, Tibi valde solet istud in ore esse.

¶ Parler à quelqu'un, Alloqui, Conuenire aliquem, Appellare aliquem, Colloqui, Compellare, Habere sermonem cum aliquo.

Parler à quelqu'un de quelque affaire, De re aliqua communicare cum altero, De re aliqua aliquem appellare.

Parler à aucun d'un autre, Apud aliquem de altero loqui.

Parler à quelqu'un par lettres, Literis quempiam appellare.

Il ne s'est peu tenir qu'il ne parlast à quelqu'un de ses familiers de l'amie de son maistre, Non potuit quin suo sermone aliquem familiarium participauerit de heri amica.

Il ne parla jamais depuis un mot à aucun de nous, Nunquam cuiquam nostrum verbum fecit.

Parler à quelqu'un fierement, Aliquem superbius appellare, Cui contrarium est, Mitissime appellare.

Il faut parler à Hircius, Conuento Hircio opus est.

Je veux un peu parler à toy, Volo te paucis, aut Tribus verbis.

Parle-je à toy, à ton advis, ou si c'est à un autre? Tibi ego dico, an non.

Qu'as-tu icy à faire? C. Dis-tu? ou parles-tu à moy? Quid istic tibi negotij est? C. mihine?

Je parle à toy, etc. Ego tibi refero, si non sum, etc.

Ne me parle plus de toy, Omitte de te dicere.

N'est-ce pas luy de quoy je parloy? Estne ipsus de quo agebam?

C'est de toy qu'on parle, De te fabula narratur.

Il n'est parlé que d'une femme, en tout le monde, qui, etc. Vna foeminarum in omni aeuo refertur, quae, etc.

C'est du disner que tu parles, De prandio dicis.

Il ne parle jamais de Pompée qu'en tout honneur, Nunquam nisi honorificentissime Pompeium appellat.

Tu ne parles que des theatres, Theatra loqueris.

Qu'on ne parle point de luy, Sileatur ille.

Tout le monde parle de cela, Percrebuit omnium sermone.

Je n'oy parler que de cela par tout où je vay, Aures meae circunsonant his vocibus.

On parle de toy, Sermo est de te.

Tout le monde parloit de luy, In ore omnibus erat. B. ex Liu.

On ne parle que de luy parmi la ville, Per vrbem hic solus sermo est omnibus.

On parle de luy, et le desprise-on, In sermonem hominum venit.

On ne parle que de luy, In ore est omnium B. ex Terent.

On ne parle que de cet homme-là, Impleuit orbem terrarum nominis illius gloria. B. ex Cic.

On ne fait que parler de nous, Iam nos fabulae sumus.

On ne parle point de me chasser hors, De exclusione verbum nullum.

Jamais ne parlay à luy de rien qui soit, Nullus mihi omnino cum illo sermo vlla vnquam de re fuit.

Je demande de parler à toy, Cupio te.

Il a faim de parler à toy, Cupit te conuentum.

Avec qui parle mon fils? Quicum loquitur filius!

Il parla bien à moy, De multis verbis male accepit. B. ex Cic.

Parler bien à aucun, Calefacere aliquem.

¶ Parler contre quelqu'un, Vocem mittere contra aliquem, Obloqui.

¶ Parler souvent et volontiers d'aucun, Memoriam alicuius vsurpare cum charitate.

Il faut parler de luy entre les philosophes, Inter philosophos reddendus est.

Que parleray-je de, etc. Quid dicam quantus amor sit bestiarum in educandis quae procreauerunt?

Je ne parle point de ce que, etc. Mitto quod inuidiam, quod pericula, quod omnes meas tempestates subieris, etc.

Je ne parle point de cela pour le present, etc. Haec missa facio: illud quaero is homo, etc.

Desquels je parleray en leur lieu, Quae suis locis reddam.

Dequoy il est parlé par cy devant, Supradictus.

Parlons d'autre chose, Sermonem alio transferamus. Ad alia transeamus.

Je ne parle ne pour l'un ne pour l'autre, Neque ego vllam in partem disputo.

¶ Parler de soy orgueilleusement, Sublatius de se dicere.

Parler de soy et de son esprit, Dicere de se et de suo ingenio.

Ne parlons plus de nous, Discedamus a nobis.

Dont jamais homme n'ouyt parler, Vix fando auditum. B. ex Liu.

Hola, hola, n'en parlons plus: c'est fait, il n'y a plus de remede, cela est despesché, Ohe, actum ne agas. B. ex Ter.

On en a assez parlé, on n'en parlera plus tant, Exhaustus est sermo hominum B. ex Cic.

Qu'il n'en soit plus parlé, Memoriae eximatur. Budaeus ex Suetonio.

On a assez ouy parler de semblables faits, Veterem et obsoletam viam ingressi sunt, B. ex Liu.

Ne parler point par commandement, Nihil pro imperio agere. Bud. ex Liu.

Voila assez parlé en maistre, Satis pro imperio. B. ex Terent.

Il pria qu'il en parlast à ceux qu'il sçavoit, Rogat vt caeteros appellet quibuscum loqui consuesset. B. ex Liu.

Il parloit franc, Accedebat actio liberalis. B.

Qui ne parlent point franchement et apertement Flexiloqui homines. Budaeus.

De peur de faire parler de soy, Ne in ora hominum pro ludidibrio abiret.

Faire parler de soy, Sermonem hominum subire, Venire in sermonem hominum.

Alors faut-il faire parler de soy, Tunc est commouendum theatrum. Budaeus.

Faire parler par le monde, Publicae famae tympanum vel tintinnabulum pulsare. B.

En doit-on parler? An in aliquo numero ponendus est? Budaeus ex Cicerone.

On n'en orra jamais parler, Vltra famam exactus est. B. ex Plin.

On n'en doit jamais parler, Res obruenda perenni silentio. Budaeus.

J'allay hier vers toy pour te parler de ta fille, Adij te heri de filia. Bud. ex Terent.

Je n'ay peu parler à luy, Ille non vacauit sermoni meo. B.

Tu m'en as parlé le premier, Ego a te appellatus sum, non tu a me. Budaeus.

Il en a parlé au vray, Oracula edidit sapientiae. B. ex Cic.

On n'a nullement parlé de, etc. Vox de quaestura nulla missa est.

De qui on ne parle point, Ignobilis, Inglorius.

Il fut beaucoup parlé la premiere année de cette, etc. Primus annus habuit de hac reprehensione plurimum sermonis.

¶ Aider aucun de son parler, ou de sa voix et parole, Suffragari.

S'addonner à parler des choses veritables, Vocem veritati accommodare.

Aller parler à aucun pour quelque affaire, Adire quempiam de re aliqua.

Commencer à parler, In orationem ingredi.

Commencer à parler avec aucun, Sermonem cum aliquo instituere.

Qui a commencé à parler, Orsus.

Quant est de Fabius Luscus, duquel je t'avoy commencé à parler, c'est, etc. De Fab. Lusco quod eram exorsus, homo peramans semper nostri fuit.

Faire parler aucun parmi un dialogue, et le faire joüer, Aliquem in dialogos includere, vel intexere.

Faire venir les Dieux parler à soy, Euocare Deos.

Je parle devant les Dieux, Sermo mihi est apud Deos.

Laisser à parler de la matiere principale, Digredi de causa.

Laissons à parler de nous, Discedamus a nobis.

Quand on laisse à parler de quelque chose, Discessus a re aliqua, Digressio orationis.

Se garder de parler follement, Linguam continere.

Garde toy de parler, Digito compesce labellum.

Ces choses se gardent à quand nous parlerons ensemble, Praesenti sermoni reseruantur haec.

J'ay recouver la vie quand je t'ay ouy parler, Reuixi ad tua verba.

Ouyr parler d'aucun, Memoriam de aliquo accipere.

A t'ouir parler, c'est fait de moy, Vt verba perhibes, me periisse praedicas.

On a autresfois ouy parler que aucun, etc. Quosdam fama prodidit in ipsis funeribus reuixisse.

Venons à parler de, etc. Ad Chrysippi laqueos reuertamur.

Ne nous en parle plus, Nos missos face.

C'est honnestement parlé à toy, Honesta oratio est.

Chose juste et digne dequoy on parle, Fandum.

Chose dont on ne doit point parler, tant est meschante, Nefandum, Infandum, Nefas.

Chose dequoy chacun parle, Res celebrata omnium sermone.

Pour en parler en general, In plenum.

Parler Latin devant les clercs, Agere in scena gestum spectante Roscio, Disputare de re militari audiente Annibale. B.

Le parler de l'homme, Locutio, Allocutio, Sermo.

Le parler de maintenant, Hodiernus sermo.

Le parler avec un autre, Alloquium.

Beau ou doux parler, Suauiloquentia.

Beau parler et plein de ventance, Magnificentia verborum.

Un parler gratieux, Blandiloquentia.

Un parler d'or et joli, Aureola oratiuncula.

Un fier parler, Superbiloquentia.

Rigoureux parler, Asperitas orationis.

Une maniere de parler ravalée et humble, ne parlant pas hautainement, Oratio infracta.

Brief et court parler, Breuiloquentia.

Maigre parler, qui n'a nuls enrichissemens de sentence, Ieiuna oratio.

User d'un parler mesuré et constant de certains nombres, Circunscripte dicere.

Attremper son parler selon la fantasie du commun, Orationem auribus multitudinis accommodare.

Par maniere de parler, Verbi gratia, Verbi causa.

L'art et science de bien et sagement dire et parler, Rhetorice, rhetorices, vel Rhetorica rhetoricae, vel Rhetorica rhetoricorum.

Une façon de parler tousjours semblable à soy-mesme et bien entretenuë, AEquabile genus orationis.

La façon et maniere de parler d'aucun, Character alicuius.

La vertu de bien et proprement parler, Elocutio.

Parlant, Loquens.

Bien parlant, et proprement, Eloquens.

En parlant ensemble, In sermone, Inter colloquendum.

Il te remercia en parlant à moy, Is tibi apud me gratias egit.

parler


PARLER, v. n. et quelquefois actif. 1°. Proférer, prononcer, articuler des mots. "Cet enfant comence à parler. "Il est mourant, il ne parle plus. "Notre-Seigneur a fait parler les muets. = 2°. Discourir, soit en particulier, soit en public. "Parler bien ou mal; en homme instruit. "Parler sur des matières dificiles. "Parler avec véhémence, avec action. = 3°. Expliquer ses pensées, ses sentimens. "On a fait inutilement tout ce qu'on a pu pour le faire parler. "Ce n'est pas là parler; c'est parler que cela. = La Loi parle clairement là-dessus.
   Rem. On dit ordinairement: il faut lui parler, je veux vous parler; mais quelquefois l'on dit, dans le style familier: "Est-ce que vous parlez à moi? oui, je veux parler à vous. Il a un sens plus fort avec ce régime. "Nous parlerons à lui une autrefois; et il ne faut pas mêler tant de matières, quand on veut en donner l'intelligence. BOSS. = Parler, est quelquefois act. On dit: parler une langue, et non pas d'une langue.
   D'un langage nouveau, j'ai fait parler le loup.
       La Fontaine.
Il faut dire:
J'ai fait parler au loup un langage nouveau.
"Faisant parler chaque passion du langage qu'elle doit avoir. P. Rapin, parlant de Tite-Live. Il faut dire, faisant parler à chaque passion le langage, etc. "Il y a bien des gens que la vanité fait parler grec, et même d' un langage qu'ils n'entendent pas. Mallebr. Il faut: et même une langue, etc. = Il régit aussi activement des noms sans article, mais seulement dans le st. simple: parler raison, parler physique: "Une aussi belle bouche que la sienne n'est pas faite pour parler raison. MARM. "Vous parlâtes politique et gouvernement. Coyer. "Parlons jardins, légumes, fruits, à la bone heure. Pluche. = Entendre parler n'a pas les régimes d' entendre dire. Le P. d'Avrigni a eu une distraction, quand il a dit: "Jusque là on n'avoit pas entendu parler que quelques affuts de manque dans une ville ocasionassent une rupture quatre ans après. = Parler mal et mal parler ne sont pas synonymes: le 2d tombe sur les chôses que l'on dit, et le 1er sur la manière de les dire: celui-ci est contre la Gramaire, et l'aûtre contre la Morale. Il ne faut, ni parler mal des absens, ni mal parler devant les Savans. = Au reste, cette distinction n'a lieu qu'à l'infinitif et dans les tems composés du verbe parler. On ne dirait pas, il mal parle, il mal parlait: il faudrait prendre un aûtre tour, et dire, par exemple: il ôse mal parler, il se donait la liberté de mal parler, etc. Beauzée, Synon. = Ajoutons que parler mal peut se dire dans les tems simples, pour mal parler. Il parle mal de tout le monde. Mais ce qui ôte l'équivoque, c'est que quand il est question de langage, parler mal s'emploie sans régime; et quand il s' agit de censûre et de médisance, il régit la prép. de. Cet homme parle mal: il parle mal de vous. = Trouver à qui parler, et trouver avec qui parler, ont aussi des significations diférentes. Le 1er signifie, que nous trouvons gens qui nous répondent, qui nous rabatent le caquet; le second, qu'on trouve gens avec qui l'on peut s'entretenir. On fait dire au P. Hardouin, dont les Confrères désavouaient les opinions, que, dans le Collège de Louis le Grand, il trouvait à qui parler, mais qu'il ne trouvait pas avec qui parler. Anecdotes Littéraires. = Le premier se prend plutôt en mal qu'en bien. Mde. de Sévigné lui done pourtant un bon sens. "Ils n'ont que vos afaires dans la tête: ils ont trouvé à qui parler, et notre conférence a duré jusqu' à midi. = On dit, généralement parlant, et à parler généralement: le premier est le plus usité, et il se met ordinairement à la tête de la phrâse: "Généralement parlant, tous les Romains, depuis les Sénateurs jusques aux moindres Plébéïens, étoient Laboureurs. Vertot. = Faire parler de soi se prend ordinairement en mauvaise part. "Il fait beaucoup parler de lui: c'est un malheur à une femme de faire parler d' elle.
   En st. prov. parler par compâs, c'est parler avec gravité, en mesurant ses paroles. Parler à un sourd, à quelqu'un qui ne veut pas se laisser persuader. Voy. BâTON, FRANÇOIS, OR. = La chôse parle d'elle-même; elle est évidente.
   SE PARLER, parlant d'une langue, est un réciproque passif: être parlée: la langue française se parle par toute l'Europe.
   PARLER, s. m. Il se dit du son de la voix et non de la conversation. On dit: il a le parler fort doux, ou fort rude: on le reconait à son parler; mais on ne dit pas, comme un Auteur moderne: "Le parler de deux persones spirituelles ne ressemble point aux disputes fougueûses de l'École. Anon. On doit dire la conversation.

Synonymes et Contraires

parler

nom masculin parler

parler


parler

verbe transitif parler
Faire usage d'une langue.
-familier: baragouiner -populaire: jacter.

parler

verbe transitif indirect parler
4.  Annoncer telle intention.
Traductions

parler

(paʀle)
verbe intransitif
1. s'exprimer par des mots parler à qqn de qqch parler avec qqn
2. avoir pour sujet Ce livre parle de la guerre.

parler

sprechen, reden, parlieren, Sprachstil, Tacheles redenspeak, talk, deal with, know, speakingpraten, spreken, bieden [kaarten], praten (over), spreken (over), spraakאמר (פ'), דיבר (פיעל), הידבר (התפעל), התבטא (התפעל), נאם (פ'ל), נתן קולו, שוחח (פיעל), שח (פ'), שפה (נ), שָׂפָה, הִתְבַּטֵּא, שׂוֹחֵחַ, שָׂח, דִּבֵּר, נָאַםgesel, praatيَتَكَلَّمُ, تكلّمparlartale, snakkeμιλάω, μιλώ, παρλάρω, συντυχαίνωparolihablar, conversarpuhuabeszélspjalla, talaparlare, discorrere, favellare, parlata, ragionareloquere, loqui, orareprate, snake, tale, snakkemówić, powiedzieć, rozmawiaćfalardiscuta, vorbiговорить, поговорить, разговариватьgovorititala, pratamluvitgovoriti, razgovarati話す말하다พูด, พูดคุยkonuşmaknói, nói chuyện交谈, 发言
verbe transitif
connaître une langue parler anglais

parler

[paʀle]
nm
[individu] → speech, way of speaking
[région] → dialect
vi
(être capable de parole) → to talk, to speak
Il ne pouvait plus parler → He could no longer speak.
À quel âge commence-t-on à parler? → At what age do children start talking?
(= s'exprimer) → to speak, to talk
parler en français → to speak in French
parler à qn → to speak to sb, to talk to sb
parler de qch → to talk about sth; (conférence)to speak about sth
parler de qch à qn → to tell sb about sth
Il m'a parlé de sa nouvelle voiture → He told me about his new car.
Il t'a parlé de la réunion d'hier? → Did he tell you about yesterday's meeting?
beaucoup faire parler de soi → to be much talked about
un homme qui a beaucoup fait parler de lui cette année → a man who has been much talked about this year
parler pour qn (= intercéder) → to speak for sb
parler en dormant → to talk in one's sleep
parler du nez → to talk through one's nose
parler en l'air → to waste words
parler tout seul → to talk to oneself
sans parler de → not to mention
sans même parler de → to say nothing of
tu parles! → you must be joking!
généralement parlant → generally speaking
(= discuter) → to talk
Nous étions en train de parler quand le directeur est entré → We were talking when the headmaster came in.
parler avec qn → to talk to sb
Je parlais justement avec lui → I was just talking to him.
n'en parlons plus! → let's forget it!
(= avouer) → to talk
vt
[+ langue] → to speak
Il parle dix langues → He speaks ten languages.
parler le français → to speak French
Vous parlez français? → Do you speak French?
parler affaires → to talk business
parler boutique → to talk shop [paʀle] vpr/récip → to talk, to talk to each other
On vient de se parler au téléphone → We were just talking on the phone.