parti

1. parti

n.m. [ de l'anc. fr. partir, partager ]
1. Association de personnes constituée en vue d'une action politique : Elle vote toujours pour le même parti. Le Parti socialiste.
2. Ensemble de personnes ayant des opinions, des aspirations communes : Le parti des opposants à la mondialisation
3. Résolution à prendre pour agir : Elle hésite entre deux partis : l'indulgence et la sévérité
4. Vieilli Personne à marier : La fille de cet industriel est un beau parti.
Esprit de parti,
partialité en faveur de son propre parti ; sectarisme.
Faire un mauvais parti à qqn,
le maltraiter, le mettre à mal.
Parti pris,
opinion préconçue ; partialité : Je n'avais aucun parti pris avant d'aller voir ce film.
Prendre parti,
se prononcer pour ou contre qqn, qqch : Ils ont pris parti pour leur collègue.
Prendre son parti de qqch,
l'accepter comme inévitable ; s'y résigner : Vous devez prendre votre parti des nouveaux horaires.
Prendre un parti,
opter pour une solution : Il serait temps que le ministre prenne un parti.
Tirer parti de qqch,
l'utiliser au mieux : Elle a su tirer parti de tous les talents de l'équipe.

2. parti, e

adj.
Fam. Ivre : Après deux verres de sangria, elle était un peu partie.

PARTI3

(par-ti) s. m.
Ancien terme de mathématique. Règle des partis, nom de ce qu'on a nommé plus tard calcul des chances (ainsi dit parce qu'on partageait les chances, les probabilités).
Usage du triangle arithmétique pour déterminer les partis qu'on doit faire entre deux joueurs qui jouent en plusieurs parties ; pour entendre les règles des partis, la première chose qu'il faut considérer est que l'argent que les joueurs ont mis en jeu ne leur appartient plus, car ils en ont quitté la propriété ; mais ils ont en revanche le droit d'attendre ce que le hasard peut leur en donner suivant les conditions dont ils sont convenus d'abord ; mais, comme c'est une loi volontaire, ils peuvent la rompre de gré à gré, et ainsi, en quelque terme que le jeu se trouve, ils peuvent le quitter, et, au contraire de ce qu'ils ont fait en y entrant, renoncer à l'attente du hasard, et rentrer chacun en la propriété de quelque chose ; et, en ce cas, le règlement de ce qui doit leur appartenir doit être tellement proportionné à ce qu'ils avaient droit d'espérer de la fortune, que chacun d'eux trouve entièrement égal de prendre ce qu'on lui assigne, ou de continuer l'aventure du jeu, et cette juste distribution s'appelle le parti [PASC., Traité du triangle arithmétique]
En un sens plus large, le choix à faire, la détermination à prendre dans une matière où il y a du hasard, d'après telle condition donnée.
S'il y a autant de hasards d'un côté que de l'autre, le parti est à jouer égal contre égal [PASCAL, Pensées, X, 1, édit. HAVET]
Ancien terme de finances. Nom donné à des forfaits soit pour faire certaines fournitures soit pour lever les droits du roi (ainsi dit parce que le partisan partageait le profit, le revenu). Le parti des vivres. Le parti des poudres. S'enrichir dans les partis.
Il y a ici du bruit pour la nouvelle monnaie que l'on veut faire et que le parlement veut empêcher ; c'est qu'il y a des partisans qui offrent bien de l'argent pour en avoir le parti [GUI PATIN, Lett. t. II, p. 149]
Son père était un des plus grands usuriers de la France, et ne s'adonnait qu'à bailler de damnables avis au conseil et à prendre quelques partis [, Francion, VIII, p. 340]
Il vous faut.... un Jacquier qui prenne en parti le pain de munition [SÉV., 2 août 1671]
Saint Louis ne mit point en parti les biens et la fortune des pauvres ; il ne crut pas que, pour avoir des sujets obéissants, il fallût les rendre misérables [FLÉCH., Panég. St Louis.]
Ergaste.... trafiquerait des arts et des sciences, et mettrait en parti jusques à l'harmonie [LA BRUY., VI]
Mettre les tailles en parti, en confier le recouvrement à des partisans.
Somme qu'on alloue à un employé, à un intendant, etc. (sens dérivé de partir, partager).
Etes-vous convenue du parti que vous lui faites ? monsieur Remy m'a chargé de vous en parler [MARIV., Fausses confid. I, 6]
Fig. Condition, traitement. C'est lui faire un bon parti. On lui voulait donner une sous-préfecture, il ne devait pas refuser ce parti-là. Fig. Faire un mauvais parti, un méchant parti à quelqu'un, lui faire subir un mauvais traitement, ou même attenter à sa vie.
On est prêt à vous faire un fort mauvais parti [TRISTAN, Panthée, III, 3]
L'on ferait au Scamandre un très méchant parti [LA FONT., Scam.]
Serez-vous étonné si je vous dis que j'ai reçu une lettre anonyme de Toulouse... ? je présume que, si j'étais à Toulouse, on me ferait un assez mauvais parti [VOLT., Lett. Damilaville, 29 juin 1764]
Troupe de gens de guerre qu'on détache pour battre la campagne (sens dérivé de partir, partager).
Il tire d'un déserteur, d'un transfuge, d'un prisonnier, d'un passant, ce qu'il veut dire, ce qu'il veut taire, ce qu'il sait, et pour ainsi dire, ce qu'il ne sait pas : tant il est sûr dans ses conséquences ; ses partis lui rapportent jusqu'aux moindres choses [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Nous sommes occupés, et trop publiquement, d'un parti de cinquante hommes qui a passé quelques rivières, et qui a dessein d'enlever quelque personne considérable [MAINTENON, Lett. au duc de Noailles, 9 nov. 1710]
Les partis vinrent jusqu'aux portes de Paris, et enlevèrent le premier écuyer, qu'ils prirent pour le Dauphin [DUCLOS, Œuv. t. v, p. 26]
Aller en parti, courir la campagne avec une commission particulière, pour chercher l'occasion d'incommoder l'ennemi. Par extension.
Ne pourrions-nous point aller en parti sur le grand chemin de Paris ; il y aurait de bons coups à faire [DANCOURT, Les cur. de C. SC. 3]
Fig. Faire parti, arranger un coup de main.
Léandre fait parti Pour enlever Célie ; et j'en suis averti [MOL., l'Ét. III, 6]
Ancien terme de guerre. Parti bleu, petit parti de gens de guerre, sans commission et sans aveu. Il rencontra un parti bleu qui le vola et le dépouilla. Parti réglé, parti de gens qui allaient en parti munis d'une commission.
Union de plusieurs personnes contre d'autres qui ont un intérêt, une opinion contraire (c'est une extension du parti de guerre). Le parti des Guelfes, des Gibelins. Les partis politiques.
Qu'aucun versât le sang de son propre parti [CORN., Sertor. I, 1]
Je permis à mes sens de se laisser chatouiller par le titre de chef de parti que j'avais toujours honoré dans les vies de Plutarque.... les vices d'un archevêque pouvant être, dans une infinité de rencontres, les vertus d'un chef de parti [RETZ, Mém. II]
L'on a plus de peine dans les partis à vivre avec ceux qui en sont, qu'à agir contre ceux qui y sont opposés [ID., ib. liv. II, p. 207, dans POUGENS]
Il y a trois partis [en Angleterre], celui du roi et des évêques fort petit, celui du prince d'Orange fort grand, et le troisième des républicains et non conformistes [SÉV., 513]
Si l'aveuglement des peuples n'eût pas été incurable, elle [la reine] aurait guéri les esprits, et le parti le plus juste aurait été le plus fort [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Ainsi les calvinistes, plus hardis que les luthériens, ont servi à établir les sociniens, qui ont été plus loin qu'eux, et dont ils grossissent tous les jours le parti [ID., Reine d'Anglet.]
M. Jurieu n'est pas le seul qui nous a révélé le secret du parti [ID., Variat. XIV, 88]
Elle déclarait aux chefs des partis jusqu'où elle pouvait s'engager ; et on la croyait incapable ni de tromper ni d'être trompée [ID., Anne de Gonz.]
Cet Agrippa fut toujours du parti des Romains [ID., Hist. II, 10]
Akibas, le plus autorisé de tous les rabbins, et, à son exemple, tous ceux que les Juifs appelaient leurs sages, entrèrent dans son parti [de Barcochébas] [ID., ib. II, 9]
On prépare de loin les esprits, le parti se forme, l'un attire l'autre [BOURDAL., Pensées, t. I, p. 462]
J'ai vu plus d'une fois dans vos lettres, en parlant de vos filles : elle n'est point de mon parti ; une supérieure, un parti ! [MAINTENON, Lett. à Mme de la Viefville, 20 juin 1708]
Je déplais aux deux partis, parce que je ne suis d'aucun.... [ID., Lett. au duc de Noailles, 5 mai 1711]
Le parti d'Hannon voulait qu'on livrât Annibal aux Romains [MONTESQ., Esp. x, 6]
Orbassan, qu'il ne soit qu'un parti parmi nous, Celui du bien public et du salut de tous [VOLT., Tancr. I, 1]
Il est peut-être utile qu'il y ait deux partis dans une république, parce que l'un veille sur l'autre, et que les hommes ont besoin de surveillants [ID., Polit. et législ. Idées républic. 50]
On change de parti dans les guerres civiles [ID., Triumv. III, 2]
Les chrétiens firent alors [sous Constance Chlore] un grand parti dans l'État [ID., Mœurs, 8]
Homme de parti, homme passionné en tout ce qui intéresse son parti. Esprit de parti, esprit aveugle et même injuste en tout ce qui regarde un parti et le parti contraire.
L'esprit de parti abaisse les plus grands hommes jusqu'aux petitesses du peuple [LA BRUY., XI]
Par extension, parti se dit quelquefois de personnes qui sont en débat, en procès.
Lui [un mari qui plaide contre sa femme], il entre en fureur de sa légèreté.... elle entre en fureur de son côté.... les avocats éclateront de tous les deux partis [SÉV., 23 janv. 1682]
Prendre le parti de quelqu'un, le protéger, le défendre.
Don Sanche, taisez-vous, et soyez averti Qu'on se rend criminel à prendre son parti [CORN., Cid, II, 7]
Prenez-vous son parti contre moi ? [MOL., Femm. sav. II, 6]
Il a pris le parti des rois, qui ne sont pas mieux traités que Dieu dans le Système de la nature ; pour moi je n'ai pris que le parti des hommes [VOLT., Lett. Duch. de Choiseul, 2 sept. 1770]
Il était digne de notre nation de singes, de regarder nos assassins comme nos protecteurs ; nous sommes des mouches qui prenons le parti des araignées [ID., Lett. d'Argent. 1er juill. 1771]
On dit, dans le même sens : prendre parti pour quelqu'un. Prendre parti contre quelqu'un, se tourner contre lui, l'attaquer. Prendre parti, se décider pour un parti ou pour l'autre.
Les peuples qui n'avaient point encore pris parti, et qui attendaient que l'événement les déterminât [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 4, dans POUGENS]
Être, se ranger du parti de quelqu'un, de quelque chose, favoriser, préférer, appuyer quelqu'un, quelque chose.
Je suis entièrement du parti des médisants [SÉV., 48]
Vous pouvez tout : aimez, cessez d'être amoureux ; La cour sera toujours du parti de vos vœux [RAC., Bérén. II, 2]
La multitude est toujours du parti des réprouvés [MASS., Carême, Élus.]
Fig.
Je permets à son esprit d'être du parti de son cœur [MOL., Critique, 7]
Mettre du parti de quelqu'un, faire appuyer quelqu'un ; se mettre du parti de quelqu'un, l'appuyer.
Il se met du parti de ceux qu'il fait régner [CORN., Cinna, III, 4]
Lacédémone avait mis dans son parti Darius [BOSSUET, Hist. I, 8]
Pourquoi ne songez-vous pas à mettre ces colonies dans votre parti ? [FÉN., Tél. x.]
Fig.
Ou moi-même avec moi conduisant votre sœur, J'irai semer partout ma crainte et ses alarmes, Et ranger tous les cœurs du parti de ses larmes [RAC., Brit. III, 3]
Avoir un parti, avoir pour soi, dans ses intérêts, un certain nombre de personnes par qui l'on est soutenu, défendu. Dans le sens opposé on dit : il a un grand parti, un nombreux parti contre lui. Dans les guerres de la Révolution, parti bleu, parti des troupes de la République, d'après la couleur de leur uniforme ; et parti blanc, les royalistes qui avaient le drapeau blanc.
Action de se partager, d'aller l'un d'un côté, l'autre d'un autre.
Nous devions quitter notre bonne compagnie dès midi, et prendre chacun notre parti, les uns vers Paris, les autres à Autry [SÉV., 1er oct. 1677]
Fig. Résolution, détermination (le sens de partir, partager, se portant aux opérations de la volonté).
Malheureux Xipharès, quel parti dois-tu prendre ? [RAC., Mithr. II, c.]
Il prenait des partis extrêmes contre ses intérêts [FÉN., Tél. I]
Le choix que j'ai dû faire Devenait un parti conforme à ma misère [VOLT., Scythes, III, 2]
S'il [le parlement de Toulouse] croit avoir bien jugé les Calas, il doit publier la procédure.... s'il sent qu'il s'est trompé, il doit réparer son injustice.... il n'a fait ni l'un ni l'autre ; et voilà des cas où c'est le plus infâme des partis de n'en prendre aucun [ID., Lett. d'Argence, 12 oct. 1765]
Je connais les femmes : les partis violents ne leur coûtent rien, elles les prennent avec facilité, et elles y renoncent de même [GENLIS, Vœux témér. t. I, p. 41, dans POUGENS]
Demi-parti, résolution insuffisante, qui ne mène qu'à la moitié de ce qui doit être fait. Prendre parti, se décider pour ou contre.
Prenons parti, mon âme, en de telles disgrâces ; Soyons femme d'Horace ou sœur des Curiaces [CORN., Hor. III, 1]
Faites, prenez parti ; que rien ne vous arrête ; Et ne me rompez pas davantage la tête [MOL., Mis. IV, 3]
L'Église peut prendre parti dans les choses que l'Évangile laisse indifférentes [BOSSUET, Déf. de la trad. sur la communion, Avertiss. 2]
Qu'avons-nous tant faire de savoir si Saturne est environné d'un anneau ou d'un grand nombre de petites lunes, et pourquoi prendre parti là-dessus ? [MALEBR., Rech. vér. IV, 7]
Prendre un parti, en finir avec une situation.
Je vous avoue que je voudrais bien m'en aller et que ma pauvre tante eût pris un parti [fût morte ou guérie] [SÉV., 133]
Prendre son parti, prendre une dernière et ferme résolution.
Ah ! la voici, seigneur ! prenez votre parti [RAC., Bér. III, 2]
Il eut bientôt pris son parti [HAMILT., Gramm. 11]
Prendre son parti, signifie aussi se résigner.
Seigneur, nous savons prendre notre parti [MOL., Princ. d'Él. v, 3]
La Sablière a pris son parti en jolie et spirituelle personne [SÉV., 400]
Théonas.... avait enfin pris son parti et renoncé à la prélature, lorsque quelqu'un accourt lui dire qu'il est nommé à un évêché [LA BRUY., VIII]
Prenez votre parti sur mes longueurs ; car pour moi j'ai pris le mien sur vos plaintes [J. J. ROUSSEAU, Ém. III]
C'est un parti pris, c'est une chose résolue, convenue. De parti pris, avec une résolution arrêtée à l'avance, sans vouloir rien entendre. Terme de beaux-arts. De parti pris, se dit d'une manière raisonnée et déterminée de traiter une difficulté. un accessoire du sujet. Ces draperies sont traitées de parti pris. Prendre un parti, disposer les ombres et les lumières par grandes masses ; ne point les éparpiller. Ne pas prendre parti, laisser les objets dans le vague et dans la confusion.
Expédient, moyen (ce qui est un diminutif du sens de résolution). C'est le plus court parti.
Et soyez averti Que renfermer sa femme est un mauvais parti [MOL., Éc. des mar. I, 3]
Mourons, c'est le parti qui seul me reste à suivre [ID., Psyché, IV, p. 4]
Nous trouvons l'évêque toujours habile, et toujours prenant les bons partis [SÉV., 24 déc. 1673]
La désolation qui fut dans sa chambre [de la princesse de Conti mourante] ne se peut représenter.... la Gêvres avait pris le parti des évanouissements ; la Brissac, de jeter les hauts cris.... [ID., 5 févr. 1672]
Veux-tu voir tous les grands à ta porte courir ? Dit un père à son fils, dont le poil va fleurir ; Prends-moi le bon parti, laisse-là tous les livres [BOILEAU, Sat. VIII]
Il prit le parti de ne plus m'en parler [FÉN., Tél. XII]
Tirer parti, tirer avantage, utilité, profit.
Lorsque Tibère commença à régner, quel parti ne tira-t-il pas du sénat ! [MONTESQ., Rom. X]
L'amour-propre tire parti de tout, il prend ce qu'il peut, suivant l'âge et l'état où nous sommes [MARIVAUX, Marianne, 9e part.]
Fig. Tirer parti de la vie, en user d'une manière agréable et sage.
Situation, état intermédiaire.
Entre l'hypocrisie et l'impiété, il y a un parti honorable, c'est d'être chrétien [BOURDAL., Resp. hum. 2e avent, p. 387]
Il y a un parti à trouver entre les âmes crédules et les esprits forts [LA BRUY., XIV]
10° Profession, genre de vie, emploi. Le parti des armes, de la robe.
Théodose leur offrit des partis très honorables dans ses armées [FLÉCH., Hist. de Théodose, II, 39]
Tel prend le parti des armes [MASS., Carême, Vocat.]
En termes de guerre, prendre parti, s'enrôler.
Ayant sous un faux nom pris parti dans l'armée [HAUTEROCHE, Esp. foll. II, 4]
Il y en eut près de vingt mille qui prirent parti en divers lieux parmi ses troupes [FLÉCH., Hist. de Théod. II, 73]
11° Une personne à marier considérée par rapport à son bien ou à sa naissance.
Il vint des partis d'importance ; La belle les trouva trop chétifs de moitié [LA FONT., Fabl. VII, 5]
....Madame Honesta, C'était son nom, avait eu jusque-là Force partis.... [ID., Belph.]
Et, si votre parole à Clitandre est donnée, Offrez-lui le parti d'épouser son aînée [MOL., Femm. sav. v, 3]
Si j'avais, comme vous, les pédants dans la tête, Je pourrais le trouver un parti fort honnête [ID., ib. III, 7]
Mademoiselle, le seul parti de France qui fût digne de Monsieur [SÉV., 9]
Le roi a donné à mademoiselle de la Mothe, fille de la reine, deux cent mille francs ; elle trouvera bientôt parti [ID., 22]
C'est environ trois cent mille livres de rente, tous ses meubles, toutes ses pierreries, l'hôtel de Longueville ; en un mot, c'est le plus grand parti de France [ID., 21]
Mme de Mirepoix donne son fils, qui est grand parti, au plus médiocre de la cour [ID., 27 déc. 1688]
Théramène était riche et avait du mérite ; il a hérité, il est donc très riche et d'un très grand mérite.... combien de galants va-t-il mettre en déroute ? quels bons partis ne fera-t-il pas manquer ? [LA BRUY., VII]
Cléobuline, sa mère [de Thalès], le pria d'accepter un parti avantageux qui se présentait [FÉN., Thalès.]
Prendre parti, se marier.
Il y a un temps où les filles les plus riches doivent prendre parti [LA BRUY., III]
Tout prit parti, seule elle demeura [VOLT., Bégueule.]
12° Terme de jeux. Se dit, au lansquenet, d'une manière de jouer trois contre deux, deux contre un, ou trois contre un. Se dit à plusieurs jeux de cartes, lorsqu'il n'y a pas d'égalité dans les cartes, et que la carte d'un joueur compte double. Faire le parti. Donner le parti.

PROVERBE

    À parti pris point de conseil.

REMARQUE

  • 1. Prendre à parti, s'est dit comme nous disons aujourd'hui prendre à partie.
    Et prenant, s'elle eût pu, le destin à parti [RÉGNIER, Sat. X]
    Elle eut beau prendre à parti les lois et la religion [HAMILT., Gramm. 9]
  • 2. Mme de Sévigné a dit : le bon parti, pour le principal sujet.
    M. de Vardes... honore Paris de sa présence, et il est toujours le bon parti de la conversation [SÉV., 1er juin 1684]
    C'est le sens ancien d'occasion qu'avait parti (voy. l'historique).

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Diex ! fait il, li quels de ces deux M'est or partis [partagé, donné en partage] li mains mauvais ? [, Lai de l'ombre]
  • XVe s.
    Mais estoient au parti, comme pour les assaillans tous enfroisser et lapider de pierres, s'ils fussent passés outre la riviere, et n'eussent pu les Anglois aucunement retourner [FROISS., I, I, 41]
    Certes, sire, s'il nous convenoit entrer en ce parti [se rendre simplement], je tiens en vous tant d'hcnneur et de gentillesse, que vous ne nous feriez fors toute courtoisie, ainsi que vous voudriez que le roi de France ou le duc de Normandie fist à vos chevaliers, ou à vous mesme, si vous estiez au parti d'armes où nous sommes à present. - Les chefs des assiegeans considererent la loyauté de messire Aghos des Baux, et qu'il estoit un chevalier estrange hors du royaume de France, et que moult il leur avoit montré le droit parti d'armes [ID., I, I, 242]
    Messire Thomas, mon fils est-il mort.... ou blessé.... Nennin, monseigneur, si Dieu plait ; mais il est en dur parti d'armes ; si auroit bien mestier de votre aide [ID., I, I, 290]
    Et les autres qui de près le suivoient, qui s'arresterent sur lui, quand en ce parti le virent [tué de la sorte], et le regretterent durement [ID., I, I, 113]
    .... Il est en tel party, Le pauvre homme, qu'il n'a party Du lict, y a unze semaines [, Patelin]
    Il fut de ceste opinion, disant que jamais n'auroit si beau parti [occasion] [COMM., II, 1]
    Il l'envoya querir à son disner avec luy, et luy offroit de très beaulx et bons partis, s'il eust voulu demourer [ID., IV, 10]
    Il [le comte de Campobache] trahissoit celluy qui l'avoit recueilly vieil et povre et sans nul party [ID., v, 6]
  • XVIe s.
    Chacun soit adverti De faire comme moy ; Car d'aimer sans parti [sans retour], C'est un trop grand esmoy [MAROT, II, 344]
    [La terre] Fut divisée en bornes et partis Par mesureurs fins, cauts et deceptifs [ID., IV, 19]
    Le Tout-puissant, qui m'ouït plaindre, Mon parti tousjours tenir veut [ID., IV, 328]
    Il se revolta et changea de party [MONT., I, 44]
    Il print entre ces deux extremitez un moyen party [ID., I, 243]
    Il luy escrivit qu'il luy avoit trouvé un party bien plus grand et plus digne, d'un mari de bien aultre pouvoir et magnificence [ID., I, 251]
    Ilz le supplierent de vouloir appaiser son courroux et emmener les Volsques hors de leurs terres, pour puis après à loisir mettre en avant telz partis qu'il verroit estre expedients pour les uns et pour les autres [AMYOT, Cor. 50]
    Les tourterelles, en signe de viduité, jamais ne couchent sus branche verte, après qu'elles ont perdu leur party, et demeurent en perpetuelle viduité, sans prendre autre party [PARÉ, Animaux, 12]

ÉTYMOLOGIE

  • Parti 1 ; ital. partito. On comprend par le premier exemple de l'historique comment parti, participe passé de partir, diviser, partager, est devenu le substantif parti : ce qui est partagé devient le lot, la part, la résolution.

parti

PARTI. n. m. Union de plusieurs personnes contre d'autres qui ont un intérêt, une opinion contraire. Le parti de la Ligue. Le parti des Gibelins. Le parti des honnêtes gens. Se mettre dans un parti, d'un parti. Entrer dans un parti. Se ranger du parti de quelqu'un. Se déclarer d'un parti. Se détacher d'un parti. Quitter, abandonner un parti. Relever un parti. Soutenir un parti. Être choisi comme chef de parti. Il n'est d'aucun parti. Il est neutre entre les partis. Ils sont de partis opposés, de partis contraires. Le choc des partis. Chacun des deux partis.

Homme de parti, Celui qui se montre crédule ou passionné en tout ce qui intéresse son parti. Il faut se défier de tout homme de parti. Les hommes, les gens de parti sont souvent injustes de bonne foi.

Esprit de parti, Disposition morale d'un homme tellement attaché à son parti qu'il est aveugle ou même injuste en tout ce qui regarde ce parti et le parti contraire. L'esprit de parti altère tous ses jugements et tous ses récits.

Fig., Prendre le parti de quelqu'un, Se déclarer pour lui, le défendre, le protéger. J'ai pris son parti. Il a pris mon parti envers et contre tous. On dit dans le même sens Prendre parti pour quelqu'un; et dans le sens opposé Prendre parti contre quelqu'un, Se tourner contre lui, l'attaquer.

Fig., Être, se ranger du parti de quelqu'un, de quelque chose, Favoriser, préférer quelqu'un, quelque chose. Il est toujours du parti des malheureux, des opprimés. Il faut être toujours du parti de la vérité. Je suis du parti, je me range du parti de la modération, de l'indulgence.

Fig., Avoir un parti, Avoir pour soi, avoir dans ses intérêts un certain nombre de personnes par qui l'on est soutenu, défendu, prôné. Il a un parti, un grand parti à la cour, dans l'armée. Ce poète, ce peintre, ce musicien a un parti, un parti nombreux dans le public.

PARTI se dit aussi d'une Troupe de gens de guerre, soit de cavalerie, soit d'infanterie, que l'on détache pour battre la campagne, reconnaître l'ennemi, faire des prisonniers, etc. Un parti d'ennemis. Un gros parti. Il est vieux.

PARTI signifie encore Résolution, détermination. Prendre un parti modéré, un parti violent. C'est le parti qu'il faut prendre. Il sait bien prendre son parti dans l'occasion. C'est un homme qui ne sait jamais prendre de parti. Vous ne pouvez rester dans cette situation embarrassante, il faut prendre un parti. C'est le parti le plus sûr, le plus sage, le plus honnête. De plusieurs partis il a choisi le pire. Il répugne aux partis extrêmes.

Absolument, Prendre son parti, Prendre une dernière et ferme résolution. Il est inutile de lui parler davantage de cette affaire, il a pris son parti. On dit à peu près dans le même sens C'est un parti pris; et proverbialement À parti pris point de conseil.

Prendre son parti signifie aussi Se résigner à ce qui doit arriver. Dès qu'on lui eut démontré qu'il ne pouvait obtenir ce qu'il désirait, il prit son parti, il en prit son parti.

Parti pris, Décision prise d'avance, opinion préconçue. C'est un homme plein de partis pris. Il désigne aussi, en termes de Beaux- Arts, une Intention déterminée qui s'affirme nettement dans l'exécution. Un parti pris d'archaïsme.

PARTI signifie aussi Avantage, utilité, profit. Il a tiré un bon parti de cette affaire. Il a tiré un parti avantageux, un grand parti, un parti médiocre de cette entreprise. C'est un homme qui sait tirer parti, tirer un grand parti de ses relations. Il tire parti de tout. Tirer parti d'un renseignement.

PARTI signifie encore Traitement, conditions qu'on fait à quelqu'un. Faire un mauvais parti à quelqu'un, Lui faire essuyer quelque mauvais traitement, ou même Attenter à sa vie. Si vous ne vous tenez sur vos gardes, ces misérables vous feront un mauvais parti.

PARTI se dit aussi d'une Personne à marier, considérée par rapport à sa fortune ou à sa naissance. Cette jeune fille est un bon parti, un riche parti. On lui propose un beau parti.

PARTI signifiait encore anciennement Partage, distribution de chances dans un jeu. On appelait Règle des partis ce qu'on appelle maintenant Calcul des probabilités.

parti

un Parti et condition, Conditio.

Un beau parti, Luculenta conditio.

Parti et condition qui n'est point plus avantageuse à l'un qu'a l'autre, AEqua conditio.

S'accorder ou consentir à quelque parti, Ad pactionem adire.

Dresser à quelqu'un quelque mauvais parti, Constituere malum alicui.

Estre du parti des gens de bien, A bonorum causa stare.

Faire ou offrir un parti, Conditionem ferre, facere, constituere, dare, instituere, offerre, Proponere alicui conditionem.

Offrir quelque parti raisonnable, Partem aliquam aequi bonique dicere, AEquum bonum dicere.

Prendre le parti ou l'offre, Conditionem accipere.

Recevoir à pareil parti, In conditionem parem capere.

Tenir le parti et offre qu'on a fait, Manere in conditione.

Refuser un parti, Conditionem respuere.

¶ Incliner et s'addonner à un parti et querelle, Incumbere in causam.

Suyvre du tout un parti et une querelle, In causam se demittere penitus.

Suyvre le parti d'une personne riche, et la prendre à mari ou à femme, Sequi matrimonium diuitiis.

Suyvre le parti d'aucun, Fauere alicui.

Qui suyvoient un mesme parti, Quorum erat vna causa.

Il suyvoit le parti des Romains, Ab Romanis erat.

Qui avoit suyvi le mesme parti que moy, Qui in eadem causa, in qua ego, fuisset.

S'addonner de tout son pouvoir à soustenir et garder un parti, ou querelle, In causam incumbere.

Soustenir le parti d'aucun, Ad causam alicuius se adiungere, Partes alicuius defendere, vel fouere, vel tutari.

Tenir le parti d'autruy, Cum aliquo facere, vel stare, Sectam illius sequi.

Il tient mon parti, Stat a me.

Tenir le parti du peuple Romain, Fidem populi Romani sequi.

Qui tient le parti des gentils hommes, Studiosus nobilitatis, Fauens nobilitati.

Ils ont tenu le parti de Cesar, Tenuerunt partes Caesaris.

Entendement tenant le parti du peuple, et de la liberté commune, Ingenium populare.

¶ Vierge qui ne peut trouver parti, ne mari, pourtant qu'elle est trop vieille, ou trop povre, Illocabilis virgo.

Quand le parti qu'on a est honneste, Liberale coniugium.

parti


PARTI, s. m. 1°. Union de plusieurs persones contre d'aûtres. Le parti de la Ligue, de la Fronde, etc. Former un parti; entrer dans un parti. = 2°. Intérêt. "Prendre le parti de. "J' ai pris votre parti. "Il faut toujours prendre le parti de la vérité: être du bon parti. = 3°. Résolution. "C'est le parti qu'il faut prendre. "C'est être trop long-tems irrésolu, prenez enfin votre parti: décidez-vous, déterminez-vous. — en st. plais.: il faut prendre son parti en grand Capitaine. = 4°. Expédient; moyen. "Il se présente plusieurs partis pour sortir d'afaire: on est embarrassé pour le choix. = 5°. Conditions; traitement qu'on propôse. "On lui fera un bon parti. = Tirer parti de: "Il a tiré un bon parti de cette afaire. = 6°. Profession. "Le parti de l'Église, de l'Épée, de la Robe, etc. On dit, en ce sens: prendre le parti de, ou prendre parti dans. "Il a pris le parti des armes. "Il ne sait s'il prendra parti dans l'Épée ou dans la Robe. = 7°. Troupe de gens de guerre, qu'on détache pour batre la campagne, fourrager, faire des prisoniers, etc. "Conduire, comander un parti. = Parti-bleu, sans comission et sans aveu. = 8°. Persone à marier. "Cette fille-là est un bon parti: ce qui se dit sur-tout par raport aux biens de la fortune.
   Rem. Ce mot, suivant ses diverses acceptions, forme des expressions diverses. = Être ou se ranger du parti de... "Léger, tranchant et vif, il étoit constamment du parti de la mode. Marm. "Lorsque nous nous rangeons contre nous-même du parti de la Justice divine, on peut dire que nous afoiblissons en quelque sorte le pouvoir qu'elle auroit sur nous. Fontenelle. = On dit aussi activement: ranger quelqu'un de son parti. "Je parlai à ses parens, que je rangeai de mon parti. Marivaux. = Prendre parti régit pour ou contre, ou tous les deux. "Le coeur doit prendre parti pour un sentiment naturel contre une opinion nationale. Marm. — On l'emploie aussi sans régime. "Il est mal aisé de prendre parti, où l'on trouve de part et d'autre tant de mérite. P. Rapin. "Elle animoit la contradiction, et sans prendre aucun parti, donoit à leur caractère (des deux amans) la liberté de se déveloper. "Prendre le parti de.... c'est prendre la défense; et prendre parti dans, c'est se décider pour un des deux partis des deux factions. "Les étrangers, dit M. Raynal, prirent parti de ce diférend, suivant leur caprice ou leurs intérêts. Il faut: prirent parti dans, etc. Voy. FACTION. = Prendre parti et prendre son parti, ont aussi des sens diférens: l'un signifie se ranger dans une querelle du côté d'un des contendans; l'autre, prendre une résolution, une détermination. Corneille a employé l'un pour l'aûtre.
   J'agirai d'autre sorte avec cette lumière,
   Et suivant qu'aujourd'hui je l'aurai plus entière,
   Nous verrons à prendre parti.
       Agésilas.
Il falait là: prendre notre parti. = Tirer parti se dit toujours de même sans article et sans préposition, même quand il est modifié par des adverbes de quantité. "Autant il réussissoit à ménager des protecteurs à la bone caûse, autant il savoit tirer de parti des âmes les plus froides. Beraut de Bercastel, Hist. de l' Église. Le de est de trop: il faut: autant il savait tirer parti, etc. — Faire un mauvais parti, régit le datif. "Ils lui auraient fait un mauvais parti; ils l'auraient maltraité, assassiné. "Ces miserables vous feront un mauvais parti. LET. ÉDIF. * L'Ab. Velly ou son imprimeur met mal-à-propôs, coup de parti, pour coup de partie.

Synonymes et Contraires

parti

nom masculin parti
Traductions

parti

Anhang, Fraktion, Gefolge, Partei, Reichsparteitag, von dannen, von hinnen, wegparty, side, adherents, decision‐making, disciples, faction, followers, following, supporters, bias, away, option, gonepartij, aanhang, besluitvorming, gevolg, leden, stem, kamp, oplossing, weg, verdwenenכת (נ), כַּתstrana, pryčκόμμα, χαμένοςpartito, andatoرَاحِلvækdesaparecidomennytotišaoいなくなって사라진borteminionyausenteотсутствующийförsvunnenจากไปgeçmişqua đời, mất đi离去的 (paʀti)
nom masculin
1. politique groupe politique un parti de droitegauche
2. défendre
3. utiliser, profiter de tirer parti de la situation
4. décider de faire qqch prendre le parti de partir

parti

[paʀti] nm
(POLITIQUE)party
le Parti socialiste → the Socialist Party
(= décision) prendre le parti de faire → to make up one's mind to do, to resolve to do
prendre son parti de → to come to terms with
prendre parti pour → to take sides for, to take a stand for
prendre parti pour → to take sides against, to take a stand against
parti pris → bias
prendre le parti de qn → to stand up for sb, to side with sb
(= personne à marier) → match
tirer parti de → to take advantage of, to turn to good account