passe-volant

PASSE-VOLANT

(pâ-se-vo-lan) s. m.
Nom donné à de faux soldats que les officiers faisaient passer en revue pour tromper les inspecteurs et les commissaires, quand leurs compagnies n'étaient pas complètes, et dont ils s'appropriaient la solde.
Par l'ordonnance de 1668, Sa Majesté a ordonné que les passe-volants seraient marqués à la joue par le bourreau avec un fer chaud fleurdelisé [RICHELET, ]
Le roi a fait ce matin une revue générale des troupes, et a cassé avec douleur un capitaine de cavalerie que tout le monde estime, et Sa Majesté même ; mais il avait trois passe-volants [PELLISSON, Lett. hist. t. I, p. 357, dans POUGENS]
Fig. et par plaisanterie.
Pâques vint, et ce fut un nouvel embarras, Anne, faisant passer ses péchés en revue, Comme un passe-volant mit en un coin ce cas [LA FONT., Cas de consc.]
Dans la marine. Celui qui est porté en fraude sur le rôle d'un équipage sans être présent. Se dit aussi quelquefois des individus cachés à bord.
Fig. et familièrement. Homme qui s'introduit dans une partie de plaisir sans payer sa part de la dépense commune, ou qui entre au spectacle sans payer, quoiqu'il n'en ait ni le droit, ni la permission.
Les passe-volants qui s'occupent à voir jouer des après-dînées, pour recevoir quelques ducats, venaient tous se placer derrière moi [LE SAGE, Guzm. d'Alfar. V, 8]
Il s'est dit aussi pour parasite.
Celui qui n'est quelque part que passagèrement.
Les officiers se dégoûtèrent de dépendre de ces espèces de passe-volants [les inspecteurs] qui ne pouvaient les connaître [SAINT-SIMON, 409, 131]
Je laisse Mme Denis donner des repas de vingt-six couverts, et jouer la comédie pour ducs et présidents, intendants et passe-volants qu'on ne reverra plus [VOLT., Lett. d'Alemb. 7 sept. 1764]
Ancien terme de marine. Nom qu'on donnait à un canon postiche, fait de bois et destiné à figurer à la place d'une bouche à feu. Au plur. Des passe-volants.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Les capitaines ne les pouvoyent tromper [deux financiers ou payeurs huguenots] d'un passe-volant [D'AUB., Conf. II, 5]
    Passe-volants, qui sont valets et gens de boutique, qu'ils arment et desguisent en soldats, pour les faire passer à la monstre [CARL., V, 32]
    De là sont venus ces horribles monstres de canons, doubles canons, bastardes, mosquets, passe-volans, et pieces de campagnes [PARÉ, IX, Préf.]

ÉTYMOLOGIE

  • Passer, volant : celui qui passe volant, comme on dirait : celui qui passe courant.

passe-volant

PASSE-VOLANT. n. m. Il se disait d'un Homme qui, sans être enrôlé, se présentait dans une revue pour faire paraître une compagnie plus nombreuse et pour toucher la paie au profit du capitaine. Il y avait des peines établies contre les passe-volants.

pâsse-volant


PâSSE-VOLANT, s. m. [Pacevolan: 1re et dern. lon. 2e e muet.] Homme qui, sans être enrôlé, se présente à une revûe, pour faire paraître une Compagnie plus nombreuse, et pour tirer la paye au profit du Capitaine. = Figurément, Homme qui s'introduit dans une partie de plaisir, sans payer sa part de la dépense. — C'est celui qui entre au Spectacle sans payer, quoiqu'il n'en ait ni le droit, ni la permission.