passif, ive

PASSIF, IVE

(pa-ssif, ssi-v') adj.
Terme didactique. Qui souffre l'action, l'impression.
L'homme, en venant au monde.... n'apporte que des qualités passives, il ne peut que recevoir les impressions des objets et laisser affecter ses organes [BUFF., Quadrup. t. IV, p. 24]
Est-il bien démontré que les sensations et les perceptions soient purement passives, comme l'affirme notre métaphysicien ? [BONNET, Œuv. mél. t. XVIII, p. 150, dans POUGENS]
Si nous étions purement passifs dans l'usage de nos sens, il n'y aurait entre eux aucune communication [J. J. ROUSS., Ém. IV]
L'entendement est une faculté froide et passive : il obéit, dans le silence des passions, à la verité, à l'évidence [MARMONTEL, Œuv. t. IX, p. 204]
Actif et passif, qui agit et qui subit.
Le seul remède dont je me sers [dans un mal de poitrine] est de parler le moins que je peux.... je renonce à toutes visites actives et passives, et j'ai fait goûter cela à mes meilleurs amis [BAYLE, Lett. à Mme Baricave, 20 oct. 1706]
Y a-t-il une autre ressource [que la médisance] contre l'ennui actif et passif dont votre inutile beau monde est accablé sans cesse ? [VOLT., Lett. Mme du Deffant, 13 juill. 1768]
Par extension, qui n'agit point. Votre rôle est tout passif. Il faut dans cette circonstance se tenir passif. Obéissance passive, obéissance absolue, qui rejette tout examen des raisons du commandement.
Les torys étaient pour les épiscopaux, qui favorisaient la maison de Stuart, et qui voulaient établir l'obéissance passive envers les rois, parce que les évêques en espéraient plus d'obéissance pour eux-mêmes [VOLT., Louis XIV, 22]
Citoyen passif, s'est dit, dans la Révolution, par opposition à citoyen actif, de ceux qui n'avaient pas droit de suffrage dans les assemblées primaires. Terme de dévotion. Oraison passive, suspension totale des facultés intellectuelles, par laquelle l'âme demeure impuissante à produire tous les actes, ou de propre industrie, ou de propres efforts.
Commerce passif, se dit, dans la théorie de la balance du commerce, des achats faits à l'étranger, des importations, ou de l'excès des importations sur les exportations.
Terme de grammaire grecque et latine. Verbe passif, verbe où le sujet subit une action du régime exprimé ou non. Voix passive, la forme de conjugaison des verbes passifs.
Notre langue ne peut rien substituer à de pareils éléments [les finales passives du latin] ; elle n'a donc point de verbe passif ; en effet c'est avec les participes du passé, joints aux différentes formes du verbe être, que nous traduisons les verbes passifs du latin [CONDILL., Gramm. II, 10]
Signification passive, celle qui marque l'action reçue par le sujet. En latin et en grec, le génitif a une signification active ou passive : amor Dei, c'est l'amour de Dieu pour.... (Dieu aime), ou l'amour de Dieu par.... (Dieu est aimé). Qui appartient à la voix passive. Participe passif.
Terme de médecine. Affections passives, affections qui dépendent d'une faiblesse ou d'un relâchement organique, par opposition à celles qui se rattachent à une augmentation d'action, et qu'on appelle actives.
S. m.Terme de commerce. Le passif, ce qu'on doit. L'actif surpasse le passif.
S. m.Terme de grammaire. La voix passive. Ce verbe est au passif.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Tant comme l'actif et le passif sont disposés et appliqués [ORESME, Eth. 305]
    Passif est chose qui souffre [ID., Thèse de MEUNIER.]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. passivus, de passum, supin de pati, souffrir (voy. PÂTIR).