patrie

(Mot repris de patries)

patrie

n.f. [ du lat. patria, pays du père ]
1. Communauté politique d'individus vivant sur le même sol ; pays habité par une telle communauté : Ce monument a été créé en l'honneur des soldats morts pour la patrie.
2. Pays, province, ville d'origine d'une personne : Mâcon est la patrie de Lamartine.
La patrie de,
le pays, l'endroit où l'on rencontre en grand nombre certaines personnes, certaines choses : Le Brésil, la patrie de la samba.

PATRIE

(pa-trie) s. f.
Pays où l'on a pris naissance.
Mourir pour sa patrie est un sort plein d'appas Pour quiconque à des fers préfère le trépas [CORN., Œdipe, II, 3]
Chacun songe comment il s'acquittera de sa condition ; mais, pour le choix de la condition et de la patrie, le sort nous le donne [PASC., Pens. XXV, 80, édit. HAVET.]
Une reine fugitive qui ne trouve aucune retraite dans trois royaumes, et à qui sa propre patrie n'est plus qu'un triste lieu d'exil [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Homère est encore et sera toujours ; les receveurs de droits, les publicains ne sont plus ; ont-ils été ? leur patrie, leurs noms sont-ils connus ? [LA BRUY., VI]
À tous les cœurs bien nés que la patrie est chère ! [VOLT., Tancr. III, 1]
Le premier qui a écrit que la patrie est partout où l'on se trouve bien est, je crois, Euripide dans son Phaéton [VOLT., Dict. phil. Patrie.]
Un républicain est toujours plus attaché à sa patrie qu'un sujet à la sienne, par la raison qu'on aime mieux son bien que celui de son maître [ID., Pensées sur le gouvernement, 1752]
Il y a dans tous les hommes un penchant à aimer leur patrie, qui tient plus à des causes morales qu'à des principes physiques [RAYNAL, Hist. phil. v, 9]
La patrie nous donne mille plaisirs habituels que nous ne connaissons pas nous-mêmes avant de les avoir perdus [STAËL, Corinne, XIV, 3]
Reine du monde, ô France, ô ma patrie, Soulève enfin ton front cicatrisé ; Sans qu'à tes yeux leur gloire en soit flétrie, De tes enfants l'étendard s'est brisé [BÉRANG., Enf. de la Fr.]
C'est un si grand malheur de pleurer la patrie ! [P. LEBRUN, Cid d'Andal. II, 2]
Fig.
Pour moi point de patrie, où vous ne serez pas [CORN., Toison d'or, II, 2]
L'univers est la patrie d'un grand homme [RAYNAL, Hist. philos. V, 10]
Particulièrement. Province, ville où l'on est né. Marseille est sa patrie. La petite patrie, la localité où l'on est né, et aussi la famille.
Comme si ce n'était point par la petite patrie, qui est la famille, que le cœur s'attache à la grande [J. J. ROUSS., Ém. V]
Fig. La nation dont on fait partie, la société politique dont on est membre.
J'aurais mauvaise grâce de chercher de la gloire et des avantages par des choses qui ne sont pas de ma profession ; mais je suis Français très affectionné à ma patrie.... [VAUBAN, Dîme, p. 2]
Il n'y a point de patrie dans le despotique ; d'autres choses y suppléent, l'intérêt, la gloire, le service du prince [LA BRUY., X.]
Que me servirait, comme à tout le peuple.... que ma patrie fût puissante et formidable, si, triste et inquiet, j'y vivais dans l'oppression ?... [ID., X.]
L'ambassadeur [du roi de Sicile].... avait ordre de faire tous ses efforts pour l'engager [M. Delisle] à passer dans les États de ce prince.... l'amour de la patrie le retint, et peut-être aussi l'espérance qu'elle n'aurait pas l'ingratitude assez ordinaire à toute patrie [FONTEN., Delisle.]
Une patrie est un composé de plusieurs familles ; et, comme on soutient communément sa famille par amour-propre, lorsqu'on n'a pas un intérêt contraire, on soutient par le même amour-propre sa ville ou son village qu'on appelle sa patrie [VOLT., Dict. phil. Patrie.]
Ce ne sont ni les murs ni les hommes qui font la patrie ; ce sont les lois, les mœurs, les coutumes, le gouvernement, la constitution, la manière d'être qui résulte de tout cela [J. J. ROUSS., Lett. à Pictet, Corresp t. VI, p. 91]
Vaut-il mieux avoir éclairé le genre humain qui durera toujours, que d'avoir ou sauvé ou bien ordonné une patrie qui doit finir ? [DIDER., Claude et Nér. II, 75]
L'État n'est plus un corps, et l'on n'a pas vu qu'il fallait des siècles pour y rétablir cette unité qu'on appelle patrie, et qui est l'ouvrage insensible et lent de l'habitude et de l'opinion [MARMONTEL, Bélisaire, ch. 11]
Patrie commune, l'État dans lequel on possède des droits politiques.
La mère patrie, voy. MÈRE, n° 25.
Par extension, contrée, climat propre à certains animaux. Les régions arctiques sont la patrie de l'ours blanc. La patrie des palmiers.
Fig. Il se dit des contrées, des villes où fleurissent, où sont en abondance certaines espèces d'hommes ou de choses. Athènes fut la patrie des philosophes. Ce pays est la patrie des sciences et des lettres.
La céleste patrie, le ciel, le séjour des bienheureux.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Suivant le proverbe qui porte qu'il est licite à un chacun et louable de combatre pour sa patrie [J. CHARTIER, Hist. de Charles VII, p. 147]
  • XVIe s.
    Le devoir en quoi je suis obligé à la patrie [J. DU BELLAY, Défense et illust. de la langue fr. II, 1]
    Qui me faict supplier V. M. de me honorer d'un aultre departement et bien esloigné de ma patrie [de la province où je suis né] [CARL., IX, 1]
    Pour la patrie, c'est un beau mot [BAÏF, les Sciences et enseignements, II]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, patreie ; du lat. patria, patrie, de pater, père. Ménage dit que patrie n'était pas usité du temps de Henri II, vu que Charles Fontaine le reproche comme un néologisme à du Bellay : " Qui a païs, n'a que faire de patrie ....le nom de patrie est obliquement entré et venu en France nouvellement et les autres corruptions italiques, " Quintil Horatian, p. 185. D'un autre côté on a dit que patrie datait de François Ier. François Ier était un roi vraiment national ; c'est sous son règne, c'est au XVIe siècle que le mot patrie fut transporté de la langue latine dans la nôtre, A. DE ST-PRIEST, les Guise, Revue des Deux Mondes, 1er mars 1850, p. 825. Mais le mot est plus ancien ; l'historique le montre.

patrie

PATRIE. n. f. La terre des ancêtres, le pays où l'on est né, la nation dont on fait partie, la société politique dont on est membre. La France est notre patrie. Solon donna des lois à sa patrie. Cicéron fut appelé le Père de la patrie. Bien mériter de la patrie. Porter les armes contre sa patrie. Mourir pour la patrie.

La mère patrie, Nation à laquelle se rattache une colonie. Synonyme de MÉTROPOLE.

Un sans-patrie, les sans-patrie, Ceux qui légalement n'ont pas de patrie; Ceux qui renient toute patrie.

PATRIE désigne, dans un sens plus particulier, la Province, la ville où l'on est né. Marseille est sa patrie. On dit plutôt La petite patrie pour désigner le Lieu où l'on est né et auquel on est attaché par ses liens de famille et ses souvenirs d'enfance.

Il se dit quelquefois, par extension, du Climat, de la contrée propre à certains animaux, ou même à certains végétaux. La patrie des palmiers. La Laponie est la patrie du renne.

Fig., Athènes fut la patrie de la philosophie signifie que La philosophie trouva dans Athènes un lieu particulièrement favorable à son développement.

La céleste Patrie, Le Ciel, considéré comme le séjour des bienheureux.

patrie

Patrie, f. penacut. Est francisé, du Latin Patria, qu'on dit pays de naïssance.

Qui a trahi sa patrie, Proditor patriae.

patrie


PATRIE, s. f. [2e lon. 3e e muet.] Le Pays, l'État où l'on est né. "La France est notre Patrie: l'amour de la Patrie. = On étend quelquefois ce mot aux Provinces et aux villes où l' on est né. "La Provence est ma Patrie: Marseille est ma Patrie. M. Imbert, le P. Paulian de l'Académie de Nimes, sa patrie. Paris était la patrie de Rousseau, de Voltaire, etc. = La céleste Patrie, le Ciel, considéré comme le séjour des Bienheureux.

Synonymes et Contraires

patrie

nom féminin patrie
Pays où l'on est né.
Traductions

patrie

vaderland, bakermat, geboorteplaats, geboortelandhomeland, fatherland, home, mother-country, motherlandמולדת (נ), מכורה (נ), מוֹלֶדֶת, מְכוֹרָהvlastVaterland, Heimat, Heimatlandpatrujoπατρίδα, γενέτειραpatriaمَوْطِنhjemlandpatriakotimaadomovina祖国고국hjemlandojczyznaterra natalотечествоhemlandบ้านเกิดเมืองนอนanavatantổ quốc祖国 (patʀi)
nom féminin
pays auquel on appartient

patrie

[patʀi] nfhomeland