peigné, ée

PEIGNÉ, ÉE

(pè-gné, gnée) part. passé de peigner
Où le peigne a passé.
J'étais ce jour-là dans le même équipage négligé qui m'était ordinaire ; grande barbe et perruque assez mal peignée [J. J. ROUSS., Confess. VIII]
Familièrement. Mal peigné, malpropre et mal vêtu.
Et ceux-ci mal peignés devant les dames tremblent [RÉGNIER, Sat. III]
Substantivement. Un mal peigné. Fig.
Alors je ne lui connaissais d'autre défaut qu'une barbe un peu inculte, cachet d'une école mal peignée [REYBAUD, Jérôme Paturot, II, 1]
Il est peigné à la diable, se dit d'un homme qui a les cheveux ou la perruque en désordre. Fig. Jardin bien peigné, jardin bien soigné. Fig. Arbres bien peignés, arbres arrangés comme les cheveux où le peigne a passé.
Loin donc ces froids jardins, colifichet champêtre, Insipides réduits dont l'insipide maître Vous vante, en s'admirant, ses arbres bien peignés [DELILLE, Jardins, I]
En parlant de littérature et de beaux-arts, poli, travaillé avec un excès de soin.
Il faut qu'un écrivain tel que lui [Bayle] se garde du style étudié et trop peigné ; mais une négligence continuelle n'est pas tolérable dans les ouvrages sérieux [VOLT., Lett. d'Argens, 21 juin 1739]
S. m. Le peigné, le genre peigné.
Aussi gardez-vous bien D'imiter le faux goût qui mêle en son ouvrage L'inculte, l'élégant, le peigné, le sauvage [DELILLE, Jard. II]
Laine peignée, laine où le peigne a passé. S. m.Terme de commerce. Le peigné, genre de laine peignée. Le peigné se fabrique beaucoup à Rheims.
Terme de pêche. Harengs peignés, ceux qui ont perdu leurs nageoires ou une grande partie de leurs écailles. Morue peignée, morue qui a perdu une partie de sa peau.