peiné


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peine

PEINE. n. f. Souffrance infligée pour une faute commise; châtiment, punition. Il a commis la faute, il en portera la peine. Ce bannissement est la peine de son crime. On ordonne cela sous peine de la vie. Peine corporelle, capitale, afflictive, infamante, pécuniaire. Prononcer, appliquer, infliger une peine. Subir une peine. Proportionner les peines aux délits. Établir, déterminer des peines. Condamner à une peine. Encourir une peine. Il y a peine de mort contre ceux qui contreviendront à cet ordre. L'abolition de la peine de mort. Cela est défendu sous peine d'une amende, sous peine d'amende. La peine du talion. Le maximum de la peine.

En termes de Jurisprudence, Sous les peines de droit, Sous les peines portées par la Loi. La réimpression de ce livre avait été défendue sous les peines de droit.

En termes de Théologie, La peine du sens, Les douleurs que les damnés souffrent par les tourments de l'enfer. La peine du dam, Ce que la privation de la vue de Dieu leur fait souffrir. Les peines éternelles, Ce que les damnés souffrent en enfer. Les peines du purgatoire, Ce que les âmes souffrent dans le purgatoire.

Âme en peine, Âme qui subit les peines de l'enfer ou du purgatoire.

Fig. et fam., Il est comme une âme en peine, c'est une âme en peine se dit d'un Homme fort inquiet, très tourmenté de quelque chose.

PEINE signifie aussi Douleur, affliction, souffrance physique ou morale, sentiment de quelque mal dans le corps ou dans l'esprit. Peines de coeur. Les peines de la vie. C'est de lui que sont venues mes plus grandes peines. Je n'ai jamais éprouvé une peine si cruelle. Il m'a fait une grande peine, bien de la peine. Cela fait peine. Cela fait peine à voir. Adoucir, partager les peines de quelqu'un. Consoler quelqu'un dans la peine. Cacher ses peines.

Être dans la peine, Être dans l'affliction. Il signifie aussi Être dans le besoin, dans une grande pénurie.

PEINE signifie encore Inquiétude d'esprit. J'étais fort en peine de ce qu'il était devenu. Vous m'avez tiré de peine. Me voilà hors de peine. On est extrêmement en peine de lui. Je suis en peine de n'avoir point de ses nouvelles. Les dernières nouvelles que j'ai reçues me mettent fort en peine. Il ne se met guère en peine de ce qui peut lui arriver.

PEINE signifie aussi Travail, fatigue, effort qui coûte. Il n'a pas fait cela sans peine. Il n'a ouvert cette porte qu'avec peine. Sa peine n'a pas été inutile, n'a pas été infructueuse. Puisque je vous ai obligé, je ne regrette pas ma peine. Je voudrais vous épargner cette peine. Prendre, se donner de la peine, bien de la peine. Il ne se donna pas la peine d'y penser. Cela ne demande pas, n'exige pas beaucoup de peine. Vous n'aurez pas grande peine à faire cet ouvrage. Je n'y ai pas eu grand-peine.

Prov., Toute peine mérite salaire. À chaque jour suffit sa peine.

Faire une chose sans peine, La faire facilement et, par extension, La faire de bon coeur.

Mourir à la peine, Mourir après avoir travaillé jusqu'au bout au succès d'une oeuvre ou d'une entreprise. Il est mort à la peine avant d'avoir vu l'achèvement de l'oeuvre à laquelle il s'était consacré.

Fig., Je réussirai dans cette entreprise, ou je mourrai à la peine, Je ne veux point me désister de ce que j'ai entrepris, rien ne m'y fera renoncer.

Perdre sa peine, ses peines, Travailler inutilement à quelque chose. On dit dans le même sens : C'est peine perdue.

Plaindre sa peine. Voyez PLAINDRE.

En être pour sa peine, Ne pas réussir dans un travail, dans une entreprise.

Voilà pour votre peine se dit à Quelqu'un à qui l'on donne un pourboire.

Pour la peine, En récompense, en remerciement, en dédommagement.

Par politesse, Prenez la peine, donnez-vous la peine de faire cela, Je vous prie de faire cela. Il a pris la peine de venir me voir, Il est venu me voir.

Fam., La chose en vaut bien la peine, La chose mérite qu'on ne néglige rien afin d'y réussir. On dit dans le sens contraire : Cela n'en vaut pas la peine, ce n'est pas la peine. Ce n'est pas la peine d'attendre si longtemps pour si peu de chose.

Fam., Cela ne vaut pas la peine d'en parler, se dit d'une Chose qui est peu importante, ou à laquelle on veut paraître attacher peu d'importance. Il se dit aussi ironiquement pour souligner l'importance de la chose dont on parle. Il ne lui a volé qu'un million; c'est un rien : ce n'est pas la peine d'en parler.

En valoir la peine se dit aussi des Personnes. Presque tous les auteurs étrangers qui en valent la peine ont été traduits en français. Vous avez tort de vous occuper de lui, il n'en vaut pas la peine.

Un homme de peine, des gens de peine, Celui, ceux qui gagnent leur vie en exécutant de gros ouvrages.

PEINE se dit aussi des Difficultés, des obstacles que l'on trouve à quelque chose. Il aura bien de la peine à gagner ce procès. Il a eu beaucoup de peine à faire sa fortune, à venir à bout de cette tâche. Il aura de la peine à me convaincre. J'ai peine à voir clair dans tout ceci. Je n'ai pas de peine à vous croire.

Avoir de la peine à parler, Avoir de la difficulté à parler par quelque empêchement naturel. On le dit aussi figurément. Répondez donc; vous avez bien de la peine à parler.

Avoir de la peine à marcher, Se servir difficilement de ses jambes. On dit figurément : Cette affaire; cette entreprise a bien de la peine à se mettre en train.

PEINE se dit encore de la Répugnance d'esprit qu'on a à dire ou à faire quelque chose. J'ai de la peine, j'ai peine à lui annoncer une si fâcheuse nouvelle.

À PEINE, Locution adverbiale qui a différentes significations, selon les différentes façons de parler avec lesquelles on l'emploie.

Elle sert à désigner Le peu de temps qui s'est écoulé, depuis que la chose dont on parle est arrivée. À peine est-il hors de son lit, à peine il est hors du lit; À peine sommes-nous entrés, Il ne fait que sortir du lit; Il n'y a qu'un moment que nous sommes entrés. À peine le soleil est-il levé, on se met en marche. Dans ce cas, on met quelquefois que au commencement du second membre de la phrase. À peine le soleil était-il levé, à peine le soleil était levé qu'on aperçut l'ennemi.

On s'en sert aussi dans la signification de Presque pas; on dit, par exemple : À peine est-il jour, à peine a-t-il le nécessaire, à peine sait-il lire, Il n'est presque pas encore jour, il n'a presque pas le nécessaire, il ne sait presque pas lire. On dit de même : Cela est à peine indiqué, à peine esquissé. Il a à peine touché à ce point dans son discours. Il nous regarde à peine.

À PEINE signifie aussi Difficilement. On peut à peine passer dans cet étroit couloir. À peine y voit-on assez pour se conduire. On trouverait à peine de l'eau pour boire. À peine si on peut le comprendre.

À grand-peine, Très difficilement. À grand- peine lui persuaderez-vous cela.

peine

Peine, f. penac. Chasty pour mesfait, soit pecuniaire, qu'on dit amende, Multa, soit corporelle, Poena, du Grec poinê. Il se prend aussi pour travail de corps, Labor. Il a bien de la peine à faire cela, Multum laboris exanthlat in ea re agenda. Et pour la fatigue, Opera, comme, Voila un escu pour vostre peine, Pro opera quam nauasti, aureus hic nummus tibi merces esto. Penar Espagnol, pener, travailler, mettre peine à faire quelque chose.

A peine, adverb. Vix.

Peine et travail, soit de corps ou d'esprit, Labor.

Peine qu'on prend à faire quelque chose, Nisus huius nisus.

Plus grande peine et travail, Maior opera.

Une honneste peine qu'un amy prend pour appointer deux parties, Opera honoraria.

Peine perduë, Labor cassus, Poenae irritae, Capti conatus frustra.

¶ Peines terribles et cruelles, Crudeles poenae.

Peine de mort, Supplicium.

Peine commise, Sponsio commissa. B.

A peine de la cause, si partie n'est sans tiltre, Sponsionem facere in summam causae non recuso, ni aduersarius sine titulo possideat. Budaeus.

Peine indicte par l'ordonnance, Mulcta a sanctione indicta. B.

Une peine commune, Poena translatitia et frequens. B.

Une peine anciennement ordonnée, par laquelle pour un membre rompu on rompoit le mesme à celuy qui avoit fait l'exces, Talio.

Action qui emporte comdemnation de peine ou corporelle, ou pecuniaire, outre l'interest de la partie, Actio poenaria.

Sur certaine peine corporelle, Capitali sanctione.

Faire inhibition et defenses de par la Cour sur certaines et grandes peines, Mulctam grandem interminari, Mulctam dicere verbis Curiae, siquid contra interdicta factum fuerit, Denuntiari multam, nisi decreto pareatur. Bud.

La plus grande peine qu'il est possible, Supplicium supremum.

¶ A peine que je ne die, Ne dicam.

A peine aime il aucun, Non fere quenquam amat.

A peine avoit il achevé le mot, qu'il s'en alla, Cum dicto abiit.

A grande peine avoy-je dit la moitié que, etc. Vix dum dimidium dixeram, etc.

A grande peine, Haud ferme, AEgre, Difficulter, Vix.

A fort grand peine, AEgerrime.

A grande peine trouverez vous un homme fidele aux femmes, Fidelem haud ferme mulieri inuenias virum.

A grande peine viennent ils à bien, Haud temere vnquam perueniunt ad frugem.

Il vivoit à grande peine et travail, Vitam duriter agebat.

A grande peine se tindrent ils qu'ils, etc. Vix temperauere animis quin, etc.

Encore à grande peine vivons nous, Vix ita tamen viuimus.

Avec peine et travail, Operose, Laboriose.

Avec grand peine et travail mettre quelque chose au devant de quelque lieu qu'on y puisse passer, Obmoliri.

Sans peine, Facile, Nullo labore, Sine labore, Nullo negotio, E facili.

Non pas sans peine, Non sine negotio.

¶ Les loix ont defendu cela sur peine de la teste, Capitale leges fecere istud.

Sur peine de la teste, Sub poena capitis.

Il y a peine de mort, Capitale est.

¶ Chose où il n'y a point eu de peine à le faire, Illaborata res.

Avoir des biens sans peine, Fructus illaborati offerunt sese, et sponte proueniunt. B. ex Quintil.

C'est grande peine et travail de naviger, Negotium magnum est nauigare.

C'est peine gaignée, Compendium operae est.

¶ Aider de toute sa peine, Operam suam alicui commodare, Nauare operam.

Apposer peine à ceux qui rompront l'alliance, Ascribere poenam foederi.

Bailler peine, ennuy et fascherie à quelqu'un, Labori esse alicui, Laborem imponere.

La terre baille grande peine aux laboureurs. Exhibet terra laborem difficilem colonis.

Constituer peine exemplaire, Exemplum prodere subaudi posteris.

Se delivrer de la peine et soing où on est, Cura defungi.

Remettre la peine, Concedere impunitatem.

Diminuer la peine, De supplicio remittere.

Employer sa peine et son labeur en quelque chose, Consumere operam in re aliqua, vel impendere.

Employer toute sa peine à la Philosophie, Omnem operam ad Philosophiam conferre.

Il ne s'ensuit pas qu'on deust employer si grande peine en cecy, et y tant travailler, Tantum studium in eo ponendum non arbitrabatur.

Employer bien sa peine, Bene ponere operam, Pulchre locare operam.

Tu as fort bien employé ta peine, Locasti optime operam.

Peine bien employée, Bene posita opera.

Toute ma peine est employée és affaires et negoces de mes amis, In periculis amicorum versatur labor meus.

Encourir une peine indicte, Mulctam facere.

Endurer peine de mort, Pati supplicium.

Corps qui ne peuvent nullement endurer peine, Intolerantissima laboris corpora.

Cestuy endura cette peine, etc. Is poenam hanc maternae temeritatis tulit, vt praeberet, etc.

Eschapper la peine qu'on avoit gaignée pour quelque tort fait, Lucrifacere iniuriam.

Qu'il estime autant leur peine et labeur, Perinde eorum operae pretium faciat.

Exempter de peine, A labore vindicare.

Loüer sa peine à aucun pour faire quelque ouvrage, Locare operam suam alicui.

Loüer sa peine à espuiser des puits, Operam oblocare ad puteos exhauriendos.

Il loüa sa peine à un boulengier pour tourner les meules, Ad circumagendas molas operam pistori locauit.

Mettre peine, Aduigilare, Operam dare, Operam ponere in re aliqua, Cum aliquo incumbere, Operam addere, Studere, Operam ad rem aliquam, aut in re aliqua sumere, Operam et laborem dependere, et impendere.

Mettre peine de sauver aucun, Contendere de salute alicuius.

Mettre peine de contregarder sa santé, Diligentiam in valetudinem suam conferre.

Mettre peine à acquester biens, Operam rei dare.

Mettre peine à l'estude, Accommodare curam literis.

Mettre toute sa peine à estudier, In studia incumbere.

Mets peine que tu te portes bien, Cura vt valeas.

Je mets peine à cela, que, etc. Illud laboro, vt, etc.

J'ay mis peine qu'il ne t'emmenast point, Ne te abduceret dedi operam.

Il met peine que cela se face, Id agit vt hoc fiat.

On a mis peine de complaire au peuple, Plebi summa ope inseruitum est.

On y mettra peine, Dabitur opera.

En y mettant peine de te faire service, etc. Dum studeo obsequi tibi.

Mettant peine de garder l'honneur qu'ils avoyent acquis le jour de devant, Ipsius ad obtinendum hesternum decus adnitentibus.

Mettre toute sa peine à cercher, Collocare se totum in exquirendo.

Mettre toute sa peine à tenir ferme contre quelque chose, Obniti.

On mit toute la peine qu'on peut à se battre, Omni contentione pugnatum.

Il faut mettre peine, Opera danda est.

Mettre quelqu'un hors de peine, Levare laborem alicui.

Payer la peine deuë à ses meschancetez, Sceleris poenas persoluere.

Pardonner la peine, Poenam remittere.

Perdre sa peine, Operam conterere, siue Perdere, Apros in mari venari, Actum agere, Frustrari laborem, Ludere operam, Mortuo verba facere, Cribro aquam haurire, Sumere operam, Sumere operam frustra, Nihil agere, Operam ludos facere, In aere piscari.

Perdre ce qu'on a mis à faire quelque chose, et sa peine, Oleum et operam perdere.

Ne perdre pas sa peine à faire plaisir à aucun, Bene ponere officium et studium apud aliquem.

La peine est perduë, Periit opera.

C'est peine perduë, Verba fiunt mortuo.

¶ Porter et souffrir la peine de quelque meschanceté, Satisfaire à la peine, Expendere scelus, Expendere poenas sceleris, Supplicia expendere.

¶ Voyant qu'il ne pouvoit porter et endurer la peine de la guerre, Quum laborem belli ferre non posset.

Prendre peine, Sumere operam, Labores subire, Poenas capere, Laborem capere, Laborare, Suscipere laborem, Laborem sumere.

Prendre grande peine, et fort travailler à faire quelque chose, Elaborare, Exantlare, vel exhaurire labores in re aliqua, Labores magnos capere, siue excipere.

Prendre peine de soy-mesme, Laborem sibi iniungere, vel imponere.

Prendre la peine d'enseigner aucun, Dare se alicui ad docendum.

Prendre aussi grande peine et travail l'un que l'autre, Niti pari iugo.

Tu prends trop pour ta peine, Nimium preciosa operaria es.

Prester sa peine à quelqu'un en quelque fait, Dicare aliquam operam alteri, Operam suam alicui commodare.

Quitter la peine, Ignoscere.

Je ne refuse aucune peine, Nullam deprecor poenam.

Remettre la peine, Impunitatem concedere, vel dare.

Satisfaire à ses peines par le sang des innocens, Maculas suorum furtorum et flagitiorum, sociorum innocentium sanguine luere.

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PEINE, s. f. PEINER, v. act. et neut. [Pène, péné: dans le premier, la 1re è moy. la 2e e muet: dans le 2d, 2 é fer.] Peine est, 1°. sentiment de quelque mal dans le corps ou dans l'esprit. "Les peines du corps sont plus aisées à suporter que les peines de l'esprit. = 2°. Châtiment, punition. "La peine surpassait le crime. = 3°. Travail, fatigue. "Je n'en suis pas venu à bout sans peine. "Je le ferai, ou je mourrai à la peine. — Homme de peine, qui gâgne sa vie par un travail pénible de corps. = 4°. Dificulté, obstacle. "Vous aurez beaucoup de peine à gâgner ce procês. = 5°. Répugnance qu'on a à dire, ou à faire quelque chôse. "J'ai eu bien de la peine à me charger d'une telle comission. = Suivant M. l'Ab. Roubaud, vous avez peine à faire la chose à laquelle vous répugnez naturellement: vous avez de la peine à faire ce que vous ne faites qu'avec plus ou moins de dificulté. — On a peine à croire ce que l'esprit rejette de lui-même: on a de la peine à croire ce qu'on ne se persuade pas aisément. Dans le premier câs, il y a une répugnance ou un préjugé à vaincre: dans le second, vous trouvez des dificultés ou des embarras à lever, etc. Nouveau Synon. Franç.
= 6°. Inquiétude d'esprit. "Être en peine. "Je suis en peine de savoir ce qu'il deviendra, à quoi cela aboutira.
   Rem. 1°. Ménage veut qu'on dise sur peine de la vie, et non pas sous peine. L'Acad. dit l'un et l'aûtre, et aussi à peine. "On lui a ordoné cela sur peine, sous peine, à peine de la vie. — Bossuet, qui emploie indiféremment les deux premiers, dit aussi à peine de mort, qu'on ne dit pas aujourd' hui; et dans un aûtre endroit, à peine d'être convaincu d'une obscurité afectée. — Les Auteurs sont partagés: les uns disent sous peine, les aûtres sur peine de la vie: je ne me souviens pas d'avoir vu dans aucun, à peine de la vie. = Remarquez au reste, que quoiqu'il y ait plusieurs peines exprimées, on dit toujours sous peine, au singulier, et non pas sous peines au pluriel. "Il fut enjoint aux Membres du Clergé, de prêter le nouveau serment... sous peines d'être suspens pour six mois, et d'être totalement privés de leurs places, etc. TARGE, Traducteur de Smollet.
   2°. À~ peine est tantôt adverbe, tantôt conjonction. "Télémaque suivoit à peine, regardant toujours derrière lui. Fénél.
   Et des vents du midi, la dévorante haleine,
   N'a consumé qu'à peine
   Leurs ossemens blanchis dans les champs d'Arcalon.
       Rousseau.
En prôse, il vaut mieux d'ordinaire dire, avec peine. "Il soufre avec peine une injustice, mais il la pardone. Fléchier. — Cependant à peine, et avec peine ont quelquefois des sens diférens. "Il est à peine arrivé, il ne fait que d'arriver: il est arrivé avec peine, il a eu toutes les peines du monde pour arriver. — Dans ce dernier sens, on dit aussi, à grand'peine. Acad. = À~ peine est plus souvent employé comme conjonction. Il est suivi de que, et régit l'indicatif. "À~ peine suis-je arrivé qu'on m'a apris que, etc. Il se met quelquefois à la tête de la phrâse, soit comme adverbe, soit comme conjonction, et alors on doit mettre le pronom nominatif aprês le verbe. "À~ peine trouvoit-on un morceau de biscuit, qui ne fût pas rempli de vers. Miss. du Paraguai. "À~ peine la fièvre l'eut-elle quité qu'il se remit en marche. Charlev. Hist. du Japon. Mais quand à peine est dans le cours de la phrâse, le pronom personel précède le verbe; et si le sujet est un nom, on ne met point de pronom. "On trouvait à peine, etc. "La fièvre l'eut à peine quité, que, etc. = Quelques Auteurs, et des plus hupés, le P. Bouhours, par exemple, n'ont pas fait cette distinction qu' ordone l'usage. "Il se retiroit la nuit dans quelque masûre, où à peine pouvoit-il se mettre à couvert. Vie de St. Ign. Je crois qu'il falait dire: où il pouvait à peine. — J. J. Rousseau. "Il fit citer tous les donataires, leur redemandant les neuf dixièmes de ce qu'ils avoient reçu, dont à peine leur restoit-il l'autre dixième partie. Trad. de Tacite. — Dont il leur restait à peine, etc. "Quoi, vous voulez que pendant que l'attaque dûre, et qu'à peine avons-nous le tems de respirer, nous mettions à l'eau nos navires. Mde Dacier, Iliade. Dites, qu'à peine nous avons, etc. "Cette grotte n'étoit qu'un creux, où un homme à peine pouvoit-il être debout. Let. Édif. Retranchez il: un homme pouvait à peine, etc. = 3°. Il est essentiel de bien placer cet adverbe; et il faut qu'il se raproche du terme qu'il afecte. Racine n'a pas eu cette atention.
   Du fruit de tant de soins, à peine jouissant,
   En avez-vous six mois paru reconoissant.
       Britanicus.
Qui ne croiroit, dit M. l'Ab. D'Olivet qu'à peine doit se lier avec jouissant, comme si Néron (dont il s'agit) ne faisoit que commencer à jouir; et cependant à peine doit se lier avec le vers suivant: à peine en avez-vous, etc. Rien n'excûse cette inversion. = À~ peine se place aprês le verbe dans les tems simples, et dans les tems composés, entre l'auxiliaire et le participe: "On trouvait à peine de l' eau pour boire. "On eut à peine trouvé, etc. Quand il est à la tête de la phrâse, il est tout simple qu' il précède le verbe: à peine trouvait-on, etc. = 4°. On dit assez indiféremment avoir peine, ou avoir de la peine à faire. L'Acad. ne done d' exemple que du second. "J'aurois peine moi-même à bien danser en votre absence. Voit. "J'aurois beaucoup de peine à m'en pâsser. = Fléchier met de au lieu d'à devant l'infinitif. "Il a d'autant plus de peine de se réconcilier avec ceux qui l' ont fâché, qu'il prend plus de précaution pour ne fâcher persone. — De n'est pas si usité que à, avec avoir de la peine; mais il se joint fort bien avec se mettre en peine, prendre la peine et se doner la peine: "Ne vous mettez pas en peine de ce qui pourra arriver. "Aucun d'eux ne s'est mis en peine d'entendre ce que signifie l'ancienne écriture. Pluche. "Les filles ne se reposoient pas sur leurs gardiens du soin de leur vertu; elles se donoient la peine (ou elles prenoient la peine) d'être sages elles-mêmes. Marm. = Être en peine a le même régime des noms et des verbes. "J'étois fort en peine de vous et de votre mari. Sév. Je fus en peine qui la pouvoit avoir faite, dit Voiture. Il sous-entend de savoir. = Tirer de peine régit l'acusatif, et porter la peine le génitif. "Je vous suplie de me tirer de peine. VOIT. "L'Auteur est embarrassé: il ne faut pas qu'un Saint Évêque en porte la peine. BOSS. = Perdre sa peine, travailler inutilement. = La chôse en vaut bien la peine, ou n'en vaut pas la peine, est, ou, n'est pas assez considérable. * De retrancher en dans ces façons de parler, c'est un gasconisme. Desgr. C'en est un aussi de dire éviter pour, épargner la peine. "Évitez-vous, ou, je voudrois vous éviter la peine de venir. ID. = Prenez la peine de me venir voir, je vous prie de, etc.
   PEINER, actif, se dit des chôses. Faire de la peine. "Votre situation me peine extrêmement. "Cette nouvelle m'a beaucoup peiné. "Ce travail vous peinera trop. Acad. = Il me semble qu'il se dit plus souvent des peines de l'esprit que de celles du corps. = Suivant l'Acad. Il signifie aussi travailler beaucoup et dificilement ce qu'on fait: "Ce Poète, ce Peintre peine beaucoup ses ouvrages. = Neutre, il se dit des persones, des animaux et des choses inanimées. Avoir de la peine, travailler avec efort. "Ces bateliers, ces chevaux peinent beaucoup à remonter la rivière. Le fameux Chapelain peinoit beaucoup lorsqu'il faisoit des vers. = Cette poutre peine beaucoup; peine trop: elle est chargée d'un trop grand fardeau.
   PEINÉ, ÉE, partic. et adj. "Je suis vraiment peiné d'avoir doné de fausses espérances à, etc. Th. d'Éduc. = Ouvrage peiné, travaillé avec éfort et pesamment. On dit dans le même sens, style peiné, écriture peinée, mais on ne dit pas un homme peiné, DICT. NÉOL. excepté chez les Ascétiques, qui parlent beaucoup des persones peinées et scrupuleuses.
   *PEINEUX, s'est dit autrefois pour peiné, qui a de la peine. La Bruyère le regrette. "Valeur, dit-il, devoit nous conserver valeureux, peine, peineux, etc. Voy. PENAUD. = On ne dit plus que chez le peuple, la semaine peineuse, la Semaine Sainte.

Synonymes et Contraires

peiné

adjectif peiné
Qui a de la peine.
Traductions