peindre


Recherches associées à peindre: craindre, peigner, peinturer, plaire, suivre

peindre

v.t. [ lat. pingere ]
1. Enduire de peinture ; badigeonner : Je peindrai ce mur en blanc.
2. Représenter par l'art de la peinture : Il peint surtout des portraits.
3. (Sans compl.) Pratiquer l'art de la peinture : Depuis qu'elle est retraitée, elle peint.
4. Dessiner avec de la peinture : Ils ont peint des inscriptions sur le mur.
5. Litt. Décrire, représenter par la parole, l'écriture : Dans cet article, il peint la situation des prisonniers avec beaucoup de réalisme dépeindre

se peindre

v.pr.
Être apparent, se manifester : La déception s'est peinte sur son visage apparaître

peindre


Participe passé: peint
Gérondif: peignant

Indicatif présent
je peins
tu peins
il/elle peint
nous peignons
vous peignez
ils/elles peignent
Passé simple
je peignis
tu peignis
il/elle peignit
nous peignîmes
vous peignîtes
ils/elles peignirent
Imparfait
je peignais
tu peignais
il/elle peignait
nous peignions
vous peigniez
ils/elles peignaient
Futur
je peindrai
tu peindras
il/elle peindra
nous peindrons
vous peindrez
ils/elles peindront
Conditionnel présent
je peindrais
tu peindrais
il/elle peindrait
nous peindrions
vous peindriez
ils/elles peindraient
Subjonctif imparfait
je peignisse
tu peignisses
il/elle peignît
nous peignissions
vous peignissiez
ils/elles peignissent
Subjonctif présent
je peigne
tu peignes
il/elle peigne
nous peignions
vous peigniez
ils/elles peignent
Impératif
peins (tu)
peignons (nous)
peignez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais peint
tu avais peint
il/elle avait peint
nous avions peint
vous aviez peint
ils/elles avaient peint
Futur antérieur
j'aurai peint
tu auras peint
il/elle aura peint
nous aurons peint
vous aurez peint
ils/elles auront peint
Passé composé
j'ai peint
tu as peint
il/elle a peint
nous avons peint
vous avez peint
ils/elles ont peint
Conditionnel passé
j'aurais peint
tu aurais peint
il/elle aurait peint
nous aurions peint
vous auriez peint
ils/elles auraient peint
Passé antérieur
j'eus peint
tu eus peint
il/elle eut peint
nous eûmes peint
vous eûtes peint
ils/elles eurent peint
Subjonctif passé
j'aie peint
tu aies peint
il/elle ait peint
nous ayons peint
vous ayez peint
ils/elles aient peint
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse peint
tu eusses peint
il/elle eût peint
nous eussions peint
vous eussiez peint
ils/elles eussent peint

PEINDRE

(pin-dr'. Les formes en gn se confondent avec les formes correspondantes du verbe peigner ; seulement on prononce d'une façon un peu plus ouverte celles du verbe peigner, et un peu plus fermée celles du verbe peindre) , je peins, tu peins, il peint, nous peignons, vous peignez, ils peignent ; je peignais, nous peignions, vous peigniez ; je peignis ; je peindrai ; je peindrais ; peins, qu'il peigne, peignons, peignez ; que je peigne, que nous peignions, que vous peigniez ; que je peignisse ; peignant, peint v. a.
Représenter une personne, une chose par des lignes et des couleurs. Peindre un homme, un arbre, un lion, un paysage.
Il est bien vrai que le concile de Latran a défini qu'on pouvait peindre les anges.... [DESC., Rép. aux 6es object. 5]
Alexandre voulut qu'il n'y eût qu'Apelle qui le peignît [VAUGEL., Q.C. II, 6]
J'ai lu je ne sais où, qu'Apelle peignit autrefois une maîtresse d'Alexandre d'une merveilleuse beauté, et qu'il en devint, la peignant, si éperdument amoureux, qu'il fut près d'en perdre la vie [MOL., Sicil. 12]
Quelle audace de vous faire peindre ! je m'en réjouis, c'est signe que vous êtes belle [SÉV., 58]
Vierge qu'avec amour eût peinte Raphaël [P. LEBRUN, Voy. de Grèce, X, 4]
Peindre l'histoire, le portrait, exécuter des tableaux qui représentent des sujets historiques, des portraits. Fig.
On dit que le temps peint les beaux tableaux [qu'il les embellit] [DIDEROT, Salon de 1767, t. XIV, p. 141]
Absolument.
Un vieux artisan comme moi a quelque honneur à perdre, et doit avoir soin de conserver la bonne opinion qu'on a de lui.... je ne veux plus peindre, mais je veux encore moins barbouiller [BALZ., Des ministres et du ministère]
Avec plus de raison nous [lions] aurions le dessus [sur les hommes], Si mes confrères savaient peindre [LA FONT., Fabl. III, 10]
Il peignit comme Apelle, il chante comme Orphée [VOLT., Trois man.]
Vien dessine bien, peint bien ; mais il ne pense ni ne sent [DIDER., Salon de 1767, t. IX, p. 55, éd. 1821]
Peindre à l'huile, peindre avec des couleurs broyées et détrempées à l'huile.
L'invention de peindre à l'huile n'a point été connue des anciens ; ce fut un peindre flamand, nommé Jean van Eyk, mais plus connu sous le nom de Jean de Bruges, qui en trouva le secret, et qui le mit en usage au commencement du XVe siècle [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. XI, 1re part. p. 142, dans POUGENS.]
Fait à peindre, très bien fait.
C'était une fille de seize à dix-sept ans, faite à peindre, vive et coquette [LE SAGE, Guzm. d'Alf. VI, 8]
On dit aussi à peindre, sans le participe fait.
Un tour de visage et un menton à peindre [SÉV., 120]
Il m'assura de nouveau que j'étais un cavalier à peindre [LE SAGE, Guzm. d'Alf. IV, 5]
Cet habit est fait à peindre, il va à peindre, il est bien fait et sied bien. Être à peindre, être dans une posture, dans une attitude singulière, risible, ridicule.
Vous étiez tous les trois à peindre [IMBERT, Jaloux sans amour, II, 2]
Familièrement et fig. Achever de peindre, donner le coup de grâce, consommer le désagrément, l'embarras, la ruine.
Et la honte pour lors, qui me saisit le cœur, Pour m'achever de peindre éteignit ma vigueur [RÉGNIER, Élég. IV]
Nous voilà bien achevés de peindre [REGNARD, le Joueur, V, 7]
Fig. Manière de peindre, manière d'agir en général, procédé (locution qui paraît appartenir à Mme de Sévigné ou du moins à sa société).
Il [le duc de Luxembourg a été interrogé pendant quatre heures [pour l'affaire des poisons]... pour Mme la comtesse de Soissons, c'est une autre manière de peindre : elle a porté son innocence au grand air [elle s'est enfuie] [SÉV., 29 janv. 1680]
Des traîtresses de douleurs qui reviennent quelquefois, et dont il faut se moquer, parce que c'est la manière de peindre des rhumatismes [ID., 1er mars 1676]
Peindre une galerie, un plafond, les orner par la représentation de diverses figures.
Couvrir de couleurs. Peindre une boiserie, un mur en blanc, en gris. Par analogie. Farder le visage.
Même elle avait encor cet éclat emprunté Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage Pour réparer des ans l'irréparable outrage [RAC., Athal. II, 5]
Teindre les cheveux, la barbe. Ce vieillard se peint la barbe et les cheveux.
On prétend qu'elle se peint les sourcils [GENLIS, Théât. d'éducation, la Tendresse maternelle, sc. 11]
Fig.
Quitte, pour te forcer à deux ou trois soupirs, Et peindre alors ton front d'un peu de déplaisir [CORN., Perth. III, 3]
Il se dit aussi des couleurs que répand la lumière.
Et les soleils d'avril peignant une prairie En leur tapis de fleurs n'ont jamais égalé Son teint renouvelé [MALHERBE, V, 24]
Le soleil peint nos champs des plus vives couleurs [QUINAULT, Atys, I, 2]
Vos yeux d'un nouveau jour peignirent l'horizon [RACINE, Nymphes de la Seine.]
Celle-ci [Iris], volant d'une aile légère, fend les espaces immenses des airs, laissant après elle une longue trace de lumière qui peignait un nuage de mille diverses couleurs [FÉN., Tél. XVI]
Tel, du haut de son char, le dieu de la lumière S'empare, en se montrant, de la nature entière, Et, sur tous les objets répandant ses couleurs, Peint les monts et les champs, et l'insecte et les fleurs [DELILLE, l'Imag. V]
Écrire, former les lettres, les caractères.
C'est de lui que nous vient cet art ingénieux De peindre la parole et de parler aux yeux [BRÉBEUF, Phars. III]
Absolument. Il peint si mal qu'on ne peut lire son écriture.
J'orthographie.... Et peins trop mal, monsieur.... jamais je n'oserai [BOISSY, Deh. tromp. IV, 7]
Terme de tapisserie. Faire le fond du papier, ce qui s'exécute avec des brosses rondes sans manche et montées de soies courtes.
Fig. Décrire, représenter vivement par le discours.
Peignez mes actions plus noires que la nuit [CORN., Médée, II, 2]
Je les peins dans le meurtre à l'envi triomphants [ID., Cinna, I, 3]
Nous avons fort parlé [avec l'évêque de Marseille] de toutes les affaires passées ; il me semble que je les ai peintes au naturel [SÉV., 19 sept. 1677]
Rien n'apaise un lecteur toujours tremblant d'effroi, Qui voit peindre en autrui ce qu'il remarque en soi [BOILEAU, Sat. IX]
Et j'ai peint à ses yeux le trouble de votre âme [RAC., Bérén. IV, 2]
J'ai cru que je pouvais emprunter deux ou trois traits d'Hérodote pour mieux peindre Assuérus [ID., Esth. Préf.]
Ils vous feront enfin haïr la vérité, Vous peindront la vertu sous une affreuse image [ID., Athal. IV, 3]
Corneille peint les hommes comme ils devraient être ; Racine les peint tels qu'ils sont [LA BRUY., I]
Sans que mon livre.... ne s'écarte du plan que je me suis fait d'y peindre les hommes en général [ID., Préface]
Vous qui me l'avez peint [Polyphonte] de si noires couleurs ! [VOLT., Mérope, II, 1]
Plusieurs autres malheureux avaient péri dans les flammes par des arrêts principalement émanés de ce chancelier [Thomas Morus] qu'on nous peint comme si doux et si tolérant [ID., Mœurs, 135]
Hommes savants dans l'art de feindre, Qui me prêtez des traits si doux, Vous avez beau vouloir me peindre, Vous ne peindrez jamais que vous [J. J. ROUSS., Vers mis par lui au bas d'un de ses portraits, dans 2e dial.]
Eschyle peignit les hommes plus grands qu'ils ne peuvent être, Sophocle, comme ils devraient être, Euripide, tels qu'ils sont [BARTHÉL., Anach. ch. 69]
Mais nous, pour embraser les âmes, Il faut brûler, il faut ravir Au ciel jaloux ses triples flammes ; Pour tout peindre, il faut tout sentir [LAMART., Méd. I, 11]
Peindre en, représenter comme.
Loin d'en baisser les yeux [d'une perfidie], l'orgueilleuse en fait gloire ; Elle nous l'ose peindre en illustre victoire [CORN., Pulch. III, 4]
Et me jeter au rang de ces princes soumis, Que le titre d'amants lui peint en ennemis [MOL., Pr. d'Él. I, 1]
Par extension.
Il s'en faut bien que je croie la musique capable de tout peindre, je crois seulement qu'elle peut, par ses sons, nous mettre quelquefois dans une situation semblable à celle où nous mettent certains objets de la vue, et par là nous rappeler l'idée de ces objets [D'ALEMB., Lett. au roi de Prusse, 10 avr. 1767]
Fig. Peindre en beau, représenter les choses ou les personnes comme meilleures qu'elles ne sont.
Vous, monsieur, qui peignez toutes choses en beau, Je vous défie ici d'égayer le tableau [COLLIN D'HARLEVILLE, Optimiste, III, 9]
Il me paraît, comme vous me le disiez tout à l'heure, que ce n'est pas en beau que l'on vous a peint, monsieur de Richelieu [AL. DUVAL, Jeun. de Richel. III, 8]
En un sens opposé, peindre en laid, peindre en mal. Absolument.
Tout l'esprit d'un auteur consiste à bien définir et à bien peindre : Moïse, Homère, Platon, Virgile, Horace ne sont au-dessus des autres écrivains que par leurs expressions et par leurs images [LA BRUY., I]
Hasarder de certaines expressions, user de termes transposés et qui peignent vivement [ID., ib.]
Qui veut peindre pour l'immortalité, doit peindre des sots [FONTEN., Dial. 2e, Morts modernes.]
Représenter l'image, imiter.
Contrefaire un comédien dans des rôles sérieux, c'est le peindre par des défauts qui sont entièrement de lui [MOL., Impromptu, SC. 1]
Votre mémoire vous la peindra mieux avec tous ses traits et son incomparable douceur, que ne pourraient faire toutes mes paroles [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Se peindre, représenter à soi-même, s'imaginer.
Peins-toi dans ces horreurs Andromaque éperdue [RAC., Andr. III, 8]
10° Se peindre, v. réfl. Faire soi-même son portrait. Voilà son portrait, c'est lui-même qui s'est peint. Fig. Faire la description de son âme, de son cœur.
Le sot projet qu'il [Montaigne] a de se peindre ! [PASC., Pens. VI, 33, éd. HAVET.]
Je ne veux point me peindre avec trop d'avantage [RAC., Phèdre, IV, 2]
Je me peindrai tel que je fus, tel que je suis, le mal offusquera presque toujours le bien ; et malgré cela j'ai peine à croire qu'aucun de mes lecteurs ose se dire : je suis meilleur que ne fut cet homme-là [J. J. ROUSS., Lett. à M. Duclos, Corresp. t. VI, p. 168, dans POUGENS.]
Cet auteur se peint dans ses ouvrages, c'est-à-dire ses pensées, son style font connaître son caractère et ses inclinations.
Chacun se peint sans y penser dans ce qu'il écrit [FÉN., Lett. à Lamotte, 22 nov. 1714]
Fig. S'achever de peindre, se conduire de manière à se compromettre, à ruiner ses affaires, etc.
Ils vont s'achever de peindre, et je ne serai pas en sûreté [DESTOUCH., Fausse Agnès, III, 11]
S'achever de peindre, se dit aussi d'un homme qui, après avoir beaucoup bu, recommence à boire et se grise tout à fait.
11° Être peint, figuré comme par la peinture. Les objets se peignent au fond de l'œil sur la rétine comme sur une toile.
Il n'y a qu'à présenter un objet [à un miroir], aussitôt il se peint lui-même, et cet admirable tableau ne dégénère, par aucun endroit, de l'original [BOSSUET, Élév. sur myst. II, 3]
Le ciel, de la terre amoureux, Se peint dans le miroir de l'onde [BERNIS, Saisons, Automne.]
Il regarde à ses pieds dans le liquide azur Se peindre les coteaux, les toits et les feuillages [A. CHÉN., Élég. XI]
Fig.
La mort se peignit sur son visage [de Madame], et on la voyait dans des souffrances cruelles, sans néanmoins qu'elle parût agitée [LA FAYETTE, Hist. Hte d'Angl.]
À ces mots, le mécontentement le plus sévère se peignit sur le visage de Louis [GENLIS, Mme de Maintenon, t. I, p. 30, dans POUGENS]
Qui pouvait la regarder sans être frappé de l'inspiration divine qui se peignait dans ses yeux ? [STAËL, Corinne, III, 3]
12° Poétiquement, être orné.
Et déjà devant lui les campagnes se peignent Du safran que le jour apporte de la mer [MALH., I, 4]

REMARQUE

  • J. J. Rousseau a dit : Et pour achever de me peindre, Lett. à Mme de Warens, 23 oct. 1737. C'est une faute ; la locution est une phrase faite ; il faut dire m'achever de peindre.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Et cil escuz qui bien sont peinz à flors [, Ch. de Rol. CXXXV]
  • XIIe s.
    Ausi cum l'on plastrit et teint La maisiere [muraille] sor quoi l'om peint [BENOIT, V. 39829]
    À celui qui se efforce de paindre ço que covient à beauté.... [, Machab. II, 2]
  • XIIIe s.
    Mieux [elle] ressemble [à] Bertain que ne peindroit peigniere [peintre] [, Berte, XI]
    Sa galie ariva toute peinte dedens mer et dehors, à escussiaus de ses armes [JOINV., 215]
  • XVe s.
    Amoureux ont parolles paintes Et langaige frais et joly [CH. D'ORL., Ball. 74]
  • XVIe s.
    Disant que plus n'avez laine sur dos, Et que rongée estes jusques aux os, Crucifiée, achevée de paindre [J. MAROT, V, 232]
    ...Ou escouter la musique et le bruit Des oyselets paincts de couleurs estranges [MAROT, I, 328]
    Tu peins ta barbe, amy Bruslard, c'est signe Que tu voudrois pour jeune estre tenu [ID., III, 168]
    Quoyque je peigne insupportablement mal, j'aime mieulx escrire de ma main que d'y employer une aultre [MONT., I, 293]
    ....Mon cœur troublé de desirs inconstans Et d'espoirs enchanteurs qui m'ont fait si long-tans Battre l'air, peindre en l'onde et fonder sur le sable [DESPORTES, Œuvres chrestiennes, Sonnets, 10]
    Aucuns aussi sont mis pour apprendre trois ou quatre mots de latin, en attendant qu'ils soient grandelets pour faire le voyage d'Italie, afin que là on acheve de les leurrer, ou, comme dit le proverbe, qu'on acheve de les peindre [H. EST., Apol. d'Hérod. p. 91, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, pôd, pond ; bourguig. poindre ; provenç. pegner, penher, pencher ; ital. pignere, pingere ; du lat. pingere ; sansc. piç, pinç, former, figurer.

peindre

PEINDRE. (Il se conjugue comme TEINDRE.) v. tr. Couvrir quelque chose avec des couleurs. Peindre un mur, une boiserie en rouge, en blanc, en gris, etc. Peindre une galerie, une chambre à l'huile. Peindre un plafond à la colle. Peindre la carrosserie d'une voiture. Par analogie, Cette femme est vraiment trop peinte.

Il signifie aussi Représenter une personne, une chose, par des lignes et par des couleurs. Peindre quelqu'un en pied, en buste, grandeur nature. Peindre quelqu'un en beau, en laid. Cette femme est difficile à peindre. Il a fait peindre toute sa famille. Il s'est fait peindre en uniforme. Peindre une bataille, une prairie, une montagne, un morceau d'architecture. On l'emploie souvent absolument. Peindre d'après nature. Peindre dans la manière, dans le goût de telle école, de tel maître. Peindre sur toile, sur bois, sur cuivre, sur ivoire, sur vélin, sur porcelaine. Peindre à l'huile, à l'oeuf, à fresque, à la détrempe, à l'aquarelle, au pastel. Peindre en camaïeu, en miniature, en émail. Peindre en trompe-l'oeil.

Peindre le portrait, le paysage, etc., Avoir pour genre de peinture le portrait, le paysage, etc.

Peindre un plafond, Le décorer de figures ou d'ornements.

Fig. et fam., Être à peindre, Être dans un costume, dans une posture singulière, ridicule. On peut aussi, mais moins fréquemment, le prendre dans un sens favorable.

Toiles peintes, Certaines toiles où sont imprimés des figures, des paysages, des fleurs, des ornements, et qui servent à l'habillement des femmes, aux tentures et aux meubles.

Papier peint. Voyez PAPIER.

PEINDRE s'emploie figurément et signifie Décrire, représenter quelque chose par des mots qui font image. Personne n'a peint avec plus de vérité les passions et leurs effets. Ce personnage est peint trait pour trait dans ce discours. Il peint si vivement la colère, la douleur, la joie, la crainte, qu'il en inspire les sentiments. Peindre le vice avec les couleurs les plus propres à en donner de l'horreur. On nous l'avait peint comme un homme d'honneur. On nous le peignit des plus noires couleurs. Il nous a peint sa détresse, sa misère. Peints par eux-mêmes.

Achever de peindre, se dit d'un Dernier trait qui s'ajoute à ceux qui nous font connaître quelqu'un et en complète la ressemblance. Ceci achève de le peindre. Pour l'achever de peindre.

SE PEINDRE signifie figurément Se traduire, se manifester. La douleur, la joie, la colère, etc., se peignait dans ses yeux, dans ses regards, sur son visage. La candeur, l'honnêteté de son âme se peint dans ses moindres discours.

Cet auteur se peint dans ses ouvrages, Ses pensées, son style font connaître son caractère et ses inclinations.

peindre

Peindre, Vient de Pingere, par mutation de g, en d, parquoy semble qu'on doyve escrire Pindre, et à ce, retire assez nostre prononciation.

Peindre, Pingere, Depingere, Expingere, Scribere.

Peindre et descrire quelque chose, Describere aliquid.

Peindre et escrire sur des tablettes de cire, Exarare.

Peindre aussi bien qu'un autre, Picturam alicuius aequare.

Tu peins maintenant un homme, maintenant un Dieu, Soles nunc hominem pingere, nunc Deum.

Lequel je vous ay peint de paroles par cy devant, Quem supra deformaui.

Peint, Pictus.

Ducs peints et pourtraits au vif, Iconici Duces.

peindre


PEINDRE, v. act et n. PEINTRE, s. m. PEINTûRE, s. f. [1re lon. dern. e muet, 3e lon. au dern.] Peindre, c'est représenter un objet par les traits et les couleurs. Peintre, celui qui fait profession de peindre. = Peintûre, l'art de peindre, ou l' ouvrage du Peintre. "Peindre sur toile, sur bois, sur cuivre. Peindre en huile, à l'huile, à fresque, en détrempe, en pastel, en miniatûre, etc. Peindre une batâille, un morceau d'architectûre. Peindre un homme, faire son portrait. = Bon, grand, excellent ou mauvais Peintre. Peintre en émail, en miniature, sur verre, etc. — "Il s'adone à la peintûre: il excelle dans la peintûre. — "Il y a de belles peintûres dans ce palais. Remarquez que peintûre ne se dit guère que de ce qui est peint sur les murailles ou sur un ouvrage de menuiserie. Tableau se dit de ce qui est peint sur toile, bois ou cuivre, et qui peut être transporté: "Les peintûres de ce salon, de cette galerie sont admirables: il y a aussi de très-bons tableaux.
   Rem. Ces mots se disent élégamment au figuré d'une vive description et représentation faite par le discours en vers, ou en prôse. "Fontenelle plaisoit, amusoit, au lieu de toucher et d'instruire: il décrivoit, au lieu de peindre. ANN. LITT. "Homère est un grand peintre. "Ce Poète, cet Orateur excelle dans la peintûre des passions. = Se peindre, se représenter. "Jamais les délices de l'Île (frivole) ne se peignirent à nos marins si vivement. Coyer. = Se montrer sensiblement: "Une joie calme se peint sur son front. Jér. Dél. = Les objets se peignent sur la glace d'un miroir, sur la surface de l'eau, ils y sont représentés au naturel. — Se peindre dans ses ouvrages, y doner à conaître son caractère, ses inclinations. = Fait à peindre (st. famil.) parlant d'un homme, bien fait, parlant d'un habit, qui est bien fait, qui sied bien.
   PEINTRE est de deux genres. "Mlle. de... peintre en miniatûre. Journ. de Paris.
   En peintûre, adv. En aparence, en idée, non en réalité. "Roi, riche en peintûre. l' expression n'est pas~ fort noble.
   J'y régnerai, Madame, et sans lui faire injure,
   Puisque le Roi veut bien n'être Roi qu'en peinture.
       Corn. Nicom.

Synonymes et Contraires

peindre

verbe peindre
1.  Recouvrir de peinture.

peindre (se)

verbe pronominal peindre (se)
Être apparent sur le visage.
Traductions

peindre

malen, abzeichnen, airbrushen, schildern, zeichnenpaint, colourschilderen, verven, afschilderen, uitschilderen, beschilderen, beschrijven, afbeeldenצבע (פ'), צייר (פיעל), צָבַע, צִיֵּרafskilderpintarmalepentripintarmaalatamáladipingere, imbiancare, pitturare, verniciarepingeremalować, pomalowaćpintar, pincelarmålaζωγραφίζω, χρωματίζω, βάφωيَرْسُمُ, يُطْلِيmalovatslikati(絵の具で)・・・を描く, 絵を描く그리다, (...을) 그림물감으로 그리다maleкрасить, рисоватьทาสี, วาดรูปboyamak, resim yapmakquét sơn, vẽ油漆, (pɛ̃dʀ)
verbe transitif
1. recouvrir de peinture peindre un mur
2. faire un tableau peindre un portrait

peindre

[pɛ̃dʀ] vt [artiste, artisan] → to paint (fig) (= décrire) → to portray, to depict