peint, einte

PEINT, EINTE

(pin, pin-t') part. passé de peindre
Représenté à l'aide de lignes et de couleurs. Alexandre peint par Apelle. Par extension, coloré, en parlant d'objets naturels.
Tous ces jeunes oiseaux à l'aile vive et peinte [V. HUGO, Hernani, III, 1]
Fig. Orné de couleur, en parlant du style.
Mon avis serait que vous prissiez, même dans l'introduction ou préface, un style moins fleuri, moins peint et moins travaillé [BAYLE, Lett. 18 mai 1691]
Fig. Qui n'a pas plus de réalité qu'une peinture.
Toutefois, il n'a rien qu'une tristesse peinte [MALH., I, 4]
Toiles peintes, toiles où sont empreintes diverses figures, et qui servent à l'habillement des femmes, aux tentures et à l'ameublement. Cartes peintes, celles d'entre les cartes à jouer qui ont des figures. Terme d'histoire naturelle. Se dit d'un corps dont la surface offre des taches qui ne sont ni arrondies ni très allongées. Couleuvre peinte.
Fig. Qui se montre comme les figures dans un tableau.
Tant que sur votre front la douleur sera peinte [MALH., VI, 12]
Quelle aimable pudeur sur leur visage est peinte ! [RAC., Esth. I, 2]
Arrivés chez le roi, nous trouvâmes la surprise peinte sur tous les visages [SAINT-SIMON, II, 129]
Déjà la majesté de vos ancêtres, peinte sur votre front [le jeune Louis XV], nous annonce vos grandes destinées [MASSILLON, Pet. car. Triomphe relig.]
Fig. Représenté par les discours, par la parole.
Ces effroyables guerres civiles et domestiques représentent si bien le trouble intérieur que sentent ceux qui se donnent à Dieu, qu'il n'y a rien de mieux peint [PASC., Lett. à Mlle de Roannez, 9]
Votre lettre, ma chère fille, me paraît d'un style triomphant.... votre humeur est peinte dans votre lettre [SÉV., 27 nov. 1673]
N'avez-vous point trouvé jolies les cinq ou six fables de la Fontaine, qui sont dans un des tomes que je vous ai envoyés ?... nous apprîmes par cœur celle du Singe et du Chat.... cela est peint [ID., 29 avril 1671]