penchant

penchant

n.m.
Tendance qui incline à un certain comportement ; goût : Il a un penchant à la paresse, à se plaindre prédisposition, propension instinct

PENCHANT2

(pan-chan) s. m.
Le terrain qui est en pente.
La grotte de la déesse était sur le penchant d'une colline [FÉN., Tél. I]
Sur le penchant de quelque agréable colline bien ombragée, j'aurais une petite maison rustique, une maison blanche avec des contrevents verts [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Se dit aussi du cours incliné d'une rivière.
De même qu'une eau débordée ne fait pas partout les mêmes ravages, parce que sa rapidité ne trouve pas partout les mêmes penchants et les mêmes ouvertures [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Fig.
Seigneur, dans le penchant que prennent les affaires, Les grands discours ici ne sont pas nécessaires [CORN., Attila, I, 2]
Fig. Être sur le penchant de sa ruine, de sa chute, c'est-à-dire sur le point d'être ruiné, d'être perdu, de tomber.
Vivre dans une pareille incertitude, toujours exposé aux caprices de l'un, aux intrigues de l'autre, et toujours sur le penchant d'une ruine affreuse [BOURDAL., Dominic. IV, Ambit. 131]
L'État est sur le penchant de sa ruine [LA BRUY., X.]
Tirer un peuple de l'état de barbarie, le soutenir dans sa splendeur, l'arrêter sur le penchant de sa chute, sont trois opérations difficiles ; mais la dernière l'est davantage [RAYNAL, Hist. phil. XV, 12]
Fig. Se retenir sur le penchant du précipice, avoir la force, la prudence de s'arrêter sur le point prêt à amener la ruine.
Fig. Déclin, en parlant de ce qui a un cours et marche vers un terme.
Je crois avoir juste raison d'appréhender pour lui [Riolan], d'autant que je le vois dans un grand penchant de ses forces [GUI PATIN, Lett. t. I, p. 164]
Bien qu'il parût déjà dans le penchant de l'âge [CORN., Œd. IV, 4]
Il n'y a guère de personnes qui, dans le premier penchant de l'âge, ne fassent connaître par où leur corps et leur esprit doivent défaillir [LAROCHEFOUC., Max. 222]
Le jour décline, le soleil est sur son penchant [BOSSUET, 2e sermon, Char. fratern. 3]
....Le char de l'automne au penchant de l'année Roule déjà poussé par la main des hivers [LAMART., Médit. I, 3]
La fortune, la faveur de cet homme est sur son penchant, elle est sur son déclin.
Fig. Impulsion forte vers quelque chose ou vers quelqu'un.
Qu'aisément l'amitié jusqu'à l'amour nous mène ! C'est un penchant si doux qu'on y tombe sans peine [CORN., Héracl. III, 1]
Ah ! si d'un autre amour le penchant invincible Dès lors à mes bontés vous rendait insensible [RAC., Mithr. IV, 4]
Ils suivaient sans remords leur penchant amoureux [ID., Phèdre, IV, 6]
Cette tendresse née avec nous, cette destinée des penchants, vaines expressions dont la corruption tâche de couvrir la honte du vice [MASS., Carême, Enf. prod.]
Je n'ai fait, dans les horribles désastres des Calas et des Sirven, que ce que font tous les hommes : j'ai suivi mon penchant ; celui d'un philosophe n'est pas de plaindre les malheureux, c'est de les servir [VOLT., Polit. et législ. Lett. à d'Alembert sur les Calas et les Sirven]
Lorsque Madame fit travailler Racine et Corneille à la tragédie de Bérénice, elle avait en vue non-seulement la rupture du roi avec la connétable Colonne, mais le frein qu'elle-même avait mis à son propre penchant, de peur qu'il ne devînt dangereux [ID., Louis XIV, 25]
Les hommes n'ont qu'un penchant décidé, c'est leur intérêt [DUCLOS, Consid. mœurs, 10]
Rien ne montre mieux les vrais penchants d'un homme que l'espèce de ses attachements [J. J. ROUSS., Conf. VII]
Le penchant est un premier degré de mouvement ; la passion est un mouvement dans toute son intensité [BONNET, Ess. anal. âme, ch. 18]
Penchant vers, se dit en parlant des personnes.
Quel que soit vers vous le penchant qui m'attire [RAC., Mithr. II, 6]
Penchant pour, se dit en parlant des personnes et des choses.
Il avait un penchant infini pour les femmes [HAMILT., Gramm. 10]
Je croyais avoir entendu dire à madame, qu'elle n'avait point de penchant pour lui [MARIV., Fausses conf. I, 15]
Le czar, qui voulait réformer sa nation, ne put jamais corriger dans lui-même son penchant dangereux pour la débauche [VOLT., Charles XII, 2]
Compagne d'hommes innocents et paisibles, la bergeronnette semble avoir pour notre espèce ce penchant qui rapprocherait de nous la plupart des animaux, s'ils n'étaient repoussés par notre barbarie [BUFF., Ois. t. IX, p. 379]
Penchant à, se dit en parlant des choses et en construction avec un infinitif.
Quoique nés dépendants et sujets à Dieu, nous avons, mes frères, un penchant à nous révolter contre la loi de Dieu qui nous domine [BOURDAL., Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. 156]
Même élévation de génie et de courage [chez le duc et la duchesse de Montausier], même penchant à la vertu [FLÉCH., Duc de Mont.]

REMARQUE

  • Penchant n'a un pluriel que lorsqu'il se dit absolument, sans régime : Il faut résister à ses penchants ; Les bons penchants, les mauvais penchants. Quand il régit à, pour, vers, il se met toujours au singulier. On dit : Il a un grand penchant à la vanité, et non pas de grands penchants.

SYNONYME

  • PENCHANT, INCLINATION. L'inclination est plus faible que le penchant, c'est l'effet d'une simple impression qui fait plier ou courber la chose d'un côté. L'inclination fait tendre vers un objet ; le penchant y entraîne.

ÉTYMOLOGIE

  • Penchant 1.

penchant

PENCHANT, ANTE. adj. Qui penche, qui est incliné. Un mur penchant. Une muraille penchante.

Il signifie au figuré Qui est dans le déclin, qui est sur son déclin. Une fortune penchante. Il vit l'empire penchant et prêt à s'écrouler.

penchant

PENCHANT. n. m. Pente, terrain qui va en baissant. Le penchant d'une colline.

Fig., Être sur le penchant de sa ruine, Être sur le point d'être ruiné, d'être détruit. Cet État est sur le penchant de sa ruine.

Il signifie aussi, figurément, Propension, inclination naturelle. Les bons, les mauvais penchants. Suivre son penchant. Se laisser aller, s'abandonner, céder à son penchant. Résister à son penchant. Avoir du penchant pour une personne. Il a plus de penchant à la sévérité qu'à l'indulgence.

penchant


PENCHANT, ANTE, adj. PENCHANT, s. m. PENCHEMENT, s. m. PENCHER, v. act. et n. [Panchan, chante, chan, cheman, ché: 1re lon. 2e lon. aux 3 premiers, e muet au 4e, é fer. au 5e.] Danet, Richelet et Joubert écrivent comme on prononce panchant, etc. Ce n'est pas l'usage le plus autorisé. = Pencher, incliner, baisser de quelque côté, mettre hors de l'aplomb. Penchement, l'action d'une persone, qui se penche, ou l'état d'un corps, qui est penché. Penchant, adj. qui est incliné. Penchant, subst. Pente. Terrein, qui va en penchant. "Pencher la tête, le corps, se pencher sur le bord d'une fontaine. "Penchement de tête, du corps: "Murâille penchante. "Le penchant d'une montagne, d'un précipice.
   PENCHER, neutre, se joint à plusieurs prépositions: pencher vers, pour, du côté de, etc. "Aller en penchant.
   Rem. 1°. Il se dit au figuré, incliner, être porté à... mais il ne s'emploie que neutralement: "Pour qui, de quel côté penchez-vous? "La plupart des Juges penchoient à le renvoyer absous. = L'Acad. reprit autrefois Corneille de l'avoir employé activement, et d'avoir dit.
   Non qu'une folle ardeur de son côté me penche.
Il falloit dire me fasse pencher: ce verbe n'est point actif, mais neutre (au figuré). Sentim. sur le Cid. = Quelques Auteurs l'ont employé aussi comme actif, à l'exemple de Corneille. "Il n'y a aucune raison qui nous penche d'un côté plus que de l'aûtre. Boss. C'est le régime d'incliner, et si ce verbe était plus usité, il faudrait dire, qui nous incline d'un côté plus que de l'aûtre; mais, qui nous fasse pencher est plus conforme à l'usage. — Cet illustre Auteur l'emploie ailleurs au passif. "La foiblesse humaine trop penchée au relâchement (c'est encore le régime d'incliné.) Dans un autre endroit il done le même régime (le datif) à pencher neutre: "Cette Princesse (Zénobie) penchoit au judaïsme. = Madame de B... a dit aussi: "Ces dissentions intestines, auxquelles ils penchoient si naturellement. Hist. d'Angl. Il falait, pour lesquelles ils avoient naturellement tant de penchant. = Mais il n' est point d'Écrivain, qui fasse un plus grand usage~ de pencher, actif, passif, réciproque, que le P. De Neuville. "Afin que la douceur passagère de ces amitiés... penche le coeur à rechercher les délices durables de cet amour céleste. "Cette séduction fatale de passions inquiètes, qui nous penche à n'estimer que ce que nous ne sommes pas et à dédaigner tout ce que nous sommes. "Un coeur afligé se penche de lui-même à recevoir les espérances d'une meilleure vie. "Être penché à contredire l'Évangile. = On voit encore dans le Journ. de Lit. le verbe pencher employé activement dans un sens moitié propre, moitié figuré. "Le Duc de Maïène et les États de la Ligue penchent la Courone sur la tête de ce Prince (Charles Emmanuël Duc de Savoie) Cette phrâse figurerait bien dans le Dict. Néologique.
   2°. Penchant au figuré ne s' emploie au pluriel que quand il se dit absolument et sans régime. "Il faut combattre ses coupables penchans. Quand il régit à ou pour, il se met toujours au singulier. "Il y a des persones, qui ont de grands penchans à la vanité. Marsolier. Pourquoi plusieurs penchans à une seule passion? = Voy. INCLINATION. = On dit, adverbialement, sur le penchant de, au propre et au figuré: sur le penchant du précipice; sur le penchant de sa ruine: sa fortune est sur son penchant, sur le déclin. "Le penchant (le déclin) de l'âge.
   3°. PENCHANT, adjectif, se dit au figuré, mais rârement: une fortune penchante. = Penchement, ne se dit qu'au propre. = Penché, adjectif, s'emploie d'une manière, qui tient du propre et du figuré. Des airs penchés, des mouvemens afectés de la tête ou du corps, pour tâcher de plaire. "Avoir, prendre des airs penchés. Style plaisant et moqueur.

Synonymes et Contraires
Traductions

penchant

inclination, leaning, liking, proclivity, tendencyנטייה (נ)genegenheid, neiging, voorkeur, zwakinclinazioneförkärlek (pɑ̃ʃɑ̃)
nom masculin
goût, tendance pour qqch avoir un penchant à la mélancolie avoir un penchant pour l'alcool

penchant

[pɑ̃ʃɑ̃] nmliking
avoir un penchant pour qch → to have a liking for sth