pendu, ue

PENDU, UE

(pan-du, due) part. passé de pendre
Attaché à quelque chose d'élevé.
Il [Sénèque] s'adresse à ses hommes qui feraient peut-être assez peu de cas de la vertu s'il ne leur était permis d'en afficher le faste ; qui en ont toujours, et d'aussi mauvaise grâce, le mot à la bouche que les femmes sauvages leur perle pendue à la lèvre [DIDEROT, Claude et Néron, II, 39]
Familièrement. Avoir la langue bien pendue, voy. LANGUE, n° 4.
Suspendu.
Et les glaives qu'il tient pendus Sur les plus fortunés coupables Sont d'autant plus inévitables Que leurs coups sont moins attendus [CORN., Poly. IV, 2]
Fig.
Il [Bourdaloue] nous peignit sa mort [de Condé] avec des couleurs ineffaçables dans mon esprit et dans celui de tout l'auditoire, qui paraissait pendu et suspendu à tout ce qu'il disait [SÉV., 25 avr. 1687]
Qui se tient obstinément près de.
Passer toutes les nuits pendu à une lunette pour découvrir dans les cieux quelque nouvelle planète [MALEBR., Rech. vér. IV, 7]
Attaché au gibet.
Il [Aman] fut pendu à la potence qu'il avait préparée à Mardochée [SACI, Bible, Esth. VII, 10]
Je veux demeurer pour t'encourager à la mort, et je ne te quitterai point que je ne t'aie vu pendu [MOL., Médecin malgré lui, III, 9]
Substantivement.
Et l'intervalle est bref de faussaire à pendu [BOURSAULT, Fables d'Ésope, III, 4]
Nous avons trouvé ce matin deux grands vilains pendus à des arbres sur le grand chemin ; nous n'avons pas compris pourquoi des pendus [SÉV., 11 sept. 1675]
Oui, répétons, un pendu n'est bon à rien [VOLT., Dict. phil. Supplices, 1]
Sec comme un pendu d'été, ou, simplement, comme un pendu, se dit de quelqu'un extrêmement sec et maigre. Graisse de pendu, voy. GRAISSE.

PROVERBES

  • Il ne faut pas parler de corde dans la maison d'un pendu, voy. CORDE.
  • Il a sur lui de la corde de pendu, voy. CORDE, n° 9.