pension

pension

n.f. [ du lat. pensio, pensionis, paiement, de pendere, peser, payer ]
1. Somme d'argent versée régulièrement à qqn : Cet ancien combattant perçoit une maigre pension allocation
2. Somme que l'on verse pour être logé, nourri : Depuis qu'elle travaille, elle verse une petite pension à ses parents.
3. Fait d'être logé, nourri, moyennant rétribution : Ils ont pris un étudiant en pension. Ils ont choisi la pension complète l'hébergement et tous les repas
4. Établissement d'enseignement où les élèves peuvent être internes internat, pensionnat
5. En Belgique, retraite : Elle a pris sa pension.
Pension de famille,
hôtel très simple, rappelant la vie familiale.

PENSION

(pan-sion ; en vers, de trois syllabes) s. f.
Tribut, péage (vieilli en ce sens).
Viviers et réservoirs lui [au cormoran] payaient pension [LA FONT., Fabl. X, 4]
Gages en général.
M. d'Elbœuf avait été douze ou quinze ans en Flandre, à la pension d'Espagne [RETZ, I, 239]
Il donne pension à un homme qui n'a point d'autre ministère que de siffler des serins au flageolet, et de faire couver des canaries [LA BRUY., XIII]
Somme annuelle que paye un État, un souverain, un particulier à quelqu'un comme récompense ou libéralité. Pension sur l'État. Pension viagère. Pension de retraite.
Ci gît, oui gît, par la morbleu, Le cardinal de Richelieu, Et ce qui cause mon ennui, Ma pension avecque lui [BENSERADE, dans RICHELET]
Les pensions que l'on donne en France ne valent jamais rien qu'un an ou deux, d'autant qu'elles ne sont point assurées [GUI PATIN, Lett. t. II, p. 15]
Le cardinal [de Richelieu], le voyant [Vaugelas, à qui il venait de donner une pension] entrer dans sa chambre, s'avança avec cette majesté douce et riante qui l'accompagnait presque toujours, et s'adressant à lui : Hé bien, monsieur, lui dit-il, vous n'oublierez pas du moins dans le dictionnaire le mot de pension [PELLISSON, Hist. de l'Acad. III]
Interdire à mes vers.... L'entrée aux pensions où je ne prétends pas [BOILEAU, Sat. IX]
Le roi donna hier une pension de deux mille livres à Mlle de Scudéry [MAINTENON, Lett. à Mme de Brinon, t. II, p. 178, dans POUGENS]
Au lieu de pensions, ils [les anciens rois de l'Orient] donnaient à ceux qu'ils voulaient gratifier des villes, et quelquefois même des provinces qui, sous le nom de pain, de vin, devaient leur fournir tout ce qui était nécessaire pour entretenir leur maison [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. III, p. 336, dans POUGENS]
On ne sait pas assez que Fontenelle, en 1713, fut sur le point de perdre ses pensions, sa place et sa liberté pour avoir rédigé en France, vingt ans auparavant, le traité des Oracles du savant Van Dale [VOLT., Dict. phil. Philosophe.]
Louis XIV donnait six mille livres de pension aux Valincourt, aux Pellisson, aux Racine et aux Despréaux pour faire son histoire qu'ils ne firent point [ID., Lett. d'Argenson, 8 janv. 1740]
On m'a ôté, je ne sais comment, du moins on ne me paye plus, une pension de deux mille livres que j'avais avant que Louis XV fût sacré [VOLT., Lett. d'Argental, 4 août 1777]
Vous avez dans Paris une voix prépondérante, et Alexandre voulait plaire aux Athéniens ; je ne sais si c'est en donnant douze cents francs de pension qu'il s'écriait : ô gens d'Athènes, voyez ce qu'il m'en coûte pour être loué de vous [VOLT., Lett. d'Alembert, 19 déc. 1777]
Le roi a renvoyé à l'académie des sciences la pension vacante par la mort de Clairaut, due à d'Alembert, qui n'est pas riche, et contestée par Vaucanson, qui a quarante mille livres de rente [DIDEROT, Mém. t. II, p. 265, dans POUGENS]
Pension alimentaire, celle qu'on donne à une personne pour assurer sa subsistance.
En matière bénéficiale, somme à prendre annuellement sur les fruits d'un bénéfice.
Un bénéficier peut [disent les casuites] désirer la mort de celui qui a une pension sur son bénéfice [PASC., Prov. VII]
Somme que l'on donne pour être logé et nourri.
Le roi me conta, il y a deux jours, qu'il payait la pension de trois filles dans un couvent : il en est mort une il y a cinq ans, et ces bonnes filles reçoivent la pension de trois [MAINTENON, Lett. à Mme de la Viefville, 22 nov. 1705]
De pauvres personnes qui ont des affaires à Paris, et trop peu de bien pour donner de grosses pensions dans des couvents [ID., Lett. à Mme de Villette, 13 août 1708]
Demi-pension, ce que donne celui qui ne fait que prendre ses repas, sans coucher au lieu où il est en pension. Lieu où l'on est logé et nourri pour un certain prix.
J'avais quelquefois envie de me mettre en pension ; mais cette façon de vivre a ses désagréments [MARIVAUX, Paysan parv. 2e part.]
Demi-pension, maison où l'on reçoit des demi-pensionnaires. Populairement. Être en pension, se dit d'une chose engagée.
Pour avoir mis, sans réflexion, Le portrait de madame une heure en pension Chez cette chienne-là que Lucifer confonde [REGNARD, le Joueur, v, 8]
On dit aussi : tenir, mettre des chevaux, des chiens en pension.
On voit, dans les Indes, des hôpitaux de souris qu'on met en pension et qu'on nourrit comme personnes de mérite [FÉN., t. XIX, p. 56]
Maison d'éducation où les élèves sont nourris et couchés. Maître de pension. Tous les élèves d'une pension. Une pension nombreuse. Être en demi-pension, se dit d'un élève qui est externe, mais qui prend ses repas avec les pensionnaires. Demi-pension, maison où l'on reçoit des demi-pensionnaires. Demi-pension, ce que paye un demi-pensionnaire.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Il y en avoit plusieurs [cardinaux] qui estoient à luy [Charles V] et de sa pension [, Chr. de St Denis, t. III, f° 40]
    À mestre Jehan le mie [mire, médecin] pour se [sa] pension de le demie année, x livres [CAFFIAUX, Abattis de maisons, p. 11]
  • XVe s.
    On ne le tient pas [Charles VI] en estat ni en forme de roi, car il ne peut faire du sien sa volonté ; on l'a mis à pension et la roine aussi [FROISS., II, III, 77]
    Et le roy luy eust donné à sa vie certaine pension [E. DESCH., Suppl. au roi.]
  • XVIe s.
    Le gouverneur d'un elephant desrobboit à touts les repas la moitié de la pension qu'on luy avoit ordonnée [MONT., II, 176]
    À maistre Mathée Dalnassar, de Veronne, graveur dudit seigneur [le roi] la somme de 615 livres tournois par forme de pention et bienfaict [, Bibl. des ch. 6e série, t. I, p. 479]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. pensio ; espagn. pension ; ital. pensione ; du lat. pensionem, payement, qui vient de pensum, supin de pendere (2ème e bref), payer, peser (voy. POIDS).

pension

PENSION. n. f. Somme d'argent que l'on donne pour être logé, nourri. Payer pension. Il a payé les deux premiers trimestres de sa pension.

Il se dit aussi du Lieu où l'on est nourri et logé pour un certain prix. Être en pension. Se mettre en pension. Prendre quelqu'un en pension. Pension de famille. J'ai trouvé une pension assez commode. On dit de même Tenir, mettre des chevaux en pension.

Demi-pension, Ce que paie celui qui ne couche pas, qui n'habite pas au lieu où il est en pension, mais qui y prend généralement le déjeuner. Il ne paie qu'une demi-pension, que demi-pension. Il est en demi-pension.

PENSION se dit particulièrement d'une Maison où des enfants sont logés, nourris et instruits, moyennant une certaine somme qui se paie ordinairement par trimestre. Il est maître de pension. Il tient pension. On l'a mis en pension chez un tel. L'éducation est bonne dans cette pension.

Il se dit aussi de la Réunion des enfants que renferme une pension. Une pension nombreuse. Toute la pension est en promenade.

Il se dit encore de Ce qu'un souverain, un État, une institution, un particulier, etc., donne annuellement à quelqu'un, pour récompense de ses services, de ses travaux, ou par munificence, par libéralité. Il a une pension de douze mille francs. Une pension de l'État. Pension de retraite. Pension viagère. Pension réversible. Il vient de toucher le premier trimestre de sa pension. Il a fait une pension à l'ancien précepteur de ses enfants. Liquider une pension.

Pension alimentaire, Celle qu'on donne à une personne pour lui procurer des aliments, pour assurer sa subsistance. Il a légué à son ancien domestique une pension alimentaire et insaisissable.

pension

Pension, Pensio.

Petite pension, Pentiuncula.

Pension pour un mois, Menstruum.

Annuelle pension, Annuum.

Il a pension de l'estat du Roy, Annua congiaria a rationario publico habet, B.

pension


PENSION, s. f. PENSIONAIRE, subst. PENSIONER, v. act. [Pan-cion, cio-nère, cio-né, en vers ci-on: etc. 1re lon. 3e è moy. et long au 2d, é fer. au 3e.] Pension est 1°. Une somme d'argent que l'on done pour être logé et nourri. Payer pension. Doner une forte, ou une médiocre pension. = 2°. Le lieu où l'on est logé et nourri pour un certain prix: "Être, se mettre en pension. = 3°. Maison où de jeunes enfans sont logés, nourris et instruits, moyénant une certaine somme, qui se paye par quartier. "Maître de pension. Tenir pension: on l'a mis, ou il est en pension chez les... "On est bien, ou mal dans cette pension. * Quelques-uns disent en ce sens Pensionat. "L'~ instruction de la Jeunesse, par M. Gobinet, le meilleur livre en ce genre, et le plus répandu dans les pensionats, et les collèges~. Ann. Litt. On voit aussi ce mot dans le Journ. de Bruxelles, ou de Genève. = Pensionat n'est point dans les Dictionaires. Ce mot vient des bords de la Garone. = 4°. Certaine portion à prendre chaque année sur les fruits des Bénéfices. "Il a obtenu trois mille écus de pension sur un tel Évêché. = 5°. Ce qu'un Prince ou un Grand Seigneur done annuellement à quelqu'un, ou pour le récompenser, ou pour se l'atacher. "Le Roi lui a doné mille écus de pension. "Il a deux mille francs de pension d'un tel Seigneur, etc.
   PENSIONAIRE se dit dans tous ces sens là, mais il a deux significations. Celui qui paye pension (n°. 1°. et 3°.); celui qui retire une pension de... (n°. 4°. et 5°.) = * Rollin dit (Hist. Anc.) "Il (Philipe) avoit dans toutes les Villes des pensionaires à gages, qui lui donoient avis de tout. C'est un vrai pléonasme. Car, si les émissaires du Roi Philipe étaient ses pensionaires, il leur donait donc des gages; et s'il leur donait des gages, ils étaient donc ses pensionaires.
   PENSIONER n'a que le dernier sens de pension. Doner, ou faire une pension à quelqu' un. "Un tel Seigneur le pensione. "Il est pensioné par le Roi, etc. Ce mot n'est que du style simple.

Synonymes et Contraires

pension

nom féminin pension
Établissement d'enseignement.
Traductions

pension

Fremdenheim, Pension, Rente, Ruhegeld, Gästehauspension, boarding house, boarding school, retirement, board, boarding-house, lodging, allowance, guesthousepension, pensioen, kosthuis, opvoedingsgesticht, internaat, kostschool, toelage, uitkeringאנונה (נ), קצבה (נ)pensão, casa para hóspedesalderstrygd, gjestehuspensione, assegnamento, educandato, locanda, rettaدار الضيافَةpenziongæstehusξενώναςcasa de huéspedespieni hotelliprenoćišteゲストハウス고급 하숙집pensjonatгостиницаpensionatบ้านรับรองแขกkonukevinhà khách宾馆 (pɑ̃sjɔ̃)
nom féminin
1. somme d'argent versée régulièrement à qqn verser une pension alimentaire à son ancienne épouse
2. établissement scolaire où l'on est logé et nourri être en pension
3. fait d'être logé et nourri être en pension chez qqn
4. établissement où l'on est logé et nourri, hôtel une pension de famille

pension

[pɑ̃sjɔ̃] nf
(= allocation) → pension
Ma grand-mère reçoit sa pension tous les mois → My grandma gets her pension every month.
pension de guerre → war pension
pension d'invalidité → disability pension
(= école) → boarding school
Leur fille est en pension → Their daughter is at boarding school.
mettre en pension → to send to boarding school
(= hôtel) → boarding house
prendre pension chez → to get board and lodging at
prendre qn en pension → to take sb as a lodger
(= prix du logement) → board and lodging, bed and board
pension alimentaire nf
(d'une épouse divorcée)alimony; (des enfants)maintenance allowance
[étudiant] → living allowance
pension complète nffull board
pension de famille nfboarding house