perclus, use

PERCLUS, USE

(pèr-klû, klû-z') adj.
Qui ne peut exécuter aucun mouvement soit d'un membre, soit de tout le corps.
Et croyez à frapper que je n'étais perclus [RÉGNIER, Sat. X]
Depuis le temps que, perclus de mes membres, Pour moi Paris est réduit à deux chambres [SCARR., Poés. div. Œuv. t. VII, p. 168, dans POUGENS]
Il allait continuer, mais sa langue devint percluse, quand il vit.... [VOLT., Candide, 16]
Fig. Dont l'esprit est dans le même état qu'un membre perclus.
De moi, déjà deux fois d'une pareille foudre Je me suis vu perclus, Et deux fois la raison m'a si bien fait résoudre, Qu'il ne m'en souvient plus [MALH., VI, 18]
Aussi perclus d'esprit comme Pierre Dupuis [RÉGNIER, Sat. VI]
L'énormité du fait le rendit si confus, Que d'abord tous ses sens demeurèrent perclus [LA FONT., Joc.]
Et qu'enfin tout dévot a le cerveau perclus [BOILEAU, Sat. IV]

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Corps perclus sans plaisance lye [CH. D'ORL., Bal. 88]
  • XVIe s.
    Tout perclus et ravi en la volupté [MONT., II, 126]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. perclusus (voy. PERCLURE) ; génev. perclue, au féminin.

SYNONYME

  • PERCLUS, PARALYTIQUE. Le perclus est privé de l'usage des mouvements par quelque lésion qui siége dans le membre même : un rhumatisme rend perclus. Le paralytique est privé du mouvement par quelque lésion qui siége dans les centres nerveux : une lésion du cerveau ou de la moelle épinière rend paralytique.