père

(Mot repris de pere)

père

n.m. [ lat. pater, patris ]
1. Homme qui a un ou plusieurs enfants : Le père donne le biberon à son bébé.
2. Homme qui agit en père : Cet ami de la famille a été un père pour mes frères et moi.
3. Parent mâle d'un être vivant, d'un animal : Le père de ce chien a gagné plusieurs concours.
4. Titre donné aux prêtres réguliers et séculiers : Le père Martin a célébré la messe.
5. Fam. (Suivi d'un nom propre) Appellation familière pour désigner un homme d'un certain âge : Le père Leblanc marche encore bien.
6. (Avec une majuscule) Dans le christianisme, Dieu, en tant que Créateur : Dieu le Père. Notre Père qui êtes aux cieux.
7. En Afrique, tout homme âgé que l'on respecte ; oncle paternel (on dit aussi père cadet ou petit père, par opp. à vrai père) ; prêtre blanc (par opp. à abbé).
De père en fils,
par transmission successive du père aux enfants : Cette recette secrète se transmet de père en fils.
Le père de,
l'initiateur, le créateur, le fondateur de : Freud est le père de la psychanalyse.
Les Pères de l'Église,
les écrivains de l'Antiquité chrétienne (iie - viie siècle) dont les œuvres font autorité en matière de foi (on dit aussi les docteurs de l'Église).
Père spirituel,
personne que l'on prend comme directeur de conscience ou comme modèle : Martin Luther King est son père spirituel.
Placement de père de famille,
d'un rapport modeste mais qui assure un revenu stable.

pères

n.m. pl.
Litt. (Précédé d'un déterminant possessif) Les ancêtres, les aïeux : Il pense que l'on s'exprimait mieux du temps de nos pères.

PÈRE

(pè-r' ; au XVIIe siècle, d'après Chifflet, Gramm. p. 190, on prononçait pé-r') s. m.
Celui qui a un ou plusieurs enfants.
.... Un père est toujours père ; Rien n'en peut effacer le sacré caractère [CORN., Poly. v, 3]
La plus mauvaise excuse est assez pour un père [ID., Nicom. II, 2]
Tout père frappe à côté [LA FONT., Fabl. VIII, 20]
Quoi que le nom de père ait de beau, de touchant, Depuis un an ou deux cela put [pue] le marchand ; Un chétif avocat, par un ordre sévère, Défend à ses enfants de l'appeler mon père [BOURSAULT, Mots à la mode, sc. 4]
Je voue à votre fils une amitié de père [RAC., Andr. v, 3]
Je reçus et je vois le jour que je respire, Sans que père ni mère ait daigné me sourire [ID., Iphig. II, 1]
À Rome, les pères avaient droit de vie et de mort sur leurs enfants [MONTESQ., Esp. v, 7]
Et dis-moi, si tu étais ce Chramne que son père Clotaire fit brûler dans une grange.... [VOLT., Dict. phil. Pères]
Un an après, il était nuit, J'étais à genoux près du lit Où venait de mourir mon père [A. DE MUSSET, Poés. nouv. Nuit de décembre]
Fig.
Elle [Stuart, maîtresse de Charles II] ne haïssait pas la médisance ; il [le duc de Buckingham] en était le père et la mère [HAMILT., Gramm. VII]
Père naturel, celui qui a eu un enfant d'une femme avec qui il n'était pas marié. Père légitime, celui qui a eu un enfant d'un mariage légitime. Père putatif, celui qui est réputé le père d'un enfant, bien qu'il ne le soit pas en effet. Père adoptif, celui qui a adopté quelqu'un pour son enfant. Être père, agir, parler en père.
N'osez-vous sans rougir être père un moment ? [RAC., Iphig. II, 2]
Fig. et familièrement. Le père n'y reconnaîtrait pas son fils, se dit d'un appartement, d'une malle mal rangée, de tout ce qui est en confusion. Un père heureux en enfants, un père dont les enfants sont bien nés, bien sains, bien portants. Un père heureux dans ses enfants, un père dont les enfants ont bien réussi dans le monde. De père en fils, par transmission successive du père au fils.
Ce sont, dit-il, leurs lois qui m'ont de ce logis Rendu maître et seigneur, et qui, de père en fils, L'ont, de Pierre à Simon, puis à moi Jean, transmis [LA FONT., Fabl. VII, 16]
M. Galatin, officier aux gardes suisses, qui vous présentera ma très humble requête, est de la plus ancienne famille de Genève ; ils se font tuer pour nous de père en fils, depuis Henri IV [VOLT., Lett. d'Argental, 9 févr. 1761]
Ses père et mère, locution usitée, et blâmée à tort par quelques grammairiens, pour désigner collectivement le père et la mère de quelqu'un. Père de famille, celui qui a femme et enfants.
Tel croit être un bon père de famille, et n'est qu'un vigilant économe [J. J. ROUSS., Hél. IV, 10]
Au sens juridique, père de famille, le maître de maison, le propriétaire, le chef de famille.
La destination du père de famille vaut titre à l'égard des servitudes continues et apparentes [, Code Nap. art. 692]
Terme de pratique. En bon père de famille, avec autant de soin que le ferait un père de famille. User d'une chose en bon père de famille. Grand-père, voy. GRAND-PÈRE. Familièrement, père grand se dit quelquefois pour grand-père. Fig. Je l'ai bien renvoyé chez son père grand, je l'ai bien rabroué.
Père se dit aussi des animaux. Mon chien est le père du vôtre.
Père nourricier, voy. NOURRICIER, n° 3.
Père noble, l'acteur chargé de l'emploi des pères dans la tragédie et dans la haute comédie.
Je vous préviens d'avance que, depuis le père noble jusqu'au souffleur, tout sera de fantaisie [C. DELAVIGNE, les Comédiens, Prologue.]
Celui qui est le chef d'une longue suite de descendants, soit dans l'ordre de la nature, soit autrement. Notre premier père. Adam. Le père des fidèles, des croyants, Abraham. Nos pères, ceux qui nous ont précédés dans le temps, dans l'ordre des générations.
Pères des siècles vieux, exemples de la vie, Dignes d'être admirés d'une honorable envie, Si quelque beau désir vivait encore en nous, Nous voyant de là-haut, pères, qu'en dites-vous ? [RÉGNIER, Satire v.]
Un homme d'une vertu antique et nouvelle, qui a su joindre la politesse du temps à la bonne foi de nos pères [FLÉCH., Duc de Montaus.]
Sans avoir une vanité ridicule, on peut préférer une terre de son nom et de ses pères [MAINTENON, Lett. à M. d'Aubigné, ler déc. 1682]
Nos pères ont péché, nos pères ne sont plus ; Et nous portons la peine de leurs crimes [RAC., Esth. I, 5]
J'irai pleurer au tombeau de mes pères [ID., ib. III, 9]
Dieu le Père, le Père éternel, la première personne de la Trinité (avec majuscule). Le père des miséricordes, le père des lumières, notre père, Dieu (avec minuscule).
Vous devez.... vous adresser au père des lumières, et lui demander qu'il vous donne ces oreilles du cœur qui seules font entendre sa voix [MASS., Carême, Parole.]
Pour obtenir du père des miséricordes qu'il achève dans leur âme l'ouvrage du salut qu'il a commencé d'y opérer [ID., ib.]
Salut, principe et fin de toi-même et du monde, Toi qui rends d'un regard l'immensité féconde, âme de l'univers, Dieu, père, créateur, Sous tous ces noms divers je crois en toi, Seigneur [LAMART., Méd. I, 16]
En style de l'Écriture, le père du mensonge, le père du mal, le diable.
Lorsque le père du mal eut fini son discours [CHATEAUBR., Martyrs, VIII]
Le père du mensonge place un esprit d'illusion à chaque simulacre des divinités païennes [ID., ib.]
On donne le nom de père à quelques dieux de la mythologie.
Je renverserai cet autel et je consacrerai ce temple au père Bacchus [SACI, Bible, Machab. II, XIV, 33]
Poétiquement. Le père du jour, le soleil. Le père du vin, Bacchus.
Reste, reste avec nous, ô père des bons vins ! Dieu propice, ô Bacchus, toi dont les flots divins Versent le doux oubli.... [A. CHÉN., Élég. XXII]
Fig. Celui qui a beaucoup fait pour la prospérité, le bien-être d'une classe nombreuse de personnes. Cet homme est le père des pauvres.
Ah ! que de la patrie il soit, s'il veut, le père ; Mais qu'il songe un peu plus qu'Agrippine est sa mère [RAC., Brit. I, 1]
J'aimerais mieux encore que vous eussiez été le père du peuple que le père des lettres [FÉN., Dial. des morts mod. dial. 10 (Louis XII, François Ier).]
Créateur, fondateur.
Socrate, qui un peu après ramena la philosophie à l'étude des bonnes mœurs, et fut le père de la philosophie morale [BOSSUET, Hist. I, 8]
Quoiqu'on ne représente plus que six ou sept pièces de trente-trois qu'il [Corneille] a composées, il sera toujours le père du théâtre [VOLT., Louis XIV, Écrivains.]
Le père de la tragédie, car c'est le nom qu'on peut donner à ce grand homme [Eschyle] [BARTHÉL., Anach. ch. 69]
Quand père de.... est un surnom, on met une majuscule. Cicéron fut appelé le Père de la patrie.
Laurent [de Médicis], vengé par ses concitoyens, s'en fit aimer le reste de sa vie ; on le surnomma le Père des Muses [VOLT., Mœurs, 105]
Le titre de Père des lettres semble avoir plus contribué à faire oublier les fautes innombrables de François Ier, que le nom bien plus respectable de Père du peuple n'a servi à effacer celles de Louis XII [D'ALEMB., Ess. sur la société des gens de lett. Œuv. t. III, p. 26, dans POUGENS.]
Fig. Principe, origine, cause.
Ces zuingliens sont les pères des calvinistes [VOLT., Ann. Emp. Charles-Quint, 1527]
Le travail est souvent le père du plaisir [ID., 4e discours sur l'homme.]
[La poésie sacrée] Chante au monde vieilli ce jour père des jours [la création] [LAMART., Méd. I, 30]
10° Les pères conscrits, ou, simplement, les pères, les sénateurs de l'ancienne Rome.
Les pères consentent à la création des magistrats [BOSSUET, Hist. III, 7]
Ces pères des Romains, vengeurs de l'équité, Ont blanchi dans la pourpre et dans la pauvreté [VOLT., Brutus, I, 2]
11° Titre qu'on donne aux membres des ordres et des congrégations religieuses. Les pères capucins. Le père un tel. On écrit par abréviation, au singulier, P. et au pluriel PP. Le père correcteur, supérieur d'un couvent de minimes. Le père ministre, supérieur d'un couvent de mathurins. Le père recteur, le supérieur d'un couvent de jésuites. Le père gardien, le supérieur des capucins, des récollets et des cordeliers. Le père maître, le père des novices des capucins. Dans les ordres mendiants, le père temporel, le séculier qui a soin de recevoir les aumônes qu'on leur fait. Petits pères, religieux de l'ordre de Saint-Augustin, qui furent établis à Paris, en 1608, par la reine Marguerite, d'abord au faubourg Saint-Germain, d'où ils furent transportés sept ans après au quartier Montmartre ; ce fut leur pauvreté et la petitesse de leur établissement qui leur firent donner ce nom. Pères de la mort, religieux qui se dévouaient pour soigner les malades. Père en Dieu, titre qu'on donne quelquefois aux évêques et même aux cardinaux. Père d'ordre, se dit, dans l'ordre de Cîteaux, d'un abbé qui commande à plusieurs autres.
12° Père spirituel, tout prêtre chargé de la direction de la conscience d'une personne.
13° Le saint-père, notre saint-père, notre très saint-père, le père des fidèles, le pape. On dit aussi notre saint-père le pape. En lui parlant ou en lui écrivant, on dit : très saint père.
14° Par imitation des coutumes du clergé catholique, les saint-simoniens ont appelé pères ceux qui étaient plus avancés en grade.
Il fallut l'intervention d'un de nos pères en Saint-Simon, pour que son zèle de néophyte ne le portât point à des extrémités fâcheuses [REYBAUD, Jér. Paturot, I, 2]
Par antonomase, le Père (avec une majuscule), le chef suprême de la religion saint-simonienne.
15° Les Pères de l'Église, ou, absolument, les Pères (avec majuscule), les saints docteurs antérieurs au XIIIe siècle, dont l'Église a reçu et approuvé les décisions sur les choses de la foi.
Nous donner de l'horreur pour la malice de ceux qui emploient le raisonnement seul dans la théologie, au lieu de l'autorité de l'Écriture et des Pères [PASC., Frag. d'un traité du vide.]
Les saints Pères nous enseignent qu'il y a dans le siècle des séductions imperceptibles, et qu'il faut moins de force à y renoncer, qu'à s'y maintenir avec la sagesse et la modération que Dieu demande [FLÉCH., Dauphine.]
Quel étonnement pour tous ceux qui se sont fait une idée des Pères si éloignée de la vérité, s'ils voyaient dans leurs ouvrages plus de tour et de délicatesse, plus de politesse et d'esprit, plus de richesse d'expression et plus de force de raisonnement, des traits plus vifs, et des grâces plus naturelles que l'on en remarque dans la plupart des livres de ce temps ! [LA BRUY., XVI]
Les Pères grecs, ou les Pères de l'Église grecque, ceux qui ont écrit en grec, tels que saint Chrysostome, saint Clément d'Alexandrie, etc. Les Pères latins ou les Pères de l'Église latine, ceux qui ont écrit en latin, tels que saint Augustin, saint Jérôme, etc. Le titre de Père a été donné par honneur à des auteurs ecclésiastiques modernes.
Un défenseur de la religion, une lumière de l'Église, parlons d'avance le langage de la postérité, un Père de l'Église [Bossuet] [LA BRUYÈRE, Disc. de réception.]
Les Pères du désert, les anciens anachorètes.
16° Les Pères du concile, les évêques qui assistent au concile (avec majuscule).
Disons à ce nouveau Constantin, à ce nouveau Théodose [Louis XIV révoquant l'édit de Nantes].... ce que les six cent trente Pères dirent autrefois dans le concile de Chalcédoine : Vous avez affermi la foi, vous avez exterminé les hérétiques [BOSSUET, le Tellier.]
17° Fig. et familièrement. Homme d'un rang inférieur, qui est d'un certain âge. Le père Maurice. Dites donc, père Mathurin. Dans un sens plus respectueux, imité du grec et du latin.
Lycus descend, accourt, tend la main, le relève : Salut, père étranger, et que puissent tes vœux Trouver le ciel propice à tout ce que tu veux [A. CHÉNIER, le Mendiant.]
Populairement. Un père la joie, un rieur, un homme qui excite les autres à la gaieté.
Il ravissait mon cousin, qui me dit en parlant de lui qu'il serait un bon vivant, un père la joie [GENLIS, Parvenus, t. II, p. 32, dans POUGENS]
Un père aux écus, se dit d'un vieillard riche et avare.
Et moi je les garde pour la bonne bouche, et je cours à ce gros père aux écus [D'ALLAINVAL, École des bourg. III, 14]
Un père douillet, un homme qui se plaint dès qu'il n'a pas toutes ses aises.
Le Poussin, se justifiant du reproche qu'on lui faisait d'avoir donné trop de fierté à son Christ dans la gloire au tableau de saint François Xavier au noviciat des jésuites, et de l'avoir fait ressembler à un Jupiter, écrit qu'il ne peut s'imaginer le Christ dans sa gloire avec un visage de torticolis ou d'un père douillet, vu qu'étant sur la terre parmi les hommes il était difficile de le considérer en face [FÉLIBIEN, Entretien 8, sur les vies des peintres, t. IV, p. 34, dans LACURNE.]
Un gros père, un homme qui a de l'embonpoint ; se dit même des enfants.
Elle fait un éclat de rire immodéré en l'appelant gros père [GENLIS, Mém. t. II, p. 60, dans POUGENS]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Eufemien, si out à num li pedre [, St Alexis, IV]
    [Ils] Ne reverront lur peres ne lur parenz [, Ch. de Rol. CIX]
  • XIIe s.
    Dient Franzois : Dex pere, que feron ? [, Ronc. p. 71]
    Mes pere estes en Deu, je vus dei honurer [, Th. le mart. 114]
  • XIIIe s.
    Pere de paradis ! ore est ma vie alée [finie] [, Berte, XLVI]
    Li morteliers sont quite du gueit, et tout tailleur de pierre, très le tans Charles-Martel, si comme li preudome l'en oï dire de pere à fil [, Liv. des mét. 111]
    Un mal ne dure pas adès [toujours] ; Uns ans est pere, autre parastre ; Se cis anz vos tient à fillastre, Soiez si preuz et si gentix, Que en l'autre an soiez ses filz [son fils] [, Ms. de St-Germain, f° 84, dans LACURNE]
  • XVe s.
    Encore ai-je deniers et maille, Qu'oncques ne virent pere ne mere [, Patelin]
  • XVIe s.
    Le priant que il conduist sa femme chez ses pere et mere, lesquelz estoyent gens honnorables et bien famez [RAB., Pant. III, 32]
    Bienheureux est le fils de qui l'ame du pere est damnée ; qui est une vieille maxime, que l'on ne se peut jamais tant tout à coup enrichir que l'on ne se donne au diable [BRANT., Capit. franç. t. III, p. 383, dans LACURNE]
    À pere, à maistre, à Dieu tout-puissant, Nul ne peut rendre l'equivalent [COTGRAVE, ]
    À pere amasseur fils gaspilleur [ID., ]
    De pere gardien fils garde rien [ID., ]
    De nostre temps, le roy Henri II, voulant eriger un magistrat en chaque baillage qui eut l'œil sur les baillifs et prevosts, pour en faire son rapport au conseil privé du roy, le voulut intituler pere du peuple [PASQUIER, Recherches, II, p. 105, dans LACURNE]
    En emancipant son enfant, que l'on dit audit pays vulgairement mettre hors de son pere [, Nouv. coust. génér. t. I, p. 374]
    Memoratifs des mœurs de leurs peres [MONT., I, 23]
    Celui-là est bien pere qui nourrist [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 272]
    Il veut monstrer à son pere à faire des enfans [ID., ib.]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. paire, payre ; catal. pare ; espagn. et ital. padre ; du lat. pater ; allem. Vater ; angl. father ; sanscr. pitri, accusatif pitaram, que les uns tirent du radical pa (a long), nourrir, les autres du sanscrit pati, maître ; ce qui est plus en rapport avec l'idée que l'antiquité s'est faite de pitri, paterfamilias.

père

PÈRE. n. m. Celui qui a un ou plusieurs enfants. Un bon père. Un père tendre. Un père barbare, dénaturé. Être père de plusieurs enfants. Tendresse de père. Amour de père. Avoir des entrailles de père. Il faut honorer son père et sa mère, respecter son père, obéir à son père. Les enfants ne peuvent avoir trop de déférence, trop de respect pour leur père. Cet enfant a perdu ses père et mère.

Un père heureux en enfants, Un père dont les enfants sont sains, bien portants. Un père heureux dans ses enfants, Un père dont les enfants sont bien placés, bien pourvus, ont réussi dans le monde par leur travail et par leur bonne conduite.

Père de famille, Celui qui a femme et enfants, ou qui est veuf avec enfants.

En termes de Procédure, User, prendre soin d'une chose en bon père de famille, se dit en parlant des Choses dont on a le soin et signifie Ménager, administrer une chose avec autant d'économie que le propriétaire lui-même pourrait le faire. On dit dans un sens analogue : Un placement de père de famille. Des valeurs de père de famille.

Père naturel, Celui qui a eu un enfant d'une femme avec laquelle il n'était pas marié. Père légitime, Celui qui a eu un enfant d'un mariage légitime. Père putatif, Celui qui est réputé légalement le père d'un enfant. Père adoptif, Celui qui a adopté quelqu'un pour son enfant.

En termes de Théâtre, Père noble, L'acteur chargé de l'emploi des pères dans la tragédie et dans la haute comédie. On dit dans un sens analogue Jouer les pères nobles.

Grand-père, Le père du père ou de la mère. Grand-père paternel. Grand-père maternel.

PÈRE se dit quelquefois en parlant des Animaux. Le père de ce cheval est normand. Pendant que ces oiseaux sont dans le nid, le père et la mère vont leur chercher de la nourriture.

Il se dit, par extension, des Ascendants, quel que soit leur degré de parenté. Adam, notre premier père, le père des humains.

Nos pères, Nos aïeux, nos ancêtres, ceux qui ont vécu avant nous dans notre pays. Telle était la coutume de nos pères. Nos pères en usaient ainsi.

Le père des croyants, Abraham.

PÈRE se dit aussi de Celui qui joue, d'une certaine manière, un rôle paternel. Père nourricier, Mari de la femme chez qui un enfant a été mis en nourrice.

Père spirituel se dit d'un Prêtre par rapport à celui dont il dirige la conscience.

PÈRE se dit, figurément, de Celui qui a beaucoup fait pour la prospérité, pour le salut, pour le bonheur d'un peuple ou d'une classe nombreuse de personnes, qui agit envers ceux dont il prend soin comme un père agirait envers ses enfants. Cicéron fut appelé le Père de la patrie. Louis XII fut surnommé le Père du peuple. Ce général est le père des soldats. Cet homme est le père des pauvres. Ce maître est un père pour ses élèves.

Il signifie aussi Créateur, fondateur, protecteur. Hérodote est le père de l'histoire. François Ier a été surnommé le Père des lettres.

Les pères conscrits, Les sénateurs de l'ancienne Rome.

PÈRE est aussi le Titre qu'on donne aux membres des congrégations et des ordres religieux. Les pères capucins, les pères de la Trappe, etc. Le père général. Le père supérieur. Le père gardien. Père un tel. Le révérend père un tel. Un père jésuite. Un père dominicain. On dit Mon Père, ou Père un tel.

Dans les Ordres mendiants, Père temporel, Le séculier qui a soin de recevoir les aumônes qu'on leur fait. Un tel était le père temporel des capucins de cette ville.

Le Saint-Père, notre Saint-Père, notre très Saint-Père, le Père des fidèles, Le pape.

Les Pères de l'Église ou, absolument, Les Pères, Les saints docteurs antérieurs au treizième siècle, dont l'Église a reçu et approuvé la doctrine et les décisions sur les choses de la foi ou sur la morale et la discipline chrétiennes. Les Pères de l'Église grecque, de l'Église latine. Les Pères grecs. Les Pères latins. La plupart des Pères pensent que... C'est le sentiment de tous les Pères. Je m'en tiens à la décision des Pères. Les Pères des premiers siècles. Les anciens Pères. C'est un homme qui a lu tous les Pères.

Les Pères du désert, Les anciens anachorètes, qui se retiraient dans les déserts pour y faire pénitence.

Les Pères du concile, Les évêques qui assistent au concile. Tous les Pères du concile furent du même avis.

PÈRE se dit, figurément et familièrement, d'un Homme d'un certain âge que l'on traite avec une familiarité dans laquelle peut entrer une nuance de déférence ou même d'admiration affectueuse. Bonjour, père un tel. Le père Mathurin. Le père Bugeaud.

Pop., Un père la joie, Un rieur, un homme qui excite les autres à la gaieté.

Pop., Un gros père, Un homme qui a de l'embonpoint. Il se dit quelquefois, en plaisantant, d'un Enfant gros et fort. Voyez-vous ce gros père-là?

PÈRE désigne, dans la doctrine chrétienne, la Première personne de la Sainte Trinité, par rapport au Fils, seconde personne. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Dans le langage de l'Écriture, Le Père des miséricordes. On dit aussi Le Père éternel, Dieu.

DE PÈRE EN FILS, loc. adv. Par hérédité du père au fils. Ils sont goutteux de père en fils. Il se dit aussi de la transmission d'une charge, d'un emploi, etc. Dans cette famille, ils sont notaires de père en fils.

pere

Pere, Genitor, Pater.

Le pere ou la mere, Parens.

Pere et mere, et autres personnes en montant en ligne directe jusques au bisayeul de nostre bisayeul, Parentes.

Le pere de mon pere grand, Proauus.

Pere grand, Auus, Papus.

Le pere grand de ma femme, Maior socer.

Le pere de mon beau pere, Prosocer.

Le pere de ma femme, Socer, et Socerus.

Les deux beaux peres, qui ont leurs enfans mariez ensemble, Consoceri.

Pere adoptif, Adoptator.

Pere de famille, Paterfamilias.

Pere qui a perdu ses enfans, Orbus pater.

Celuy ou celle qui a encore son pere vivant, Patrimus.

Qui a tué son pere ou sa mere, Parenticida, Parricida.

Estre semblable à son pere, luy resembler, Patri respondere, Patrissare, Patrem referre.

Faire comme son pere fait, Patrissare.

Si son pere estoit retourné, ne luy pardonneroit-il pas? Num si rediisset pater ei veniam daret?

Lequel il tenoit pour pere, et l'aimoit autant que son pere, Qui sibi parentis esset loco.

¶ Le pere d'eloquence, Parens eloquentiae.

peré

Peré, Breuvage fait de poires, Pyrasium.

pere

PERE, Pera, C'est une ville située de l'autre costé du rivage de Constantinoble, et n'y a que le port entredeux, péra vaut autant à dire comme Delà, Trans, Vltra, Hierome Wolf en sa preface sur la Chronique de Zonare escrit ainsi: Chronicon Ioannis Zonarae, anno Domini 1554. Constantinopoli in Pera siue Galatia, quam olim kéras. i. cornu appellatam putant. 150. ducatis Hungaricis emi.

père


PèRE, s. m. [1re è moy. et long, 2e e muet.] Au propre, celui qui a un ou plusieurs enfans. "Être père de plusieurs enfans. "Il faut honorer son père et sa mère. = Père de famille, qui a femme et enfans, ou seulement des enfans. = Nos pères, nos aïeux, nos ancêtres. = Au figuré, homme bienfaisant à qui nous avons de grandes obligations. "Vous êtes mon bienfaiteur et mon père: je vous regarde comme mon père. "Cicéron fut apelé le Père de la Patrie; Louis XII, le Père du Peuple. On apèle père des paûvres, un homme qui fait habituellement de grandes charités; Père des Soldats, un Général, qui a un très-grand soin de leur subsistance, et ne les expôse pas sans nécessité. = Démosthène et Cicéron sont apelés les Pères de l'Éloquence, Hérodote par les uns, le Père de l'Histoire; par les aûtres, le père du mensonge. François I, pour la protection qu'il donait aux gens de lettres, a été nomé, le Père des Lettres. Poétiquement, le Père du jour, le Soleil. En style de l'Écritûre, le père du mensonge, le Démon. = Pères de l'Église, ou absolument les Pères, les Saints Docteurs, dont l'Église a reçu et aprouvé la Doctrine. St. Bernard est le dernier des Pères de l'Eglise. On n'apèle que Saints Docteurs ceux qui sont venus après lui, comme St. Thomas, St. Bonaventure, etc. = Pères du Concile, les Évêques, qui assistent à un Concile. = Pères du désert, les anciens Anachorètes. = En parlant du Pape, on l'apèle le Saint Père, ou, notre Saint Père le Pape. L'Acad. ajoute, notre Saint Père, notre très-Saint Père; mais ces derniers sont peu usités aujourd'hui. = Pères conscripts, est une façon de s'exprimer d'après les Latins, pour désigner les Senateurs de Rome. Il est aujourd'hui peu usité.
   PèRE, est aussi un titre qu' on done aux Religieux Prêtres et aûtres. Le Père Gardien, le Père Prieur; les Pères Capucins, les Pères de l'Oratoire, etc. Père Spirituel, Confesseur ou Directeur.
   On dit, populairement, d'un homme, qui aime extrêmement à prendre ses comodités, que c'est un père douillet; et d'un bourgeois fort riche, que c'est le père aux écus. Renvoyer quelqu'un chez son grand'père, le relancer.
   Rem. Les enfans disaient autrefois, mon cher père, en parlant à leur père, ou en parlant de lui. Fénélon le fait dire à Télémaque dans son admirable poème. Mais cette expression est devenûe, dans ce siècle, une façon de parler bourgeoise, triviale, et, peu s'en faut, ridicule. = On dit ordinairement de père en fils. BOSSUET dit d'après St. Athanase que: "La foi de la Divinité de J. C. a passé de père en père (de l'Église) jusqu'à nous. = Père au figuré, signifie Auteur. "Cette absurdité, dit. M. Linguet, justifie ce que dit Cicéron, qu'il n'y a pas d'extravagance, qui n'ait eu un Philosophe ou pour père, ou pour apologiste. = L'Acad. trouve de la diférence entre ces deux phrâses: c'est un père heureux en enfans, dont les enfans sont bien nés, et heureux dans ses enfans, dont les enfans sont bien pourvus.

Synonymes et Contraires

père

nom masculin père
Créateur d'une œuvre.
Traductions

père

Vater, Pater, babafather, seniorvader, paterאב (ז), אבא (ז), אָב, אַבָּאpa, pater, vaderpareotecfar, fader, paterπατέρας, μοναχόςpatro, patrulopadreisaپدرisäatyaayah, bapakfaðirpadre父, 父親farojciecpaiотец, батюшкаfar, fader, paterbabababa, ataбатько, татоأَبotac아버지พ่อbố父亲баща父親 (pɛʀ)
nom masculin
homme qui a des enfants être père de famille

père

[pɛʀ]
nm
[famille] → father
père de trois enfants → father of three
de père en fils → from father to son
le père spirituel de qn → the spiritual father of sb
le père spirituel de qch → the spiritual father of sth
les pères fondateurs de qch → the founding fathers of sth
(RELIGION)Father pères
nmpl (= ancêtres) → forefathers
père de famille nm
(= statut) → father of a family
un père de famille → the father of a family
un mari et père de famille → a husband and the father of a family
(personnalité)family man
de bon père de famille [gestion, portefeuille, budget] → safe, low-risk
un placement de bon père de famille → a safe investment, a low-risk investment