piffre, esse

PIFFRE, ESSE

(pi-fr', frè-s') s. m. et f.
Terme bas et injurieux. Personne excessivement grosse.
Goulu, gourmand.
S. m. Gros marteau de batteur d'or.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Vous estes, à ce que je vois, ce gros piffre de Portugais qui a gaigné tous les jours l'argent du roi [SULLY, dans le Dict. de DOCHEZ.]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. piffre, un gars ; prov. piffart, replet, terme d'injure. Piffre (un homme gros a les joues gonflées, comme s'il jouait de la flûte ou du fifre) vient de pifre, qui s'est dit, au XVIe siècle, pour fifre (voy. ce mot), et qui est l'ital. pifero, esp. pifaro, un fifre ; lesquels, à leur tour, dérivent de l'anc. haut-allem. pfîfa, all. mod. Pfeife, sifflet. Diez remarque que le mot germanique n'est pas indigène et qu'il est une altération du lat. pipare, pipiare, piauler (voy. PIPEAU et PIGEON). Au contraire, le Valésiana, p. 81, rattache piffre à pifli, nom qu'on donnait aux hérétiques appelés bougres, bulgari ; mais la première étymologie mérite la préférence.