pincé, ée

PINCÉ, ÉE

(pin-sé, sée) part. passé de pincer
Serré entre les doigts ou autrement. Cet enfant pincé par un perroquet. Doigt pincé dans une porte.
Qu'on fait vibrer avec les doigts, en parlant des cordes d'un instrument de musique. La corde pincée rendit un son. Fig.
Ce qui toucha le plus le roi d'Espagne, ce fut la corde de ses grands droits en France adroitement pincée par Stanhope, qui produisit le plus doux son à ses oreilles [SAINT-SIMON, 438, 110]
Fig. Qui a subi quelque dommage à la suite d'une imprudence. Pincé au jeu.
Les jésuites ainsi pincés sur leur morale d'Europe et d'Asie [SAINT-SIMON, 78, 9]
Rendu plus mince en serrant. Une taille pincée. Fig.
Être à la fois et Midas et Narcisse, Enflé d'orgueil et pincé d'avarice [VOLT., Enf. prod. I, 4]
Lèvres pincées, lèvres minces et tenues serrées l'une contre l'autre, ce qui donne à la physionomie quelque chose de sec ou de hautain.
Durant les contrariétés que j'éprouvais, Mme Geoffrin était mal à son aise ; elle m'en parlait quelquefois du bout de ses lèvres pincées [MARMONTEL, Mém. VII]
On dit aussi : bec pincé.
Ne confondez point les minauderies, la grimace, les petits coins de bouche relevés, les petits becs pincés, et mille autres puériles afféteries, avec la grâce, moins encore avec l'expression [DIDER., Ess. sur la peint. 4]
Terme de marine. Bâtiment pincé, bâtiment très mince dans ses parties basses.
Fig. Qui a dans les manières quelque chose de ce qu'expriment les lèvres pincées.
C'était un petit homme bourru et chagrin, qui ne manquait pas d'esprit, mais qui était pincé dans la conversation, ricaneur et assez mauvais plaisant [VOLTAIRE, Cosi-sancta.]
Il se dit aussi de l'air, du style, etc.
Je sais que Léonor aime un certain Valère, Un fat, un freluquet, qui n'a l'heur de lui plaire Que par son air pincé [REGNARD, le Bal, 12]
Croiriez-vous que le traducteur de Tacite m'a fait écrire par un homme très considérable, pour me reprocher.... de trouver son style pincé et ridicule ? [VOLT., Lett. d'Alembert, 23 déc. 1768]
Substantivement.
De cette attention continuelle sur lui-même [du duc de Beauvilliers] naissait un contraint, un concentré, dirai-je même un pincé qui éloignait de lui [SAINT-SIMON, 365, 68]
S. m.Terme de musique. Le pincé, sorte d'agrément du genre trille, qui était propre à quelques instruments et particulièrement au clavecin. Synonyme de pizzicato.