pipée

PIPÉE

(pi-pée) s. f.
Sorte de chasse dans laquelle on contrefait le cri de la chouette, pour attirer les oiseaux sur des branches enduites de glu. Faire une pipée.
C'est sur cette espèce de jeu de moquerie ou d'antipathie naturelle qu'est fondé le petit art de la pipée : il suffit de placer un oiseau nocturne ou même d'en contrefaire la voix, pour faire arriver les oiseaux à l'endroit où l'on a tendu les gluaux [BUFF., Ois. t. II, p. 101]
Fig.
Je m'en allais rêvant, L'âme bizarrement de vapeurs occupée, Comme un poëte qui prend des vers à la pipée [RÉGNIER, Sat. x.]
L'emplacement et l'appareil de la pipée.
Le renard fait la même manœuvre dans les pipées [va visiter les pipées comme les piéges] où l'on prend les grives [BUFF., Morceaux choisis, p. 242]
Faire une pipée, disposer tout ce qui est nécessaire pour ce genre de chasse.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    L'aprentis demande comme on prent oyseaulx à la pipée [, Modus, f° CXXXII bis]
  • XVIe s.
    Ne pensez pas qu'il y ait nul oyseau qui se prenne mieux à la pipée.... que touts les peuples s'alleichent vistement à la servitude [LA BOÉTIE, Servit. volont.]

ÉTYMOLOGIE

  • Pipé.

pipée

PIPÉE. n. f. Sorte de chasse dans laquelle on contrefait le cri de la chouette, ou leur propre cri, pour attirer des oiseaux dans un arbre dont les branches sont remplies de gluaux où ils se prennent. Aller à la pipée. Prendre des oiseaux à la pipée.

Faire une pipée signifie aussi Préparer tout ce qui est nécessaire pour la chasse dont il s'agit.

pipée

Pipée, foem. Est un mot fait et imité de la voix des oiselets, comme aussi pippe, pipper, et pippeur, et signifie le siffler que l'oiseleur fait avec une fueille de fou, ou d'autre arbre, ou de roseau, ou avec une pippe de bois contrefaisant la voix d'iceux oiselets. Selon ce on dit prendre des oiseaux à la pippée, qui est quand un homme caché dedans un buisson et bien entouré de rameaux couvert de gluons ayant un chathuant ou hibou branché et attaché pres de luy, contrefait le pippis des oiseaux, ou bien pressant les ailes ou les pieds d'un oiseau vif, le fait crier, car les oiseaux advolent à ce pippis, ou à ce cry, pour garantir leurs semblables du chathuant qu'ils cuident les tenir, et se perchent sur ces rameaux et s'engluent. Pipée par metaphore se prent pour mine et contenance contrefaicte, Selon ce on dit de celuy qui contrefait le sage, Il fait bonne pipée. Pipée aussi est participe feminin, comme, Helis a esté pipée, Decepta.

pipée


PIPÉE, s. f. PIPER, v. act. [2e é fer. long au 1er.] Pipée, est une sorte de chasse, où l'on contrefait un certain chant pour atirer les oiseaux dans un arbre, dont les branches sont remplies de gluaux, où ils se prènent. = Piper des oiseaux, contrefaire leurs voix, pour les atirer dans le filet ou aux gluaux.
   Rem. On a dit autrefois piper, pipeur, pour tromper, trompeur. CORNEILLE a dit un mystère pipeur, un gage pipeur. MM. de Port royal emploient souvent ce mot piper, qui se troûve dans une belle pensée de Pascal, citée comme autorité dans le suplément de Trévoux. L'Auteur du suplément ne dit point si ce mot est encôre en usage. Il devrait le dire, puisqu'un Dictionaire est fait pour éclairer les étrangers. L'Acad. Franç. n'emploie ce verbe que dans cette phrâse, piper les dés, (préparer des dés pour tromper au jeu) et il n'a plus d' autre usage dans notre Langue. Rem. de L. Racine. — Dans la dernière édition l'Acad. met piper, piperie, pipeur, sans dire à quel style ces mots apartiènent: ils sont populaires. "Ils l'ont pipé et lui ont gâgné tout son argent: "C'est un grand pipeur; un pipeur fiéfé. "Cela ne s'est pu faire sans piperie. "Il n'y a que piperie dans le monde. = Suivant l'Auteur des Réflexions (déjà un peu ancien) on dit piper dans le discours familier. "Quiconque a dessein de piper le monde est assuré de trouver des persones qui seront bien aises d'être pipées. Je crois ce mot vieux et hors d'usage, excepté dans le bâs comique, le marotique ou le burlesque. En parlant des tromperies au jeu, il est un peu plus usité. L'Acad. ne le met qu' en ce sens, excepté dans la dernière phrâse, citée plus haut, où elle dit piperie de toute sorte de tromperie, de fourberie.