pipe

pipe

n.f. [ de piper ]
Objet formé d'un fourneau et d'un tuyau, servant à fumer du tabac ; son contenu : Fumer la pipe.
Casser sa pipe,
Fam. mourir.
Nom d'une pipe !,
Fam. juron qui sert à exprimer la surprise ou l'indignation.
Par tête de pipe,
Fam. par personne : Ça coûte 15 euros par tête de pipe.

PIPE

(pi-p') s. f.
Musette, chalumeau ; ce qui est le sens propre, tout à fait oublié aujourd'hui.
Sorte de chalumeau dont le prêtre célébrant s'est servi autrefois pour humer le vin consacré.
Tuyau terminé par une espèce de petit vase dans lequel on allume du tabac dont on aspire la fumée.
N'ayant d'attention qu'à sucer une pipe à tabac qui était vide il y avait plus d'une heure [SCARR., Rom. com. II, 16]
Qu'une pipe à la main, sur un large sopha Mollement étendu, le pesant Moustapha.... [VOLT., Ép. CI]
Allumer sa pipe, allumer le tabac qui est dans le fourneau de la pipe. Fumer une pipe, prendre en fumée autant de tabac qu'il en peut tenir dans le fourneau de la pipe.
Crébillon, qui a plus fumé de pipes en sa vie que Voltaire n'a pris de lavements [PIRON, dans GRIMM, Corresp. t. II, p. 395]
Fig. Fumer sa pipe, en parlant d'un apoplectique, voy. FUMER 1. Je n'en fais pas plus de cas que de ma pipe, je n'en tiens aucun compte.
Avec tout son esprit, j'en fais moins de cas que de ma pipe [AL. DUVAL, Jeunesse de Henri V, II, 9]
Fig. Populairement. Casser sa pipe, mourir. Fig. Fumer sans pipe, bouillir de colère.
On remplit, on vide sa pipe, on met du tabac dans sa pipe ; c'est toujours du fourneau, et non du tuyau, que l'on parle, tandis que, pour désigner celui-ci, on dit le pied ou le tuyau de la pipe [LEGOARANT, ]
Habitude, action de fumer. La pipe diminue l'appétit.
Par extension du sens de tuyau, grande futaille qui contenait un muid et demi. Pipe commune de Saumur, contenant 420 litres. Pipe Cognac, contenant 624 litres Pipe Saint-Gilles, contenant 710 litres.
Tige de métal ou bien une pierre, même un rubis, aussi long que l'épaisseur du parchemin, et auquel s'attachaient les sinets ; l'usage s'en est conservé pour les livres d'église jusqu'à nos jours, en prenant quelquefois le nom de registre, de tuyau à tourner les feuillets, et de pençoir [DE LABORDE, Émaux, p. 450]
Terme de serrurier. Petite cale servant à serrer une barre de fer qui passe dans une autre barre, dans une pierre, ou dans une pièce de bois.
Poisson du genre des syngnathes.
Dans la Bourgogne et le Gâtinais, on donne le nom de pipes aux narcisses et, en général, aux fleurs printanières provenant d'oignons. Pipe-de-tabac, nom vulgaire de l'aristolochia sipho, à cause de la forme de sa fleur.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Ne ne prisent [et ils n'estiment pas] tresor deus pipes [, la Rose, 5075]
  • XIVe s.
    Et est la pippe des dites heures garnie de deux balaiz et un saphir, Hist. litt. de la France, t. XXIV, p. 370 Jehan de Montauban vendit au dit exposant une pipe de vin à la mesure du dit païs ; la quelle mesure est telle que la pipe de vin tient quatre chevaux ou sommiers chargiés de vin [DU CANGE, pipa.]
    Il avoit desiré ou souhaidié la pipe ou musette de un varlet de la ville [ID., ib.]
  • XVe s.
    Icellui Girart feri l'exposant de son plançon ou pipe un grant cop [ID., ib.]
    Pipes, canemeaux et flagos, Et musettes à bourdons gros [FROISS., Poésies. mss. p. 282, dans LACURNE]
    Le roy Edouard fit mourir son frere le duc de Clarence en une pippe de malvoisie [COMM., I, 7]
  • XVIe s.
    Beau nez, dont les rubis ont cousté mainte pipe De vin blanc et clairet [BASSEL., XVII]
  • XVIe s.
    Celui qui a fait les cheminées devra hausser la pipe [tuyau] jusqu'au plus haut de la fenestre du voisin [, Nouv. coust. génér. t. I, p. 1270]

ÉTYMOLOGIE

  • Prov. pipa, pipe, barre, bâton, tuyau, pimpa, pipeau, musette ; espagn. pipa, sorte de mesure ; ital. pipa et piva ; du lat. pipare, crier, piauler. La série des sens est : musette, puis tuyau ; pipe à fumer, puis pipe, mesure de liquide, pipe, tonneau ; et même, dans l'ancien français et le provençal, bâton, barre. L'all. Pfeif ; angl. pipe ; isl. pîpa ; dan. pibe ; gall. et écoss. pib, viennent des langues latines.

pipe

PIPE. n. f. Grande futaille pour mettre du vin ou d'autres liquides. Une pipe de vin, de cidre. Une demi-pipe. Une pipe d'eau-de-vie.

Dans quelques pays, il désigne une Mesure de capacité équivalant à ce genre de futaille. Une pipe de chaux. Une pipe de blé.

pipe

PIPE. n. f. Instrument composé d'un petit fourneau emmanché d'un tuyau et dont on se sert pour fumer. Mettre du tabac dans sa pipe. Bourrer sa pipe.

Allumer sa pipe, Allumer le tabac qui est dans le fourneau de la pipe.

Fumer une pipe, Consumer le tabac qui tient dans le fourneau d'une pipe. Il fume sa pipe tous les matins. Fumer deux pipes, trois pipes.

Pop., Casser sa pipe, Mourir.

pipe

Pipe, f. Est un petit instrument de bois que l'oiseleur met en sa bouche pour contrefaire le pippis des oiseaux qu'il veut prendre. Pipe aussi est une espece de tonneau à vin, dont on use en Anjou et ailleurs. Et certaine mesure de bled, estant ce mot commun à vin et à bled, tout ainsi que cet autre muyd, duquel on dit muyd de vin, muyd de bled.

pipe


PIPE, s. f. Ce mot a deux sens, qui n'ont aucun raport ensemble. 1°. Grande futâille, qui contient un muid et demi. = 2°. Petit tuyau de terre cuite ou d'autre matière dont on se sert pour prendre du tabac en fumée. "Alumer sa pipe: fumer une pipe, deux pipes, etc.

Traductions

pipe

Pfeife, Tabakspfeifepipe, blowjobpijp, tabakspijpמקטרת (נ), מִקְטֶרֶתpyppipadýmkapibepipopipa, francéspiippupipacachimbopipakikoπίπα, τσιμπούκιpipaтръба (pip)
nom féminin
objet dans lequel on met du tabac fumer la pipe

pipe

[pip] nfpipe
fumer la pipe, fumer une pipe → to smoke a pipe
Mon grand-père fume la pipe → My granddad smokes a pipe.
pipe de bruyère → briar pipe