pipeur

(Mot repris de pipeurs)

PIPEUR

(pi-peur) s. m.
Terme de chasse. Celui qui fait jouer les pipeaux.
Fig.
Filou qui trompe au jeu, en substituant de fausses cartes ou de faux dés en la place des bons Menteur effroyable, joueur et pipeur [GUI PATIN, Nouv. lett. t. I, p. 274, dans POUGENS]
Celui qui trompe de quelque manière que ce soit.
L'étalage de l'espérance est le leurre de tous les pipeurs d'argent [BUFF., Homme, arithm. morale.]
On peut dire au féminin pipeuse, et, dans le style un peu élevé ou poétique, piperesse, bien que le Dictionnaire de l'Académie ne les donne pas. Adjectivement.
Mais quoi ? les beaux yeux des bergères Se trouveront aussi trompeurs Que des cours les attraits pipeurs [D'URFÉ, l'Astrée, I, 4]
Les longueurs infinies [des charlatans], Qui ne sont, après tout, qu'un mystère pipeur Pour se faire valoir et pour vous faire peur [CORN., l'Illus. com. I, 2]

HISTORIQUE

  • XVe s.
    En ce temps fut faicte justice de plusieurs povres et indigentes creatures, comme de larrons, sacrileges, pipeurs et crocheteurs [J. DE TROYES, Chron. 1460]
  • XVIe s.
    J'avois un jour un valet de Gascongne.... Pipeur, larron, jureur, blasphemateur [MAROT, Épître au roi.]
    Une pipeuse esperance [MONT., I, 349]
    Art piperesse et mensongere [ID., t. I, p. 617, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Piper.

pipeur

PIPEUR. n. m. Celui qui pipe au jeu. C'est un grand pipeur. Un pipeur insigne. Un pipeur fieffé.

Il désigne aussi Celui qui trompe de quelque manière que ce soit. Avec ses belles promesses, ce n'est qu'un pipeur. Il est vieux.

pipeur

Pipeur, m. C'est celuy qui pipe, soit selon la proprieté du mot, Pipitor. Soit selon la translation d'iceluy, Deceptor, et plus communéement celuy qui trompe au jeu, voyez Piper.