pire


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pire

adj. [ du lat. pejor, comparatif de malus, mauvais ]
1. (Sert de comparatif de supériorité à l'adjectif mauvais) Plus mauvais ; plus nuisible : La situation économique actuelle est pire qu'avant meilleur
2. (Précédé de l'art. déf. ou d'un adj. poss., superlatif de mauvais) Le plus mauvais ; le plus nuisible : C'est la pire chose qu'elle pouvait lui dire meilleur
n.m.
Ce qu'il y a de plus mauvais, de plus regrettable : Je m'attends au pire avec lui.
Pratiquer la politique du pire,
provoquer une aggravation de la situation pour en tirer parti.

PIRE

(pi-r') adj. comparatif
Plus mauvais, plus dommageable, plus nuisible, en parlant des personnes et des choses.
Aristote a bien raison, quand il dit qu'une femme est pire qu'un démon ! [MOL., Méd. m. lui, I, 1]
Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire [BOILEAU, Art p. I]
Pensez-vous que ces cœurs tremblants de leur défaite Cherchent avidement sous un ciel étranger La mort et le travail pire que le danger ? [RAC., Mithr. III, 1]
Ils [les hommes] seraient peut-être pires, s'ils venaient à manquer de censeurs ou de critiques [LA BRUY., Avant-propos.]
Et nos aïeux, plus méchants que leurs pères, Mirent au jour des fils plus méchants qu'eux, Bientôt suivis par de pires neveux [J. B. ROUSS., Ép. I, 2]
Il y a de mauvais exemples qui sont pires que les crimes, et plus d'États ont péri parce qu'on a violé les mœurs que parce qu'on a violé les lois [MONTESQ., Rom. 8]
Et la fausse pitié, pire que le mépris [VOLT., Tancr. I, 4]
Le remède est pire que le mal, se dit, au propre, d'un remède qui fait plus souffrir que le mal, et, au figuré, de tout ce qui empire une condition sous prétexte de l'amender. La dernière faute sera pire que la première, elle aura des suites, des conséquences plus fâcheuses.
Sa piété s'y dissipa encore une fois [dans le monde] ; elle éprouva que Jésus-Christ n'a pas dit en vain : l'état de l'homme qui retombe devient pire que le premier [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Qui est dans un moins bon état de santé (on dit aujourd'hui pis en cet emploi).
Je ne suis pas pire que j'étais [SÉV., 3 juil. 1680]
Substantivement. Avoir du pire, avoir le dessous.
Ô dieux ! le cœur me bat, Et m'annonce déjà que nous avons du pire [MAIR., Sophon. II, 3]
Les Samiens ayant combattu, ils eurent du pire et se rembarquèrent [P. L. COUR., Traduct. d'Hérod.]
Avec l'article défini ou un pronom possessif, il devient superlatif. Votre pire ennemi, c'est ce flatteur.
Notre condition jamais ne nous contente ; La pire est toujours la présente [LA FONT., Fabl. VI, 11]
Les pires des ennemis, disait sagement cet ancien [Quinte-Curce], ce sont les flatteurs, et j'ajoute avec assurance que les pires de tous les flatteurs ce sont les plaisirs [BOSSUET, Sermons, Am. des plaisirs, 1]
Gardez-vous bien de prendre un mauvais poëte [à l'Académie française] ; c'est la pire espèce de toutes et la plus méprisable [VOLT., Lett. d'Alembert, 19 oct. 1771]
Il est encore superlatif avec de pris partitivement.
Ils prennent de la cour ce qu'elle a de pire, il s'approprient la vanité, la mollesse, l'intempérance, le libertinage, comme si tous ces vices leur étaient dus [LA BRUY., VII]
S. m. Le pire, ce qu'il y a de plus mauvais.
J'ai trop longtemps vécu pour ne pas prendre le pire pour le certain [MAINTENON, Lettre à Mme de Glapion, 11 sept. 1716]
Mais dans l'art dangereux de rimer et d'écrire Il n'est point de degrés du médiocre au pire [BOILEAU, Art p. IV]
À force de choisir on prend souvent le pire [LEGRAND, Roi de Cocagne, I, 3]
Corneille a dit son pire, pour signifier ce qu'il y a de plus mauvais pour lui (inusité aujourd'hui).
Ma colère l'épargne et n'en veut qu'à Cléandre ; Il verra que son pire était de se méprendre [CORN., la Place roy. v, 5]

PROVERBE

    Il n'y a pire eau que l'eau qui dort (voy. EAU).

REMARQUE

  • 1. Ne confondez pas pire et pis dans les emplois comme substantifs. Pire est un adjectif qui ne s'emploie substantivement qu'avec l'article défini ; aussi dit-on : Cela va de mal en pis, et non en pire.
  • 2. On entend souvent dire plus pire. C'est une grosse faute dont on doit se garder, pire étant par lui-même un comparatif.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Des mieux [meilleurs] et des pejurs [, Ch. de Rol. CXXXV]
  • XIIe s.
    Saisne vont par ces rues faisant moult grant martire, N'i estoit esparnés li moindres ne li pire [, Sax. x]
    À tut le pejur [à tout le pire] [, Th. le mart. 108]
  • XIIIe s.
    Il ne chaloit à ceus qui l'ost voloient depecier del meilleur ne del peieur, mais que li ost se departist [VILLEH., LXXXIX.]
    Fisicien [les médecins] me dient que la clarté m'empire Et le parler aussi ; nule rien ne m'est pire [, Berte, LXXXVIII]
    Et fu sacrés à roi, et fu li pires rois qui onques feust [, Chr. de Rains, 130]
    Il sont pieres que patarins [Albigeois] [MARC POL, p. 636]
  • XIVe s.
    Le mescheant ne sera onques fait beneuré pour bonne fortune, se elle lui vient, mes en usera et en sera pire [ORESME, Eth. 25]
  • Ve s.
    Si lui convenoit faire ce marché ou pieur [FROISS., II, II, 228]
    [Les Français et les Anglais se rencontrent et se battent] toutes voies les Anglois en eussent eu le pire.... [ID., I, I, 260]
    Les capitaines des blancs chaperons parlementerent ensemble et manderent aucuns de leurs gens tous les plus outrageus et pieurs de leur compagnie [ID., II, II, 60]
  • XVIe s.
    L'un boit du bon, l'autre ne boit du pire [MAROT, Épigr. de l'abbé et de son ralet.]
    Ce senat, digne d'un pire maistre que Tibere [MONT., II, 91]
    Marcellus hors de propos et de raison voulut user d'une ruze de guerre qui luy feit avoir du pire [AMYOT, Marcel. 41]
    S'estant endurci en son heresie, Luther avoit fait imprimer des livres beaucoup pires [SLEIDAN, f° 4]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, pé ; bourguig. peire ; provenç. pieger, peger, pieier, peior, peire ; anc. catal. pejor ; espagn. peor ; portug. peior, peor ; ital. peggiore ; du latin pejorem, pire. L'ancien français avait pire et pejur ou peor ou pior ; de ces deux formes l'une est le nominatif, et vient de péjor, avec l'accent sur pé ; l'autre est le régime, et vient de pejórem, avec l'accent sur jó. C'est vers le XVe siècle que la distinction des deux formes se perd, et l'on voit Froissart employer au hasard pire et pieur. Finalement pire l'a emporté, contre l'ordinaire, la forme du régime étant celle qui, dans des mots de ce genre, a prévalu.

pire

PIRE. adj. des deux genres. Comparatif de Mauvais. Plus mauvais, plus défectueux, plus nuisible. Ce vin-là est encore pire que le premier. Cet homme, cet enfant est devenu pire, bien pire qu'il n'était.

La dernière faute sera pire que la première, Elle aura des suites, des conséquences plus fâcheuses.

Le remède est pire que le mal, se dit en parlant d'un Remède qui paraît dangereux et ne ferait que remplacer un mal par un mal plus grand. Il se dit aussi figurément.

Prov. et fig., Il n'y a pire eau que l'eau qui dort, Les gens sournois sont ceux dont il faut le plus se défier.

Prov. et fig., Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, On perd son temps à vouloir persuader quelqu'un qui est de parti pris.

PIRE s'emploie aussi comme superlatif, et alors il est toujours précédé de l'article. Le pire de tous les vices. Un bandit de la pire espèce.

Il s'emploie aussi comme nom masculin et désigne Ce qui est de plus mauvais. Boileau est d'avis que dans l'art d'écrire il n'est point de degré du médiocre au pire.

pire

Pire, Peior, Deterior.

Elle est trois fois pire, Ter tanto peior ipsa est.

Il n'est pas des pires, Non malus hercle, Haud malus.

pîre


PîRE, adj. et subst. PIS, adv. et subst. [1re lon. au 1er, 2e e muet: l's du second ne se prononce pas devant une consone: elle se prononce comme un z devant une voyèle: pi: piz.] Pire est le comparatif de mauvais: au superlatif, on dit, le pire, et non pas le plus pire, comme dit souvent le peuple. Il est suivi, quand il est comparatif, de la conjonction que; ce vin là est pire que le premier; et quand il est superlatif de la prép. de. C'est le pire de tous ceux que nous avons bus. Cette préposition se met quelquefois à la tête de la phrâse: "De deux maux, il faut éviter le pire. = Il est substantif dans cette phrâse: avoir du pire dans une afaire; et dans ce Proverbe: souvent qui choisit prend le pire.
   PIS est le comparatif de l'adv. mal: on dit, au superl. le pis. Il est pis (plus mal) que jamais. "Il n'y a rien qui soit pis que cela: "Le pis qui puisse arriver, c'est que, etc. = Faire du pis qu' on peut, faire mal quelque chôse de dessein formé, ou nuire à quelqu'un en tout ce qu'on peut. = Prendre ou mettre les chôses au pis, les envisager dans le pire état où elles peuvent être. = Mettre quelqu'un au pis, se dit par manière de défi. Dans ces dernières phrâses, il est substantif.
   Rem. Des Auteurs ont mis pire pour pis, et d'aûtres, pis pour pire. "C'est bien pire, dit l'Historien du Droit Écl. Fr. et aussi le P. d'Avrigni ou son Imprimeur. "Les chôses allerent de mal en pire. Anon. Dites, de mal en pis. Ce remède contre les dégoûts et l'ennui devient pis que le mal. Anon. Là, il falait pire. — M. Desgrouais a mis cette faûte grossière parmi les gasconismes. "Mon mal est pis (pire) que vous ne pensez. = Suivant La Touche, de mal en pis et de bien en mieux sont des expressions bâsses, et qui ne sont bones que pour le peuple. Il veut qu'on dise, de pis en pis, et de mieux en mieux. Il avoûe cependant que l'Acad. ne rejette point ces premières expressions. = Dans la dern. édit. l'Acad. met les deux: de mal en pis et de pis en pis. Pour, de bien en mieux, il est peu usité: on dit, de mieux en mieux. = On dit, substantivement, (st. famil.) le pis du pis: "Le pis du pis seroit d'avoir travaillé inutilement durant quelques jours. Voy. d'Anson. = Quelques-uns disent, le sanglant pis; expression barroque, et qui sent le Petit-maître. = Qui pis est, façon de parler, qui signifie ce qu'il y a de pire, de plus fâcheux.
   PIS-ALER, s. m. Il n'est pas du beau style. "Leur situation présente étoit leur pis aller. Charlev. "Le pis aller sera de la publier moi-même (cette aventûre) Marm. "Le pis aller étoit que j' échouasse, et ce pis-aller étoit contre moi, et non contre la chôse. Moreau. = On dit, adverbialement, au pis aller. "Au pis aller nous reviendrons sur nos pâs.
   *PIREMENT, adv. L'usage n'a point autorisé ce mot. Dict. d'Ort. Il a été employé par Le Maître: Ils sont traités pirement que des esclaves. Pirement ne vaut rien du tout, dit Andry.

Traductions

pire

(piʀ)
adjectif
plus mauvais C'est pire.

pire

worse, worstslechter, (het) slechtste, erger, ergste, schadelijker, slechtstגרוע (ת)اسوأ, أَسْوَأ, الَأسْوَأ, بِطَرِيقَةٍ أَسْوَأhůř, horší, nejhoršíschlechter, schlechtesterχειρότερος, χείριστος, χειρότεραpli malbonapeor, pésimoبدترrosszabbpeggiore, peggio, più cattivoさらに。。。悪い, 一層悪い, 一層悪く, 最悪のхудший, наихудший, хужеpior, o piorværre, værsthuonommin, huonompi, pahingore, gori, najgori가장 나쁜, 더 나쁘게, 더 나쁜verre, verstgorszy, gorzej, najgorszyvärre, värstเลวที่สุด, แย่กว่า, แย่ลงdaha kötü, daha kötüsü, en kötüxấu đi, xấu hơn, xấu nhất更坏地, 更坏的, 最坏的
nom masculin
s'attendre au pire

pire

[piʀ]
adj
(comparatif)worse
C'est encore pire qu'avant → It's even worse than before.
(superlatif) le pire ..., la pire ... → the worst ...
C'est la pire journée que j'aie jamais passée → That's the worst day I've ever had.
nm
le pire (de) → the worst (of)
Le pire c'est qu'il a perdu ses clefs → The worst of it is that he lost his keys.
Le pire de tout, c'est qu'on s'ennuie tout le temps → Worst of all, we're always bored.
Ce gamin est le pire de la bande → That boy is the worst in the group.