pitance

pitance

n.f. [ de pitié ]
Litt. Nourriture journalière : Ils reçoivent une maigre pitance ration

pitance

(pitɑ̃s)
nom féminin
péjoratif nourriture une maigre pitance

PITANCE

(pi-tan-s') s. f.
La portion qu'on donne à chacun à chaque repas, dans les communautés.
La belle Agnès [Sorel] laissa un fonds pour la pitance d'œufs, au jour de son anniversaire [ST-FOIX, Ess. Paris, Œuvr. t. III, p. 229, dans POUGENS]
Populairement. Aller à la pitance, aller chercher les provisions.
Par extension, ce qu'il faut pour un repas d'une personne.
Certain chien, qui portait la pitance au logis [LA FONT., Fabl. VIII, 7]
On m'apporta ma pitance, que je commençai à expédier avec beaucoup d'appétit [LESAGE, Gil Blas, VII, 9]
Populairement. La chair ou le poisson qu'on mange dans le repas outre le pain. Il donne sur la pitance.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Je Gauchiers de Thorote ay donné en pure et perdurable aumone au couvent de S. Eloy de Noion un muy de blei à pitanche [DU CANGE, pictantia]
    Et vont disant que povres son, Et les grasses pitances ont, Et les grans deniers en tresor [, la Rose, 8146]
    Moult oi [j'eus] cel soir povre pitance [RUTEB., II, 26]
  • XIVe s.
    Item à l'hopital de Saint Esprit de Besançon pour la pedance des pauvres, deix livres [DU CANGE, pictantia.]
  • XVIe s.
    Il luy fut donné le revenu de trois villes pour son pain, son vin et sa pitance [AMYOT, Thém. 53]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. Berry et genev. pidance ; provenç. piatansa, piedansa, pidanza, pitansa, pitié, miséricorde ; espagn. pitanza ; ital. pietanza ; lombard, pitansa ; bas-lat. pictancia. La forme pietanza a fait supposer que le mot venait du latin pietas, et signifiait œuvre charitable ; piteux prouvant que le radical piet peut devenir pit. D'autres ont indiqué pittacium, billet, pitance signifiant dans cette hypothèse la remise d'aliments en échange d'un billet. Diez y a vu le radical pit qui signifie petit ; de sorte que pitance serait la petite portion. Mais la présence du bas latin pictantia paraît donner raison à du Cange, qui le tire de picta, pite, sorte de petite monnaie ; une pitance de moine, sens primitif du mot, étant estimée une pite. D'un autre côté, il faut admettre que pietas a agi pour modifier au sens de charité la forme du mot. Pitance paraît signifier la viande ou en général le mets par opposition au pain, au potage, au vin.

pitance

PITANCE. n. f. La portion de pain, de vin, de viande, etc., qu'on donne à chaque repas dans les communautés. Bonne pitance. Maigre pitance. Double pitance. Régler la pitance. Retrancher de la pitance. Il est vieux en ce sens.

Il se dit, par extension, familièrement et avec une nuance de plaisanterie, de Ce qu'il faut pour la subsistance d'une personne. Il a sa pitance assurée.

pitance

Pitance, foemin. penacut. Est ce qu'on donne à manger à l'homme oultre le pain et le vin, chair, poisson, fromage, oeufs, fruicts, ou autre chose, Obsonium pulmentarium. Selon ce on dit, Il a tant par mois, pour pain et vin, et tant pour sa pitance, In menstruum obsonium.

pitance


PITANCE, s. f. [2e lon. 3e e muet.] La portion de pain, vin, viande, qu'on done à chaque repâs, dans les Communautés. "Régler, retrancher, doubler la pitance. St. famil. = Plusieurs distinguent la pitance du pain, et disent: tant de pain ou de bled, et tant d'argent pour la pitance. L'Acad. ne fait pas cette distinction.

Synonymes et Contraires

pitance

nom féminin pitance
Littéraire. Nourriture nécessaire.
Traductions

pitance

Fressen

pitance

cibo, pasto

pitance

[pitɑ̃s] nf (péjoratif)sustenance