placé, ée

PLACÉ, ÉE

(pla-sé, sée) part. passé de placer
Mis dans un certain lieu, dans une certaine place.
Placé loin de vos yeux, j'étais vers le rivage Où nos fiers ennemis osaient nous résister [VOLT., Tancr. V, 1]
Les yeux placés comme ceux du chien [BUFF., Quadrup. t. III, p. 337]
Déposé de manière à produire intérêt ou rente, en parlant de l'argent.
Mon bien est solidement placé sur le receveur général des finances de Ninive, j'ai de quoi vivre dans l'indépendance [VOLT., Memnon.]
Fig. Mis, en parlant des personnes, en des choses que l'on compare à un lieu, à une place.
Un souverain placé sur le trône, ou par des conjurés, ou par des rebelles [DIDEROT, Claude et Nér. I, 73]
Placé dans un temps de calme et sous des règnes modérés, la fortune lui refusa et ses hautes faveurs, et ses rigueurs extrêmes [MARMONTEL, Mém. X]
C'est un homme qui serait placé partout, bien placé partout, c'est un homme fait pour être bien reçu dans les meilleures sociétés, et aussi un homme qu'on pourrait élever à des emplois importants. Il se dit en un sens analogue en parlant des choses.
Ne trouvez-vous pas que Dieu prend toujours le parti du roi, et que rien ne pouvait être ni plus glorieux à la réputation de ses armes, ni mieux placé que cette victoire [de Fleurus] ? [SÉV., 12 juill. 1690]
Un voyage d'une longueur ridicule, placé dans le milieu du vôtre [ID., 22 avr. 1671]
Ce mot tâter fait ici un très bel effet ; car il n'y a guère de mot qui, étant heureusement placé, ne puisse contribuer au sublime [VOLT., Comm. Corn. rem. Sertor. III, 2]
Avoir le corps bien placé, la poitrine, les épaules bien placées, les avoir dans la position où il convient. Terme de manége. Cheval bien placé, celui dont le front tombe perpendiculairement sur le bas du nez. Être placé à cheval, y être bien installé.
Fig. Avoir le cœur bien placé, mal placé, avoir des sentiments honnêtes, en être dépourvu.
Vivez pour lui, Dircé, Ne lui dérobez point un cœur si bien placé [CORN., Œdipe, III, 2]
Pour un cœur bien placé c'est un supplice horrible [AL. DUVAL, Manie des grand. III, 8]
Bien placé, mal placé, se dit aussi de ce dont on fait un bon, un mauvais emploi.
Zoon plaisait aux yeux ; mais ce n'est pas assez ; Son peu d'esprit, son humeur sombre Rendaient ses talents mal placés [LA FONT., Filles de Minée.]
Convenable.
Je ne lui ai jamais rien entendu dire qui ne fût bien placé et dit de bon goût [MARIVAUX, Marianne, 5e part.]
Assez placé, assez convenable.
Il eût été assez placé que le Kain ou Mlle Clairon eût présenté l'ouvrage [Tancrède à Mme de Pompadour] [VOLT., Lett. d'Argental, 15 avr. 1761]
Cela n'est pas bien placé, se dit d'une chose que l'on désapprouve comme peu convenable.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    PLACÉ. Ajoutez :
    Terme de turf. Un cheval est placé, quand il n'est distancé par le gagnant que de quelques longueurs ; dans le cas contraire, il n'est pas placé.