plaindre


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plaindre

v.t. [ du lat. plangere, se frapper la poitrine ]
Éprouver de la compassion pour qqn : Comme je les plains d'avoir dû quitter leur pays !
s'apitoyer sur, compatir avec
Être, ne pas être à plaindre,
mériter ou non la compassion des autres.
Ne pas plaindre sa peine ou son temps,
Vieilli se dépenser sans compter.

se plaindre

v.pr.
1. Exprimer sa souffrance ; se lamenter : On entendait les blessés se plaindre
2. Manifester son mécontentement : Elle s'est plainte du rythme de travail
protester contre : Ils se plaignent que les prix ont augmenté.

plaindre


Participe passé: plaint
Gérondif: plaignant

Indicatif présent
je plains
tu plains
il/elle plaint
nous plaignons
vous plaignez
ils/elles plaignent
Passé simple
je plaignis
tu plaignis
il/elle plaignit
nous plaignîmes
vous plaignîtes
ils/elles plaignirent
Imparfait
je plaignais
tu plaignais
il/elle plaignait
nous plaignions
vous plaigniez
ils/elles plaignaient
Futur
je plaindrai
tu plaindras
il/elle plaindra
nous plaindrons
vous plaindrez
ils/elles plaindront
Conditionnel présent
je plaindrais
tu plaindrais
il/elle plaindrait
nous plaindrions
vous plaindriez
ils/elles plaindraient
Subjonctif imparfait
je plaignisse
tu plaignisses
il/elle plaignît
nous plaignissions
vous plaignissiez
ils/elles plaignissent
Subjonctif présent
je plaigne
tu plaignes
il/elle plaigne
nous plaignions
vous plaigniez
ils/elles plaignent
Impératif
plains (tu)
plaignons (nous)
plaignez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais plaint
tu avais plaint
il/elle avait plaint
nous avions plaint
vous aviez plaint
ils/elles avaient plaint
Futur antérieur
j'aurai plaint
tu auras plaint
il/elle aura plaint
nous aurons plaint
vous aurez plaint
ils/elles auront plaint
Passé composé
j'ai plaint
tu as plaint
il/elle a plaint
nous avons plaint
vous avez plaint
ils/elles ont plaint
Conditionnel passé
j'aurais plaint
tu aurais plaint
il/elle aurait plaint
nous aurions plaint
vous auriez plaint
ils/elles auraient plaint
Passé antérieur
j'eus plaint
tu eus plaint
il/elle eut plaint
nous eûmes plaint
vous eûtes plaint
ils/elles eurent plaint
Subjonctif passé
j'aie plaint
tu aies plaint
il/elle ait plaint
nous ayons plaint
vous ayez plaint
ils/elles aient plaint
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse plaint
tu eusses plaint
il/elle eût plaint
nous eussions plaint
vous eussiez plaint
ils/elles eussent plaint

PLAINDRE

(plin-dr') , je plains, tu plains, il plaint, nous plaignons, vous plaignez, ils plaignent ; je plaignais, nous plaignions ; je plaignis ; je plaindrai ; je plaindrais ; plains, qu'il plaigne, plaignons ; que je plaigne, que nous plaignions ; que je plaignisse ; plaignant ; plaint v. a.
Témoigner un sentiment de chagrin pour les peines d'autrui ou de soi-même.
Plaindre les malheureux n'est pas contre la concupiscence [l'ensemble des mauvais penchants] ; au contraire, on est bien aise d'avoir à rendre ce témoignage d'amitié, et à s'attirer la réputation de tendresse sans rien donner [PASCAL, Pensées, VI, 34, éd. HAVET.]
Ceux qui admiraient sa fermeté [de Mme de Montausier malade] perdirent la leur ; ceux qui la plaignaient paraissaient presque les seuls à plaindre [FLÉCHIER, Mme de Mont.]
Fidèle dans leurs disgrâces [de ses amis], il osa les louer et les servir en des temps où les autres n'osaient presque pas les plaindre [ID., Duc de Mont.]
Je plaindrais le cardinal de Rohan, si je pouvais plaindre un homme qui a l'honneur d'être la victime de son zèle pour la vérité [MAINTENON, Lettre à Mme de Caylus, 10 janvier 1718]
Je plains les malheureux depuis que je le suis ; et je sens que mon cœur s'intéresse pour cet homme, sans savoir pourquoi [FÉN., Tél. XXIV]
J'ai vu Bolingbroke rongé de chagrins et de rage ; et Pope, qu'il engagea à mettre en vers cette mauvaise plaisanterie [Tout est bien], était un des hommes les plus à plaindre que j'aie jamais connus [VOLT., Princ. d'act. XVI]
On croit être plaint quand on est écouté [GRAFFIGNY, Lett. péruv. v.]
Témoigner de la compassion au sujet de.
Je vous plains bien de vos méchantes compagnies [SÉV., 6 janv. 1672]
Je vous ai souvent plainte de la vie ennuyeuse que vous menez depuis huit ans [MAINTENON, Lett. à Mme de Ventadour, 20 avril 1712]
Tous sont contents d'eux-mêmes et de leur esprit, et l'on ne veut pas dire qu'ils en soient entièrement dénués ; mais on les plaint de ce peu qu'ils en ont, et, ce qui est pire, on en souffre [LA BRUY., V]
Plaindre de, avec le verbe à l'infinitif.
Je te plains de tomber dans ses mains redoutables [RAC., Athal. II, 5]
Être à plaindre, mériter d'être plaint.
Atys, que vous seriez à plaindre Si vous saviez tous vos malheurs ! [QUIN., Atys, I, 6]
Non, il n'est homme à plaindre ici que le méchant [COLLIN D'HARLEVILLE, Optimiste, V, 11]
Vous êtes bien à plaindre, bien digne de compassion.
Mme de la Fayette m'a mandé qu'elle allait vous écrire, mais que la migraine l'en empêche : elle est fort à plaindre de ce mal [SÉV., 76]
Se dit souvent ironiquement. On vous envoie en province avec une belle place ; vous êtes bien à plaindre ! N'être pas à plaindre, être dans une condition où l'on ne doit pas être plaint.
Il y a beaucoup de jolies sottes, beaucoup de jolies friponnes ; vous avez épousé beauté, bonté et esprit ; vous n'êtes pas à plaindre [VOLT., Lett. Saurin, oct. 1761]
Ainsi elle n'était sûrement pas à plaindre, quoiqu'elle se plaignît toujours [J. J. ROUSS., Conf. X]
En parlant des choses pour lesquelles on témoigne sa pitié.
....ô qu'il est doux de plaindre Le sort d'un ennemi quand il n'est plus à craindre ! [CORN., Pomp. V, 1]
Ne plaignons plus ses disgrâces, qui font maintenant sa félicité [dans le paradis] [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
La vieillesse.... Toujours plaint le présent et vante le passé [BOILEAU, Art p. III]
Je révoque des lois dont j'ai plaint la rigueur [RAC., Phèdre, II, 2]
Votre sort est à plaindre, je l'avoue [MASS., Carême, Voc.]
Plaindre quelque chose, exprimer des plaintes de la perte, de la privation de quelque chose.
Ce triste et fier honneur m'émeut sans m'ébranler ; J'aime ce qu'il me donne, et je plains ce qu'il m'ôte [CORN., Hor. II, 3]
Plaindre que, se montrer fâché que.
Il [mon fils] m'en avait parlé le premier.... plaignant et regrettant, tout comme nous, que M. le chevalier ne conduisît pas ses premières années [du jeune Grignan] [SÉV., 22 janv. 1690]
Employer à regret, donner avec répugnance et parcimonie.
Sachant très bien qu'en amour comme en guerre On ne doit plaindre un métal qui fait tout, [LA FONT., Coupe]
Je crois que mon fils ne plaindrait pas de plus gros gages pour avoir un vrai bon cuisinier [SÉV., 26 févr. 1685]
Que mon âme, en ce jour de joie et d'opulence, D'un superbe convoi plaindrait peu la dépense ! [BOILEAU, Ép. V]
On ne plaint pas son argent pour voir un opéra-comique, et on le plaindra pour avoir des aqueducs [VOLT., Lett. de Parcieux, 17 juill. 1767]
Se plaindre une chose, s'en passer par avarice.
Celui qui amasse injustement des richesses en se plaignant sa propre vie, les amasse pour d'autres [SACI, Bible, Ecclésiast. XIV, 4]
Il ne lui manque aucune de ces curieuses bagatelles que l'on porte sur soi ; et il ne se plaint non plus toute sorte de parure qu'un jeune homme qui a épousé une riche vieille [LA BRUY., II]
Oh ! la belle leçon pour la plupart des pères ! Ils se plaignent souvent les choses nécessaires ; Pour qui ? pour des ingrats, pour des extravagants.... [DESTOUCH., Dissip. I, 7]
Regretter.
Vous avez peut-être regret de m'avoir fait ce bien-là sans y penser ; ne me le plaignez point, aimable Léonore [SCARR., Rom. com. I, 13]
Et on plaindra à ces gens-là des grandeurs dont ils font un si bon usage ! [SÉV., 597]
Si votre main gauche plaint ce que donne votre main droite [FLÉCH., III, 468]
Chacun a bien fait son devoir, ne plaignons point quelques moments de trouble [BEAUMARCH., Mère coup. V, 8]
Plaindre sa peine, travailler mollement et sans se donner véritablement de la peine.
Tout le mal qu'on dit d'elle [de la langue française] n'est vrai qu'entre les mains d'un homme sans génie ou qui plaint sa peine [D'OLIVET, Prosod. franç. V, 1]
Il ne plaint pas sa peine, ses peines, il est obligeant, actif.
V. n. Pousser des plaintes, des gémissements.
C'est fait de moi, quoi que je fasse ; J'ai beau plaindre et beau soupirer.... [MALH., V, 5]
Et Cléone et le roi s'y jettent pour l'éteindre [le feu] : Mais, ô nouveau sujet de pleurer et de plaindre, Ce feu saisit le roi ; ce prince en un moment Se trouve enveloppé du même embrasement [CORNEILLE, Méd. V, 1]
Se plaindre, V. réfl. Se lamenter.
Et quiconque se plaint cherche à se consoler [CORN., Pomp. V, 1]
Qu'avons-nous à nous plaindre, lorsqu'il ne plaît pas à Dieu de nous écouter ? [BOURD., Pensées, t. II, p. 90]
Mais l'amour qui se plaint le plus N'est pas toujours le plus à plaindre [QUINAULT, Phaéton, II, 4]
La pauvre Fanchon s'est plainte de beaucoup de maux de tête tout le matin [RAC., Lett. XXV, à son fils.]
Poétiquement.
Sous les fougueux coursiers l'onde écume et se plaint [BOILEAU, Épît. IV]
Témoigner des regrets, du mécontentement.
Mais donnons quelque chose à Rome qui se plaint [CORN., Nicom. IV, 3]
Et si vous vous plaignez de moi, Je ne sais pas de bonne foi, Ce qu'il faut pour vous satisfaire [MOL., Amph. II, 2]
Gardons-nous bien de nous plaindre des gens dont nous devons nous louer [SÉV., 247]
Je le plains plus que je ne m'en plains [MAINTENON, Lett. à d'Aubigné, 2 sept. 1681]
Quand vous me haïriez, je ne m'en plaindrais pas [RAC., Phèdre, II, 5]
Il est souvent plus utile de quitter les grands que de s'en plaindre [LA BRUY., IX.]
Se plaindre que, avec l'indicatif (le sens est que l'acte exprimé par le verbe à l'indicatif n'a rien d'hypothétique).
La mouche, en ce commun besoin, Se plaint qu'elle agit seule et qu'elle a tout le soin [LA FONT., Fabl. VII, 9]
Elle se plaint que vous avez fini le premier un commerce qui lui faisait un grand plaisir [SÉV., 7 sept. 1689]
Nous nous sommes plaints que la mort, ennemie des fruits que nous promettait la princesse, les a ravagés dans la fleur [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Parlez ; Phèdre se plaint que je suis outragé [RAC., Phèdre, III, 5]
Vous vous plaignez que votre ennemi vous a décrié en secret et en public [MASS., Carême, Pardon.]
Se plaindre que, avec le subjonctif (le sens est que l'acte exprimé par le verbe au subjonctif est hypothétique).
Combien de fois ne s'est-on pas plaint que les affaires n'eussent ni règle ni fin ! [BOSSUET, le Tell.]
Vous-même, monsieur, pouvez-vous vous plaindre qu'on n'ait pas rendu justice à votre dialogue de l'amour et de l'amitié ? [BOILEAU, Lett. à Ch. Perrault.]
Quelques-uns ont pris l'intérêt de Narcisse, et se sont plaints que j'en eusse fait un très méchant homme [RAC., Brit. Préf.]
Se plaindre de ce que.
Ces hérésiarques se sont-ils plaints de ce qu'on leur imposait ce qu'ils ne disaient pas ? [PASC., Lettre de Nic. au P. Annat.]
Former une plainte en justice. Il est allé se plaindre au commissaire.
Témoigner de la compassion l'un pour l'autre.
Comme ceux qui courent le même péril se plaignent les uns les autres par une expérience sensible de leurs communes disgrâces [BOSSUET, 1er serm. Nativité, 2]
Témoigner de la compassion pour soi-même.
Il plaignait ceux qui l'aimaient, beaucoup plus qu'il ne se plaignait lui-même [VOLT., l'Ingénu, 10]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Plainums ansemble le doel [deuil] de nostre ami [, St Alexis, XXX]
    Jamais n'ert [ne sera] jur que Charles ne se pleigne [, Ch. de Rol. LXXI]
    Pleindre poons [nous pouvons] France douce la belle [, ib. CXXVI]
  • XIIe s.
    Et quant je plus plaing et souspir.... [, Couci, XVIII]
    À tort s'en plaint li uns, puisque l'autre s'en loue [, Sax. XVII]
    Mult me plaig de ses hummes, sainz Thomas respundié [répondit], Qui nos iglises tienent à force e à pechié [, Th. le mart. 142]
  • XIIIe s.
    Cil fu durement plains et plorés de Guillaume son frere et des autres barons [VILLEH., CXI]
    Et furent mout destroit et irié, et mout durement se plaintrent de ceux qui la mellée avoient faite de l'empereur Baudoin et du marchis de Montferrat [ID., CXIX.]
    Et se li sires ne veut faire ceste requeste et li parchonier s'en plaignent au sovrain, li sovrains le doit fere fere [BEAUMANOIR, XXII, 8]
    Le roy ne requist ne ne prist onques aide [impôt] des siens barons, ne à ses chevaliers, n'à ses hommes, ne à ses bones villes dont en [on] se plainsist [JOINV., 207]
    Il ne muet pas de sens [il n'a pas de sens] celui ki plaint Peine et travail ki li ert [sera] avantage [MÄTZNER, p. 23]
  • XIVe s.
    Et se j'ai vostre argent, ne me le plaindés jà ; Car si tost que je l'ai, li taverniers l'ara [, Baud. de Seb. VIII, 921]
  • XVe s.
    Quand il sçut que les François chevauchoient, qui ardoient le pays, et ouït les poures gens pleurer, crier et plaindre le leur, si en eut grant pitié [FROISS., I, I, 111]
    Les aucuns sages [princes] se sont bien sceu servir des plus apparans [clercs pour conseillers], et les chercher sans y rien plaindre [COMM., II, b.]
    Parler à quelque amy, et hardiment plaindre ses douleurs [ID., V, 5]
    Le noble roy de France le plaint [plaignit] et regretta [du Guesclin], comme Charlemagne fit son neveu Roland [, Mém. sur du Guesclin. p. 546, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    L'un va plaignant ses gras bœufs delaisser [MAROT, I, 311]
    Ne plain donc point de laisser mere et pere [ID., IV, 290]
    L'un se plainct qu'il luy fault.... [MONT., I, 79]
    Le duc René plainsit aussi la mort du duc de Bourgoigne [ID., I, 268]
    Je plaignois les malades beaucoup plus que je ne me treuve à plaindre moy mesme [ID., II, 52]
    Je plains le temps que met Platon à ces longues interlocutions [ID., II, 107]
    On ne plaind jamais ce qu'on n'a jamais eu [ID., IV, 363]
    Il est fort vieil ; mais au demourant il n'a que plaindre en luy [il est ingambe, sans infirmité] [AMYOT, Caton, 50]
    Dieu ne la plaint [la sagesse] à personne qui la luy demande avec fermeté de vive foy [ID., Moral. Épît.]
    Il se plaignoit alors de saine teste, comme on dit en commun proverbe [H. EST., Apol. d'Hér. p. 218, dans LACURNE]
    Assez demande qui se plaind [COTGRAVE, ]
    Femme se plaind, femme se deult, femme est malade quand elle veut [ID., ]
    Tel est plein qui se plaind [ID., ]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, plaind ; Berry, plainer, se plainer ; prov. planher, plagner, plaigner, plaingner, planger, plainer, planer ; anc. cat. planger ; ital. piangere ; du lat. plangere, plaindre, proprement frapper avec bruit, battre, puis se battre soi-même par douleur ; c'est la racine nasalisée plag, qui se trouve dans plaga, plaie (voy. ce mot).

plaindre

PLAINDRE. (Il se conjugue comme CONTRAINDRE.) v. tr. Prendre en pitié les maux d'autrui, en être touché, témoigner la compassion que l'on éprouve pour quelqu'un. Plaindre les malheureux. Je plains sa famille. Tout le monde vous plaint. C'est un homme qui mérite qu'on le plaigne. Il est bien à plaindre. Je vous plains de la perte que vous avez faite. Je vous plains d'en être réduit à cette extrémité.

Il se dit aussi des Choses. Je plains votre malheur.

Il signifie aussi Employer, donner avec répugnance, à regret, d'une manière insuffisante. Il ne faut pas plaindre sa peine, ses pas, son temps quand il s'agit d'obliger.

Il ne plaint pas la dépense, Il dépense volontiers.

SE PLAINDRE signifie Se lamenter. Il a souffert de grandes douleurs sans se plaindre. Il se plaint pour la moindre chose. Il aime à se plaindre et à être plaint.

Il signifie aussi Témoigner son mécontentement de quelque chose, du mécontentement contre quelqu'un. Il se plaint fort de vous et du mauvais accueil que vous lui avez fait. Tout le monde croit être en droit de se plaindre de la fortune. Il se plaint qu'on l'ait calomnié.

Il signifie, en termes de Jurisprudence et de Police, Porter plainte. Il est allé se plaindre au commissaire.

plaindre

Plaindre vient de Plangere, par mutation de g en d.

Se plaindre ou complaindre, Queri, Conqueri.

Plaindre et pleurer les maux de ceste vie, Vitam deplorare.

Plaindre quelque chose en pleurant, Deflere.

Se plaindre d'aucun et le blasmer de quelque mal qu'il a fait, Incusare.

On ne s'en peut plaindre par honneur, Huiusmodi iniuriae vel facinoris nulla nec ciuilis nec honoraria persecutio est, B.

Je me plain, et demande à avoir raison de ce que tu as fait depuis, etc. Ex ea die ad hanc diem quae fecisti, in iudicium voco.

De quoy te plains tu? Quid clamitas?

Pourquoy te plains tu de moy? Quid me incusas?

Ordonner qu'on ira vers aucun prince ou peuple, pour se plaindre d'aucun, Legationem contra aliquem decernere.

S'excusans ou plaignans de l'indisposition du temps, Intemperiem caeli incusantes.

Quand on se plaind des mauvais temps, Querela temporum.

Qui est à plaindre, Deplorandus.

¶ Plaindre sa despense, Parcere impensae.

Plaindre sa peine, Parcere labori.

Qui plaind sa peine, Parcus opera.

Qui a esté plaint et pleuré, Defletus, Ploratus.

plaindre


PLAINDRE, v. act. PLAINTE, s. f. PLAINTIF, IVE, adj. PLAINTIVEMENT, adv. [Plein-dre, plein-te, tif, tive, tive-man: 1re lon. 2e e muet aux deux premiers, lon. aux deux derniers dont la 3e e muet.] Plaindre, actif, avoir pitié de... "Je vous plains: on ne le plaint pas lui: on plaint sa famille. = Se plaindre, réciproque, sans régime, gémir, lamenter. "Soufrir sans se plaindre. = Avec la prép. de, témoigner du mécontentement, du déplaisir: "J'ai bien lieu de me plaindre de vous. On dit, en st. famil. plaindre sa peine, ses soins, ses pâs, son temps; les employer avec répugnance et à regret. Ne point plaindre l'argent, la dépense, dépenser volontiers, ne pas regarder à ce qu'il en coûte pour se satisfaire. "On n'a point plaint l'argent à ce batiment: on n'y a rien épargné. "Il ne se plaint non plus toute sorte de parûre qu'un jeune homme, qui a épousé une riche veûve. La Bruy. "Ce Maître ne leur avoit pas plaint une éducation, qui tournoit à son profit. Du Bos. Plaindre le pain à ses enfans; l'avoine à ses chevaux, etc. ne pas leur en doner sufisamment. On dit aussi plaindre le pain, l'avoine qu'ils mangent, etc. Avoir regret aux dépenses les plus nécessaires. Se plaindre toutes chôses, se pâsser des chôses, dont on a le plus besoin. Avec ce régime direct, le pronom se est au datif: se plaindre à soi-même: dans se plaindre, sans régime, ce pronom est l'acusatif: se plaindre soi-même.
   Rem. 1°. Brébeuf a écrit pleindre. Autrefois on écrivait, je plainds, tu plainds, il plaind. Aujourd'hui l'on retranche le d aux deux premieres persones, et l'on termine la 3e par un t: au pluriel du présent et aux deux nombres de l'imparfait et de l'aoriste, et au subjonctif et au participe actif on met un g devant l'n: nous plaignons, etc. je plaignois ou plaignais, etc. je plaignis, que je plaigne, je plaignisse, plaignant. = La Fontaine a encôre écrit, je vous plainds. = 2°. On faisait aussi ce verbe neutre, et l'on disait plaindre, sans régime, comme nous disons gémir.
   J'ai beau plaindre et beau soupirer,
   Le seul remède en ma disgrâce,
   C'est qu'il n'en faut point espérer.
       Malherbe.
  Aimant mieux plaindre par coutume,
  Que vous consoler par raison. Id.
  Autre coeur que le mien auroit-il la constance
  De soufrir tant de mal sans plaindre et soupirer.
       Bertaud.
On le dit encôre dans les Provinces méridionales. "Il plaint beaucoup: il a plaint toute la nuit. C'est un vrai gasconisme. = 3°. Plaindre régit la prép. de devant l'infinitif. "Ne me plaignez que de n'avoir point ma chère fille. Sév. "Il se plaint d'avoir été mal reçu. Se plaindre régit aussi la conjonction que avec le subjonctif. "Il se plaint que son éducation ait été négligée. Ann. Litt. = 4°. On se plaint du mal et non pas du bien. L'Ab. Prévot parlant de l'arrivée des Portugais chez des sauvages, dit que: "On n'eut pas à se plaindre de leur civilité: ils troquèrent des perroquets contre du papier. Il me semble qu'il falait dire qu'on n'eut pas à se plaindre de leur incivilité, ou qu'on n'eut qu'à se louer de leur civilité.
   PLAINTE, est 1°. Gémissement, lamentation. Il correspond à se plaindre sans régime. "Il s'abandone aux cris et aux plaintes. "Les plaintes d' un homme, qui soufre. Voy. LAMENTATION. — 2°. Mécontentement qu'on témoigne de vive voix ou par écrit. Il a raport à se plaindre de. "Doner des sujets de plainte. Former des plaintes contre. "Porter ou faire ses plaintes à quelqu'un contre un aûtre de quelque tort qu'on croit avoir reçu. = Au Palais; rendre sa plainte au Juge, au Comissaire, exposer le sujet qu'on a de se plaindre. = Hors du Palais, on le dit rârement au singulier, excepté dans sujet de plainte et dans le sens de lamentation, pris indéterminément: "Il faut que je m'acoutume à ce chagrin, puisque la plainte est inutile. Sév. Avec les pronoms possessifs, on l'emploie ordinairement au pluriel: je suis lâs de vos plaintes continuelles. Les Poètes ont droit de l'employer dans l'un et l'aûtre nombre suivant le besoin de la mesûre ou de la rime.
   Claude même, lassé de ma plainte éternelle.
       Racine.
  PLAINTIF, qui se plaint. Il se dit ordinairement des chôses qui ont raport à la persone: ton plaintif, voix plaintive. = On ne le dit guère des persones. On dit seulement qu'un homme est plaintif, pour dire qu'il se plaint à tout propôs, et on ne le dit que dans le style familier. "Toujours chagrin, toujours plaintif. = Les Poètes le disent des Manes et des Ombres.
   PLAINTIVEMENT, d'une manière plaintive. On l'emploie d'ordinaire en critiquant et en se moquant. Réciter un discours plaintivement: c'est le défaut de plusieurs Prédicateurs. "Il chante plaintivement les airs les plus gais.

Synonymes et Contraires

plaindre

verbe plaindre
Éprouver de la peine pour.

plaindre (se)

verbe pronominal plaindre (se)
1.  Exprimer sa souffrance.
Traductions

plaindre

bemitleiden, Mitleid haben, sich erbarmen, mitfühlenpity, have compassion on, complain, sympathizebeklagen, medelijdenhebben, medelijdenhebbenmet, medelijden hebben, medelijden hebben met, sympathiserenbeklaag, beklaecompadir, compadir-se de, plànyerhave medlidenhed, have medlidenhed med, vise forståelse forλυπάμαι, συμμερίζομαιkompaticompadecer, simpatizarsääliä, tuntea sympatiaaadu, mengaduhafa meðaumkun, hafa meðaumkun med, vorkennacompatisynes synd, synes synd på, ha medfølelse medwspółczućcompadecer-se, apiedar-se de, lastimarcompătimiжалеть, жалко, жаловаться, сочувствоватьha medlidande, ha medlidande med, tycka synd om, sympatiseraacımak, halden anlamakcompatire, simpatizzareيَتَعَاطَفُmít porozuměnísuosjećati同情する동정하다เห็นใจthông cảm同情להתלונן (plɛ̃dʀ)
verbe transitif
avoir de la peine pour qqn

plaindre

[plɛ̃dʀ] vt (= compatir avec) → to feel sorry for, to pity
Je te plains → I feel sorry for you. [plɛ̃dʀ] vpr/vi
(= gémir) → to moan
(= protester) → to complain
se plaindre à qn de qch → to complain to sb about sth
Ils se sont plaints au directeur → They complained to the manager.
Elle s'est plainte du bruit → She complained about the noise.
se plaindre de (= souffrir de) [+ maux de tête] → to complain of