planté, ée

PLANTÉ, ÉE

(plan-té, tée) part. passé de planter
Mis en terre pour prendre et pousser, en parlant des végétaux.
Tous ses bords sont couverts de saules non plantés [BOILEAU, Épître VI]
Il se dit d'un terrain où il y a des arbres. Terre bien plantée, mal plantée.
Maison bien plantée, bâtie dans une situation agréable. Terme de blason. Planté dans l'eau, se dit d'un édifice représenté avec de l'eau qui en baigne le pied.
Cheveux bien plantés, cheveux bien placés sur le front.
Les cheveux bien plantés, et dociles pour cet arrangement naturel qui coûte tant à trouver [HAMILT., Gramm. 7]
Terme de maréchalerie. Poil planté, poil hérissé et lavé.
Debout et immobile.
Vous le voyez [l'amateur de fleurs] planté et qui a pris racine au milieu de ses tulipes [LA BRUY., XIII]
Planté sur ses pieds, sur ses pattes, reposant sur ses pieds, sur ses pattes.
La main gauche [d'Endymion endormi].... tient à peine la laisse d'un chien qui, planté sur ses pattes de derrière, cherche à regarder au-dessus du rocher [CHATEAUBR., Italie, Musée capitolin.]
Être bien planté sur ses pieds, ou, simplement, être bien planté, se tenir de bonne grâce.
Mais est-il vif, alerte, étourdi, bien planté, Bon vivant ? car je veux tout cela pour ma fille [DESTOUCH., Glor. I, 5]
On juge les chevaux par la conformation de leurs parties apparentes et par la manière dont ils sont plantés sur leurs jambes [GENLIS, Maison rust. t. I, p. 187, dans POUGENS]
Une statue, une figure en pied bien plantée, une statue, une figure debout en belle attitude.
Fig. Fiché.
Vous les [nos étendards] verriez plantés jusques sur vos tranchées [RAC., Alex. II, 2]
Fig. Introduit, établi, comme un végétal planté en terre.
[Si l'homme connaissait la véritable justice] on la verrait plantée par tous les états du monde et dans tous les temps [PASC., Pens. III, 8, éd. HAVET.]
La foi plantée dans l'Amérique, parmi tant d'orages, ne cesse pas d'y porter des fruits [FÉN., Serm. pour l'Épiph.]
Fig. Posté à demeure.
Me voilà plantée au coin de mon feu, une petite table devant moi [SÉV., 15 déc. 1688]
Il est vrai que ces deux bouts de la terre où nous sommes plantées est une chose qui fait frémir [ID., 17 mars 1680]
Je ne savais d'abord quel était le dessein de ces jeunes gens d'être ainsi plantés devant la porte de la comédie [MARIVAUX, Pays. parv. part. 6]
Que fais-tu là, planté contre cette muraille ? [LACHAUSSÉE, Préjugé à la mode, III, 9]
Familièrement. Être planté quelque part, ne pas bouger d'un lieu.
Il y a trois jours que cette femme est plantée ici [SÉV., 435]