pleurer

(Mot repris de pleurasses)

pleurer

v.i. [ lat. plorare ]
1. Verser des larmes : Cesse de pleurer, tout va s'arranger sangloter
2. En électroacoustique, être affecté de pleurage.
3. Laisser échapper la sève, en parlant des arbres et de la vigne fraîchement taillés.
À pleurer,
à un point tel qu'on devrait en pleurer : Il est bête à pleurer.
N'avoir plus que les yeux pour pleurer,
avoir tout perdu.
Pleurer comme une Madeleine ou toutes les larmes de son corps,
verser des larmes abondantes.
Pleurer sur,
déplorer : Arrête un peu de pleurer sur ton sort ! s'apitoyer sur, se lamenter sur ; se réjouir de
v.t.
1. Déplorer la disparition, la mort de qqn ou la perte de qqch : Elle pleure un ami.
2. Litt. Laisser couler des larmes : Pleurer des larmes de joie.
Ne pas pleurer sa peine, son argent,
Fam. ne pas les épargner.

pleurer


Participe passé: pleuré
Gérondif: pleurant

Indicatif présent
je pleure
tu pleures
il/elle pleure
nous pleurons
vous pleurez
ils/elles pleurent
Passé simple
je pleurai
tu pleuras
il/elle pleura
nous pleurâmes
vous pleurâtes
ils/elles pleurèrent
Imparfait
je pleurais
tu pleurais
il/elle pleurait
nous pleurions
vous pleuriez
ils/elles pleuraient
Futur
je pleurerai
tu pleureras
il/elle pleurera
nous pleurerons
vous pleurerez
ils/elles pleureront
Conditionnel présent
je pleurerais
tu pleurerais
il/elle pleurerait
nous pleurerions
vous pleureriez
ils/elles pleureraient
Subjonctif imparfait
je pleurasse
tu pleurasses
il/elle pleurât
nous pleurassions
vous pleurassiez
ils/elles pleurassent
Subjonctif présent
je pleure
tu pleures
il/elle pleure
nous pleurions
vous pleuriez
ils/elles pleurent
Impératif
pleure (tu)
pleurons (nous)
pleurez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais pleuré
tu avais pleuré
il/elle avait pleuré
nous avions pleuré
vous aviez pleuré
ils/elles avaient pleuré
Futur antérieur
j'aurai pleuré
tu auras pleuré
il/elle aura pleuré
nous aurons pleuré
vous aurez pleuré
ils/elles auront pleuré
Passé composé
j'ai pleuré
tu as pleuré
il/elle a pleuré
nous avons pleuré
vous avez pleuré
ils/elles ont pleuré
Conditionnel passé
j'aurais pleuré
tu aurais pleuré
il/elle aurait pleuré
nous aurions pleuré
vous auriez pleuré
ils/elles auraient pleuré
Passé antérieur
j'eus pleuré
tu eus pleuré
il/elle eut pleuré
nous eûmes pleuré
vous eûtes pleuré
ils/elles eurent pleuré
Subjonctif passé
j'aie pleuré
tu aies pleuré
il/elle ait pleuré
nous ayons pleuré
vous ayez pleuré
ils/elles aient pleuré
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse pleuré
tu eusses pleuré
il/elle eût pleuré
nous eussions pleuré
vous eussiez pleuré
ils/elles eussent pleuré

PLEURER

(pleu-ré ; Chifflet, Gramm. p. 98, recommande de ne pas dire plorer) v. n.
Répandre des larmes.
Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau [CORN., Cid, III, 3]
Je cherche le silence et la nuit pour pleurer [ID., ib. III, 4]
On pleure pour être plaint ; on pleure pour avoir la réputation d'être tendre ; on pleure pour être pleuré ; enfin on pleure pour éviter la honte de ne pleurer pas [LA ROCHEFOUCAULD, Max. 233]
Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés ! [SACI, Bible, Évang. St Math. v, 5]
Je les relis [vos lettres] .... je ne puis pas seulement approcher des premières lignes sans pleurer du fond de mon cœur [SÉV., à Mme de Grignan, 23 déc. 1671]
Il est vrai qu'il y a des pensées et des paroles qui sont étranges ; mais rien n'est dangereux quand on pleure [ID., 29 mai 1675]
Mais que ces retours sont doux, et qu'on a quelquefois de plaisir à pleurer ! [ID., 16 oct. 1680]
J'apprenais à pleurer devant un grand miroir [BOURSAULT, Merc. gal. IV, 2]
Et les plus malheureux osent pleurer le moins [RAC., Iphig. I, 5]
Tout Israël périt : pleurez, mes tristes yeux [ID., Esth. I, 5]
Pleure, Jérusalem, pleure, cité perfide [ID., Athal. III, 7]
Tel qui rit vendredi dimanche pleurera [ID., Plaid. I, 1]
On n'a pas dans le cœur de quoi toujours pleurer [LA BRUY., IV]
Les enfants rient et pleurent facilement [ID., XI]
D'où vient que l'on rit librement au théâtre, et que l'on a honte d'y pleurer ? [ID., I]
Vous avez je ne sais quelle inclination fatale pour la comédie larmoyante, qui abrégera mes jours ; je ne vous en aime pas moins ; mais je pleure dans ma retraite, quand je songe que vous aimez à pleurer à la comédie [VOLT., Lett. d'Argental, 5 sept. 1772]
L'abbé Galiani m'a beaucoup déplu, à moi, en confessant qu'il n'avait jamais pleuré de sa vie, et que la perte de son père, de ses frères, de ses sœurs, de ses maîtresses ne lui avait pas coûté une larme [DIDER., Mém. t. I, p. 255, dans POUGENS]
L'homme pleure, et voilà son plus beau privilége [DELILLE, Pit. ch. I]
Pleurez, doux alcyons, ô vous, oiseaux sacrés, Oiseaux chers à Thétys, doux alcyons, pleurez [A. CHÉN., Élég. XX]
Mais si, d'un long crêpe voilée, Mon amante dans la vallée Venait pleurer quand le jour fuit [MILLEVOYE, Chute des feuilles.]
Mais pourquoi m'entraîner vers ces scènes passées ? Laissons le vent gémir et le flot murmurer ; Revenez, revenez, ô mes tristes pensées ; Je veux rêver et non pleurer [LAMART., Harm. IV, 10]
Elle a dormi quinze ans dans sa couche d'argile, Et rien ne pleure plus sur son dernier asile [ID., ib.]
Pleurer de, avec un substantif.
Je reconnais Néarque, et j'en pleure de joie [CORN., Poly. Il, 6]
Le loup déjà se forge une félicité Qui le fait pleurer de tendresse [LA FONT., I, 5]
Annibal, qui pleura de douleur en cédant aux Romains cette terre où il les avait tant de fois vaincus [MONTESQ., Rom. v.]
Pleurer de, avec un verbe à l'infinitif.
Alexandre pleura de n'avoir point d'Homère [DELILLE, Imag. v.]
Pleurer sur, déplorer.
Il [Jésus] les avertit [les femmes de Jérusalem] de pleurer et de ne pas pleurer ; de ne pas pleurer sur lui, qui par sa mort allait être glorifié, mais de pleurer sur elles-mêmes et sur leurs enfants [BOURDAL., Myst. Passion de J. C. t. I, p. 242]
[Monime] pleurant sur cette malheureuse beauté qui, au lieu d'un mari, lui avait donné un maître [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. x, p. 199, dans POUGENS]
C'est une espèce d'Héraclite chrétien, toujours prêt à pleurer sur la folie de ses semblables [DIDER., Mém. t. I, p. 91, dans POUGENS]
Pleurer comme un enfant, pleurer abondamment et facilement comme fait un enfant.
Mais enfin, me remettant devant les yeux ce que je devais à son père et à son frère, je n'eus recours qu'à mes larmes : je pleurai comme un enfant [SCARR., Rom. com. I, 15]
Pleurer comme une Madeleine, pleurer avec effusion. Familièrement. Pleurer comme un veau, comme une vache, pleurer excessivement.
Pétrarque... En eût de marrison [de chagrin] pleuré comme une vache [RÉGNIER, Sat. X]
Depuis, pour l'amour d'elle, il pleure comme un veau [DANCOURT, Sancho Pança, II, 3]
On dirait qu'il a pleuré pour avoir un habit, un chapeau, etc. se dit d'un homme qui a un habit écourté, un chapeau trop petit. Il ne lui reste, on ne lui a laissé que les yeux pour pleurer, il a tout perdu, on lui a tout pris. Il pleure d'un œil et rit de l'autre, se dit d'un homme incertain entre deux sentiments opposés.
Il pleure d'un œil et il rit de l'autre [LA BRUY., VIII]
Jean qui pleure et Jean qui rit, homme qui se laisse aller aux sentiments les plus opposés d'un instant à l'autre ; c'est le titre d'un poëme de Voltaire, où l'auteur montre qu'il y a dans le monde de quoi se réjouir et de quoi s'affliger.
S. m. Le pleurer.
En quoi consiste le rire et le pleurer [DESC., L'homme.]
En cet endroit où il [Homère] fait pleurer Achille et Priam, l'un du souvenir de Patrocle, l'autre de la mort du dernier de ses enfants, il dit qu'ils se soûlent de ce plaisir, il les fait jouir du pleurer comme si c'était quelque chose de délicieux [LA FONT., Psyché, I, p. 96]
Pleurer se dit des larmes provoquées par quelque chose d'âcre. Les yeux pleurent quand on pèle de l'oignon, quand on est exposé à la fumée. Les yeux lui pleurent, ses yeux pleurent, se dit de quelqu'un qui a une incommodité qui fait que les larmes coulent sans cesse de l'œil.
Il se dit du cerf.
La meute en fait curée : il lui fut inutile De pleurer aux veneurs à sa mort arrivés [LA FONT., Fabl. v, 15]
La vigne pleure, il dégoutte de l'eau de son bois.
Poétiquement. Se dit du saule pleureur dont les branches semblent pleurer.
Là des saules pensifs qui pleurent sur la rive [V. HUGO, F. d'aut. 34]
V. a. Pleurer quelqu'un, s'affliger de la perte, de la mort, du malheur de quelqu'un.
Cherchez avec soin et faites venir les femmes qui pleurent les morts, envoyez à celles qui y sont les plus habiles [SACI, Bible. Jérémie, IX, 17]
Mme de Bersillac est à l'agonie.... elle est mal pleurée ; le père et le mari voudraient qu'elle fût déjà sous terre [SÉV., 24 janv. 1680]
Et vous, messieurs, eussiez-vous pensé, pendant qu'elle versait tant de larmes en ce lieu [pendant l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre, sa mère], qu'elle dût sitôt vous y rassembler pour la pleurer elle-même ? [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Il perd son fils unique.... il remet sur d'autres le soin de le pleurer, il dit : Mon fils est mort, cela fera mourir sa mère [LA BRUY., XI]
Il faut pleurer les hommes à leur naissance, et non pas à leur mort [MONTESQ., Lett. pers. XL.]
Drusille, à qui il [Caligula] accorda les honneurs divins, étant morte, c'était un crime de la pleurer, parce qu'elle était déesse, et de ne la pas pleurer parce qu'elle était sa sœur [MONTESQ., Rom. 15]
Ceux qui l'ont méconnu pleureront le grand homme [LAMART., Méd. I, 14]
Familièrement. On ne l'a pleuré que d'un œil, il n'a été regretté qu'en apparence.
Il se dit des choses regrettées.
Pleure mon infortune, et pour ta récompense Jamais autre douleur ne te fasse pleurer ! [MALH., VI, 20]
Elle pleure en secret le mépris de ses charmes [RAC., Andr. I, 1]
Ma mère pleura la profession que j'avais quittée [HAMILT., Gramm. III]
Nous avons pleuré nos plaisirs injustes, et de nouveaux plaisirs ont un moment après essuyé nos larmes [MASS., Carême, Inconstance.]
Revenant tout à coup à elle, elle [Mme de la Vallière, à la mort de son fils] dit à ce prélat [qui la consolait] : c'est trop pleurer la mort d'un fils dont je n'ai pas encore assez pleuré la naissance [Mme DE CAYLUS, Souvenirs, p. 48, dans POUGENS]
La mère et la femme de Darius ne pleurèrent-elles pas la mort d'Alexandre ? [MONTESQ., Esp. XXX, 24]
Ces mystérieuses relations de l'infortune remplirent mes yeux de larmes ; il y a de la douceur à pleurer sur des maux qui n'ont été pleurés de personne [CHATEAUBR., Amér. Onondagas.]
Soit qu'il naisse ou qu'il meure, Il faut que l'homme pleure Ou l'exil ou l'adieu [LAMART., Harm. IV, 5]
Ce malheur devrait être pleuré avec des larmes de sang, en larmes de sang, c'est-à-dire il devrait causer la plus vive douleur. Pleurer ses péchés, ses fautes, s'affliger profondément de les avoir commis.
En déplorant vainement les fautes qui ont ruiné nos affaires, une meilleure réflexion nous apprend à déplorer celles qui ont perdu notre éternité, avec cette singulière consolation qu'on les répare quand on les pleure [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Si, dans le moment que vous pleurez votre péché, vous n'en voulez pas retrancher l'occasion [BOURDAL., Pénitence, 2e avent, p. 476]
Les crimes que vous viendrez pleurer aux pieds des ministres [MASS., Carême, Jeûne.]
Dans le langage biblique, pleurer sa virginité, se dit d'une jeune fille qui pleure de mourir avant d'avoir été mariée.
Laissez-moi [la fille de Jephté] sur les montagnes pendant deux mois, afin que je pleure ma virginité avec mes compagnes [SACI, Bible, Juges, XI, 37]
Familièrement. Il pleure le pain qu'il mange, se dit d'un avare qui regrette la nourriture qu'il prend.
10° Pleurer une larme, verser quelques larmes.
Son œil tout pénitent ne pleure qu'eau bénite [RÉGNIER, Sat. XII]
Vous auriez peut-être pleuré une petite larme, puisque j'en ai pleuré plus de vingt [SÉV., 112]
J'ai vu Briolle, qui m'a fait pleurer les chaudes larmes par un récit naturel et sincère de cette mort [du prince de Condé] [ID., 13 déc. 1686]
Larmes du cœur, par le cœur dévorées, Et que les yeux qui les avaient pleurées Ne reconnaîtront plus demain [A. DE MUSSET, Poésies nouv. Nuit de décembre]
11° Se pleurer, v. réfl. Verser des pleurs sur soi-même.
J'avoue que je me suis pleuré en pleurant un ami qui faisait la douceur de ma vie, et dont la privation se fait sentir à tout moment [FÉN., dans le Dict. de DOCHEZ.]
Les poëtes ont dit qu'avant sa dernière heure En sons harmonieux le doux cygne se pleure [LAMART., Socrate.]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    E tantes lermes pur le ton cors pluredes [pleurées] [, St Alexis, LXXXI]
    Ne peut muer que des ieuz il ne plurt [, Ch. de Rol. LX]
    Il nus [nous] plurrunt [pleureront] de doel et de pitié [, ib. CXXX]
    [Ils] Plurent lor filz, lor freres, lor neveus [, ib. CLXXIV]
  • XIIe s.
    Quant de moi [elle] rit, et je l'ai tant plorée [, Couci, VI]
    Si que souvent [je] chant là où de cuer [je] plor [, ib. XVI]
    Chascun pleure sa terre et son païs, Quant il se part de ses coraus amis [, ib. XXIV]
    Je ne m'en sai venger fors au plorer [, ib. VI]
    Là plorerent pour eus maint prince et maint baron [, Sax. XXII]
    Ne jamais n'iert [ne sera] qui pes entre vus dous [le roi et l'archevêque] aturt, Ne jamais n'iert uns jurs saint iglise n'en plurt [, Th. le mart. 36]
    Tex [tel] rit au main [matin] au vespre plorera [, Bat. d'Aleschans, v. 3029]
  • XIIIe s.
    Et sachiés que mainte larme i ot plourée au departir de lor pays, et de lors gens et de lor amis [VILLEH., XXX]
    Et sa mere en commence de la joie à plourer [, Berte III]
    Cius [celui-là] est amés pour sa prouece, Et honorés pour sa largece, Cil ne pleure pas les despens [BAUDOUIN DE CONDÉ, t. I, p. 240]
  • XIVe s.
    Plorer doivent li femme ; li homme avoir doleur Ne doivent qu'en leurs cuers, s'il n'ont en eulx foleur [, Girart de Ross. v. 4127]
    Simplement à parler, il ne plaist pas à tel homme de grant courage que les autres pleurent de ses infortunes [ORESME, Eth. 290]
  • XVe s.
    S'elles n'ayment que pour argent, On ne les ayme que pour l'heure ; Rondement ayment toute gent, Et rient lors que bourse pleure [VILLON, Ball.]
    Celluy est fol qui pleure ainçois [avant] qu'il soit battu [, Perceforest, t. v, f° 47]
  • XVIe s.
    Je ne puis continuer plus longuement ce propos sans larmes, je dy les plus vrayes larmes que je pleuray jamais [DU BELLAY, VIII, 33, recto.]
    Quand Timoleon pleure le meurtre qu'il avoit commis, il ne pleure pas le tyran [MONT., I, 272]
    J'aimais à me parer quand j'estois cadet.... et me seoit bien ; il en est sur qui les belles robbes pleurent [ID., IV, 7]
    Il ne faut point pleurer de tout cecy que je vous conte ; car peut estre qu'il n'est pas vrai [DESPER., Contes, t. I, p. 5, dans POUGENS]
    Assez peult plourer qui n'a qui l'appaise [COTGRAVE, ]
    À cœur dolent l'œil pleure [ID., ]
    Faites de vostre erreur maintenant penitence ; Mais, pour la bien pleurer, c'est trop peu que deux yeux [DESPORTES, les Amours d'Hippolyte, Stances.]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, ploré ; génev. pleurer la nourriture à quelqu'un, la lui reprocher, la lui plaindre ; provenç. plorar ; espagn. llorar ; portug. chorar ; ital. plorare ; du lat. plorare, qui signifie verser abondamment des larmes, et que Curtius, n° 369, rattache à pluere, pleuvoir.

pleurer

PLEURER. v. intr. Répandre des larmes. Pleurer amèrement. Pleurer à chaudes larmes. Pleurer à volonté. Qu'avez-vous à pleurer? Quel sujet avez-vous de pleurer? Il se mit à pleurer. Pleurer de tendresse. Pleurer de colère, de dépit. Pleurer de joie. Les cerfs pleurent quand ils sont aux abois.

Pleurer sur quelqu'un, Déplorer ses fautes, ses égarements, ses malheurs, sa perte. JÉSUS- CHRIST disait aux femmes de Jérusalem : " Ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants. " Il pleure sur son fils coupable et malheureux. Il pleure sur sa patrie captive et désolée.

Fam. et en parlant d'une Femme, Pleurer comme une Madeleine, Pleurer abondamment.

Fam., Pleurer comme un veau, Pleurer de façon excessive et ridicule.

Fig. et fam., Pleurer pour avoir quelque chose, Avoir du mal à l'obtenir. On dirait qu'il a pleuré pour avoir un habit, un chapeau, etc., se dit de Quelqu'un qui a un vêtement trop court, un chapeau de qualité médiocre, etc.

Fig., Il ne lui reste, on ne lui a laissé que les yeux pour pleurer, Il a tout perdu, on lui a tout pris.

Prov. et fig., Il pleure d'un oeil et rit de l'autre se dit de Quelqu'un qui rit et pleure tout à la fois, comme incertain entre deux sentiments opposés.

Les yeux lui pleurent, ses yeux pleurent se dit en parlant d'une Personne qui a un écoulement de larmes déterminé par quelque cause physique.

La vigne pleure se dit Lorsqu'il dégoutte de l'eau de son bois, après qu'elle a été fraîchement taillée.

PLEURER est aussi transitif et signifie Regretter, déplorer quelque chose, s'en affliger. Pleurer la perte de ses amis. Pleurer son malheur, ses malheurs. Pleurer la mort de son père, de sa mère.

Pleurer quelqu'un, Pleurer sa perte, sa mort. Pleurer son père. Pleurer sa mère. Il ne se passe pas de jour qu'il ne pleure sa femme, son fils, son ami. Il a été pleuré de tous ses amis.

Pleurer un péché, ses péchés, pleurer sur ses péchés, Avoir un grand regret, une grande douleur d'un péché, des péchés qu'on a commis.

Ce malheur devrait être pleuré avec des larmes de sang, On ne saurait trop le pleurer, ni en avoir une trop vive douleur.

Fig. et fam., Pleurer sa peine, L'épargner, en être avare.

Fig. et fam., Ne pleurer que d'un oeil, Ne regretter qu'à moitié. On ne l'a pleuré que d'un oeil, Il n'a été regretté qu'en apparence et pour la forme.

Fig., Il pleure le pain qu'il mange se dit d'un Avare qui a regret à ce qu'il mange, qui lésine sur sa propre nourriture.

Pop., C'est un pleure-pain, un pleure-misère, C'est un avare qui se plaint toujours de sa misère.

pleurer

Pleurer, Plorare, Deplorare, Lachrymare, vel Lachrymari, Collachrymare, Flere, Delachrymare.

Pleurer à grosses larmes, Fundere, Profundere lachrymas.

Pleurer à chauldes larmes, Effundi in lachrymas.

Pleurer abondamment, Lugere.

Pleurer son saoul, Dare se dolori et lachrymis, Bud. ex Plinio.

Qui pleure abondamment, Largus lachrymarum.

Ne cesser de pleurer, Non facere modum lugendi.

Yeux qui commencent à pleurer, Humescentes oculi.

Ne pleure plus, Mitte lachrymas.

Pleurer à aucun, Opplorare.

Faire pleurer, Adducere in fletum, Lachrymas elicere, Fletum mouere.

Pleurer à la façon d'une pucelle, Ploratum virginalem ore edere.

Pleurer les maux de ceste vie, Vitam deplorare.

Pleurer à l'enterrement des morts, Fletum adhibere in funeribus.

Pleurer pour la mort d'autruy, Illachrymare morti alicuius.

Se garder de pleurer, Lachrymas tenere, vel continere, Lachrymis imperare, A lachrymis temperare.

Se prendre à pleurer comme une femme, Dedere se lachrymis et lamentis muliebriter.

De cecy jettoit il ces pleurs, ou ces larmes, Hinc illae lachrymae.

Il ne fut point pleuré à sa mort, Vacauit lamentis mors eius.

On pleure, Fletur.

Qui pleure fort, Plorabundus, Lachrymabundus.

Pleurant, Lachrymans, Plorans.

Pleuré et regretté, Deploratus, Fletus.

pleurer


PLEURER, v. n. et act. PLEUREUR, EûSE, s. m. et f. PLEUREUX, EûSE, adj. [Pleu-ré, reur, reû-ze, reû, reû-ze: 2e é fer. au 1er, lon. aux trois dern.] Pleurer, répandre des larmes. "Pleurer amèrement. "Elle ne fait que pleurer. "On pleure de joie comme de tristesse. On pleure de colère, de dépit. "La fumée fait pleurer, etc. = Pleurer, actif, régit ordinairement les chôses: on dit, pleurer ses péchés, la mort de son père, de sa mère; la perte de ses amis, les malheurs de l'État; et quelquefois les persones: on dit pleurer son père, sa mère; en pleurer la perte. On pleure une épouse, un fils qu'on a perdu. = Se pleurer a un beau sens dans la phrâse suivante: "On songe à ce que l'on perd, et l'on se pleure. Mde. de Coulanges. "On se pleure soi-même, en pleurant les aûtres.
   Pleurer, neutre, régit le datif. Les yeux lui pleurent, se dit d'un homme qui a quelque sérosité qui lui distile des yeux de tems en tems. = Fig. on dit que la vigne pleure, quand elle est fraîchement tâillée, et qu'il en dégoute de l'eau.
   On dit, proverbialement, d'un avâre, qu' il pleure le pain qu'il mange. — Et, populairement, quand quelqu'un a un chapeau, ou quelque chôse de pareil, qui est trop grand, qu'il a pleuré pour l'avoir. = Pleurer comme une vache, ou comme un veau, se dit aussi en style prov. par reproche à quelqu'un, qui pleure pour une chôse qui n'en vaut pas la peine.
   Pleureur et Pleureux ont le même sens, l'un comme substantif, l'autre comme adjectif. Qui pleure facilement, et pour peu de chôse: c'est un grand pleureur, une grande pleureûse. Avoir l'air, le ton, les yeux pleureux; la mine pleureûse. Le 1er se dit des persones mêmes; le 2d, des chôses qui ont raport à la persone. = Quelques-uns disent, pleurard, pleurarde. BOILEAU a dit pleurant: trop pleurant Artamène. Il emploie ce mot pour se moquer du style de Cyrus, Roman de Mlle. Scuderi. — Trév. dit, des yeux pleurans, d'un oeil pleurant; et au fig. des arbres pleurans.
   PLEUREûSES, étaient, chez les Romains, des femmes qu'on louait pour pleurer aux funérailles, ou en avoir l'air. Les Mahométans et les Indiens idolâtres pratiquent encôre la même chôse dans les obsèques. = Parmi nous, on done le nom de pleureûses à de larges manchettes de batiste, qu'on met sur le revers de la manche d'un just' au-corps, dans les 1ers tems d'un grand deuil.

Synonymes et Contraires

pleurer

verbe intransitif pleurer
1.  En parlant d'un bébé, crier.
-familier: brailler, braire -populaire: bramer.
2.  Répandre des larmes.
3.  Littéraire. Émettre un son plaintif.
geindre -littéraire: gémir.
4.  Se lamenter sur.

pleurer

verbe transitif pleurer
1.  Déplorer quelque chose.
2.  Littéraire. Laisser couler des larmes.

pleurer

verbe transitif indirect pleurer
Familier. Réclamer quelque chose.
Traductions

pleurer

weinencry, weep, water, mournhuilen, wenen, tranen, krijten, schreien, betreuren, rouwen (om), vergieten [tranen], jankenביכה (פיעל), בכה (פ'), געה (פ'), דמע (פ'), הגיר דמעות, הוריד דמעה, הזיל דמעות, דָּמַע, בִּכָּה, בָּכָהبَكَى, يَبْكِيplorarplakat, brečetgrædeκλαίω, θλίβομαι, θρηνώplorilloraritkeäsírgrátapiangere, lagrimare, lesinare泣く울다gråte, ropepłakać, zapłakaćchorarплакать, заплакатьgråta, grinaağlamakвіденьkhócplakatiร้องไห้哭泣 (plœʀe)
verbe intransitif
1. verser des larmes pleurer de rire
2. être très triste pleurer sur son sort

pleurer

[plœʀe]
vi
[personne] → to cry
pleurer de rire → to laugh till one cries
pleurer sur → to lament over
pleurer sur son sort → to bemoan one's lot
[yeux] → to water
vt [+ personne, disparition] → to mourn