plongé, ée

PLONGÉ, ÉE

(plon-jé, jée) part. passé.
Plongé dans l'eau. Terme de botanique. Plantes plongées, celles qui restent constamment sous l'eau, sans jamais s'élever à la surface. Chandelle plongée, celle qui se fait en plongeant la mèche dans le suif, par opposition à chandelle moulée.
Se dit, par extension, de ce qui est baigné, mouillé.
Jérusalem, longtemps en proie à ses fureurs [d'Athalie], Avec joie en son sang la regarde plongée [RAC., Athal. V, 8]
Fig. Il se dit de ce que l'on compare à un liquide qui submerge.
Pauline sans raison dans la douleur plongée [CORN., Poly. I, 1]
Il la [la Fortune] trouve assise à la porte De son ami plongé dans un profond sommeil [LA FONT., Fabl. VII, 12]
Ceux qui sont plongés dans l'avarice, dans l'impudicité, dans les blasphèmes [PASC., Prov. IV]
Votre vie est toute plongée dans les sens [MASS., Carême, Jeûne.]
Le sérail est plongé dans un profond silence [VOLT., Zaïre, V, 8]
Tandis qu'il était plongé dans cette métaphysique obscure, comme l'est toute métaphysique [ID., Taureau blanc, 5]
Cet homme [Bolingbroke], qui a été toute sa vie plongé dans les plaisirs et dans les affaires, a trouvé pourtant le moyen de tout apprendre et de tout retenir [ID., Lett. Thiriot, 2 janv. 1722]
Fig. Jeté dans un lieu profond.
Un citoyen poursuivi par l'homme du roi est d'abord plongé dans un cachot ; ce qui est déjà un véritable supplice pour un homme qui peut être innocent [ID., Dict. phil. Criminel.]
Fig. Qui salue profondément (s'est dit en ce sens au XVIIe siècle).
M. de Chaulnes, plongé comme vous savez, lui dit [au roi d'Angleterre].... [SÉV., 11 mars 1689]
S. m.Terme de gantier. Le plongé, la couleur claire.