poëme

POËME

(po-ê-m' ; dans la prononciation ordinaire, le mot n'est que de deux syllabes : poê-m') s. m.
Ouvrage en vers. Une épigramme est un poëme.
Tout poëme est brillant de sa propre beauté [BOILEAU, Art p. II]
Particulièrement, ouvrage en vers d'une certaine étendue. Le poëme épique. Le poëme didactique. Le poëme satirique. Le poëme dramatique. Les chansons de geste du moyen âge sont des poëmes épiques.
Cicéron croit que ce fut Pisistrate qui le premier donna aux Athéniens la connaissance des poëmes d'Homère, qui en disposa les livres dans l'ordre où nous les avons, au lieu qu'auparavant ils étaient confus et dérangés [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 582, dans POUGENS]
Le Camoëns, dont le poëme fait sentir quelque chose des charmes de l'Odyssée et de la magnificence de l'Énéide [MONTESQ., Esp. XXI, 21]
Le Clovis de Desmarets, la Pucelle de Chapelain, ces poëmes fameux par leur ridicule, sont, à la honte des règles, conduits avec plus de régularité que l'Iliade [VOLT., Ess. sur la poésie ép. II]
La honte qu'on a si longtemps reprochée à la France de n'avoir pu produire un poëme épique [ID., ib. IX]
On disputait à Addison que le Paradis perdu fût un poëme héroïque : Eh bien, dit-il, ce sera un poëme divin [MARMONTEL, Œuv. t. VI, p. 142]
S'est dit quelquefois d'un ouvrage de prose où l'on trouve les fictions, le style harmonieux et figuré de la poésie. Le Télémaque a été dit un poëme en prose.
Ô mes Velches, qu'est-ce qu'un poëme en prose, sinon un aveu d'impuissance ? [VOLT., Disc. Velches.]
S'emploie aussi pour louer les qualités poétiques d'une œuvre d'art quelconque. C'est un poëme, un véritable poëme, que ce tableau, que cette symphonie.
Absolument. Se dit des paroles d'un opéra et même d'un opéra-comique. La musique de cet opéra est belle ; mais le poëme est insignifiant.

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. poema, du grec, poëme, du grec, faire : la chose faite (par excellence).