poindre

poindre

v.i. [ du lat. pungere, piquer ] Litt.
1. Commencer à paraître, en parlant du jour : Le jour point se lever, naître ; disparaître
2. Commencer à sortir de terre, en parlant des plantes percer, 2. pointer
v.t.
Litt. Faire souffrir moralement : Ses paroles méchantes me poignaient blesser, meurtrir

poindre

(pwɛ̃dʀ)
verbe intransitif
disparaître apparaître doucement Le soleil commence à poindre. Un bourgeon point sur le citronnier.

poindre


Gérondif: poignant

Indicatif présent
je point
tu poignent
Passé simple
je poignit
tu poignirent
Imparfait
je poignait
tu poignaient
Futur
je poindra
tu poindront
Conditionnel présent
Subjonctif imparfait
Subjonctif présent
Impératif

POINDRE

(poin-dr') , je poins, tu poins, il point, nous poignons, vous poignez, ils poignent ; je poignais ; je poignis ; je poindrai ; je poindrais ; poins, qu'il poigne ; que je poigne, que nous poignions ; que je poignisse ; poignant, point v. a.
Piquer. Fig.
Le regret du passé cruellement me point [RÉGNIER, Plainte.]
Et quand la faim les point [ID., Sat. II]
Et moi chétif, de vos suivants le moindre, Combien de fois, las ! me suis-je vu poindre De traits pareils ! [J. B. ROUSS., Épît. à Marot.]
Voir avorter tous ses projets de nom et de rang d'arrière-petit-fils de France, c'est ce qui la poignait dans le plus intime de l'âme [la duchesse d'Orléans] [SAINT-SIMON, 262, 2]
Fig.
Quel taon vous point ? [LA FONT., Gag.]
c'est-à-dire quelle mouche vous pique ? quelle fantaisie vous prend ?

PROVERBE

    Oignez vilain, il vous poindra, voy. OINDRE.
V. n. Commencer à pousser comme une pointe.
On voyait des violettes et des primevères ; les bourgeons des arbres commençaient à poindre [J. J. ROUSS., Confess. IX]
Fig.
De tous les maux on vit poindre l'engeance [BENSER., dans GIRAULT-DUVIVIER]
On m'assure qu'elle [Mme de Coulanges] est très bien, et que les épigrammes recommencent à poindre [SÉV., 14 oct. 1676]
Le poil commence à lui poindre au menton, se dit d'un jeune garçon à qui la barbe commence à venir.
Il se dit de la lumière qui commence à paraître.
Le jour venant à poindre [LA FONT., Berc.]
Il [le roi] demanda en s'habillant : le jour point-il déjà ? puis me fit l'honneur de s'adresser à moi, pour me demander s'il fallait dire point-il ou pointe-t-il ? [PELLISSON, Lett. hist. t. I, p. 89, dans POUGENS]
Y entrant à mesure que la lumière y poignait, et s'en éloignant à mesure que les ténèbres s'y reformaient [DIDEROT, Opin. des anc. philos. (Platonisme).]
Fig.
La spiritualité commence en l'homme, où la lumière de l'intelligence et de la réflexion commence à poindre [BOSSUET, Conn. de Dieu, v, 13]
Laissez former le corps jusqu'à ce que la raison commence à poindre : alors c'est le moment de la cultiver [J. J. ROUSS., Hél. V, 3]

REMARQUE

  • Fréd. Soulié, Mém. du Diable, t. I, p. 263, 1837, a dit : L'effroi avait poigné son cœur. C'est un barbarisme. Poignant vient de poindre ; il n'y a point de verbe poigner.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    As-vous poignant [piquant des éperons] Malprimes de Brigant [, Ch. de Rol. LXIX]
    [Il] Puint le cheval, laisse courre ad espleit [, ib. CCLIX]
  • XIIe s.
    Le scorpiun [ils] resemblent al chief e al partir, Qui vult [veut] derriere puindre e devant conjoïr [, Th. le mart. 85]
  • XIIIe s.
    Que erbelete poignent et pré sont reverdi [, Berte, I]
    Dont passent oultre pour leur poindre parfornir [H. DE VALENC., XXVI]
    Et en orent à cel poindre li Englois le piour, Chr. des Rains, p. 76. Tout le monde par parole oignent, Mès lor losenges les gens poignent Par derriere dusques as os [, la Rose, 1046]
  • XIVe s.
    Il cuidoit un peu poindre et il a navré [ORESME, Eth. 158]
    Plus vault amy qui poinct que flatteur qui oingt [LE CHEV. DE LA TOUR, Instr. à ses filles, f° 46, dans LACURNE.]
  • XVe s.
    Quand ceux de Calais qui s'appuyoient et estoient sur les murs, les virent premierement poindre et apparoir sur le mont de Sangattes [FROISS., I, I, 316]
  • XVIe s.
    ...Mais le cas viendroit mieux à point, Si je disois : adieu jeunesse ; Car la barbe grise me poinct [MAROT, II, 189]
    Non que je sois ennuyé d'entreprendre D'avoir le fruit dont le desir me poinct [ID., Épigr. de oui et nenny.]
    Le matin si tost que le jour commencea à poindre, Fabius se meit à suivre son ennemy à la trace [AMYOT, Fab. XVIII]
    Ceste parole poignit Philippus au vif, et lui fit recognoistre sa faulte [ID., Alex. X]
    Douleur cuisante et poignante [PARÉ, VI, 14]
    Charité oingt, et peché poinct [COTGRAVE, ]
    Qui contre esguillon recule deux fois se poind [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. punger, ponjer, poigner ; cat. punyir ; espagn. pungir ; ital. pungere ; du lat. pungere.

poindre

POINDRE. v. tr. Piquer. Il n'est guère usité que dans la phrase suivante :

Prov. et fig., Oignez vilain, il vous poindra; poignez vilain, il vous oindra, En traitant avec égards un homme grossier, on n'en reçoit que de mauvais procédés; au contraire, en le traitant durement, on en obtient ce qu'on veut.

POINDRE est aussi intransitif; il n'est guère usité qu'à l'infinitif et au futur et ne se dit proprement que du Jour qui commence à paraître et des Plantes qui commencent pousser. Je partirai dès que le jour poindra. Aussitôt que les herbes commencent à poindre.

Il s'emploie aussi figurément. Une lueur de vérité commence à poindre.

Fam., Le poil commence à lui poindre au menton, se dit d'un Jeune garçon à qui la barbe commence à venir.

poindre

Poindre, Pungere, Compungere, Expungere, Fodicare, Lancinare.

Cette oraison te poind jusques au sang, Haec te cruentat oratio. B. ex Cicerone.

Cette herbe poind et picque, Mordet haec herba.

S'il y a quelques choses en tes lettres qui me poignent ou piquent, Si qua sunt in tuis literis quae me mordent.

Celle qui poind et esguillonne, Stimulatrix.

Toute chose qui nous poind et incite à faire quelque chose, Stimulus, Calcar.

¶ Qui poind et remord la conscience, Aculeatum.

Incontinent que le jour poindra, Vbi primum diluculabit.

Poignant, Pungens.

Une fueille poignante, Mordax folium.

¶ Lettres poignantes, Aculeatae literae. B. ex Cicer.

poindre


POINDRE, v. act. et n. [Poein-dre: 1re lon. 2e e muet.] Piquer. En ce sens, il est peu usité. Il ne se dit guère que dans cette phrâse proverbiale: oignez vilain, il vous poindra; poignez vilain, il vous oindra: caressez un mal-honête homme, il vous fera du mal; faites-lui du mal: il vous caressera. = Anciènement, on fesait un grand usage de ce mot. On disait, au présent, il poinct.
   Un gros sot en rithmes compôse
   Des vers par lesquels il me poinct.
       Marot.
Il n'est plus bon que pour le marotique ou le burlesque.
   Et moi chétif, de vos suivans le moindre,
   Combien de fois, las! me suis-je vu poindre
   De traits pareils.
       Rousseau, Ép. à Marot.
POINDRE, neut. paraitre, ne se dit qu' à l'infinitif. "Le jour, le soleil comence à poindre. "Les herbes comencent à poindre au printems. "La barbe comence à poindre à ce jeune homme. = Benserade a dit, au figuré:
   De tous les maux on vit poindre l' engeance.
= * Ablancourt l'a employé au présent. "Sortons, voilà le jour qui poind. = On dirait aujourd'hui, qui comence à poindre.

Synonymes et Contraires

poindre

verbe intransitif poindre
1.  Littéraire. En parlant du jour, naître.
2.  Littéraire. Commencer à se manifester.

poindre

verbe transitif poindre
Littéraire. Faire souffrir quelqu'un.
Traductions

poindre

dawn, spring

poindre

בצבץ (פיעל), זרח (פ'), בִּצְבֵּץ

poindre

aanbreken, gloren [dag], kwetsen

poindre

vyrážet

poindre

albeggiare

poindre

[pwɛ̃dʀ] vi
[aube] → to break; [jour] → to dawn
[fleur] → to come up