pointilleux, euse

POINTILLEUX, EUSE

(poin-ti-lleû, lleû-z, ll mouillées, et non poin-ti-yeû) adj.
Qui aime à pointiller, à contester.
Et le mien et le tien, deux frères pointilleux [BOILEAU, Sat. X]
Le théâtre, fertile en censeurs pointilleux, Chez nous, pour se produire, est un champ périlleux [ID., Art p. III]
Les cœurs bien occupés ne sont guère pointilleux ; et les tracasseries des amants sur des riens ont presque toujours un fondement beaucoup plus réel qu'il ne semble [J. J. ROUSS., Hél. I, 35]
Ces questions frivoles, singulières et sophistiques, qui ne font qu'altérer dans les enfants la bonne foi du sens intime, rendre l'esprit pointilleux et faux.... [MARMONTEL, Œuvr. t. X, p. 74]
Il se dit aussi des choses.
Sur un fragile amas d'arguments pointilleux Bâtit du faux savoir le trophée orgueilleux [DELILLE, Trois règnes, I]
Qui est susceptible, exigeant.
Il me déplaît seulement qu'avec toute cette tendresse que vous me témoignez, il y a quelque occasion pour laquelle vous voudriez que je fusse pendu.... je crois que, sans être trop pointilleux, je le pourrais trouver mauvais [VOIT., Lett. 46]
Je trouve comme vous qu'il faut être bien pointilleux pour être blessé d'un petit morceau de bois sur un banc, qui fait la différence des places [SÉV., 26 oct. 1689]
Ces hommes pointilleux, délicats et jaloux sur ce qui regarde le commandement [ROLLIN, Hist. anc. Œuvr. t. III, p. 249, dans POUGENS]
Susceptible et pointilleux comme toutes les personnes qui manquent d'éducation [GENLIS, Veillées du château t. I, p. 292, dans POUGENS]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Un faux rapport ou une fausse opinion fera appeler au combat, tant on est chatouilleux et pointilleux en la conversation ordinaire [LANOUE, 247]

ÉTYMOLOGIE

  • Pointille ; ital. puntiglioso.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    POINTILLEUX. Ajoutez :
    Substantivement. Un pointilleux, un homme pointilleux, qui pointille.
    Je me réserverai pour une autre fois à disputer contre ces pointilleux si déliés, qui oublient de faire, tant ils sont empêchés à parler [MALH., Lexique, éd. L. Lalanne]