poissard, arde

POISSARD, ARDE

(poi-sar, sar-d') adj.
Qui imite le langage et les mœurs du plus bas peuple. Chanson poissarde.
Le genre appelé poissard, qui immortalisera le nom de Vadé, son créateur, tant que la basse populace en fournira le modèle, et que cette bonne compagnie qui se croit fidèle garde du bon goût, lui fera l'honneur de s'en amuser [D'ALEMB., Éloges, La Chaussée.]
S. f. Femme qui a des manières hardies, un langage grossier. Plus particulièrement. Femme de la halle.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Poix dont vient poissard pour un larron [ROB. ESTIENNE, Gramm. franç. p. 108, dans LACURNE]
    Dès aujourd'huy contre eux je me présente ; Ce sont poissars, pipereaulx mal mondains [ROGER DE COLLERYE, Contre les clercs de Chastellet, la Bazoche, édit. 1536, f° III.]
    Poissard, A filcher, nimmer, purloyner, pilferer ; one whose fingers are as good as so many lyme-twigs [COTGRAVE, ]
    Une poesarde, une vendeuse de marée, par mepris [OUDIN, Cur. franç.]

ÉTYMOLOGIE

  • Poix, comme on voit à l'historique. Le sens propre de poissard est fripon, vaurien, voleur, dont les doigts se collent aux objets comme de la poix ; il s'est particularisé pour exprimer la grossièreté, et, encore davantage, pour exprimer la grossièreté des halles. Mais poisson, malgré l'apparence, n'y est pour rien ; seulement la persuasion qu'il y était pour quelque chose a déterminé le sens que poissarde a aujourd'hui.