porté, ée


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PORTÉ, ÉE

(por-té, tée) part. passé de porter
Soutenu comme un faix, une charge.
Trois fois le jeune vainqueur s'efforça de rompre ces intrépides combattants [les Espagnols à Rocroy] ; trois fois il fut repoussé par le valeureux comte de Fontaines qu'on voyait porté dans sa chaise.... [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Elle a trouvé Pyrrhus porté par des soldats, Que son sang excitait à venger son trépas [RAC., Andr. v, 5]
Transporté d'un lieu à un autre. Des tableaux portés dans un musée. Fig.
La guerre portée par Charles VIII et par Louis XII en Italie [VOLT., Mœurs, 74]
Tout porté, se dit de quelqu'un qui n'a pas à se déplacer pour faire quelque chose.
Je vous conseille de demeurer à Paris jusqu'à ce que vous soyez las d'y être, puisque vous y êtes tout porté [MAINTENON, Lett. à d'Aubigné, 10 oct. 1685]
Le roi nomma Villars son premier ambassadeur plénipotentiaire pour aller à Baden, le comte de Luc pour le second, qui se trouvait tout porté, étant ambassadeur en Suisse [SAINT-SIMON, 353, 161]
Tout porté, se dit aussi des choses qui sont sous la main.
J'eusse opiné à tâter du climat de Provence, cette année seulement, puisqu'il était tout porté [SÉV., 593]
Porté à terre, jeté par terre, en parlant des personnes. En vénerie, porté par terre, se dit d'un cerf que les chiens ont forcé et fait tomber. Fig.
Quand Périclès avait été porté par terre dans la lutte, il persuadait aux assistants qu'il n'était point tombé et les contraignait de croire moins à leurs yeux qu'à leurs oreilles [PELLISS., Fragm. sur les préf. p. 112]
Terme de peinture. Ombre portée, ombre qu'un corps projette sur une surface.
Excité, animé, poussé.
Trois saints également jaloux de leur salut, Portés d'un même esprit, tendaient à même but [LA FONT., Fabl. XII, 27]
Ce doucet est un chat Qui.... Contre toute ta parenté D'un mauvais vouloir est porté [ID., ib. VI, 5]
Et je me sens par ma planète à la malice un peu porté [MOL., Amph. III, 2]
Être porté, avoir de l'inclination, de la disposition à.
J'aime en vérité Pauline, je me sens portée pour elle [SÉV., 546]
Toujours porté à faire le mal [BOSSUET, Hist. I, 11]
Je ne suis pas fort portée, ma chère nièce, à demander des grâces [MAINTENON, Lett. à Mme de Caylus, 17 juill. 1701]
Il n'est que fier et indépendant, plus porté d'ailleurs à s'apprécier au-dessous qu'au-dessus de ce qu'il vaut [D'ALEMB., Portr. de l'auteur.]
Être plus porté pour une personne que pour une autre, avoir plus de disposition, plus de goût pour une personne que pour une autre.
Déclaré, exprimé.
Les parents qu'on avait gagnés se plaignirent, qu'étant demeurée maîtresse de ses biens avant l'âge porté par les lois, elle [Olympias] les dissipait en présents et en aumônes indiscrètes [FLÉCH., Hist. de Théod. III, 87]
Le jeune César acquitta, des deniers qui provinrent de ces ventes, une partie des legs portés par le testament [VERTOT, Révol. rom. XIV, 306]
Rendu, promulgué, en parlant de loi, de décret.
Les lois portées en 1680, 1713 et 1741 pour extirper ce reste de barbarie [l'esclavage des indigènes au Brésil] [RAYNAL, Hist. phil. IX, 15]
S. m. Effet que produit, dans la mise, dans le costume, tel ou tel objet de toilette. Écharpe d'un joli porté.

PROVERBE

    Autant vaut traîné que porté, se dit des choses désagréables entre lesquelles il n'y a pas à choisir.