porteur, euse

PORTEUR, EUSE

(por-teur, teû-z') s. m. et f.
Celui, celle dont le métier est de porter quelque fardeau. Il se dit aussi de ceux qui distribuent les journaux à domicile. Un porteur de journaux.
Ouvrier employé aux transports dans l'intérieur des mines.
Terme de marine. Navire destiné, dans certaines constructions maritimes, à charger les déblais enlevés par les dragues et à les déverser au large.
Dans les voitures attelées par des chevaux assemblés deux de front, nom donné au cheval sur lequel est monté le conducteur, c'est le cheval de gauche ; l'autre cheval se nomme sous-verge.
Porteur de chaise, ou, simplement, porteur, un des hommes par qui on se fait porter dans une chaise.
Holà, porteurs, holà.... je pense que ces marauds-là ont dessein de me briser [MOL., Préc. 8]
Porteur d'eau, porteuse d'eau, celui, celle qui porte de l'eau dans les maisons.
La mère du marquis de Lévi, une joueuse sans fin et pourtant avare à l'excès, faite et mise comme une porteuse d'eau [SAINT-SIMON, 53, 135]
Toutes nos ressources sont épuisées, et nous en sommes réduite au point de n'avoir pas de quoi payer le porteur d'eau [MARMONTEL, Mém. III]
Porteur d'eau, rigole d'arrosage.
Celui, celle qui porte sur soi quelque papier, quelque instrument, quelque objet.
De vos biens désormais il est maître et seigneur En vertu d'un contrat duquel je suis porteur [MOL., Tart. V, 4]
Dieu préserve, en chassant, toute sage personne D'un porteur de huchet qui mal à propos sonne [ID., Fâch. II, 7]
Porteur de contraintes, celui qui notifie aux contribuables en retard les contraintes décernées par l'agent de l'administration. Porteur de pardons, vendeur d'indulgences.
Personne chargée de rendre une lettre. Le porteur d'une lettre de recommandation.
Je ne vous dis rien de la porteuse de cette lettre : elle porte sa recommandation avec elle [D'ALEMB., Lett. à Voltaire. 16 juill. 1765]
Porteur d'une lettre de change, d'un billet, celui en faveur de qui la lettre de change, le billet a été souscrit, ou à qui il a été passé. Billet payable au porteur, billet payable à celui qui en est porteur le dernier.
Le duc et le prélat, le guerrier, le docteur, Lisaient pour tous écrits des billets au porteur [VOLT., Ép. 95]
On dit de même : des effets, des actions au porteur.
10° Celui qui apporte quelque chose.
Toi, funeste porteur De ce présent fatal, apprends-moi son auteur [ROTR., Herc. mour. III, 1]
Fig.
Et de leurs vains souhaits vous font-ils le porteur ? [CORN., Suréna, III, 2]
Être porteur de bonnes, de mauvaises nouvelles, être chargé d'annoncer de bonnes, de mauvaises nouvelles. Porteur de paroles, celui qui est charge de faire une proposition de la part d'un autre.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Kar benediceuns [bénédictions] dunra li porterre de la lei [, Liber psalm. p. 119]
  • XIIIe s.
    Come il soit chose que nos eussiens emprunté de sire Escot toscan, porteor de ces presentes letres.... [DU CANGE, Villeh. app. p. 5]
  • XIVe s.
    Item convient un ou deux porteurs d'eau [, Ménagier, II, 4]
    As porteurs de carbon.... [CAFFIAUX, Régence d'Aubert de Bavière, p. 58]
    Comme il feust venu un questeur ou porteur de pardons [DU CANGE, pardonantia.]
  • XVe s.
    Fu ordonné par mons. le prevost que tous les porteurs d'eaue de Paris feussent mandez et examinez, assavoir qui estoient ceulx qui avoient porté eaue ou dit hostel [d'où étaient sortis ceux qui avaient assassiné le duc d'Orléans] [, Bibl. des ch. 6e série, t. I, p. 246]
  • XVIe s.
    J'en reviens à Menot lequel apelle porteurs de rogatons, portatores rogationum, ceux que Maillard nomme portatores reliquiarum et indulgentiarum, et bullatores [H. EST., Apol. d'Hérod. p. 65, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. potou ; picard, porteux ; prov. et espagn. portador ; ital. portatore ; du lat. portare, porter. Dans l'ancien français, portere ou porterre est le nominatif, et porteor, le régime.