portier, ière

PORTIER, IÈRE

(por-tié, tiè-r') s. m. et f.
Celui, celle qui garde la porte d'une maison.
Je vous trouve soigneux et d'une humeur accorte ; Ce sont pour un portier de bonnes qualités [HAUTEROCHE, App. tromp. II, 7]
On en a mis [chez les anciens], trois [dieux] à la seule porte ; aussi saint Augustin reproche-t-il aux païens, qu'au lieu qu'il n'y a qu'un portier dans une maison et qu'il suffit parce que c'est un homme, les hommes ont voulu qu'il y ait trois dieux [BOSSUET, Panégyr. St Victor, 1]
Son mari, qu'une affaire appelle dans la ville, Et qui, chez lui, sortant, a tout laissé tranquille, Se trouve assez surpris, rentrant dans la maison, De voir que le portier lui demande son nom [BOILEAU, Sat. X]
Fig. Bons gouverneurs de province, bons gardiens de la frontière, bons portiers du royaume.
tant qu'il vous plaira ; mais bons ministres et bons courtisans, je ne l'accorde pas de la même sorte [BALZ., De la cour, 6e disc.]
Terme militaire. Portier consigne, portier de l'avancée d'une place forte. Adj. Dans les couvents, le frère portier, la sœur, la mère portière, le frère convers, la religieuse qui a le soin d'ouvrir et de fermer la porte.
Portier de comédie, portier qui n'ouvre qu'autant qu'on lui donne quelque gratification.
Ma foi, j'étais un franc portier de comédie ; On avait beau heurter et m'ôter son chapeau ; On n'entrait point chez nous sans graisser le marteau [RAC., Plaid. I, 1]
Dans l'histoire juive, portiers du temple, ceux qui, nuit et jour, veillaient sur le temple, sur les trésors et sur les offrandes.
Les portiers étaient logés selon le regard des quatre vents, c'est-à-dire à l'orient, à l'occident, au septentrion et au midi [SACI, Bible, Paralip. I, IX, 24]
Dans la primitive Église, nom donné aux derniers des clercs mineurs ; ils étaient préposés à la garde de l'église, afin d'empêcher les païens d'y pénétrer, et de veiller à ce qu'hommes et femmes entrassent chacun par la porte destinée à leur sexe.
Portier du paradis, nom donné à saint Pierre, à cause qu'on le représente avec deux clefs à la main.
Terme de pêche. Se dit de deux piquets placés à l'entrée de la chambre ou de la tour d'une paradière.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Jo fui defors la porte del portier escondiz [, Th. le mart. 61]
    Il n'avoit mie en sa maison portier, mais portiere [, Job, p. 444]
  • XVe s.
    Bien savoit Aimerigot Marcel que le chasteau d'Aloize delez St Flour n'estoit point gardé, fors du portier tant seulement [FROISS., II, II, 47]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, poirti, portier, poirtîr, portière ; provenç. portier ; cat. porter ; esp. portero ; ital. portiere ; du lat. portarius, de porta, porte.