posséder

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posséder

v.t. [ lat. possidere ]
1. Avoir à soi ; disposer de : Il possède un appartement au bord de la mer.
2. Avoir en soi ; contenir : Ce pays possède des réserves de pétrole renfermer
3. Avoir en soi une caractéristique, une qualité, un avantage : Il possède une grande faculté d'adaptation bénéficier de, jouir de
4. Connaître parfaitement : Il possède l'informatique maîtriser
5. Fam. Duper ; tromper : Il nous a bien possédés ! berner
Posséder une femme,
avoir des rapports sexuels avec elle.

se posséder

v.pr.
Sout. Se maîtriser ; se contrôler : Lorsqu'elle est très heureuse, elle ne se possède plus se contenir, se dominer

POSSÉDER

(po-sé-dé. La syllabe sé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je possède, excepté au futur et au conditionnel : je posséderai, je posséderais) v. a.
Avoir comme propriété, tenir en son pouvoir.
C'est une chose horrible de sentir s'écouler tout ce qu'on possède [PASC., Pens. XXIV, 16 bis, éd. HAVET.]
On [dans les cloîtres] est sensible aux moindres commodités qui manquent ; on ne veut rien posséder, mais on veut tout avoir [BOSSUET, Sermons, Oblig. de l'état relig. 2]
Qui vit content de rien possède toute chose [BOILEAU, Épître v.]
Sur ces biens, sur leur usage Ton vrai bonheur est fondé ; Qu'ils soient possédés du sage, Sans qu'il en soit possédé [VOLT., Poëmes, Ecclésiaste.]
Avoir, ce n'est pas posséder ; pour posséder les choses, il faut une certaine vigueur d'âme ; pour les avoir, il suffit d'être riche [D. STERN, Esquisses morales, p. 108]
Absolument.
Cependant je possède, et leur droit incertain [de mes enfants] Me laisse avec leur sort leur sceptre dans la main [CORN., Rod. II, 2]
En toute espèce de biens, posséder est peu de chose ; c'est jouir qui rend heureux [BEAUMARCH., Barb. de Sév. IV, 1]
Il se dit, en un sens analogue, des emplois, des charges, des dignités.
Possédez-les [les grandeurs], seigneur, sans qu'elles vous possèdent [CORN., Cinna, II, 1]
Posséder peut avoir un nom de chose pour sujet, et signifie alors contenir, renfermer, avoir. Ce pays possède des mines de fer.
Cette ville possède un charme pour ainsi dire individuel [STAËL, Corinne, XV, 4]
Posséder, en style juridique, signifie, au sens strict, avoir en son pouvoir, exercer les faits qui, lorsque le droit s'y joint, constituent la propriété, mais sans impliquer la question de savoir si le droit s'y joint. Posséder de bonne foi. Au sens plus large, il signifie être propriétaire de. Terme d'ancienne jurisprudence. Posséder en roture, tenir à titre de cens ; posséder en fief, tenir à titre de foi et hommage.
Fig. Il se dit des choses morales que l'on possède.
Mais enfin je renonce à la vertu romaine, Si, pour la posséder, je dois être inhumaine [CORN., Hor. IV, 7]
Elle possédait l'affection de son époux [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Dans le langage religieux, les bienheureux possèdent la gloire éternelle, possèdent Dieu, ils jouissent de la gloire éternelle, de la vue de Dieu. Posséder Dieu, se dit aussi de la connaissance de la vraie religion.
Si cette religion se vantait d'avoir une vue claire de Dieu, et de le posséder à découvert et sans voile [PASC., Pens. IX, 1, éd. HAVET.]
Si l'orgueil des platoniciens ne pouvait pas se rabaisser jusqu'aux humiliations du Verbe fait chair, ne devaient-ils pas du moins comprendre que l'homme, pour être un peu au-dessous des anges, ne laissait pas d'être comme eux capable de posséder Dieu ? [BOSSUET, Hist. II, 12]
Posséder le secret de quelqu'un, le connaître et pouvoir en user à son gré.
Je possédais son secret, elle me craignait, elle était forcée de m'obéir [GENLIS, Veillées du château t. III, p. 501, dans POUGENS]
Posséder l'esprit de quelqu'un, le gouverner à son gré. On dit de même : posséder l'oreille de quelqu'un.
Ne possédez-vous pas son oreille et son cœur ? [RAC., Esth. III, 2]
Posséder l'âme, le cœur d'une personne, en être aimé.
Il possédait ton âme, il vivait sous tes lois [CORN., Cid, IV, 2]
Il possédait mon cœur, mes désirs, ma pensée [ID., Poly. I, 3]
Posséder les bonnes grâces de quelqu'un, en être aimé, en être favorisé.
Posséder quelqu'un, jouir de la présence d'une personne dont la vie se prolonge.
Toutes deux [les reines Anne et Marie-Thérèse] d'une si heureuse constitution, qu'elles semblaient nous promettre le bonheur de les posséder un siècle entier [BOSSUET, Mar.-Thér.]
Posséder quelqu'un, l'avoir chez soi, jouir de sa présence, de sa conversation.
Ne pourrai-je point avoir la consolation de vous posséder quelques jours dans ma retraite ? [VOLT., Lett. Le Riche, 14 mars 1767]
Être l'époux d'une femme.
Et, ne pouvant quitter ni posséder Chimène, Le trépas que je cherche est ma plus douce peine [CORN., Cid, III, 6]
Si un autre la devait posséder, je passerais le reste de mes jours avec tristesse et amertume [FÉN., Tél. XXII]
Il se dit aussi d'une femme à l'égard d'un homme.
J'ai quelque beauté, je suis jeune ; il n'y a qu'un moment que je possédais le plus agréable de tous les dieux, et je vas mourir ! [LA FONT., Psyché, II, p. 109]
Posséder une femme, jouir de ses faveurs.
Un Gascon pour s'être vanté De posséder certaine belle [LA FONT., Gasc.]
Je l'aimais trop pour vouloir la posséder [J. J. ROUSS., Conf. IX]
Absolument.
Ô bon Émile, aime, et sois aimé ! jouis longtemps avant que de posséder ; jouis à la fois de l'amour et de l'innocence [J. J. ROUSS., Ém. v.]
Aimez sans inquiétude ; possédez sans dégoût ; désirez pour jouir ; faites des jaloux, et ne le soyez jamais [MARMONTEL, Contes moraux, Quatre flacons.]
Fig. Connaître parfaitement, savoir bien. Ceux qui possèdent Aristote et Horace voient d'abord.
....que cette comédie pèche contre toutes les règles de l'art [MOL., Critique, 7]
Pour bien écrire, il faut posséder pleinement son sujet [BUFF., Morceaux choisis, p. 8]
Tout homme qui n'est pas né Français, ou habitué depuis longtemps à Paris, ne saurait posséder la langue au degré de perfection si nécessaire pour faire de bons vers ou de la prose élégante [VOLT., Lett. du roi de Prusse à Voltaire, 18 avril 1759]
Quand on trouvera que l'écolier possède assez bien son clavier naturel, on commencera alors à le lui faire transposer sur d'autres clefs [J. J. ROUSS., Dissert. sur la mus. mod.]
Fig. Maîtriser, contenir.
C'est une pitié que d'être si vive ; il faut tâcher de calmer et de posséder un peu son âme [SÉV., 26 juin 1675]
Les justes ont possédé leur âme dans la patience [MASS., Avent, Affl.]
Avez-vous toujours possédé le vase de votre corps dans l'honneur et dans la sainteté ? [ID., Avent, Disp. à la comm.]
Ce sont des mouvements inconnus qui l'enveloppent, qui disposent d'elle, qu'elle ne possède point, qui la possèdent [MARIV., Marianne, 2e part.]
Posséder son âme en paix, jouir d'une tranquillité d'esprit constante, due à une bonne conscience.
Dans leurs tribulations ils possédaient leurs âmes en paix et en patience [FLÉCH., Panég. I, 371]
Il se dit des objets qui nous dominent moralement.
Mais ne peut-on savoir le mal qui te possède ? [RÉGNIER, Dial.]
Les grandes prospérités éblouissent et enivrent souvent de telle sorte qu'elles possèdent plutôt ceux qui les ont, qu'elles ne sont possédées par eux [DESC., Lett. à Élisabeth, t. IX, p. 206, éd. COUSIN.]
Mon cœur.... N'ose déplaire aux yeux dont il est possédé [CORN., Poly. I, 1]
Ne possédait pas l'or ; mais l'or le possédait [LA FONT., Fabl. IV, 20]
Il [le cardinal de Retz] est possédé de l'envie de payer ses dettes, et de n'en pas faire de nouvelles [SÉV., 25 août, 1677]
Comme il [Cromwell] eut aperçu que.... le plaisir de dogmatiser.... était le charme qui possédait les esprits [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Toute la terre était possédée de la même erreur [ID., Hist. II, 5]
Qui voit Aristote louer ces heureux moments où l'âme n'est possédée que de l'intelligence de la vérité... [ID., Conn. v, 13]
Comme on le raillait [Aristippe] sur le commerce qu'il avait avec la courtisane Laïs : il est vrai, dit-il, je possède Laïs, mais Laïs ne me possède pas [ROLLIN, Hist. anc. liv. XXVI, I, 2, 1]
Dieu permet que le monde nous possède un certain temps [MASS., Carême, Dégoûts.]
Trop de prévention peut-être me possède [VOLT., Tancr. II, 1]
D'un fanatisme ardent le peuple est possédé [DELAV., Vêpr. sicil. II, 2]
Terme de liturgie catholique. S'emparer du corps d'un homme, en parlant du démon. Le démon le possède. Être possédé, être tourmenté par l'esprit malin. Fig.
Jérusalem était possédée d'un démon, lorsque autrefois elle imitait toutes les impiétés des nations [MASS., Carême, Inconst.]
Fig. Être possédé du démon de l'avarice, être extrêmement avare. Fig. Le diable le possède, il est possédé du diable, c'est un homme emporté et qui n'écoute rien.
Il me dit qu'il était possédé du diable, que plusieurs personnes de sa connaissance en avaient été possédées aussi ; qu'ils avaient mis sur le théâtre les Américains, les Chinois, les Scythes, les Illinois, les Suisses, et qu'il y voulait mettre les Guèbres [VOLT., Lett. d'Argental, 14 août 1768]
10° Se posséder, v. réfl. Être possédé, tenu comme propriété.
Ce qui est présent ne se possède jamais sans crainte, pouvant être à tous moments altéré [LAMOTHE LE VAYER, Vertu des païens, II, Épicure.]
Fig. Se posséder, être maître de soi, se contenir.
Et l'on sait qu'un grand cœur se possède en tout temps [CORN., Perthar. III, 3]
Quand vous vous possédez, vos paroles ont une force extrême [SÉV., 441]
La haine nous transporte, et nous ne nous possédons plus [BOSSUET, Var. 15]
Celui qui ne se possède point dans les dangers.... [FÉN., Tél. XI]
Je ne me possède plus, je suis au désespoir [LESAGE, Turcaret, v, 14]
Ces paroles percèrent le cœur de l'ingénu ; mais il avait déjà appris à se posséder [VOLT., L'Ingénu, 19]
Ah ! déjà trop longtemps je me suis possédé, Il me vient dans les doigts une pressante envie.... [BOISSY, Impatient, II, 7]
Il ne se possède pas de joie, il est transporté de joie.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Porsooir [DU CANGE, possessores.]
  • XIVe s.
    Possuire [DU CANGE, ib.]
    Ses propres possessions lesquelles il possiet non pas pour elles meisme ne comme bien final.... [ORESME, Eth. 105]
    Les biens humains que nous posseions ou aquerons [ID., ib. VII, 13]
    Et les estranges terres possider et conquerre [BERCHEURE, f. 1]
    Lequel champ il disoit estre non deuement possidez par aucuns [ID., f. 42, recto.]
  • XVIe s.
    Se contenter d'aspirer à la vertu, sans la posseder [MONT., I, 70]
    Cette amitié qui possede l'ame et la regente en toute souveraineté [ID., I, 216]
    C'est le jouir, non le posseder, qui nous rend heureux [ID., I, 329]
    Possedé de maling esprit [AMYOT, Marcel. 31]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. possedir, possezir, possider ; cat. posseir ; espagn. posseer ; port. possuir ; ital. possedere ; du lat. possidere, qui vient de pos (voy. POLLUER), et sedere, seoir : être assis sur ; comparez l'allem. besitzen. L'ancienne langue disait posseoir ; c'est au XIVe siècle que la forme latine s'établit : possider, puis posséder.

posséder

POSSÉDER. (La syllabe prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette, excepté au futur et au conditionnel. Je possède. Je posséderai. Je posséderais.) v. tr. Avoir à soi, en son pouvoir. Posséder justement. Posséder injustement. Posséder à bon titre, à juste titre. Posséder de bonne foi. Posséder légitimement. Posséder de grands biens. Posséder une terre, une maison, un héritage.

Il se dit, par extension, des Emplois, des honneurs, des qualités. Posséder un emploi, une charge. Posséder des honneurs, des dignités. Les vertus, les qualités, les talents qu'il possède.

Dans le langage religieux, Les bienheureux possèdent la gloire éternelle, possèdent Dieu, Ils jouissent de la gloire éternelle, ils jouissent de la vue de Dieu.

Fam., Posséder quelqu'un, L'avoir chez soi, dans sa maison, jouir de sa présence. Nous serions charmés de vous posséder pendant quelques jours. Nous ne l'avons possédé que peu d'instants.

Fig., Posséder l'esprit de quelqu'un, En être maître, le gouverner à son gré. Cette femme possède entièrement l'esprit de son mari.

Posséder les bonnes grâces d'une personne, En être favorisé. Posséder le coeur d'une personne, En être aimé.

Posséder une femme, Jouir de ses faveurs.

POSSÉDER s'emploie figurément et signifie Savoir bien une chose, en avoir une parfaite connaissance. Posséder les sciences, les belles- lettres, les arts libéraux. Posséder la philosophie, les mathématiques. Posséder la musique. Posséder le grec, le latin, l'anglais, l'espagnol. C'est un homme qui possède bien sa langue. Cet enfant possède bien les matières de l'examen.

Posséder son sujet, Le connaître à fond et de manière à le traiter dans toute son étendue. Il ne faut prendre la plume que lorsqu'on possède entièrement son sujet.

POSSÉDER se dit aussi des Passions, des sentiments qui maîtrisent l'âme, qui l'agitent et l'égarent. La passion possède cet homme. Il est possédé d'un fol orgueil, d'une ambition démesurée. Quelle rage, quelle fureur vous possède?

Fig., Être possédé du démon de l'orgueil, de l'avarice, du jeu, Porter à l'excès l'orgueil, l'avarice, la passion du jeu.

Dans le langage religieux, Le démon le possède, Le démon s'est emparé de son corps.

Fig. et pop., Le diable le possède, il est possédé du diable, se dit d'un Homme emporté et qui ne veut point entendre raison.

SE POSSÉDER signifie Être maître de son esprit, de ses passions, de ses mouvements, ne pas se laisser troubler par les circonstances fâcheuses. C'est un homme froid et sage qui se possède toujours. Il ne se possède pas, il est toujours hors de lui-même. C'est un orateur qui se possède et ne se trouble pas.

Fam., Il ne se possède pas de joie, Il est transporté de joie, une joie excessive le met hors de lui-même.

Le participe passé POSSÉDÉ s'emploie comme nom et signifie Démoniaque, homme dont le démon s'est emparé. Exorciser les possédés.

Fig. et fam., Il se démène comme un possédé, se dit d'un Homme inquiet, qui se tourmente, qui s'agite beaucoup.

posseder

Posseder, Possidere, Tenere.

Posseder par indivis quelque chose avec un autre, Possidere aliquid communiter cum aliquo.

Qui possede une chose de bonne foy, la pensant seure, Fidei bonae possessor.

Ce qu'un chascun possede, Regnum.

Beaucoup de choses estoyent possedées, Multa tenebantur.

posséder


POSSÉDER, v. act. POSSESSEUR, s. m. POSSESSION, s. f. POSSESSOIRE, s. m. [Po-cédé, cé-ceur, cé-cion, cé-soâ-re: 2e é fer. 3e lon. au dern. Devant l' e muet, la 2de se change en è moy. Il possède, possèdera, etc.] Posséder, c'est 1°. Avoir à soi, en son pouvoir. Posséder de grands biens, une terre, une maison, un héritage, un ofice, un bénéfice, une charge. = V. n. "Posséder justement ou injustement; de bone foi; à bon titre, à juste titre; légitimement. Voyez AVOIR. — Les Bienheureux possèdent Dieu: ils possèdent la gloire éternelle. — Posséder les bones grâces de; posséder l'esprit de quelqu'un, avoir du pouvoir sur lui; posséder son coeur, en être extrêmement aimé. = 2°. En parlant du démon, s'être emparé de... "Le démon le possède: il est possédé du Démon. On le dit figurément, st. famil. d' un homme emporté, qui ne veut pas entendre raison. = On dit aussi, dans le même sens: l'ambition, l'avarice, la colère le possède; et par exagération, la rage le possède: il est possédé d'ambition, d'avarice. = 3°. Se posséder a un beau sens: c'est être maître de soi et de ses passions, sur-tout de la colère, de la vivacité naturelle. "Je me possède et je suis sûr de moi. Mariv. Langage ordinaire de la présomption, et qui est souvent confondu. "Il ne se possède point. "Un général qui se possède, dans le combat, a un grand avantage sur l'énemi. "Orateur, Prédicateur, qui se possède, qui ne se trouble point. Joueur, qui se possède également dans la perte et dans le gain. = Ne pas se posséder de joie (st. famil.) en être transporté. = Posséder son âme en paix, expression tirée de l'Écritûre: elle est du style simple, comme du style soutenu. Posséder son âme ne se dit que dans la traduction de ce passage. In patientiâ vestrâ possidebitis animas vestras. = 4°. Figurément, avoir une parfaite conaissance de... Posséder les sciences, les belles lettres, les mathématiques, le latin, le grec, la musique, etc. "Cet homme possède bien sa langue, et les langues étrangères. — Posséder les Auteurs. "Il possède parfaitement Horace, Virgile, les poètes, etc.
   POSSÉDÉ, adj. et subst. (n°. 2°.) Homme possédé du démon: exorciser les possédés. Proverbialement, il se démène comme un possédé.
   Rem. Ce verbe ne régit pas les persones, excepté dans le sens marqué n°. 2°. Posséder quelqu'un, c. à. d. l'avoir chez soi ou en jouïr, le voir à son aise, est une expression qui ne plaisait pas à Mde de Sévigné. "Que ne peut-on, dit-elle à sa fille, courir~ à Grignan pour vous embrasser et vous posséder un peu, comme on le dit en ce pays (en Bretagne). — L'Ab. Des Fontaines s'en sert dans une lettre à M. Swift, qui devait venir à Paris. "On se flate, Monsieur, qu'on aura bientôt l'honeur de vous posséder ici. — On lit aussi dans le Journ. de Brux. "On se flate de posséder ici leurs Altesses pendant un mois. = Cette façon de parler a un sens peu honête, quand on parle d'une femme, ou qu'on lui écrit; et c'est une inatention dans Fénélon de s'en être servi en parlant de Pénélope et de ses Amans. "Ne cherchez plus, ni votre Père, qui doit être péri... ni votre Mère, que ses amans possèdent depuis votre départ. Télém. Il dit mieux âilleurs: "quelqu'un d'entr'eux aura épousé votre mère. — L' Acad. ne dit pas posséder dans ce sens. = * L'Auteur anonyme de quelques notes assez plates sur Télémaque, dit, être possédé, pour, être gouverné. "Louis XIV ne s'ouvroit pas, même à ses Maîtresses: il eut la gloire de n'en être pas possédé. Gouverné eut mieux valu. On dit bien qu'on possède l'esprit de quelqu'un ou son coeur; mais on ne dit pas qu'il est possédé de nous, qu'il en est possédé. = Posséder se dit ordinairement des persones, relativement aux chôses; mais quelquefois aussi il se dit des chôses, relativement aux persones. "Cet esprit de discorde et de faction possédoit toutes les Comunautés du Royaume. Voltaire. Voy. n°. 2°.
   POSSESSEUR, celui qui possède quelque bien fonds, quelque héritage. "Légitime, paisible possesseur: un possesseur de bone foi, de longue main. "Depuis la mort du dernier possesseur. — En parlant de maisons, on dit plutôt propriétaire, du moins dans le langage comun.
   POSSESSION est 1°. jouïssance d'un héritage, d'un bénéfice, d'une charge, etc. "Possession légitime ou injuste, immémoriale, non interrompue, triennale, etc. = Avec les verbes être, prendre, entrer, se mettre, etc. il régit la prép. de: "Il est en possession de ce fief: il les envoya prendre possession des terreins concédés. Charlev. Il est entré en possession de cette terre depuis long-tems. "Il s'est mis en possession des meubles, etc. "Il est troublé dans la possession de ce bénéfice. = Être en possession régit de plus cette prép. de devant l'infinitif des verbes: "Il est en possession de dire, de faire tout ce qu'il lui plait. = 2°. Possession se dit aussi de toutes les chôses que les Hommes recherchent avec ardeur. "Les plus grandes passions diminuent par la possession. = 3°. L'état d'un homme possédé par le démon. "La possession difère de l'obsession, en ce que dans celle-là le diable agit au dedans, et qu'il agit au dehors dans celle-ci.
   *POSSESSIONÉ, employé par M. Mallet du Pan. "Les invalides non possessionés, (qui n'ont point de possession) pourront être obligés à faire des corvées seigneuriales. Journ. Polit. de Gén. Traduct. d'un rescrit de l'Empereur.
   POSSESSOIRE ne se dit qu'au Palais. Le droit de posséder. En matière de bénéfice, on dit plutôt récréance. "Contester, plaider, juger, gâgner le possessoire.

Synonymes et Contraires

posséder

verbe posséder
1.  Avoir à sa disposition.
2.  Avoir en soi.
3.  Maîtriser une connaissance.
4.  Littéraire. Dominer quelqu'un.
5.  Familier. Tromper quelqu'un.

posséder (se)

Traductions

posséder

besitzenown, possess, hold, havebezitten, eropnahouden, rijkzijn, beetnemen, beheersen, goed kennen, hebben, erop nahouden, rijk zijnbesitposseirbesidde, ejeposediposeer, ser dueño deomistaaeigapossedere, invasare, padroneggiarepossidereeie, være i besittelse avpossuir, fruir, teravea, deţine, posedaвладеть, обладатьäga, innehava, besittaيـَمْتَلِك, يَـمْلِكُvlastnitκατέχωposjedovati所有する소유하다posiąśćเป็นเจ้าของsahip olmaksở hữu占有, 拥有 (pɔsede)
verbe transitif
avoir posséder une voiture

posséder

[pɔsede] vt
(= être propriétaire de) → to own
Ils possèdent une jolie maison → They own a lovely house.
[+ qualité, talent] → to have, to possess
(= bien connaître) [+ métier] → to have mastered, to have a thorough knowledge of; [+ langue] → to be fluent in
(sexuellement) → to possess
(= duper) → to take in