possession

possession

n.f.
1. Fait de posséder ; chose possédée : La possession de substances illégales lui a valu la prison détention bien, propriété
2. Territoire possédé par un État : Ce pays était une possession espagnole colonie
3. Maîtrise de son comportement, de ses facultés : Il n'est plus en possession de tous ses moyens.
4. État d'une personne possédée par une force démoniaque, occulte : Nous n'avons jamais entendu parler de cas de possession par ici.
Avoir en sa possession ou être en possession de,
posséder.
Prendre possession de qqch,
s'en emparer ; en prendre livraison : Vous pourrez prendre possession de votre ordinateur la semaine prochaine.
Rentrer en possession de,
pouvoir de nouveau disposer de ; recouvrer.

POSSESSION

(po-sè-sion ; en vers, de quatre syllabes) s. f.
État, action par laquelle on a la propriété de....
Dans sa possession [de l'empire] j'ai trouvé pour tous charmes D'effroyables soucis, d'éternelles alarmes [CORN., Cinna, II, 1]
L'usage seulement fait la possession [LA FONT., Fabl. IV, 20]
Elle [la princesse d'Orange] a donné procuration à son mari pour prendre possession du royaume d'Angleterre, dont elle dit qu'elle est héritière ; et, si son mari est tué.... elle la donne à M. de Schomberg pour en prendre la possession pour elle [SÉV., 8 nov. 1688]
Les environs dont ils étaient en possession depuis tant de siècles [BOSSUET, Hist. I, 8]
Il se maintient dans la possession du royaume [ID., I, 9]
Quatre-vingts ans après la prise de Troie, les Héraclides se mirent en possession du Péloponnèse, ayant défait les Pélopides [ROLLIN, Hist. anc. Œuvr. t. II, p 502, dans POUGENS]
Les musulmans en possession de ce commerce [des Indes] [VOLT., Mœurs, 118]
Fig.
Il n'y a qu'à voir ces messieurs [les médecins] pour ne vouloir jamais les mettre en possession de son corps [SÉV., 315]
Elle [Mme de Coulanges] a pris possession de ma personne, elle me nourrit, elle me mène [ID., 6 mai 1680]
Je suis fort affligée de cette colique de Mme de Coulanges... il ne faut point laisser prendre possession de nos pauvres machines à des maux si dangereux et si douloureux [ID., à M. de Coulanges, 19 juin 1695]
Possession de famille, possession qui vient par hérédité. Fig.
Que ses pères avaient toujours été fidèles serviteurs des rois leurs maîtres, mais qu'ils n'avaient jamais été leurs flatteurs ; que cette honnête liberté dont il faisait profession était un droit acquis et une possession de famille [FLÉCH., Duc de Mont.]
Prendre possession, prise de possession, se dit de l'acte par lequel un État, un souverain s'assure la possession d'un territoire.
Le 28 février 1766, M. Ulloa arriva dans la colonie avec quatre-vingts hommes de sa nation ; la prise de possession devait, dans les règles ordinaires, suivre son débarquement [RAYNAL, Hist. phil. XVI, II]
Terme de jurisprudence. Action ou droit de posséder à titre de propriétaire.
La possession est la détention ou la jouissance d'une chose ou d'un droit que nous tenons ou que nous exerçons par nous-mêmes ou par un autre qui la tient ou qui l'exerce en notre nom [, Code Nap. art. 2228]
En fait de meubles la possession vaut titre [, ib. art. 2279]
La possession utile ne commence que lorsque la violence a cessé [, ib. art. 2233]
Envoi en possession, acte judiciaire par lequel les ayants droit sont mis en possession de biens ou de titres qui leur sont dévolus. Possession de fait, action de détenir une chose sans avoir l'intention de se l'approprier : un dépositaire, un commodataire, un fermier, ont une possession de fait. Possession d'état, notoriété qui résulte d'une suite non interrompue d'actes faits par la même personne en une même qualité.
La possession d'état s'établit par une réunion suffisante de faits qui indiquent le rapport de filiation et de parenté entre un individu et la famille à laquelle il prétend appartenir [, Code Nap. art. 321]
Il se dit, par extension, des charges, des dignités dont on est revêtu, des biens moraux ou autres qu'on possède.
Elle [l'histoire] ne dit point ce que devin : Rodogune après la mort de Démétrius, qui vraisemblablement l'amenait en Syrie prendre possession de sa couronne [CORN., Rodog. examen.]
Nous disions avec joie que le ciel l'avait arrachée, comme par miracle, des mains des ennemis du roi son père, pour la donner à la France ; don précieux, inestimable présent, si seulement la possession en avait été plus durable [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Ces anciennes et illustres familles qui sont dans une si longue possession [héréditaire] des premiers honneurs [FÉN., Tél. XI]
Être en possession de l'estime publique, la posséder pleinement. Être en possession du théâtre, n'avoir point de rival dans la composition des pièces dramatiques.
Il [Sophocle] était âgé de 28 ans ; il concourait avec Eschyle, qui était en possession du théâtre [BARTHÉL., Anach. ch. 69]
Prendre possession, entrer en charge.
Je suis ravie, Monseigneur, de ce que vous prendrez possession jeudi ; je joindrai mes prières aux vôtres, pour que Dieu donne sa bénédiction à tout ce que vous allez faire [MAINTEN., Lett. au cardin. de Noailles, 8 nov. 1695]
Fig. Être en possession de, avec un nom de personne pour sujet, avoir le droit, la coutume de.
Il établit une nouvelle troupe de comédiens à Paris, malgré le mérite de celle qui était en possession de s'y voir l'unique [CORN., Mél. examen.]
Le comte de Grammont, qui est en possession de dire toutes choses sans qu'on ose s'en fâcher [SÉV., à Bussy, 6 août 1675]
Je parle de ceux qui.... par oubli de la religion, se sont mis dans la possession malheureuse de ne plus prier [BOURDAL., Serm. pour le 5e dim. après Pâques, 1]
La journée de Lens, encore plus triomphante, acheva de mettre ce prince dans la juste et incontestable possession où il se vit alors d'être le héros de son siècle [ID., Oraison funèbre de Condé.]
Les troupes de France étaient partout en possession d'avoir de l'avantage [HAMILT., Gramm. v.]
Il y a plus de mille ans que les femmes sont en possession de se brûler [en Orient] [VOLT., Zadig, 11]
Il y a environ quarante-cinq ans que monseigneur est en possession de se moquer de son humble serviteur [ID., Lett. Richelieu, 28 nov. 1767]
Être en possession de, avec un nom de chose pour sujet, produire habituellement tel ou tel effet.
Ne cherchez point dans cette tragédie les agréments qui sont en possession de faire réussir au théâtre les poëmes de cette nature [CORN., Sert. examen.]
Les oiseaux ont toujours été en possession de fournir aux peuples policés, comme aux peuples sauvages, une partie de leur parure [BUFF., Ois. t. II, p. 277]
En termes de grammaire, la qualité des adjectifs ou pronoms possessifs.
Le sujet à qui convient la possession, si par accident ce n'est pas une personne, est cependant regardé toujours comme une personne [D'OLIVET, Ess. gramm. III, 2]
Fig. Empire qu'on a sur les affections de quelqu'un.
Quelle possession vous avez prise de mon cœur ! [SÉV., 27 sept. 1679]
L'esprit de Jésus-Christ a pris possession de leur cœur [MASS., Myst. Pentecôte.]
Il se dit de la jouissance de la vue de Dieu.
Dieu, dit saint Augustin, ne nous a point promis d'autre héritage que la possession de lui-même [BOURDAL., Concep. de la Vierge, Mystères, t. II, p. 35]
La chose même qu'on possède.
Venez voir vous-mêmes cette terre délicieuse que le Seigneur vous propose et qui doit être votre possession éternelle [MASS., Carême, Samaritaine.]
Au plur. Terres possédées par un État, par un particulier.
Les Anglais avaient attaqué les possessions de la France en Amérique et en Asie [VOLT., Louis XV, 26]
Philotas avait, dans l'île de Samos, des possessions qui exigeaient sa présence [BARTHÉL., Anach. chap. 72]
Jouissance de certaines choses qu'on a recherchées avec ardeur. La possession diminue ordinairement le prix des choses qu'on a le plus désirées.
10° Il se dit d'une femme que l'on obtient en mariage.
Et [l'honneur] te fait renoncer, malgré ta passion, à l'espoir le plus doux de ma possession [CORN., Cid, v, 1]
Jouissance des faveurs d'une femme.
Le roi était alors dans la première ardeur de la possession de la Vallière [Mme DE LA FAYETTE, Hist. Henr. d'Anglet. Œuv. t. III, p. 112, dans POUGENS.]
La possession de beaucoup de femmes ne prévient pas toujours les désirs pour celle d'un autre [MONTESQ., Esp. XVI, 6]
Le moment de la possession est une crise de l'amour [J. J. ROUSS., Hél. I, 9]
Une possession s'est dit quelquefois d'une pièce de vers pour célébrer la possession d'une femme.
11° Terme de liturgie. État d'une personne qui est actuellement sous le pouvoir du diable, et dans le corps de laquelle il habite réellement.
Toutes les maladies lui sont des possessions ; et, où il ne faut que des médecins, elle emploie les exorcistes [BALZ., le Prince, chap. 7]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Persones e prelaz.... Qui tenissent del rei terre e possessiun [, Th. le mart. 61]
  • XIIIe s.
    Et leur possessions livra Dieux à feu ; par feu deserta leur porprises toutes [, Psautier, f° 95]
  • XIVe s.
    Dire que une chose soit très bonne quant à la possession ou quant à l'usage [ORESME, Eth. 18]
  • XVe s.
    Le duc de Bretaigne et le duc nouveau de Normandie, lesquelz allerent à Rouen prendre leur possession [COMM., I, 14]
  • XVIe s.
    Avant la possession prinse [d'une femme] [MONT., I, 97]
    Possession centenaire et immémoriale vaut titre [LOYSEL, 727]
    Le viager [l'usufruit] conserve la possession du proprietaire [ID., 742]
    Qu'ilz entreroient incontinent en possession et exercice de leurs offices [AMYOT, Caton d'Ut. 55]
    Les peintres sont en possession immemoriale d'une liberté de faire tout à plaisir selon leur fantaisie [YVER, p. 606]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. possessio ; espagn. posesion ; ital. possessione ; du lat. possessionem, de possessum, supin de possidere, posséder.

possession

POSSESSION. n. f. Jouissance, faculté actuelle de disposer ou de jouir d'un bien. Possession légitime. Possession injuste. Possession paisible. Être en paisible possession. Possession immémoriale et non interrompue. Possession annale. Possession d'an et jour. Possession triennale. Possession bien fondée. Possession de fait. Être en possession. Entrer en possession. Se mettre en possession. Se faire remettre en possession. Prendre possession d'un héritage. On lui conteste la possession. Cette lettre est en sa possession. Alléguer la possession. Prise de possession. Être troublé, être inquiété dans la possession d'un bien. Il s'est mis en possession des meubles et de toute l'argenterie. En fait de meubles, possession vaut titre.

Envoi en possession, Acte judiciaire par lequel les ayants droit sont mis en possession de ce qui leur est dévolu.

En termes de Jurisprudence, Possession d'état, Possession établie par une notoriété qui résulte d'une suite non interrompue d'actes faits par la même personne en une même qualité. Cette femme a pour elle la possession d'état.

POSSESSION se dit aussi des Terres possédées par un État ou par un particulier. Les possessions de la France dans les Antilles. Il a de grandes possessions dans telle province, dans tel département.

Il se dit aussi, absolument et dans un sens particulier, de la Jouissance de certains plaisirs, de certaines choses qu'on a recherchées avec ardeur. La possession diminue ordinairement le prix des choses qu'on a le plus désirées. La possession n'a fait qu'augmenter son amour.

Être en possession de faire quelque chose, En avoir la liberté, en avoir l'habitude, les moyens. Il est en possession de leur dire les vérités les plus dures. Il est en possession de plaire dans cette société.

Être en possession de l'estime publique, La posséder, en jouir.

POSSESSION, en termes de Théologie canonique, désigne l'État d'un homme qu'on dit possédé par le démon. La possession diffère de l'obsession en ce que, dans la possession, le démon est censé agir au-dedans, et que, dans l'obsession, il est censé agir au-dehors.

possession

Possession et heritage, Possessio.

La possession et terre d'aucun, Dominatus.

Une grande possession et heritage, Latifundium.

Possession vuide et vacue, Vacua praedia.

L'art de musique est devenu en la possession de peu de gens, Ad paucos recidit ars musica.

Prendre possession, Ius vsurpare.

Poulcer aucun par violence hors de sa possession, Deturbare aliquem de possessione.

Venir et entrer dedans, et prendre possession, In possessionem venire.

Possession immemoriale, Possessio secularis, Possessio memoriam excedens, Possessio memoria antiquior. B.

Ils se defendent de la longue possession et du long temps qu'ils en ont jouy, Vetustate possessionis se defendunt.

Triennale possession paisible, Triennio continuo circa controuersiam possedisse, Triennium continuum sine negotio possedisse.

Je les maintenoy en leurs possessions, et gardoy qu'on ne leur ostast, Illos in sua possessione retinebam.

Se departir de sa possession, Possessione decedere.

Oster la possession à aucun, Mouere aliquem possessione, Ex possessione detrahere.

Ordonner que celuy par le moyen duquel une partie pretendoit avoir esté jettée par armes de sa possession, reintegrast et remist celuy qui se disoit estre dejetté, en ladite possession, Interdicere de vi hominibus armatis.

Ordonner que aucun sera mis en possession d'aucuns biens et heritages, Iubere ire in possessionem.

Quand la possession de tous et chacuns les biens estoit adjugée par decret à un creancier ou plusieurs, Bona ex edicto possidere.

Quand le magistrat par la contumace ou absence d'aucun, envoyoit le demandeur en garnison en la possession d'iceluy absent, In possessionem mittere.

Possessions baptisées, Consectaria capita iuris vsurpati, B.

Empescher et troubler la possession d'aucun, In suo iure aliquem interpellare, B. ex Caesare.

N'empescher que quelqu'un soit maintenu et gardé en ses possessions et saisines, Possessione iusta alicui decedere, Bud.

Il faut voir dont procede originalement le tiltre ou possession, Ab stirpe authoritas tituli requirenda vel possessionis est, Bud.

Pour entrer en possession, Vsurpandi iuris causa, B.

Estre maintenu et gardé en possession et saisine, Interdictum retinendae possessionis vincere, B.

Mettre en possession, In possessione collocare, In possessionem deducere, B.

Estre mis en pleine possession et jouyssance, Ad vtendum fruendumque iure quaesito admitti, B.

Estre mis hors ou dejetté de la possession, Exturbari possessione, B.

Mis en la possession de quelques biens par sentence de juges, Iudicis sententia in bona possessum missus, B.

Remis en reintegrité en la possession et jouyssance, Possessione deiectus ex decreto vt interdicti restitutus, Bud.

Rentrer ou se remettre en possession perduë par quelque laps de temps, Ius antiquum vsurpare, B.

Spolier quelqu'un de la possession et jouyssance de quelques biens, Vi bona possessum ire, B.

Celuy qui est troublé en ses possessions et saisines, se peut complaindre en cas de saisines et de nouvelleté, Si cui possidenti negotium possessorium facessitur, interdicto certare potest cum interturbatore, aut diplomate impetrato interdicendum curare, atque etiam interdicere, B.

Trouble fait en la possession de quelque chose, Interdictum turbulentum. B.

possession


POSSESSION, POSSESSOIRE, Voy. POSSÉDER.

Synonymes et Contraires

possession

nom féminin possession
1.  Fait de posséder une chose.
2.  Territoire possédé par un État.
Traductions

possession

Besitztum, Ansiedelei, Ansiedlung, Besitz, Besitzung, Eigentum, Gut, Kolonie, Habepossession, ownership, colony, property, settlementbezit, bezitting, eigendom, kolonie, bezetenheid, goed, nederzetting, vermogen, volksplanting, (het) beheersen, kennen, vleselijke gemeenschapאחוזה (נ), אחיזה (נ), דיבוק (ז), היאחזות (נ), מקנה (נ), הֵאָחֲזוּת, הַחְזָקָה, מִקְנָה, דִּבּוּקposiadaniepossessoإِمْتِلاكvlastnictíbesiddelseκτήσηposesiónomistusvlasništvo所有소유eiendelposseобладаниеägodelความเป็นเจ้าของmülkiyetsự sỡ hữu拥有物 (pɔsesjɔ̃)
nom féminin
1. fait d'avoir, de pouvoir utiliser qqch avoir qqch en sa possession être en possession de qqch prendre possession de qqch
2. ce qui appartient à qqn veiller sur ses possessions

possession

[pɔsesjɔ̃] nf (= fait de posséder) → ownership no pl, possession
être en possession de qch → to be in possession of sth
entrer en possession de qch → to take possession of sth