poudreux, euse

POUDREUX, EUSE

(pou-dreû, dreû-z') adj.
Couvert de poussière, en parlant des personnes et des animaux.
Il [le duc de Chaulnes] partit le 18 en chaise [de Rennes] ; il fut le dimanche 21 à Versailles ; le roi le fit venir tout poudreux, et lui parla une demi-heure dans son cabinet [SÉV., 577]
Elle [l'ode] ouvre la barrière, Chante un vainqueur poudreux au bout de la carrière [BOILEAU, Art p. II]
Il se dit aussi des choses.
Puis de là tout poudreux, [vos écrits] ignorés sur la terre, Suivre chez l'épicier Neuf-Germain et la Serre [BOILEAU, Sat. IX]
Là, sur des tas poudreux de sacs et de pratique, Hurle tous les matins une sibylle étique [ID., Lutr. V]
Et leurs casques brillants, et leur marche poudreuse [DELILLE, Én. VIII]
Fiers châteaux, modestes couvents ! Cloîtres poudreux, salles antiques [V. HUGO, Odes, II, 3]
Arriver les pieds poudreux, arriver de loin, en chétif équipage. Pied poudreux, soldat qui déserte de régiment en régiment (sens vieilli). Par extension, un pied poudreux, un vagabond, un homme sans considération.
Terme d'histoire naturelle. Qui est couvert d'une poussière grisâtre.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Veer poez [vous pouvez voir] les granz chemins puldrus [, Ch. de Rol. CLXXIV]
  • XIIIe s.
    Piez poudreus et pensée vole [volage], Et œil qui par signes parole Sont trois choses, tout sanz doutance, Dont je n'ai pas bonne esperance [RUTEB., II, 167]
  • XVIe s.
    Le vent esleva le plus delié de celle terre pouldreuse, comme la bale quand on vane le bled [AMYOT, Sertor. 24]
    Ayant les cheveux et la barbe tous herissez et pouldreux [ID., Cicéron, 10]
    Ha ! que diront là bas sous les tombes poudreuses De tant de vaillants rois les ames genereuses ! [RONSARD, Des misères de ce temps.]
    Revenir pouldreux et victorieux d'un combat [MONT., I, 178]

ÉTYMOLOGIE

  • Poudre ; provenç. polveros, pulveros ; espagn. polvoroso ; ital. polveroso.